Vendredi 11 septembre 2009
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L’on pouvait s’attendre à de nombreuses et fortes réactions syndicales suite à la publication du rapport établi par Philippe CLAUS, Inspecteur général de l’éducation
nationale, et Odile ROZE, Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Il n’en est rien.
Manque d’intérêt ou embarras des syndicats de l’enseignement primaire ? En effet, rien de très
significatif, hormis un entretien de Gilles Moindrot pour le SNUipp et un communiqué du SE-Unsa...
Dans son entretien, Gilles Moindrot, estime que « le rapport confirme bien les analyses du SNUipp ». Le Secrétaire général du SNUipp passe en revue chacun des thèmes évoqués dans la note de
synthèse : l'aide personnalisée, les évaluations de CM2 et CE1, la semaine de 4 jours, les réformes de 2008-2009, les réformes qui passent bien et le bilan positif de l'année passée
malgré les oppositions syndicales…
Cependant, il est un paragraphe important de ce rapport que Gilles Moindrot
n’aborde pas dans son entretien, celui qui concerne le statut des écoles (EPEP) ou la valorisation du rôle du directeur… Curieusement, le responsable syndical, si disert sur les autres
thèmes, n’a manifestement rien à dire sur cette partie, pourtant importante, de la note de synthèse des deux inspecteurs généraux. D’ailleurs, il est tout aussi curieux qu’aucune question ne lui
ait été posée sur ce sujet pourtant très sensible au SNUipp… Souci de l’intervieweur de ne pas mettre mal à l’aise Gilles Moindrot ou volonté de l’interviewé de ne pas envenimer ses rapports
avec les directeurs d’école ?
Côté SE-Unsa, la réaction est tout aussi convenue.
« Les auteurs du rapport concluent leur introduction en affirmant qu’il
est évidemment nécessaire de poursuivre la mise en œuvre de toutes les réformes. Le reste du rapport est loin de confirmer cette évidence. »
« Le succès des réformes a apaisé les tensions
et permet d’envisager de progresser dans la modernisation de la
gestion des enseignants sur deux points en particulier, celui du suivi des services et celui de l’individualisation de l’affectation ». L’inspection générale est-elle vraiment allée dans les
écoles pour conclure ainsi son rapport sur les réformes en cours ? Nos collègues sont sous pression pour mettre en œuvre des réformes qui n’apportent pas d’amélioration significative de la
réussite des élèves et qui sont ressenties comme une détérioration des conditions d’exercice de leur métier.
« Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à
des modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple
corollaire. »
Mais les inquiétudes du Se-Unsa se
portent surtout sur la réforme du statut des enseignants.
"La note affirme que toutes ces réformes « comportent en elles-mêmes de profondes modifications dans la définition du service des enseignants », l’individualisation
du service, la différenciation des activités du service obligatoire, la possibilité de faire des heures supplémentaires… Pour le SE-UNSA, que des réformes « éducatives » servent d’alibi à des
modifications fonctionnelles n’est pas acceptable. La gestion des personnels doit faire l’objet d’une concertation spécifique et ne peut pas s’imposer comme un simple corollaire."
Comment peut-on prétendre qu’il faut aller plus loin
encore ? Et, en particulier, imposer à
l’occasion de ces réformes « pédagogiques » qui complexifient résolument le fonctionnement des écoles, des réformes « structurelles »
et « statutaires », dont on ne voit pas en quoi elles constitueraient une réponse à la difficulté scolaire ? Peut-on faire remarquer que si la réussite des élèves dépendait de
la structure juridique et administrative des établissements et si l’établissement public « type EPLE » était la solution, nous n’aurions plus depuis longtemps d’élèves en échec au
collège…
Si le SNUipp a « oublié » de commenter la proposition des IG sur le statut de l’école
(EPEP) et la reconnaissance du rôle du directeur, le SE-Unsa laisse transparaître son opposition à des « réformes structurelles et
statutaires dont [il] ne voit pas en quoi elles seraient une réponse à la difficulté scolaire ». Cette petite phrase
mériterait d’être développée car elle intéresse fortement les directeurs d’école.
Le SE-Unsa ne voit manifestement pas la nécessité de doter les écoles d’un « statut juridique et administratif ». Ne pas y croire, c’est une chose, mais s’y opposerait-il ?
La réforme du statut des enseignants semble également lui poser problème. L’utilisation d’expressions telles
que « modifications fonctionnelles » ou « gestion des personnels » s’apparente
beaucoup à une forme de « langue de bois » syndicale. Des précisions seraient les bienvenues, là-aussi…
Manifestement, certains thèmes semblent bigrement embarrasser les responsables syndicaux de
l’enseignement primaire. Les directeurs d’école attendent du SNUipp et du SE une prise de position moins ambiguë, moins fuyante et surtout plus clairement exprimée sur la question du statut de
l’école et celui de leur propre reconnaissance institutionnelle.
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