Vendredi 13 octobre 2006
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Direction d'école : le ministre veut engager de nouvelles discussions.
"La conclusion en 2006 d'un protocole, mis en oeuvre dès cette rentrée scolaire, rend désormais possibles de nouvelles concertations destinées à examiner et améliorer la situation des directeurs tout en oeuvrant pour un meilleur fonctionnement des écoles", écrit le ministre de l'Education nationale.
Alors qu'il nous avait annoncé que le problème de la direction d'école était réglé, notre ministre a probablement perçu la colère et l'indignation des directeurs. Pour ne pas perdre la face, le ministre déclare qu'il souhaite maintenant passer "à une seconde étape" du dialogue.
Trois thèmes et plusieurs questions serviront de fil conducteur à la discussion.
Premièrement, les fonctions de directeur d'école :
"Quelles conditions de travail, quels domaines pour l'assistance ? Quelles relations avec l'équipe enseignante ? Avec l'IEN ? Avec l'équipe de circonscription ?"
Deuxièmement, le statut de directeur d'école :
"Faudrait-il un corps de directeurs ? Pourquoi ? Pour toutes les écoles ou pour les plus importantes ? Quel régime indemnitaire spécifique aux directeurs d'école ?"
Troisièmement, le fonctionnement de l'école :
"Quelle analyse des causes des vacances de postes ? Comment développer des logiques de réseaux ? Quelle autonomie pour les écoles et quelle gestion de cette autonomie ? Comment permettre à une école (ou plusieurs écoles) de constituer un établissement public du premier degré ? Quelles conséquences pour le directeur ?"
Pour la première fois, peut-être, le ministre se montre ouvert à toutes les questions qui méritent débat et qui peuvent déboucher sur une amélioration des conditions de travail des directeurs pour un meilleur fonctionnement de l'école.
Hélas ! La "toute puissance syndicale enseignante" est sur la défensive. Pensez donc... Le SNUipp et le SE-Unsa ont failli s'étrangler en lisant les mots tabous du ministre : "statut", "corps de directeurs", "autonomie", "établissement public du premier degré"... Nos "responsables syndicaux" ne manifestent pas un enthousiasme débordant. Ils sont aux abois. L'initiative de Gilles de Robien les a surpris en leur proposant de s'aventurer sur le terrain glissant d'une discussion sur le staut du directeur. On les sent K.O. debout et tel un boxeur sonné, leurs premières réactions montrent leur faiblesse en accentuant un peu plus encore leur image de syndicalistes pétris d'idéologie à la tête d'organisations malades de démocratie.
Sans doute, le SE-Unsa se serait-il contenté d'une petite amélioration des "avancées engrangées"... Pour Luc Bérille, son secrétaire général, le cadre des discussions proposé par le ministre n'est pas "viable". Bien que disposé à une concertation "sérieuse", le SE-Unsa rappelle que c'est le comité national de suivi créé par le protocole d'accord qui est chargé "de formuler des propositions d'amélioration".
Le SE-Unsa se croyait en chasse gardée. Etant le seul à avoir signé le protocole, et jaloux de ses prérogatives, il s'estimait interlocuteur privilégié du ministère. Tout naturellement, croyait-il, lui revenait de droit d'être le négociateur patenté et exclusif d'autres "avancées à engranger"... Mais voilà, notre bon ministre se montre ingrat envers son partenaire signataire... Tout ça pour ça ! doit penser le SE-Unsa...
Côté SNUipp, la situation n'est pas plus confortable. Le dos au mur, assis entre deux chaises, son secrétaire général, Gilles Moindrot, déclare : "Nous avons besoin d'en savoir plus et de connaître le calendrier". En effet, essentiel, le calendrier !!! Une bouffée d'air et Gilles Moindrot poursuit : "Nous nous interrogeons également sur les mesures budgétaires et sur les intentions ministérielles sur tous ces sujets". et notre brave représentant syndical d'ajouter : "Nous n'avons jamais demandé d'ouvrir des discussions sur le statut hiérarchique de la direction". Pourquoi se sent-il obligé d'accoler "hiérarchique" au mot "statut" ? Nulle trace dans les propositions du ministre... Est-ce dèjà le premier prétexte à un refus de discussion ? L'idéologie suinte.
Curieuse situation. D'un côté, un ministre qui semble donner l'occasion d'ouvrir des discussions pour répondre aux aspirations largement exprimées par une profession. De l'autre, des syndicats immobilistes, arc-boutés sur des positions d'un autre âge, coupés de leur base, prêts à tout pour faire échouer ces dicussions.
La messe est dite. Le SE-Unsa et le SNUipp, "grands défenseurs de la direction et du fonctionnement de l'école" feront tout pour freiner des 4 fers et priver, ainsi, les directeurs de toute reconnaissance statutaire comme ils viennent de l'exprimer à la quasi unanimité (à 93 %) dans la récente consultation IFOP commandée par le GDID.
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