Vendredi 8 septembre 2006
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Selon qu'on a apposé sa signature au bas du protocole (SE-Unsa) ou refusé de le signer après bien des hésitations (SNuipp), ou encore qu'on participe à son financement (Conseil Général), l'idée qu'on se fait de cette mesure est radicalement différente...
1- Le point de vue du SE-Unsa n° 97 de "l'enseignant" (août-septembre 2006)
"Dans le courant du mois de juin, les inspecteurs d'académie se sont lancés dans la campagne de recrutement des Evs. Les écoles avaient le choix de refuser cet emploi de vie scolaire, dédié à l'assistance aux directeurs d'école. A ce jour, nous n'avons pas de chiffres précis sur le nombre d'Evs recrutés. Mais, selon les premières remontées, nous constatons qu'une large majorité de directeurs a accepté cette aide supplémentaire, compte tenu de tout le travail administratif chronophage qu'ils ont à gérer en plus de l'animation pédagogique".
2- Le point de vue du SNUipp du Nord
"EVS - Contrat d’avenir. L’aide au fonctionnement et à la direction d’école est une demande forte des écoles : aide administrative, BCD, informatique, accompagnement... Le besoin d’emplois nouveaux avait été mis en évidence au moment des aides éducateurs. Pour qu’elle soit de qualité, cette aide doit s’appuyer sur un emploi pérenne et qualifié. Les contrats des EVS sont des contrats de 10 mois sans formation avec garantie de chômage, payés au SMIC horaire sur une base de 26h par semaine, le CPE ferait presque pâle figure à côté. Continuons à affirmer notre exigence de nouveaux emplois statutaires".
3- Le point de vue du financeur
Quel avenir pour les "contrats d'avenir" dans le Nord ?
Depuis quelques mois, le Conseil Général du Nord par la voix de son Président Bernard DEROSIER refuse de signer avec l’Etat les conventions permettant la mise en œuvre des contrats d’avenir.
Le Président DEROSIER dénonce avec fermeté la non prise en charge intégrale de l’Etat du transfert des coûts du RMI . La signature d’un contrat d’avenir ne doit pas avoir pour objet de permettre à l’Etat de ne plus financer la compensation du RMI au département alors que la charge financière demeure. "J'emploie un mot fort : c'est une escroquerie", a-t-il déclaré à la télévision (M6).
Dans son édition du 05/09, la "Voix du Nord" fait un récit de la lutte qui oppose l'Etat au Président socialiste du Conseil Général du Nord.
"Ils sont restés à la porte...
Pour eux aussi, ce devait être jour de rentrée, synonyme de nouveau départ. Après plusieurs mois d’espoir, cent cinquante-huit RMistes du Nord, censés épauler le personnel enseignant dans diverses activités, sont finalement restés à la porte des écoles. Sans grand espoir pour leur avenir. La raison : le refus, par le président du conseil général, de signer de nouveaux contrats aidés… avant que l’État ne revoie sa position.
Au départ, il y a la loi Borloo qui prévoit la création dans l’académie de Lille de 4 100 emplois de « vie scolaire », destinés en priorité aux personnes en difficulté sociale. Avec l’objectif qu’elles donnent un coup de main dans divers domaines : aide administrative, aide à l’accueil des élèves et aux activités… Une aubaine pour les établissements scolaires qui ont très vite passé en revue leurs besoins. « À la fin du mois de juillet, 977 dossiers avaient été bouclés dans le Nord », explique Michel Soussan, inspecteur académique du Nord. Des dossiers bouclés et des recrutements lancés par les ANPE, en lien « avec les inspecteurs de circonscription et les directeurs d’école ».
Les choses sont allées très loin, comme pour cette maman de Caudry : « J’avais signé une convention fin juin… on m’avait donné mes horaires. Je commençais le 1er septembre. » Vendredi, elle s’est donc présentée à l’école … où le directeur l’a renvoyée chez elle.
Il manquait à son contrat la signature de Bernard Derosier, président du conseil général, financeur de cet emploi, comme des 157 autres bloqués.
Bernard Derosier justifie sa position : « Actuellement, c’est le Département qui finance le RMI, en recevant une compensation de l’État. Les RMistes peuvent signer ce type de contrat, tout en continuant de percevoir leur allocation, sauf qu’alors… l’État ne compense plus. » Pour Bernard Derosier, il y aurait donc un tour de passe-passe financier, même s’il précise quand même : « J’ai signé 5 000 contrats d’avenir (1) dans le département… » Sans imaginer « qu’il n’y aurait pas de compensation de la part de l’État. » Cette fois, il jure que « si l’État ne change pas de position, il n’en signera plus ».
L’Éducation nationale est donc visiblement allée trop vite en besogne, même si Michel Soussan précise avoir envoyé aux directeurs « la liste des contrats dûment signés », deux ou trois jours avant la rentrée. Visiblement, il y a eu quelques ratages… et beaucoup de déçus des deux côtés".
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