Dans les derniers mois, l’Education nationale a surtout été touchée par le mouvement de grève des lycéens et
plus récemment par celui des enseignants-chercheurs et des étudiants.
Pourtant, même si le calme semble régner dans le premier degré, il n’en reste pas moins plusieurs foyers de
contestation.
Le rythme scolaire
La réforme de Xavier Darcos a eu pour effet d’alourdir la journée
des écoliers français, déjà la plus longue du monde, en supprimant les cours du samedi matin et en
instituant un temps d’aide personnalisée de 2 heures hebdomadaires.
Nous l’avons dit à maintes reprises, la mesure avait pour principal
objectif, sans débourser un euro, de récupérer des postes d'aide (Rased) en confiant ce travail à l’ensemble des enseignants…
Accessoirement, elle répondait à la demande de parents soucieux de profiter d’un long week-end. Pour la même
raison elle ne laisse pas insensibles certains enseignants.
Curieusement, c’est des municipalités que vient la contestation de
cette mesure. Une enquête du quotidien Le Monde nous apprend que 4 villes socialistes, Lille, Grenoble,
Angers, Brest remettent en question la semaine de 4 jours et invitent les parents à accepter l'école le mercredi matin. Angers a déjà opté pour cette formule.
La question est ouvertement dénoncée par le "livre noir" publié
par le parti socialiste fin mars 2009. Le PS voit dans l'école sur 4 jours "une mesure aussi démagogique que
dangereuse pour la qualité de l'enseignement. Son premier objectif est de séduire l'opinion publique au mépris des intérêts des enfants".
Les 60 heures d’aide personnalisée
Les syndicats enseignants se penchent également sur la question et souhaitent tester la base. Après le
Sgen-Cfdt qui avait manifesté ses réserves, le Snuipp lance une enquête sur l'utilisation des 60 heures et invite les conseils d'école à se
prononcer.
"Avant la fin de cette année de mise en place, nous vous proposons de suspendre à nouveau l’aide personnalisée du 11 au 22 mai et d’utiliser ce temps pour faire le point à partir du questionnaire
ci-dessous, en réfléchissant aussi aux perspectives".
Communiqué du SNUipp 60 H :
prendre le temps de faire un nouveau bilan
Le SNUipp a mis en place un dispositif de suivi
pour donner la parole aux enseignants, pour établir un bilan, et interpeller les inspecteurs d’académie et le ministre.
A ce jour, le ministère n’a toujours donné aucune
réponse à la demande du SNUipp de faire un bilan qualitatif de la mise en place de l’aide personnalisée.
Vous avez été nombreux à répondre à une première
enquête qui avait pour objet de dresser un premier état des lieux après quelques semaines de fonctionnement.
Avant la fin de cette année de mise en place, nous
vous proposons de suspendre à nouveau l’aide personnalisée du 11 au 22 mai et d’utiliser ce temps pour faire le point à partir du questionnaire ci-dessous, en réfléchissant aussi aux
perspectives.
Nous vous remercions d’y participer en remplissant
cette nouvelle enquête en ligne sur le site du SNUipp.
Celle-ci permettra en fin d’année scolaire, sur la
base de ce bilan de faire de nouvelles propositions, afin de peser sur l’avenir et la réussite de tous les élèves. Dans ce cadre aussi, il s’agit d’obtenir la réouverture du dossier du rythme de
la journée de l’élève et de la semaine scolaire.
Base élèves
Même si l’on en parle moins, la contestation se poursuit également à propos du logiciel Base élèves.
Le Collectif national de résistance à Base élèves appelle les
parents à déposer plainte. Une trentaine d'entre eux l'ont fait la semaine dernière à Marseille.
Dans l'Hérault, l'enseignant "désobéisseur" Bastien Cazals appelle les parents à rejoindre le mouvement.
Une plainte a été déposée auprès de l'ONU en mars dernier. Un noyau
dur de directeurs d'école refuse d'enregistrer les élèves et fait l'objet de sanctions comme Jean-Yves Le Gall (Isère) déplacé, Isabelle Huchard (Hérault) blâmée. Ils dénoncent la volonté de
fichage des enfants gouvernementale et craignent une exploitation policière du fichier.
"Au lieu d’engager le dialogue dans un esprit constructif, les
inspections académiques s’enferment dans une répression disproportionnée visant à faire rentrer dans le rang les enseignants qui, en conscience, refusent d’appliquer les dispositifs et les
programmes pédagogiques qui remettent en cause le sens profond de leur mission".
En lutte depuis des mois contre les nouveaux programmes du primaire et l'accompagnement scolaire, les
enseignants désobéisseurs appellent à une journée d'action le 6 mai
"Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement programme
la mort de l'école de la République" écrit le Mouvement des enseignants du primaire en résistance. Ils sont principalement situés dans le sud (Hérault, Bouches-du-Rhône), l'ouest
(Loire-Atlantique, Charente).
Une caisse de solidarité nationale a été mise en place afin de soutenir les enseignants
sanctionnés par des retraits de salaire et leur permettre de ne pas céder.
Secrètement, Xavier Darcos doit trouver bien longs ses derniers jours à la tête de ce
ministère. Et c’est probablement avec soulagement qu’il laissera à son successeur le soin de gérer ces mouvements sporadiques qui empoisonnent la fin de son mandat…
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