Jeudi 18 juin 2009
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Notre collègue Froment, bien connu des
habitués de ce site, nous livre un nouvel article que nous publions bien volontiers dans son intégralité.
L’analyse qu’il fait de la situation
économique est sombre et inquiétante, mais elle rejoint les positions prises par les experts français et européens ces dernières semaines.
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A chaque jour son lot de mauvaises
nouvelles. Le 27 mai 2009, sur la radio BFM, Eric WOERTH, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, déclare :
« A ce jour, les recettes fiscales tirées de l’Impôt sur les Sociétés sont de 1 Milliard d’euros contre 10 à 12 Milliards l’année dernière à même
date ».
Cette annonce fait l’effet d’une bombe
tant elle est significative de l’état de nos finances. Si l’on replace cet élément dans le contexte plus général des rentrées fiscales recensées au premier trimestre 2009, les prévisions du
déficit du budget devront être revues à la hausse.
Rappelons que, fin avril, le ministre
du budget avait évalué à 6 % du PIB le déficit du budget. Compte tenu des nouveaux éléments, le déficit pourrait s’élever à hauteur de 10 % en 2009,
dépassant probablement les 150 milliards d’euros.
Le 15 juin dernier, le déficit des
comptes de la Sécurité Sociale a été évalué à 20 milliards. Cette donnée peut, à elle-seule, creuser encore un peu plus le déficit du budget général de notre pays.
Ces mauvaises nouvelles s’accompagnent,
hélas, d’autres perspectives peu engageantes. Au cours du second semestre 2009, le risque d’une augmentation des matières premières n’est pas à exclure. Déjà, depuis quelques semaines, le cours du baril de pétrole repart à la hausse malgré une demande en
décroissance du fait de la crise industrielle.
La situation au Pakistan et en Iran
risque de créer des tensions qui pourraient provoquer un nouvel emballement. Toutes raisons de craindre pour le pouvoir d’achat des Français.
Une autre source d’inquiétude est à prendre en
compte : celle qui touche les collectivités locales. Beaucoup d’entre elles présentent une situation
de comptes très difficile. Certaines ont recours à des emprunts très risqués pour simplement assurer leurs seules charges de fonctionnement. Il n’est
pas impossible que l’Etat soit contraint d’assumer les défaillances de certaines communes, ce qui aurait pour effet immédiat d’aggraver encore le déficit global du budget de la France.
Les conséquences pour la
France
Les disponibilités financières
disponibles sur le marché n’étant pas infinies, se profile l’hypothèse d’une difficulté voire d’une impossibilité à placer un emprunt à taux fixe
comme cela a été le cas en mars dernier pour la Banque d’Angleterre.
Si la capacité à emprunter à l’Etranger
atteint ses limites et si la dégradation des comptes de l’Etat se poursuit, à échéance de deux ou trois ans, faute de couverture de financement, le risque
d’une faillite des comptes de l’Etat est envisageable.
Une forte hausse des impôts ne peut être
exclue même si les
prélèvements obligatoires sont déjà très importants dans notre pays (de l’ordre de 44 %). Toute augmentation pénaliserait l’investissement et la consommation, affectant le retour à la
croissance.
Certains commencent à envisager la
possibilité d’une réduction des salaires et des pensions dans la Fonction Publique comme cela se pratique déjà dans le secteur privé. Cette
orientation provoquerait une situation sociale extrêmement dangereuse.
Les conséquences pour l’Education
nationale
Les suppressions de postes vont probablement
s’accroître plus vite et
plus fortement que prévu. Les grandes réformes coûteuses seront renvoyées à des jours meilleurs, forcément lointains. La modernisation du système éducatif, la revalorisation des carrières seront mises entre parenthèses pendant une durée assez longue.
Les regroupements de petites écoles de 1 à 3
classes se poursuivront pour
une meilleure mutualisation des besoins entre les communes.
La création d’EPEP envisagée puis abandonnée ne
pourra voir le jour avant longtemps. L’objectif de déplacer des compétences vers les
communes reste d’actualité mais ces dernières n’ont plus les moyens financiers de prendre en charge financièrement les transferts pas toujours compensés intégralement par l’Etat.
Concernant plus précisément les directeurs d’école,
il est difficile d’imaginer la mise en place d’un statut professionnel. Celui-ci nécessite des moyens budgétaires
importants pour accompagner la reconnaissance institutionnelle : création de postes de décharges, d’aide administrative et revalorisation indiciaire.
Ces préoccupations catégorielles ne
présentent pas le même caractère d’urgence pour les comptables du Trésor ou les directeurs d’école.
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