A moins de deux mois
d'un remaniement ministériel, les candidats à la course aux grands portefeuilles n'hésitent plus à se montrer. On évoque même un possible mini remaniement vers le 15 mai…
Furieux que certains
affichent ouvertement leurs états d’âme ou leurs ambitions en vue du remaniement, le président a laissé éclater sa colère, la semaine dernière, au
beau milieu du Conseil des ministres.
Nicolas Sarkozy avait
jugé « ridicules et décalés aux yeux des Français » les « positionnements ou les états d'âme » de certains ministres dans la presse, à propos de
leurs souhaits de nouveaux portefeuilles ministériels.
« Je demande au Premier ministre de me remettre la démission du premier d’entre vous qui se répandra encore dans les médias
! » s'est emporté le chef de l'Etat. Dans le salon Murat de l’Elysée, les ministres regardent leurs pieds…
« Vous êtes ridicules, ridicules ! Vous vous répandez dans la presse pour
demander une promotion. Une honte ! S’il y en a un qui n’est pas content de son sort, qu’il vienne me voir ! » Un coup de sang de cinq minutes, «
hyper-violent » selon un participant, encore pétrifié.
« Vous me faites penser à ces coureurs cyclistes qui lèvent les bras 2 m avant la ligne d’arrivée et qui se font doubler par un coureur juste
derrière », a ajouté Nicolas Sarkozy.
Plusieurs ministres sont
particulièrement visés : Nadine Morano (Famille), qui se dit « candidate à rien mais volontaire pour tout » ; Christine Boutin (Logement), qui déménagerait bien à l’Agriculture ; le secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, Hubert Falco, qui réclame un ministère plein ; et surtout Roger Karoutchi (Parlement), qui a eu droit à la plus
grosse remontée de bretelles. « Quand on fait des conneries, on les assume ! » a tonné Nicolas Sarkozy, en regardant dans sa direction.
Conscient qu’il y était allé un peu fort, le président a ensuite calmé le jeu. « Tout le monde fait des erreurs, moi aussi… Ne vous faites pas avoir, ce n’est pas la presse qui fait les remaniements ! » a-t-il rappelé à ses ministres autour
de la table.
Pourtant, la leçon ne semble pas avoir été entendue de tous. En effet, Nadine Morano persiste et signe malgré le coup de
gueule du président de la République Nicolas Sarkozy.
Lors d’en entretien sur Europe 1, l’actuelle secrétaire
d’Etat à la Famille a indiqué qu’elle accepterait « avec joie » d’être à la tête d’un ministère de l’Education élargi aux questions
familiales.
« J’ai travaillé à une note prospective du rapprochement du Ministère de la Famille et de l'Education nationale comme en Espagne et en Angleterre, parce que cela me
semble judicieux et que ça pourrait être une nécessité », explique Nadine Morano.
« C'est le président de la République qui décide mais s'il me confiait cette responsabilité je l'accepterai avec joie », a-t-elle poursuivi.
Au-delà de la personnalité de Nadine Morano qui ne colle pas avec le ministère qu’elle convoite, c’est le
projet qu’elle porte qui dérange : adjoindre au ministère de la famille, celui de l’éducation. C’est bien dans ce sens-là qu’il faut comprendre le projet. Dans ce sens et non
l’inverse.
L’inverse d’ailleurs n’aurait guère de sens : qu’est-ce que le ministère de l’éducation aurait à faire
d’une délégation à la famille ?
Le projet de Nadine Morano serait bien d’adjoindre l’Education à la
Famille et non le contraire. Mais alors qu’est-ce cela signifie ?
La déclaration de Nadine Morano doit être prise au sérieux. Cette « évolution » est inscrite dans
le discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 23 février 2007 durant la campagne présidentielle :
« C’est l’autorité des parents qu’il faut réhabiliter.
Je souhaite une véritable révolution des mentalités par laquelle les parents soient reconnus comme des
éducateurs à part entière.
[…] Si pour les familles qui ne s’occupent pas de leurs enfants mineurs, qui les laissent traîner dans la
rue, qui les laissent commettre des délits, qui ne respectent pas l’obligation de les scolariser, je souhaite que des sanctions soient prises, que la responsabilité des parents puisse être mise
en cause, que les allocations familiales soient mises sous tutelle, je m’engage aussi si je suis élu à aider les familles de bonne foi qui en ont besoin à élever leurs enfants.
Je souhaite que dans ce rôle ils soient soutenus, aidés, accompagnés, que cette charge soit prise en
compte dans le calcul de l’impôt, de la CSG, des retraites. »
L’Etat n’est plus celui qui impulse, qui oriente, qui définit des politiques éducatives pour la nation
entière, sans exclusive. Ramener l’école à un devoir familial, c’est lui ôter ce que près de deux siècles ont lentement forgé à savoir que l’école est avant tout un moyen de répondre à
l’environnement social dans lequel elle est impliquée.
Le déclassement de l’Education nationale au rang de simple auxiliaire des familles serait
une manière de définitivement décrédibiliser l’instituteur et le professeur. Nicolas Sarkozy avait déjà lancé la pierre à cette profession : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais
remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance”. (Discours au Vatican, 20 décembre 2007).
On le voit, l’arrivée de Nadine Morano à l’Education ou plus exactement l’arrivée du ministère de l’Education
dans le ministère de Nadine Morano ne serait pas sans conséquences.
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Elle n'a pas la réputation d'avoir une grande écoute de ses interlocuteurs. Il suffit de la voir dans les débats à la télé...
Place prépondérante dans bien des domaines et que, à ce jour et jusqu'à plus ample informé, nul n'a contestée !
Faut-il voir dans ces rumeurs ou ces ambitions la suite "logique" de cette mise en place ? À chacun de le voir !
Pour le reste, Mme Morano, M. Darcos ou le Concombre Masqué, la question de la reconnaissance par un statut des directeurs d'École demeure toujours à l'ordre du jour...
Nadine Morano est capable (coupable ?) de hauts faits d’armes… Pendant la campagne présidentielle, elle s’était fait "prendre la main dans le sac" par les caméras de France2 en arrivant "camouflée" à une réunion publique où Ségolène Royal était l’invité.
Elle ne manque pas d’air… Sur Europe 1, la secrétaire d’Etat a affirmé ne pas être directement visée : "je n’ai pas besoin de me faire taper sur les doigts par l’Elysée parce que je n’ai pas besoin de passer par la presse pour dire à Nicolas Sarkozy, que je vois très régulièrement, ce que je veux faire au service de mes convictions."
Comme l’écrit Bakchich : "Pour le président, sa ministre a au moins deux qualités : être authentiquement populaire et surtout l’assumer. En un mot : incarner la droite décomplexée… bien utile en cette période où l’Élysée cherche à regagner le cœur de l’électorat populaire". Alors lui refusera-t-il ce « grand maroquin » ?
David Desgouilles décrit comme : "Degré zéro de la politique" et ajoute : "Ce qu’elle veut, c’est s’occuper de nos gosses, de tous nos gosses. Dans la Famille et à l’Ecole. Ont-ils vraiment mérité cela ? Non, assurément. Cela dit, ni les agriculteurs, ni les militaires, ni les policiers ne méritent un tel sort. Ce sont pourtant d’autres destinations possibles pour Nadine Morano. Que mes amis paysans, soldats ou de l’Intérieur me pardonnent, mais il faudrait bien que certains d’entre vous se sacrifient. Les enfants d’abord ! "
Une différence peut-être, la manière de le faire parce que l'actuel a quand même accumulé les maladresses, ex: la loi sur le SMA.
Christian
Oui, la mission d'un ministre, c'est d'appliquer la politique du gouvernement et donc celle définie par le président de la République.
Seullement, la personnalité du ministre a son importance. Il suffit d'un type comme Allège et rien ne passe car il cristallise toutes les oppositions contre lui et donc contre ses projets ou réformes.
Pompidou faisait une analyse très simple mais qui se révèle exacte quasiment toujours. Pour lui, entre un ministre technicien (spécialiste des problèmes qu'il a en charge) et un ministre politique, il n'hésitait pas. Le minisre politique, par sa souplesse, sa capacité à écouter, à ne pas se renfermer dans ses certitudes... ce ministre-là a plus e chances de réussir que le technicien. Je pense que ça se vérifie souvent.
Ce qui me fait penser que si l'on a un ministre du genre Morano, e sera une véritable catastrophe.
Concernant le dossier des relations de nos écoles avec les familles, il demeure une urgence car toute analyse basique des difficultés de nos petits loustics montre que le comportement est devenu un problème réel qui exige bien autre chose qu'une 'discipline' supplémentaire en maternelle et que la meilleure des pédagogie, même celle qui prend en compte les enfants 'qu'on empêche de penser' ( ref : livre de Serge Boimare) ne fera pas l'impasse d'une autre relation avec les parents. Il faut pouvoir dialoguer avec les familles, leur laisser la place nécessaire et avoir la possibilité de leur permettre d'être informés et orientés. Seule cette perspective, qui ne doit pas être forcément aussi coercitive qu'au Canada, permettra de faire un peu avancer les choses.
Bien évidemment, cela ne doit pas être au détriment du pouvoir de décision des enseignants mais cela doit évoluer de même que doit évoluer le rôle des médias par rapport à l'enfant. Qui pourrait croire que seule l'école doit être au front face aux problèmes qui se développent. Le rôle du nouveau directeur que l'on devrait créer serait au coeur de cette nouvelle relation.
Pourquoi "serait" ? Ne l'est-il pas déjà ?
Qui, mieux que le Directeur, personne-pivot des relations entre École et "extérieur" (famille, Mairie, services de soins, etc...) est en mesure d'assumer un tel rôle ? Qui reçoit, dialogue, informe, consacre du temps, tâche de se montrer disponible, aide, conseille en cas de besoin, etc...sinon, le Directeur ?
S'il quelque chose doit être effectivement "créé", c'est bien un statut qui viendra officialiser, reconnaître l'importance de ce rôle dans les relations entre l'école et le monde extérieur.
Et l'on peut penser que cette disponibilité, cet atout enfin mis en place ne pourra qu'aider à un partage des responsabilités dans le milieu de l'école : nul n'empiète sur les prérogatives de l'autre mais chacun est reconnu dans sa spécificité, le dialogue ne peut qu'en être plus fructueux dans le souci d'une meilleure prise en compte des difficultés et des intérêts des enfants.
Et si on essayait ?
L'enseignant ! Sans miimiser le rôle du dirlo notamment avec l'extérieur , pour ce qui est du scolaire privilégions la proximité et la connaissance réelle de l'élève et laissons cette responsabilité aux enseignants.Lorsque tu fais réparer ta voiture, tu préfères t'adresser au mécano qui s'en est occupé ou à celui qui tient la boutique( à moins que ce ne soit le même comme dirlo de classe unique-lol-)...
Ce n'est nullement l'enseignement (le "pédagogique") qui était visé dans ma remarque. Il était bien spécifié que c'était "l'extérieur" qui était concerné de manière à ne pas confondre les "rôles" : (je me cite, désolé : " Commentaire n°11 posté par henri le 30/04/2009 à 15h19
Erreur de lecture, Densi ?
Ce n'est nullement l'enseignement (le "pédagogique") qui était visé dans ma remarque. Il était bien spécifié que c'était "l'extérieur" qui était concerné de manière à ne pas confondre les "rôles" : (je me cite, désolé : "Qui, mieux que le Directeur, personne-pivot des relations entre École et "extérieur" (famille, Mairie, services de soins, etc...) est en mesure d'assumer un tel rôle ? Qui reçoit, dialogue, informe, consacre du temps, tâche de se montrer disponible, aide, conseille en cas de besoin, etc... sinon, le Directeur ?")
Je suis d'accord avec Densi : ne minimisons pas le rôle du dirlo mais sachons voir que l'école, ce n'est pas QUE le dirlo. C'est une équipe. Tu l'oublies souvent dans tes démonstrations. Pour que l'école soit performante, il faut que tous soient bons (ils le sont...
Alors, là, oui, le rôle du dirlo est important. Il doit être capable de fédérer des personnalités différentes pour les faire regarder dans la même direction... Une bonne formation ne serait pas inutile pour endosser ce rôle de "manager".