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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 21:04


A moins de deux mois d'un remaniement ministériel, les candidats à la course aux grands portefeuilles n'hésitent plus à se montrer. On évoque même un possible mini remaniement vers le 15 mai…

Furieux que certains affichent ouvertement leurs états d’âme ou leurs ambitions en vue du remaniement, le président a laissé éclater sa colère, la semaine dernière, au beau milieu du Conseil des ministres.

 

Nicolas Sarkozy avait jugé « ridicules et décalés aux yeux des Français » les « positionnements ou les états d'âme » de certains ministres dans la presse, à propos de leurs souhaits de nouveaux portefeuilles ministériels. 

« Je demande au Premier ministre de me remettre la démission du premier d’entre vous qui se répandra encore dans les médias ! » s'est emporté le chef de l'Etat. Dans le salon Murat de l’Elysée, les ministres regardent leurs pieds…

 

« Vous êtes ridicules, ridicules ! Vous vous répandez dans la presse pour demander une promotion. Une honte ! S’il y en a un qui n’est pas content de son sort, qu’il vienne me voir ! » Un coup de sang de cinq minutes, « hyper-violent » selon un participant, encore pétrifié.


« Vous me faites penser à ces coureurs cyclistes qui lèvent les bras 2 m avant la ligne d’arrivée et qui se font doubler par un coureur juste derrière », a ajouté Nicolas Sarkozy.

 

Plusieurs ministres sont particulièrement visés : Nadine Morano (Famille), qui se dit « candidate à rien mais volontaire pour tout » ; Christine Boutin (Logement), qui déménagerait bien à l’Agriculture ; le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, Hubert Falco, qui réclame un ministère plein ; et surtout Roger Karoutchi (Parlement), qui a eu droit à la plus grosse remontée de bretelles. « Quand on fait des conneries, on les assume ! » a tonné Nicolas Sarkozy, en regardant dans sa direction.

 

Conscient qu’il y était allé un peu fort, le président a ensuite calmé le jeu. « Tout le monde fait des erreurs, moi aussi… Ne vous faites pas avoir, ce n’est pas la presse qui fait les remaniements ! » a-t-il rappelé à ses ministres autour de la table.

 

Pourtant, la leçon ne semble pas avoir été entendue de tous. En effet, Nadine Morano persiste et signe malgré le coup de gueule du président de la République Nicolas Sarkozy.


Lors d’en entretien sur Europe 1, l’actuelle secrétaire d’Etat à la Famille a indiqué qu’elle accepterait « avec joie » d’être à la tête d’un ministère de l’Education élargi aux questions familiales.

« J’ai travaillé à une note prospective du rapprochement du Ministère de la Famille et de l'Education nationale comme en Espagne et en Angleterre, parce que cela me semble judicieux et que ça pourrait être une nécessité », explique Nadine Morano.

« C'est le président de la République qui décide mais s'il me confiait cette responsabilité je l'accepterai avec joie », a-t-elle poursuivi.

 

Au-delà de la personnalité de Nadine Morano qui ne colle pas avec le ministère qu’elle convoite, c’est le projet qu’elle porte qui dérange : adjoindre au ministère de la famille, celui de l’éducation. C’est bien dans ce sens-là qu’il faut comprendre le projet. Dans ce sens et non l’inverse.

L’inverse d’ailleurs n’aurait guère de sens : qu’est-ce que le ministère de l’éducation aurait à faire d’une délégation à la famille ?

Le projet de Nadine Morano serait bien d’adjoindre l’Education à la Famille et non le contraire. Mais alors qu’est-ce cela signifie ?

 

La déclaration de Nadine Morano doit être prise au sérieux. Cette « évolution » est inscrite dans le discours de Nicolas Sarkozy prononcé  le 23 février 2007 durant la campagne présidentielle :

 

« C’est l’autorité des parents qu’il faut réhabiliter.

Je souhaite une véritable révolution des mentalités par laquelle les parents soient reconnus comme des éducateurs à part entière.

[…] Si pour les familles qui ne s’occupent pas de leurs enfants mineurs, qui les laissent traîner dans la rue, qui les laissent commettre des délits, qui ne respectent pas l’obligation de les scolariser, je souhaite que des sanctions soient prises, que la responsabilité des parents puisse être mise en cause, que les allocations familiales soient mises sous tutelle, je m’engage aussi si je suis élu à aider les familles de bonne foi qui en ont besoin à élever leurs enfants.

Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. »

 

L’Etat n’est plus celui qui impulse, qui oriente, qui définit des politiques éducatives pour la nation entière, sans exclusive. Ramener l’école à un devoir familial, c’est lui ôter ce que près de deux siècles ont lentement forgé à savoir que l’école est avant tout un moyen de répondre à l’environnement social dans lequel elle est impliquée.

 

Le déclassement de l’Education nationale au rang de simple auxiliaire des familles serait une manière de définitivement décrédibiliser l’instituteur et le professeur. Nicolas Sarkozy avait déjà lancé la pierre à cette profession : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance”. (Discours au Vatican, 20 décembre 2007).

 

On le voit, l’arrivée de Nadine Morano à l’Education ou plus exactement l’arrivée du ministère de l’Education dans le ministère de Nadine Morano ne serait pas sans conséquences.

 

 

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