Dans un communiqué, le SNE-CSEN se félicite d’avoir obtenu un avantage substantiel dans
l’accélération de la carrière des directeurs d’école.
« Grâce à la pugnacité du SNE-CSEN face aux nombreuses
pressions de certaines organisations pour empêcher que la promesse faite par le Ministre en novembre 2008 (voir pièce jointe) ne soit tenue, la circulaire permettant l'attribution aux directeurs
d'un point supplémentaire au barème pour l'accès à la Hors Classe, est enfin arrivée dans les Inspections Académiques.
Sans flonflon, ni ballon, le SNE continue son action
! »
Nous reproduisons un extrait de cette circulaire ministérielle datée
du 2 avril, envoyée aux Inspecteurs d'Académie.
« Objet : Avancement à la hors classe des professeurs des écoles à la rentrée scolaire 2009.
Réf : Décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l’avancement de grade dans les
corps des administrations de l’Etat.
J’appelle votre attention sur les conditions d’accès à la hors classe des professeurs des
écoles pour l’année 2009/2010.
Les modalités indiquées dans la note de service n° 2006-078 du 11 mai 2006 publiée au BOEN n°
20 du 18 mai 2006 continueront à servir de référence pour la campagne de promotions 2009.
Je vous demande toutefois d’être particulièrement attentif à la situation des directeurs
d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des écoles. Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel, vous pourrez ainsi, dès cette année, leur
attribuer un point supplémentaire pour le calcul du barème à la hors classe […] ».
Les premières réactions n’ont pas tardé. Ainsi, sous la plume de Yvon Guesnier, la CGT Educ’Action 06 réagit :
« Hors classe des
P.E. : Non à la division !
Le Ministère donne la possibilité aux IA, à partir de cette année, de donner 1 point pour l'accès à la Hors Classe pour les Directeurs-trices, mais sans, bien entendu, augmenter le
contingent de cette dernière... Ce qui revient à donner un "avantage" à une certaine catégorie de collègues par rapport à d'autres catégories, sans que cela ne coûte rien, en clair aider à la
"revalorisation" de la fonction de directeur-trice en prenant sur l'ensemble des collègues... Méthode connue et de plus en plus souvent employée...
Est-ce choquant ?
Pour la Cgt-Educ'Action ce qui est choquant c'est la hors classe elle-même !
Nous sommes favorables à 2 échelons supplémentaire atteignables par tous et toutes et à une accélération des promotions par le passage des collègues issus du corps des instits au rythme le plus
rapide et hors barème, les échelons de fin de carrière. Et ce pour permettre au maximum de collègues de partir au moins au 11° échelon et de ne pas "entrer" en concurrence avec les collègues
issu-e-s directement du corps des P.E.
[…]
C'est le premier élément d'une remise en cause s'un barème général au profit d'un premier pas vers une individualisation chère au Ministre, comme cela existe dans le second degré ! En clair à
terme la hors classe laissée à l'appréciation des IA... La "gueule du client"...
Je divise, tu divises, il-elle divise, nous divisons, vous divisez,
ils-elles profitent !!! »
A l’autre bout du pays, Bruno ROBIN (secrétaire départemental de la FSU 59), réagit doublement. D’abord pour attaquer le SNE, ensuite pour entonner, lui aussi, le thème de « la division pour mieux régner »…
Formule classique pour ne pas avoir à répéter que les directeurs sont des « enseignants-comme-les-autres » mais qui veut bien dire ce qu’elle veut dire… (Fautes comprises)
« Quelle différence y-a-t'il entre "être favorable" et
"décréter que" ?
Il semblerait que les privés de ballon du SNE n'ait pas encore compris les subtilités du Ministre ... ou bien qu'ils tentent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes
!!
Diviser pour régner ? N'est-il pas plus juste de réclamer que tous
les PE accèdent à la hors classe au rythme le plus rapide ? Car finalement, le déroulé de carrière de chacun doit-il dépendre de celui des autres ? Ou encore, la notion de mérite
est-elle vraiment la meilleure façon de progresser ?
Rassurons le SNE : il n'existe de pressions que dans le cadre
d'un rapport de force et nous savons bien qui est à l'origine de tous nos tracas et du démantèlement de l'école publique. A trop fréquenter les salons du Ministre, on finit par
perdre le nord. »
Quand Bruno Robin s’en prend sur un ton virulent au SNE qu’il accuse de « trop fréquenter les salons du ministre », oublie-t-il le temps de la « cogestion » dénoncée
aujourd’hui par certains syndicats qui jouent les vierges effarouchées ?
En mars 2008, Marcel Pochard, Conseiller d’Etat, auteur du « livre vert sur l’évolution du métier
d’enseignant » critiquait la « cogestion Etat – syndicats à l’Education
nationale ».
Interrogé sur le fait qu’en France, les organisations syndicales détiennent un
certain pouvoir, comme celui d’informer les enseignants sur les affectations et les mutations, ce que l’administration ne fait pas toujours, il répondait :
« Nous sommes effectivement là dans un domaine
type que l’on peut qualifier de cogestion. Le langage tenu par les deux partenaires est sensiblement le
même. A savoir : ce système n’est pas très bon mais, dans le fond, il est possible de limiter les dégâts par des mesures d’accompagnement. Même chose pour la notation des
enseignants : les syndicats comme l’administration n’ont pas véritablement envie de trouver un autre système de notation parce que le système actuel a le seul mérite
d’exister. »
Dans sa circulaire aux IA, le ministère se montre élogieux envers les « directeurs d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des
écoles ».
Il commence la phrase suivante par : « Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel… ». Que ne la termine-t-il pas par l’annonce « d’un statut de directeur d’école » ?
La reconnaissance serait claire et nette, et tellement plus crédible…
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