Lundi 28 septembre 2009
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Un de nos collègues a attiré notre attention sur la lecture sélective que fait le SE-Unsa 59 du
« rapport sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ».
Effectivement, la page 3 de "la lettre de l'enseignant du Nord" envoyée le 25/09 à toutes les
écoles, est consacrée à la critique de la note de synthèse de l’IGEN.
Dans ce "4 pages", Betty Guillaume commente abondamment "le rapport sur la mise en
œuvre de la réforme de l'enseignement primaire". Elle y apporte ses commentaires mêlés d’ironie et d'humour souvent drôle...
« L’année scolaire 2008-2009 a été une année exceptionnelle de
réforme de l’enseignement primaire.
Qu’on se le dise ! »
Elle passe ainsi en revue différents sujets abordés dans ce rapport :
- l'aide personnalisée : « L’aide aux élèves en
difficulté c’est vachement bien mais maintenant on va essayer d’avoir des résultats… »
- le pilotage des circonscriptions : « Les IEN ont
fait un boulot remarquable, véritable courroie de transmission des attentes ministérielles, mais il faut maintenant qu’ils fassent le lien entre l’évaluation et le pilotage pédagogique ; ils
devaient jusqu’à présent piloter sur des simulateurs de vol ! »
- la semaine de 4 jours : « Tout le monde a applaudi
le passage à la semaine de 4 jours, fortement conseillé par l’IA en juin 2008… Proposition des IGEN : que le ministère impose qu’on travaille le mercredi matin ! »
- les évaluations CE1-CM2 : « On pourrait croire que
les auteurs parlent du taux de réussite des élèves. Mais non, ils parlent des remontées des résultats : d’abord 70% des résultats ont été remontés au niveau CM (c’est une victoire ?) ! Et 85% au
niveau CE. Un vrai succès quand on sait qu’il n’y avait pas de consigne de blocage ! »
- les nouveaux programmes : « il n’y a plus de refus
de principe de ces nouveaux programmes » ! Sans rire ! »
- les stages de remise à niveau : « Ils ont connu une
forte progression cette année et… personne n’est capable de dire s’ils ont une utilité puisque, curieusement, rien n’a été envisagé pour mesurer leur efficacité ! »
- la relation entre l'encadrement et les enseignants : « … Il a fallu beaucoup de réunions de directeurs d’école et de visites dans les écoles pour expliquer les réformes, pour persuader les sceptiques, pour contrer les
opposants.
La relation hiérarchique s’est renforcée tout autant que la relation
personnelle et individualisée ».
So sexy ! »
Et pis c'est tout !!! Comme dirait un très médiatique entraîneur de natation.
Vous l'aurez compris : pas un mot sur la partie du rapport intitulée :
« Les écoles, la gestion du temps et la direction
d’école »
Pourtant, la note de synthèse des IG ne
se limitait pas au seul catalogue des réformes en cours. Aussi, Nous aurions aimé connaître le point de vue de Betty du SE-Unsa sur les autres points importants abordés dans leur rapport…
Ainsi que pense le SE-Unsa de Betty des propos de Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation nationale, et Odile ROZE,
Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche ?
« Le
besoin d’asseoir la réforme de l’enseignement primaire dans un cadre institutionnel plus solide est manifeste. »
« L’élargissement du rôle du directeur, le système de décharges qui devient obsolète et inéquitable du point de vue de l’adaptation de la décharge à la réalité des
fonctions exercées, la position du directeur en coordonnateur de ses pairs qui n’est pas toujours facile…
Le statut de l’école : La création de
l’établissement public d’enseignement primaire (EPEP) donnerait aux inspecteurs un relais au sein de l’école sur les questions d’organisation et d’administration et elle
leur permettrait de retrouver du temps pour le pilotage pédagogique et l’encadrement personnalisé des enseignants. »
Bref ! Il est vraiment dommage que Betty du SE-Unsa se soit arrêtée à l’examen des réformes en cours et
qu’elle n’ait pas poursuivi son exercice aux propositions des rapporteurs… Dommage car les sujets abordés sont d’actualité et nous intéressent beaucoup.
Oui, nous restons sur notre faim et nous regrettons qu’elle n’ait pas utilisé son talent de commentatrice
avisée pour traiter l’ensemble des points du rapport…
Plusieurs hypothèses pour expliquer cette copie
incomplète :
On peut imaginer un problème technique obligeant le SE-Unsa à limiter à 4 pages « la
lettre de l’enseignant » ou encore le manque de temps qui a contraint Betty à stopper net son travail d’écriture…
Il est possible aussi que la décision initiale était de ne commenter que les éléments du rapport qui
chagrinent le SE-Unsa et de passer sous silence les points qui ne posent pas problème… Ce qui sous-entendrait que le SE-Unsa est en accord avec les constats du
rapport sur le rôle des directeurs et les diverses propositions sur le statut de l’école…
Autre hypothèse encore : le SE-Unsa n’a pas osé donner son point de vue sur les sujets qui
fâchent (rôle du directeur et statut de l’école) afin de ne pas se mettre en position délicate vis-à-vis des directeurs d’école…La signature du protocole lui ayant valu une volée de bois
vert, le SE-Unsa se montrerait désormais plus prudent lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes liés à la direction d’école…
Pour ce qui nous concerne, nous aurions tendance à privilégier la dernière hypothèse… A nos lecteurs de se
faire leur propre idée sur la question…
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