Puissant levier de réforme de l'État, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) enclenche un processus de transformation radicale des règles budgétaires et comptables de l'État - qui
n'avaient pas évolué depuis plus de 40 ans. L'ambition de cette loi est de réformer la gestion de l'État tout entière, c'est-à-dire la façon dont l'argent public est utilisé par chaque ministère.
Cette réforme vise à instaurer une gestion plus démocratique et plus efficace des dépenses publiques.
Dans ce cadre, chaque ministère doit déclarer les objectifs
atteints en fonction des programmes de la LOLF.
L'exercice vient d'être fait par l'éducation nationale qui publie ainsi un nombre important d'indicateurs. En
effet, derrière les chiffres, se profile une question essentielle : L'Ecole est-elle performante ?
Les documents du ministère donnent un sens particulier au mot « performante ». Il faut l’entendre et le comprendre « du point de vue du contribuable » comme le souligne « le bilan stratégique du rapport annuel de performances ».
Le rapport fourmille d’éléments qui situent les
objectifs atteints en matière éducative.
Ainsi, apprend-on que 87% des élèves de fin de primaire "maîtrisent les compétences de base" en français, 90% en maths. A la fin du collège les taux sont de 78 et 88%.
Les taux d'absentéisme sont particulièrement faibles
: 2 % d'heures perdues, à comparer aux 3 % perdues par indisponibilité des enseignants ou des locaux.
Si les taux de redoublement baissent, ils restent supérieurs aux
objectifs fixés du primaire à la seconde.
Les indicateurs révèlent également pas mal de surprises, voire des
décalages avec les discours officiels… Notamment dans le domaine de la violence scolaire.
Les mêmes indicateurs nous apprennent également que le ministère de
l’Education nationale a embauché bien en dessous de ses autorisations de programme sans rien dire…
Ainsi, par exemple, dans l’enseignement primaire, Xavier Darcos s’est livré à une réduction supplémentaire de 2 194 postes alors même qu’il promettait d’en créer un millier du fait de l’augmentation des effectifs
entre 2007 et 2008 !
Nous avons relevé quelques
aspects significatifs de ce bilan…
Les réformes
Devant la persistance de résultats décevants des élèves à plusieurs évaluations (notamment les évaluations
internationales PISA et PIRLS), à la rentrée 2008, l’éducation nationale a mis en place une importante réforme dont l’objectif est de diviser par trois le nombre d’élèves qui sortent de l’école
primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité en cinq ans.
Comme lors de la rentrée scolaire 2007, il a été décidé de maintenir ou d’augmenter toutes les dotations en
emplois d’enseignants du premier degré aux académies, que le nombre de leurs élèves baisse ou non, notamment afin de favoriser la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ; de plus,
la part des moyens d’enseignement consacrés aux postes permanents en classe progresse, ce qui suppose des efforts accomplis en matière de gestion des fonctions qui ne sont pas de manière
permanente face aux élèves, opérations généralement poursuivies dans le cadre de la mise en place de la rentrée 2009.
Enfin il faut remarquer, comme pour le second degré, que la diminution générale du nombre d’enseignants de
l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles et générales.
Le remplacement des enseignants absents
La diminution du taux de rendement du remplacement
a un impact sur la couverture des absences pour congés de maladie et maternité comme en témoigne la baisse du
taux de remplacement. (77,8 % en 2008 contre une prévision de 83%)
Le regroupement des petites écoles (de une à trois classes)
La prévision pour 2008 était de 40,5 %. La réalisation a été de 39,6 %. L’objectif 2010 est de
39 %.
Les dépenses de personnels
Le point de vue du contribuable et celui du citoyen se rejoignent dans cet objectif d’optimisation des moyens
qui est aussi d’équité. Il s’agit en effet de faire en sorte que les moyens alloués au programme soient répartis le mieux possible entre les territoires et mobilisés effectivement au service des
élèves.
La part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe est en progression par rapport à l’année
précédente ce qui témoigne de l’effort fait pour affecter devant les élèves le plus grand nombre d’enseignants. La loi de finances pour 2009 confirme cette orientation en prévoyant la
réaffectation de 500 enseignants n’assurant pas un service d’enseignement mis à disposition d’autres activités ; par ailleurs, à la rentrée scolaire 2009, le Ministre s’est engagé à ce que les
500 créations de postes d’enseignants soient essentiellement consacrées à l’ouverture de classes supplémentaires.
Evolution des emplois
Enseignants du 1er degré Personnels d’encadrement (IEN)
Plafond 2008 319 243
1 488
Exécution 2008 317 049
1 396
Ecart -
2 194
- 92
Les emplois sont exprimés en équivalent temps plein travaillé (ETPT). On distingue les effectifs physiques qui correspondent aux agents rémunérés, quelle que soit leur quotité de travail et
les ETPT (équivalents temps plein travaillé) correspondant aux effectifs physiques pondérés par la quotité de travail des agents. A titre d’exemple, un agent titulaire dont la quotité de travail
est de 80% sur toute l’année, correspond à 0,8 ETPT ou encore, un agent en CDD de 3 mois, travaillant à temps partiel à 80% correspond à 0,8 x 3/12 ETPT.
Principales mesures catégorielles
Revalorisation de l’indemnité de sujétions spéciales des directeurs
d’école 16 450 000
Revalorisation de l’indemnité de circonscription des IEN 2 010 000
Coûts moyens par catégorie d’emplois
INDICATEUR 4.3 : Proportion d’écoles de une à trois classes
Les coûts moyens correspondent au traitement indiciaire moyen de la catégorie, auquel s’ajoute
une évaluation des indemnités perçues en moyenne par chaque agent ; les taux de cotisations en vigueur sont appliqués (hors CAS pensions). En 2008, ces coûts moyens sont :
- Enseignants du premier degré : 34 617 €,
- Enseignants stagiaires : 25 131 €,
- Personnels d’encadrement : 58 649 €.
Les principaux événements ayant marqué la gestion 2008
L’Etat verse une compensation financière à chaque commune qui a mis
en place le service minimum d’accueil. Cette compensation s’élève soit à 110 € par jour et par
groupe de 15 élèves accueillis, soit à 9 fois le SMIC horaire par enseignant ayant participé au mouvement de grève, sans que le montant de la compensation ne soit inférieur à 200 € par jour. Pour
2008, la dépense au titre du droit d’accueil s’est élevée à 2,56 M€. Sur la base d’un coût forfaitaire de 90 € par groupe de 15 élèves de janvier à août et de 110 € de septembre à décembre, cela
représente environ 363 000 élèves accueillis.
Ce remboursement est assuré à partir des retenues sur salaire pour service non fait et nécessite des
mouvements de fongibilité asymétrique au niveau déconcentré.
Frais de déplacement : 6,4 M€
Les dépenses de l’action « Pilotage et encadrement pédagogique » portent sur les frais de déplacement des personnels de direction et d’inspection et des conseillers
pédagogiques.
Le montant des crédits consommés en 2008 fait apparaître un écart supérieur de 0,6 M€ au regard des crédits
inscrits, résultant de l’augmentation du nombre des déplacements des IEN (objectif d’inspecter les enseignants tous les 3 ans) : 1 250 prévus pour 1 350 constatés, soit au total une augmentation
de 8% du nombre d’agents à indemniser par rapport au nombre prévu. Ce constat a conduit à porter cette enveloppe à 7 M€ dans la LFI 2009.
Le renouvellement des contrats aidés
Il s’est concentré en 2008 sur la reconduction de la totalité des
contrats des personnels affectés à l'accompagnement des élèves handicapés et à l'assistance administrative des directeurs d'écoles.
Commentaires :
Eric Woerth se réjouit d’avoir dépassé ses objectifs cette année. La manne ainsi récupérée en 2008 correspond à « 400
millions d’économie »
et
« 400 millions de prime ».
"Les 22.700 suppressions de postes de fonctionnaires permettront de dégager 700 à 800 millions d'euros
d'économies en année pleine, a déclaré le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth".
Soit environ 80 euros
brut par fonctionnaire sur l’année. A peu près 60 euros net, donc 5 euros par mois…
Tout ça pour ça ?
Voilà qui relativise les termes du rapport : « la
diminution générale du nombre d’enseignants de l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles
et générales ».
Les suppressions de postes ont été plus nombreuses
qu’annoncées. Le premier degré a été particulièrement et injustement touché. Non seulement le
ministre n’a pas créé le millier de postes promis pour faire face à la hausse démographique, mais il s’est livré à 2 194 suppressions supplémentaires. Le ministère s’est bien gardé de
communiquer sur cette économie non programmée. Personne n’a rien vu, personne n’a rien dit : ni les syndicats, ni les médias.
Conséquence ou cause de cette source d’économies, le remplacement
des maîtres absents n’a pas atteint l’objectif fixé… Au détriment des élèves et des autres enseignants.
Les revalorisations indemnitaires sont très inégales
selon qu’elles concernent les directeurs d’école ou les IEN… 16 millions d’euros pour presque 50 000
directeurs contre 2 millions pour 1 396 IEN…
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La transparence n'est pas la qualité première de ce ministère. Je ne vous l'apprendrai pas : un article a été pulié, si je me souviens bien, ici même sur les études cachées du MEN. Et parmi elles, je crois me souvenir qu'il y en avait une qui concernait les effectifs de la rentrée 2008...
En septembre 2008, avant confirmation des effectifs constatés, Darcos prévoyait environ 6000 élèves supplémentaires dans le premier degré public. Il promettait donc des postes pour maintenir l'accueil de ces élèves.
Résultat des courses : d'un coup de baguette magique, les postes créés se sont envolés et ont laissé place à plus de 2000 suppressions supplémentaires !
Quand s'arrêtera ce scandale ?
Je tenais à le souligner.
Des suppressions de postes alors qu'il y a augmentation du nombre d'élèves.
Des frais de déplacements en hausse pour les IEN quand les dirlos payent leur essence pour aller chercher un courrier urgent à l'inspection.
Des primes ici ou là en lieu et place d'augmentation du point d'indice.
Des revalorisations indemnitaires qui touchent les salaires les plus élevés.
Un taux de remplacement en baisse. On le constate tous les jours. Là, il y aurait un beau combat à mener pour montrer que les chiffres fournis par le ministère sont en deçà de la vérité.
Et ce reversement de la moitié des économies réalisées... Quelle plaisanterie ! Est-ce le prix de notre silence pour pouvoir démolir les services publics ?
Que l'école soit performante, c'est le moins qu'on puisse attendre d'elle. Qu'elle soit du meilleur rapport "qualité-prix", si je puis dire, c'est souhaitable. Mais est-ce son objectif premier ?
D'ailleurs, lui demande-t-on son avis au contribuable ?
Budget de l'Elysée en hausse de 18,5% : « On dissimule la réalité »
Par Julien Martin | Rue89
Pinailleur en chef pour certains, orfèvre de la dépense publique pour d'autres, René Dosière a encore fait parler les chiffres cachés du budget de l'Elysée. Le député apparenté socialiste a décortiqué ce mardi le rapport du Palais publié avant la présentation à l'Assemblée nationale de la loi de règlement du budget 2008.
Premier constat : ce budget 2008 de l'Elysée, qui s'élève à 113, 182 millions d'euros, augmente de 18,5 % par rapport à 2007, soit sept fois plus vite que le budget de l'Etat. Une augmentation doublée d'un défaut de transparence, selon l'élu de l'Aisne :
« La transparence, qui était annoncée par le gouvernement, n'est pas au rendez-vous, et on s'aperçoit que plus la présidence de Nicolas Sarkozy avance et plus le rythme de dépenses s'accentue. (…) Ce n'est pas un bon signe, il faut savoir donner l'exemple. »
Combien de personnes travaillent à l'Elysée ?
Malgré les efforts de transparence promis par l'actuel chef de l'Etat, à l'occasion notamment de sa hausse de salaire de 172 % en octobre 2007, l'Elysée continue de présenter son budget en six grandes rubriques qui ne sont pas détaillées. Or, pour René Dosière, « il est invraisemblable qu'un budget de plus de 113 millions d'euros d'euros soit présenté en seulement six lignes ».
Impossible de savoir, par exemple, le détail des dépenses courantes de fonctionnement (réceptions, téléphone, courrier, électricité…), qui atteignent 26 millions d'euros et sont en hausse de 51 %, la plus forte inflation.
Lorsque le député apparenté socialiste demande davantage de précisions, il n'est pas toujours plus éclairé. Exemple : « On ne sait pas combien de personnes travaillent à l'Elysée », déplore-t-il.
Concernant ces effectifs des fonctionnaires en poste à l'Elysée et mis à disposition par les ministères pour le mois de novembre 2007, six chiffres officiels différents lui sont communiqués, de 860 à 882. Mais il a, au passage, fait des découvertes :
« J'ai découvert par exemple que France Télécom mettait à disposition de l'Elysée à son standard vingt personnes, dont on ne m'avait jamais parlé depuis sept ans [que l'élu réalise ce travail d'investigation, ndlr]. »
Les aides sociales, seul poste en baisse
Le rapport du Palais souligne que « les mises en concurrence ont permis de baisser le coût unitaire de la garden-party du 14 Juillet ». Cependant, « on dissimule la vérité », selon René Dosière :
« Quand on lit ça, on se dit qu'il y a des économies. Or, la réalité, c'est que la garden-party coûte plus cher aujourd'hui qu'en 2007, tout simplement parce qu'on a beaucoup plus d'invités [7050 contre 5
suite...
tout simplement parce qu'on a beaucoup plus d'invités [7050 contre 5050 un an plus tôt, ndlr]. Ça, c'est une réalité qu'on occulte. »
Un poste budgétaire est toutefois en baisse, « de plus de 50 % en deux ans », et « ne cesse de diminuer depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence », avance le député :
« C'est celui des aides sociales, qui sont accordées aux personnes en extrême difficultés, qui ont épuisé toutes les aides sociales qui sont distribuées, et qui en désespoir de cause s'adressent à l'Elysée. »
Des observations de la Cour des comptes
Pour mettre fin à ces anomalies et appeler à plus de transparence, René Dosière fait une série de propositions : « intégrer toutes les dépenses qui restent financées par les ministères », « donner la liste des déplacements officiels du chef de l'Etat », « fournir la liste et la superficie des ensembles immobiliers occupés par la présidence de la République »…
Des propositions qu'il espère voir reprises par la Cour des comptes qui, pour la première fois cette année, aura un droit de regard sur le budget de l'Elysée et pourra faire des observations. Rendu probable de ces observations fin juillet.
L'Elysée, qui s'étend moins sur les chiffres, a toutefois contre-attaqué ce mardi par communiqué, en remettant en cause la sincérité du député apparenté socialiste et en affirmant attendre lesdites observations de la Cour des comptes :
« Le compte-rendu d'exécution du budget 2008 de la présidence de la République est totalement sincère et transparent. M. Dosière a de toute évidence préféré la polémique avec la volonté de porter des accusations qui se révèlent totalement infondées. (…)
Le président de la République a voulu que les comptes de l'Elysée soient totalement réguliers et transparents. C'est le cas aujourd'hui. D'ailleurs, depuis le mois de septembre 2008, ces comptes font l'objet d'un examen permanent de la Cour des comptes. »A leur décharge, disons qu'il n'est pas facile d'avoir des comptes précis permettant de faire des analyses fines. Les études de la DEPP restent au placard, comme ça a été dit. La communication sur ces sujets reste très parcellaire et ne permet pas de bien comprendre tout ce qui se trame en sous-main...
Dans l'article, il est écrit que ni les syndicats, ni les médias n'ont dénoncé l'entourloupe des suppressions de postes supplémentaires.
A leur décharge, disons qu'il n'est pas facile d'avoir des comptes précis permettant de faire des analyses fines. Les études de la DEPP restent au placard, comme ça a été dit. La communication sur ces sujets reste très parcellaire et ne permet pas de bien comprendre tout ce qui se trame en sous-main...
Dans l'article, il est écrit que ni les syndicats, ni les médias n'ont dénoncé l'entourloupe des suppressions de postes supplémentaires.
A leur décharge, disons qu'il n'est pas facile d'avoir des comptes précis permettant de faire des analyses fines. Les études de la DEPP restent au placard, comme ça a été dit. La communication sur ces sujets reste très parcellaire et ne permet pas de bien comprendre tout ce qui se trame en sous-main...
je retente une trosième fois...
Commentaire n°13 posté par thierry+fabre le 17/06/2009 à 15h24
Y’a pas, c’est beau, ce type d’article…
Mais il y a quelques chiffres qui clochent…
92 000 emplois ont déjà été supprimés dans la fonction publique. La manne ainsi récupérée correspond à « 400 millions d’économie » et « 400 millions de prime ».
Ce qui fait donc un total de 800 000 000 d’euros. Fort bien… Mais si ces 800 millions d’euros correspondent bien aux économies réalisées par la suppression de ces 92 000 emplois, une simple et bête division de l’un par l’autre donne un quotient de 8695 euros…
Ce qui, ramené à un salaire mensuel (et encore, en net…) donne du 724 euros par mois….
Qui sont donc ces 92 000 postes supprimés qui n’étaient payés que 700 euros par mois ?
Y’aurait pas comme un problème, là ?
Thierry fabre
@ Thierry Fabre
Cette partie de notre commentaire est tirée d’un article de Marianne.
http://www.marianne2.fr/92-000-fonctionnaires-en-moins-Gain-5-de-prime!_a180665.html
Le journaliste Cédric Omet a fait une erreur dans ses explications. Probablement n’a-t-il pas compris toutes les explications qu’il a recueillies.
En réalité, les 92 000 postes de fonctionnaires supprimés auxquels il fait allusion correspondent à la totalité des emplois supprimés sur 4 exercices budgétaires : 2007 – 2008 – 2009 – 2010.
Il anticipe les 32 400 suppressions programmées pour 2010.
Néanmoins, il ne commet pas d’erreur dans le montant que chaque fonctionnaire est supposé avoir en 2009. Les économies réalisées qu’il cite (800 millions d’euros) correspondent aux 22 700 postes supprimés en 2008.
800 000 000 € pour 22 700 fonctionnaires = 35 200 € par an.
"Les 22.700 suppressions de postes de fonctionnaires permettront de dégager 700 à 800 millions d'euros d'économies en année pleine, a déclaré le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth". (économies affectées au budget 2009).
En résumé, le journaliste fait une erreur en globalisant les emplois supprimés mais son analyse s’avère juste en ce qui concerne le résultat de sa démonstration.
NB : cette erreur d’analyse a été signalée à la rédaction de Marianne.2194 suppressions d’emploi, voila qui, sur le papier, sonne grave, paraît inadmissible !
D’accord, mais…
Mais il y avait, en 2007/2008 6 645 116 élèves scolarisés dans le primaire, public et privé confondus. Et, pour s’occuper de ces charmants bambins 368 716 personnels du premier degré
( source http://www.education.gouv.fr/cid24120/le-premier-degre.html )
Soit, autre division, 1 enseignant pour 18,0223 élèves (je plains sincèrement l’élève 0,223…)
Une fois appliquées les intolérables suppressions d’emploi du ministère, il restera à peine 366 522 personnels, soit un enseignant pour 18,1301 élèves (je compatis au sort de l’élève 0,1301…)
En gros, ces suppressions d’emploi auront pour effet de surcharger nos classes de 0,1 élève.
J’ai bon ou j’ai faux ?
Par ailleurs, un chiffre en amenant un autre, vous en connaissez beaucoup, vous, des écoles où les classes sont à 18 de moyenne ?
N’y aurait-il donc pas un peu trop de gens qui bossent hors-école, hors-élèves, voire hors-travail ?
Thierry Fabre
Précisions sur les chiffres :
La réalisation de l’exercice budgétaire 2007 comptabilise 317 101 enseignants du 1er degré (exprimés en ETPT équivalent temps plein travaillé).
Le budget 2008 autorisait le gouvernement à rémunérer 319 243 enseignants (EPTP). La réalisation de l’exercice budgétaire n’en comptabilise que 317 049 (soit – 2 194) alors que durant ces 2 années, les effectifs d’élèves ont augmenté en maternelle et élémentaire.
Ces chiffres ne souffrent aucune discussion puisqu’elles émanent des comptes de la Nation.Commentaire 14 :
Administrateur, tu chipotes un tantinet…
Que le journaleux de Marianne se soit planté, ça arrive… Que tu signales l’erreur à ce journal, fort bien…
Mais ne serait-il pas mieux d’éviter de répéter cette erreur ?
Ce n’est pas le cas dans cet article. Tu y parles de 92 000 emplois supprimés et de 800 bâtons d’économies ainsi réalisées. Le tout pour y conclure, en lettre bien grasses par « cent mille suppressions d’emplois contre 5 euros d’augmentation »
Ce qui est faux, dans la réalité comme dans les chiffres…. Et, quelle que soit l’erreur de Marianne, 22 000 et 100 000, ce n’est pas la même chose…
Commentaire 16 :
Administrateur, tu pousses le bouchon un peu trop loin…
La déclaration péremptoire, le « ça ne souffre aucune discussion », c’est beau comme du Dédel, mais ça bloque vite le débat. Et tout débat est bon à avoir, y compris et surtout lorsque l’on balance de grands chiffres comme autant d’arguments définitifs…
Le nombre d’élèves scolarisés dans le primaire, en France, comptabilisait les élèves du public et ceux du privé. Quitte à rechercher les taux d’encadrement, il était donc normal que je prenne en compte l’ensemble des personnels du premier degré, privé comme public. D’où le nombre annoncé, que je n’ai pas inventé et suis allé chercher sur le site du ministère.
Tu choisis de ne retenir que ceux du public ? Pourquoi pas ?
Tu parles de 317 049 ? Pourquoi non ? Tu avoueras au passage que le site du ministère évoque, lui, 322 357 personnes. La différence est peut-être due au décalage dans le temps entre le vote du budget 2007 et l’exercice, 2007 / 2008, en année scolaire et non civile.
Mais peu importe, Administrateur et je veux bien prendre ton nombre d’enseignants pour argent comptant.
Qu’est-ce que ça changera à ce que j’ai avancé ?
Si ces 2194 suppressions d’emploi ont une incidence réelle sur le mammouth, c’est grave, et tu as raison de le dénoncer…
Si, comme je le crois, ces 2000 emplois, en plus ou en moins, c’est peau de balle et balai de crin, je ne vois pas de raison d’aller s’emporter pour rien…
A toi donc de me prouver, cher administrateur, que ces 2194 suppressions d’emplois seront bien la catastrophe annoncée…
Thierry fabre
Belle joute amicale i
@ Thierry Fabre
La phrase « Ces chiffres ne souffrent aucune discussion puisqu’elles émanent des comptes de la Nation. » ne se voulait pas « déclaration péremptoire ». Désolé qu’elle ait été perçue comme telle.
Il s’agissait simplement de dire que ces chiffres sont très probablement très fiables puisqu’ils ont une corrélation évidente avec le versement des rémunérations dans la mesure où ils expriment des emplois en ETPT. Ils sont de toute façon plus fiables que ceux du MEN. C’est le ministre lui-même qui avait reconnu ne pas connaître le nombre réel d’enseignants ni leur répartition. Il avait commandé une étude à ce sujet qui n’a d’ailleurs jamais été réalisée ou qui n’a pas donné les résultats demandés.
Les 2 194 emplois supprimés, alors qu’ils n’auraient pas dû l’être, ne changeront vraisemblablement pas la face de l’enseignement primaire. Notons, cependant qu’il devait y avoir environ 1000 postes créés qui ne l’ont pas été non plus. Voilà qui commence à faire beaucoup.
Plus grave que le nombre lui-même, cette façon d’agir en catimini montre, s’il en était besoin, que la gestion de l’Education nationale n’est que comptable. Ce que nous n’avons cessé de dire dans nos articles sur la RGPP. Il est également regrettable qu’un ministre prenne la décision de réduire son budget davantage que la représentation nationale ne le lui demande.
Dernier point : la phrase « choc » du « journaleux de Marianne » n’a pas sa place dans cet article même si elle a le mérite de mettre l’accent sur une triste réalité. Quand bien même ce serait 22 € au lieu de 5, cela justifie-t-il de sacrifier 92 000 emplois ? Néanmoins, ta remarque est juste. Nous la prenons en compte. Merci d’enrichir le débat.Quand je lis ça :
"Si, comme je le crois, ces 2000 emplois, en plus ou en moins, c’est peau de balle et balai de crin, je ne vois pas de raison d’aller s’emporter pour rien…"
Je crois reconnaître l’argumentation habituelle de Darkozy sur le taux d'encadrement inchangé malgré les milliers de postes supprimés…
Curieux parallèle tout de même entre les 2 affirmations. Une asso de dirlos est-elle dans son rôle quand elle prend la défense d’un ministre qui casse l’école ?
Tu diras que mon commentaire ne va pas bien loin (et tu auras probablement raison, mais c'est vraiment tout ce que j'ai envie de te répondre !) mais tu es toujours aussi con, Gégé !
A la non-revoyure !
Mais tu es coutumier du fait... Dommage que ce soit ta conception du dialogue. Ce n'est pas la mienne.
Mais je vais te dire, Gégé: ton panthéon, on s'en balance!
Signé: un abominable adversaire de la démocratie, du peuple, etc.
Ramasser des arguments dans le caniveau ?
Laisser sous-entendre des choses pas propres et puis se défiler vite fait ?
Instiller dans l'esprit des lecteurs qu'une asso' de dirlo fait le jeu du Ministère ?
Faire passer les uns pour ce qu'ils ne sont pas ?
Garde ton dialogue de cette sorte, personnellement, je m'y refuse ; quant à ton argument sur le signe de faiblesse, gna...gna..., tu peux t'en abstenir, il ne m'atteint nullement.
(Historiquement, quelques bons staliniens faisaient passer objectivement tous leurs bons camarades comme des suppôts du capitalisme ; tu peux t'engager dans cette voie..sans moi !)
Gégé ? J'ai, j'ai quoi ? La sale habitude d'insulter les autres et de pleurnicher ensuite à l'absence de dialogue. Si me traiter de suppôt de Sarko est ta seule réponse, cette réponse m'insulte. Ce dont, au passage, je me contrefiche...
Gégé, J'ai, j'ai quoi ? La sale habitude de mentir. Regarde en fin de mes commentaires, ils ne sont pas estampillés GDID et ne portent que ma seule signature. Il se peut qu'il y ait des abrutis incapables de penser, d'âgir, de parler par eux-mêmes, de pauvres décérébrés du bulbe infoutus de balbutier autre chose que le catéchisme obligatoire. Mais, bon, faut t'y faire, au GDID, ce n'est pas notre truc et chaque collègue y garde le droit de s'exprimer en son nom propre, en toute liberté...
Sur le reste deux points sur lesquels tes minables insultes masquent mal ton absence d'arguments...
- 2194 emplois supprimés, sur 317 049 personnels, ça fait bien 0,1 élève en plus dans chaque classe, oui ou non ?
- 2000 postes en moins, c'est bien sur regrettable, ne serait-ce que parce que cela permettrait 8000 quarts de décharge en plus. Mais le ratio général élèves/personnels donne bien du 18 élèves par classe, en moyenne, oui ou non ?
Et comme chacun d'entre nous n'a jamais bossé dans cette école idéale avec 18 minots par classe en moyenne, j'en viens à me (re)demander si certains postes, hors-classe, hors-école, hors-travail, faut bien le dire, sont bien défendables. La liste fournie par Dedel sur un autre post est révélatrice de cela...
Thierry Fabre
Et je trouve très important de rentrer dans ce sujet aussi par le terrain...
Oui les rapports sont révélateurs, mais ce que nous vivons quotidiennement c'est bien la déclinaison de choix politiques et (donc) budgétaires.
Si ni l'augmentation du nombre d'enseignants (quand c'était le cas) ni sa diminution (qui peut se faire en douce) n'a d'influence sur le nombre d'élèves par classe, c'est qu'il y a un problème non?
Par contre Thierry, j'ai bien peur que ce soit nous (les instits dans les écoles) qui paieront les pots cassés.
Ce qui me fout en rogne, c'est qu'en cette période de chômage, on en soit à considérer que supprimer plus de 2000 postes en catimini, en douce, et surtout en plus des plus de 20 000 prévus, ce ne soit rien. C'est insupportable quand on voit tous ces gens qui se battent dans les syndicats pour que la vie soit meilleure et moins injuste et qu'à côté, on trouve quelqu'un déclarer que 2000 de plus ou de moins, ça n'a aucune importance ! Voilà ce qui me met en colère et non pas le désir de régler son compte à tel ou untel.
Et tout cela sans avoir besoin d'être insultant comme l'est un habitué, ici.
Excellente maxime, que tu devrais reprendre à ton compte.
Cela te permettrait:
-d'éviter de hurler au sarkosysme sournois à chaque commentaire te dérangeant
- de faire dans l'amalgame sournois en tentant d'impliquer le GDID dans des avis somme toute personnels..
"2000 suppressions d'emploi en des temps de chômage"
Bon argument, mais biaisé. Ce sont des suppressions de postes, non d'emploi. 2000 licenciements dans le privé, c'est un drame pour 2000 familles. Drame qu'aucun d'entre nous ne subira jamais et dont l'impact social est proche du zéro absolu. Reste à envisager le coût éducatif d'une telle mesure. Je t'en ai donné quelques chiffres: sont-ils faux ou justes ?
Au-delà, c'est très clairement le dogme établi du "toujours plus de postes, toujours plus de moyens" que je remets en cause. Dogme auquel j'ai sacrifié pendant des années, dogme que je remets en cause aujourd'hui.
- je ne pense pas que notre mammouth favori puisse à lui tout seul résorber l'essentiel du chomage
- je constate que l'essentiel des créations de postes, ces 20 dernières années, ne s'est traduit, ni par une baisse sensible des taux d'encadrement dans nos classes, ni par une amélioration des résultats scolaires, ni par une amélioration sensible des conditions d etravail de certains personnels surchargés de tâches (tu vois de qui je veux parler ?)
- je constate par contre que le nombre de postes hors-classe, hors-école, hors-travail a explosé. J'ai débuté avec un IEN qui avait UNE secrétaire et UN conseiller pédagogique. Mon IEN actuel draîne autour de lui une équipe de 11 personnes. Et les effectifs de nos classes n'ont pas changé...
Autant dire que je préfère désormais gamberger avant que de foncer sur le moindre chiffon rouge que l'on agite devant mes yeux... Se battre pour des trucs sérieux, d'acord, aller manifester, par exemple, pour défendre les indemnités de déplacement des ZIL le dimanche, sans moi...
Pour revenir à "ces gens qui se battent dans des syndicats pour que la vie soit meilleure", la formule est bonne, mais bien partielle. N'y aurait-ils qu'eux ? On doit pouvoir trouver des gens qui agissent aussi à d'autres niveaux, politiques, associatifs ou tout simplement individuels, non ?
Je reconnais sincérement l'engagement des collègues impliqués dans des syndicats, au-delà des divergences que l'on peut avoir, mais je ne leur reconnais aucun droit, ni à gérer ma vie, ni à distribuer certificats de bons et loyaux services... Et mes engagements valent bien les leurs...
Thierry Fabre