Mardi 23 juin 2009
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Le projet de loi relatif à la rénovation du dialogue social dans la
fonction publique constitue la première étape de la mise en œuvre des accords de
Bercy conclus le 2 juin 2008 entre le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, le secrétaire d’État chargé de la fonction publique et six des huit organisations
syndicales représentatives de la fonction publique (CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, CGC). Relire notre article du 20 mai sur le paysage syndical français.
Les règles et les pratiques datent d’un compromis issu du statut de
1946. Elles ont très peu évolué depuis, alors que la fonction publique a connu dans le même temps
des changements profonds.
Pourront désormais se présenter aux élections professionnelles les syndicats qui, dans la fonction publique où celles-ci sont organisées, sont légalement constitués
depuis au moins deux ans et satisfont aux critères de respect des valeurs républicaines et d’indépendance.
Comme les comités techniques de la fonction publique territoriale et les comités techniques d’établissement de la fonction publique hospitalière, les comités techniques de l’État seront désormais élus directement par les agents qu’ils représentent. Cette évolution doit garantir une représentation plus
complète des personnels au sein de ces instances, notamment des personnels non titulaires des administrations.
Dans cette même logique, les conseils supérieurs de la fonction publique de l’État, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière
seront désormais composés à partir des résultats agrégés des élections aux comités techniques, et non plus aux commissions administratives paritaires.
Afin de marquer l’importance des élections professionnelles, les cycles électoraux seront harmonisés dans les trois versants de la fonction publique. Pour ce faire,
les mandats de l’ensemble des instances de consultation de la fonction publique seront fixés à quatre ans, afin de permettre la tenue simultanée des élections professionnelles dans les trois
fonctions publiques.
Avec la réforme, la représentativité des syndicats, qui n'était jusqu'ici mesurée qu'au moment de l'élection des commissions administratives paritaires (chargées de suivre la
vie des agents), se fondera désormais également sur un nouveau vote, celui des comités techniques (chargés de suivre la vie des
administrations).
Dans les comités techniques ministériels, les
places seront chères. Les
premières rumeurs font état de 15 sièges : aucune organisation ne peut donc envisager de siéger avec moins de 6 % des suffrages. Une formalité pour
les grandes fédérations (FSU, Unsa, CFDT), mais une perspective plus inquiétante pour FO (6,7 % aux dernières élections professionnelles) et SUD (6 %), voire une mort assurée pour six
organisations (CSEN, CGT...) en deçà de ce seuil fatidique. Pour calmer le jeu, le gouvernement pourrait laisser chaque ministère moduler les sièges en fonction du nombre de ses agents.
Autre motif d'inquiétude : l'organisation du
scrutin. Contrairement aux
élections des commissions administratives organisées par corps (primaire, secondaire, non-enseignants...), les comités techniques seront élus par l'ensemble des personnels. Certains syndicats
leaders sur un secteur « de niche », mais indépendants des grandes fédérations, redoutent d'être noyés. C'est le cas du SNALC (troisième dans le secondaire) ou du Snetaa-eil (premier dans
l'enseignement professionnel). D'autant que la réforme prévoit que tout accord devra être signé par des organisations représentant 20 % des voix pour être valable.
Le projet de loi sur la représentativité dans la
fonction publique, qui sera présenté cet automne au Parlement, risque de bouleverser un paysage syndical dominé depuis quinze ans par la puissante FSU. Les
petits syndicats ont tout intérêt à s'unir, mais la chose est délicate, en raison notamment de vieux clivages. Un mariage d'appareils contre-nature pourrait déboucher sur une crise interne
voire des départs massifs.
Depuis la scission de la FEN, on a rarement vu
telle effervescence chez les syndicats de l'éducation. Le Snetaa-eil, parti avec fracas de la FSU il y a
quelques années, lorgne du côté de FO. La FAEN (Fédération autonome de l’Education Nationale) qui regroupe 6 syndicats, frappe à de nombreuses portes.
La CFTC peine à se trouver des alliés dans ce
bastion laïc. Quant au
SNALC, étiqueté à droite, même s'il se dit apolitique, il fait le pari de l'autonomie et veut redonner un deuxième souffle à la FGAF (fédération de fonctionnaires).
Les grandes fédérations ont, elles
aussi, entrepris les grandes manœuvres, conscientes que le bouleversement va dépasser la seule Education nationale.
Après avoir compté leurs troupes et
plus d’une année de contacts, la CGC et l’Unsa ont finalement échoué dans leur tentative de fusion.
La FSU, qui n’a pas réussi à se diversifier hors de
l'éducation, a multiplié les appels du pied à la CGT lors du récent congrès du SNES. On est encore bien
loin d'une fusion, mais des groupes de travail communs ont été constitués. Objectif : ne pas donner le sentiment que le projet se limite à une simple manœuvre d'appareil. Reste à savoir si les
enseignants accepteront de rejoindre la CGT.
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