Le 18 avril dernier, nous avons consacré un article à l’annonce faite par le ministre d’accorder un point supplémentaire aux directeurs d’école pour favoriser leur accès à la Hors Classe.
Les syndicats ont immédiatement réagi à la circulaire ministérielle. Sujet brûlant, en effet, que celui
d’accorder un « avantage » aux directeurs d’école.
Si le SNE-CSEN s’est félicité « d’avoir obtenu un avantage substantiel dans l’accélération de la carrière des directeurs d’école », la CGT
Educ’Action et le SNUipp ont entonné le thème de « la division pour mieux régner »…
Un mois plus tard, il nous a semblé intéressant de faire le point
sur la façon dont cette mesure s’est traduite dans les faits lors des CAPD.
Selon les informations qui nous sont parvenues à ce jour, les IA
semblent avoir largement suivi la circulaire ministérielle leur offrant la possibilité d’accorder ce point supplémentaire aux directeurs d’école.
Dans la plupart des départements, les syndicats ont tenté de
dissuader l’IA d’user de cette prérogative. En vain, le plus souvent.
Nous publions, ci-après, quelques-unes des réactions significatives des principaux syndicats au moment où se
tiennent les CAPD :
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SNUipp –
Hauts-de-Seine
« L’inspecteur
d’académie a répondu défavorablement à notre demande (alors qu’il en avait la possibilité) de ne pas modifier le barème pour l’accès à la hors classe. Au barème existant, sera ajouté un point direction.
Ce point supplémentaire renforcera l’injustice entre les fonctions.
Sur les 50 premiers de la liste, 74% sont des directeurs, 14% des adjoints et 12% des enseignants spécialisés. Si l’ancien barème avait été maintenu 30% de directeurs auraient été promus 34%
d’adjoints et 36% d’enseignants spécialisés. Nous avons rappelé, avec force, que la fonction occupée ne devait pas influer sur l’accès à la Hors
Classe.
Est-il déméritant à ce point de faire le choix de rester en
classe ? De plus, nous avons souligné et regretté que les fonctions de directeur ne soient autrement reconnues que par l’ajout de ce point qui ne répond nullement aux préoccupations et
difficultés actuelles de ceux-ci. La reconnaissance de la spécificité de la direction d’école passe par des mesures qui concernent l’ensemble des directeurs et non 36 d’entre
eux ! »
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SE-Unsa –
Nord
« Ainsi, notre Inspecteur d’Académie, à « l’invitation » du
cabinet du ministre, nous a annoncé qu’il bonifiait d’un point le barème hors-classe des directrices et directeurs.
Bien sûr, les collègues concernés par ce point ne seront pas
mécontents de l’avoir obtenu. Mais fallait-il déshabiller Paul pour habiller Jacques ? Si l’on compte les collègues au barème maximal bénéficiant d’un
point supplémentaire (enseignants REP et directeurs), on arrive à 121. Or il y aura 120 promus.
Autant dire que pour les collègues qui pouvaient raisonnablement
prétendre accéder à la hors-classe au regard du barème 2008, ce sera peau de chagrin. Bien sûr, un certain nombre des 120 premiers préfèreront maintenir leur projet de partir à la retraite que de
passer à la hors-classe et les 40 ou 50 collègues qui ont refait un an pour accéder à la hors classe seront sans doute « repêchés »…
Il n’empêche. Un certain nombre d’entre eux sans doute le devront à
l’accord obtenu auprès du ministre par le SE-UNSA l’an dernier : l’amélioration du ratio hors-classe qui s’était traduit en 2008 par 30 promus supplémentaires dans notre département. Nous
continuons de nous battre pour que ce ration soit une nouvelle fois amélioré : la hors-classe, ça doit être pour tout le monde.
Pour mémoire, le rapport Silicani rendu en avril 2008 au président
de la République proposait que le traitement des enseignants soit composé d’une part fixe (75%) et d’une part variable (25%). Il préconisait aussi que « l’accès au dernier grade de chaque cadre
statutaire ou d’emploi soit conditionné au fait d’avoir occupé, pendant au moins trois ans, un ou plusieurs postes comportant des responsabilités ou des sujétions particulièrement lourdes », en
d’autres termes que l’accès à la hors-classe soit interdit aux adjoints travaillant en milieu ordinaire.
Imparable pour tenir l’engagement de faire accéder 15% des collègues
à la hors-classe (1,6% actuellement !) :
Plutôt que d’augmenter le nombre de promus, il suffit de réduire le
nombre de promouvables.»
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SNUipp -
Cantal
« L’administration avait fait le choix de modifier le barème
pour l’accès à la hors classe en donnant un point aux directeurs d’école, et ce, sans concertation avec les délégués du personnels ni même en avoir informé les collègues.
Nous avons rejeté ce manque
de transparence et noté que si la fonction de directeur doit être revalorisée, ce n’est pas au détriment des autres enseignants. Or, le choix de majorer d’un point le barème des directeurs bouleverse
considérablement les conditions d’accès à la hors classe et freine le passage à tous les non directeurs.
L’IA a tenu compte de notre
demande et propose un nouveau classement sans ajouter de point aux directeurs ».
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Sgen -Alsace
« Bonification des directeurs pour l’accès à la hors-classe des
PE : Le ministère a informé l’IA de la possibilité de donner un point de bonification aux directeurs pour accéder à la hors-classe. Pour le Sgen-CFDT, cette mesure n’est pas la bonne manière de répondre à la nécessaire amélioration des conditions de travail et de rémunération des directeurs. En effet, elle
aurait pour conséquence de réduire considérablement la possibilité pour un PE adjoint d’accéder à la hors classe.
Le Sgen-CFDT revendique une reconnaissance de l’engagement des
directeurs par une augmentation des décharges et des indemnités. De plus, une aide administrative doit être envisagée pour les écoles maternelles et élémentaires.»
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SNUDI-FO -
Vienne
« Un point
supplémentaire de barème pour la hors-classe pour certains directeurs d’école
« méritants », mesure qui met en place « le salaire au mérite » !
Sur le fond, si le SNUDI-FO prend acte du fait que le Ministère
reconnaît que les directeurs sont amenés à fournir un investissement personnel, force est de constater que compte tenu du nombre extrêmement limité d’accès à la hors classe, il y aura très
peu de collègues directeurs qui pourront bénéficier de cette promotion.
De plus cette mesure
apparaît comme une mesure discriminatoire et inégalitaire aux yeux des professeurs des écoles qui n’exercent pas sur des postes de direction et qui demandent également que leur investissement
professionnel soit reconnu à travers une augmentation salariale conséquente, notamment par l’augmentation du point d’indice pour tous.
Au contraire ces collègues seront fondés à considérer que non
seulement ils sont exclus définitivement du passage à la hors classe, mais que cette proposition est prise à leur détriment. En effet, la mesure préconisée n’aboutit qu’à la répartition
différente de la somme globale consacrée au passage à la hors classe puisque aucune place supplémentaire n’est créée. De fait, elle conduit à rompre
l’unité du corps des professeurs des écoles et à instaurer un système de promotion uniquement fondé sur le critère du « mérite » et sa reconnaissance par l’IA, ce que notre syndicat
ne peut accepter.
Cette mesure d’octroi d’un point supplémentaire apparaît comme un
effet d’annonce quelque peu démagogique ».
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SNUDI-FO –
Oise
« Le ministère prévoit d’accorder un point supplémentaire aux
directeurs d’école. Il appartient aux IA de « choisir » d’attribuer ou non ce point à tous les directeurs ou partiellement (selon quels critères ?).
De facto, la généralisation d’attribution du point aurait pour
conséquence d’intégrer uniquement les directeurs en fin de carrière au détriment de tous les collègues. Sans vouloir opposer telle ou telle catégorie de personnel, c’est un choix politique du ministère qui est contestable en rompant une égalité de traitement entre les personnels dans l’accès à la hors
classe. »
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On le constate, les syndicats acceptent mal l’idée d’accorder un avantage (si minime soit-il) aux directeurs
d’école. Division pour les uns, injustice pour les autres… Manifestement, l’IA du Cantal s’est laissé convaincre…
Certes, les dirigeants syndicaux accompagnent leur protestation d’un couplet sur la « nécessité de reconnaître l’engagement des directeurs » mais, hélas, on ne les voit guère donner suite à leurs propos généreux et mener une action
vigoureuse dans ce sens… « Paroles, paroles, paroles… ».
Autre préoccupation et nouveau sujet de colère : les
syndicats n’ont plus le privilège d’annoncer aux enseignants le résultat du mouvement du personnel (mutations et nominations).
Jusqu’à présent, les jours de CAPD, les délégués du personnel tenaient des permanences téléphoniques pour
informer les collègues en attente d’un poste. C’était le bon temps : celui où le syndicat se montre au service des enseignants, de tous les enseignants. Planait alors le doux parfum d’une
cogestion tranquille. Les représentants du personnel apparaissaient comme garants de la régularité des opérations. Ils étaient donc très logiquement « payés de retour ». Le champ de syndicalisation attirait nombre de débutants convaincus de pouvoir compter sur l’aide utile, voire indispensable des
syndicats. Et, cerise sur le gâteau, ces derniers jouissaient du privilège exclusif de la communication des résultats du mouvement.
Xavier Darcos en a décidé autrement : « Informer les enseignants, cela fait partie des missions de l’Administration » avec probablement, en arrière-pensée, l’idée de faire croire que les
syndicats ne seraient que des porteurs d’informations.
Les responsables syndicaux y ont vu une « attaque déguisée » contre les organisations qu’ils représentent et une volonté de minimiser l’action des délégués du personnel. Ils considèrent qu’il
s’agit d’une véritable « négation du paritarisme ».
Les syndicats sont d’autant plus en colère qu’ils sont
court-circuités par les IA qui communiquent les résultats provisoires avant même la tenue des CAPD.
En effet, dans certains départements, les enseignants peuvent prendre connaissance de leur future nomination
sur iProf « sous réserve de vérification par la CAPD ».
Dans d’autres départements, l’annonce de l’IA se fait par mail,
téléphone ou même SMS comme en Loire-Atlantique… Jamais, l’Education nationale n'aura autant été à la pointe du progrès…
Ainsi, le déplore le SNUDI-FO de l’Oise :
« Le SNUDI FO a appris avec une grande surprise, mardi 5 mai
dans la journée, par des collègues, que les résultats du mouvement départemental étaient déjà divulgués aux enseignants concernés par un message de l’administration sur leur boîte
I-PROF ! Ce procédé qui, de plus, n’a pas été soumis à l’approbation des commissaires paritaires, est une nouvelle remise en cause du
paritarisme, après la suppression envisagée des CAPD des 2e et 3e phases du mouvement ».
Pour l’IA, « la divulgation du projet de mouvement sur I-Prof
suit clairement les consignes ministérielles portées dans la circulaire des permutations et mutations. L’IA ne renie pas pour autant la position de confidentialité qu’il défendait auparavant. Il
remarque que plusieurs syndicats informaient les collègues avant la CAPD depuis des années et que cette nouvelle mesure a au moins le mérite d’informer tous les collègues alors qu’ils ne
s’adressaient pas tous aux syndicats avant ».
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