Samedi 21 octobre 2006
6
21
/10
/Oct
/2006 14:35
En septembre, à la demande du GDID, l'Ifop a réalisé une enquête inédite auprès de l'ensemble des directeurs. Il s'agissait d'une consultation en ligne à laquelle ont répondu 10 094 directeurs.
Dans sa synthèse, l'Ifop annonce un taux de retours de 24 % et précise que ce "taux de réponse apparaît particulièrement élevé".
Quelques détracteurs, ignorants pour certains, de mauvaise foi pour d'autres, ont ironisé sur ce nombre de réponses qu'ils considèrent comme faible et peu significatif. Leur objectif : ôter crédibilité et sens à cette consultation, première du genre, et qui les dérange par les réponses nettes qu'elle apporte.
Or, cette semaine, l'Institut d'enquêtes "BVA a réalisé une consultation inédite de l'ensemble des acteurs du monde pénitentiaire. Le dispositif reposait sur la consultation de l'ensemble des détenus dans les établissements en France".
La similitude de ces consultations ne s'arrête pas au fait que dans les 2 cas il s'agit d'une consultation auprès de publics auxquels on n'avait jamais donné la parole. Il suffit pour s'en convaincre de remplacer le mot "détenus" par le mot "directeurs" pour que la synthèse de BVA rejoigne, dans ses conclusions, celle de l'Ifop. Etonnant, non ? Voilà qui devrait rasséréner ceux qui émettaient des doutes sur la méthodologie de telles consultations...
En effet, que nous apprend BVA dans sa synthèse ?
BVA met en avant "un taux de retour exceptionnel de la part des détenus" : "1 détenu sur 4 a répondu à la consultation !"
"25 % des détenus en France ont répondu à la consultation. Ce taux de retour est exceptionnel à plusieurs titres :
1) Il témoigne d'une participation massive des détenus qui est sans commune mesure avec celle habituellement observée auprès du Grand public (5 à 10 % de taux de retour).
2) Ce taux de retour lève les doutes exprimés lors du lancement de l'opération quant à la mobilisation des détenus. Si le désenchantement des détenus est grand, ils ont cependant répondu en nombre et de manière très complète au questionnaire complexe qui leur a été proposé.
3) Il indique enfin, ce qui est confirmé par le contenu des réponses, que les détenus ont témoigné une grande confiance dans le dispositif."
Au-delà de cette confirmation méthodologique, les suites données à cette consultation largement médiatisée pourraient nous laisser croire, qu'aujourd'hui en France, un directeur d'école vaut moins qu'un prisonnier. Tant mieux pour les détenus. Mais cela nous en dit long sur l'état de notre société.
En effet, dès la publication des résultats de cette consultation qui révèle un malaise profond dans l'univers carcéral, le ministre de la Justice a annoncé, de façon salutaire, l'élaboration d'une Charte du détenu visant à l'amélioration de la situation dans les prisons.
A l'inverse, les directeurs n'ont pas pu compter sur une mobilisation aussi forte pour les soutenir. Le ministre a certes proposé d'ouvrir des discussions sur le statut des directeurs et le fonctionnement de l'école, mais le relais dans les médias est inexistant et surtout, comme à l'habitude, les syndicats freinent des quatre fers. Ils marquent ainsi leur mépris de l'opinion des directeurs pourtant très nettement exprimée dans la consultation.
Quand ils parlent, les 60 000 détenus sont écoutés, et c'est tant mieux. Les 52 000 directeurs d'école, eux, sont ignorés. Ce qui fait la différence ? Peut-être le fait qu'il n'existe pas de SE-Unsa et de SNUipp des détenus !...
Retour