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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 09:55


Alors qu’en ce jour de grève, l’ensemble du système éducatif est mobilisé, des études sur l’Education nationale, habituellement rendues publiques, dorment toujours rue de Grenelle.

 

Chaque année, le ministère de l’Education nationale multiplie études et données statistiques sur l’état de l’école publique et notamment l’évolution des effectifs. Mais cette année, bon nombre de ces données pour 2008, n’ont toujours pas été publiées.

 

Pourtant les enquêtes ont été réalisées par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (D.E.P.P.). D’ailleurs, les salariés de la D.E.P.P. réclament la publication de la vingtaine de notes non publiées. A savoir notamment : le coût de l’éducation, le coût de la recherche, l’orientation après le bac (les entrées à l’université, dans les écoles…), les sorties sans diplôme du système éducatif et la validation des acquis.

 

Pour la CGT-FERC (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture), qui lutte depuis des mois pour faire sortir les chiffres, il n’y a pas de doute, les études dorment tranquillement sur une étagère du ministère. Pour Daniel Blondet, de la CGT-FERC, « la publication au compte-gouttes des informations est inacceptable », précisant que « si 10 des 38 données manquantes ont été publiées en janvier dernier, c’est uniquement à cause de la petite pression médiatique. »

 

Le 28 janvier dernier, nous avons publié un article intitulé : « Evolution du niveau des CM2 (1987 – 2007) : l’étude cachée du ministère  ». Le lendemain, la D.E.P.P. était autorisée à rendre publique cette étude…

 

Au fil des mois, l’interrogation se transforme en accusation. Et cette accusation vise directement le ministre car, parmi les études en sommeil, se trouvent celles qui concernent la démographie. Soit les projections d’effectifs, c’est-à-dire l’évolution du nombre d’élèves inscrits dans le public d’une année sur l’autre.

Or,  Xavier Darcos s’est appuyé sur une baisse des effectifs prévue pour expliquer la suppression (ou « non remplacement ») des 13 500 postes d’enseignants à la rentrée prochaine. De là à soupçonner le ministre de dissimuler volontairement les données, il n’y a qu'un pas que certains n’hésitent pas à franchir…

 

Contacté par Bakchich, le ministère de l’Education nationale a expliqué qu’il était de bonne foi, les quelques retards n’étant dus qu’à des problèmes techniques au moment de la reproduction. « Ces problèmes arrivent de temps en temps, il y a parfois des incidents incontrôlables ». « Par ailleurs, ajoute l’interlocutrice du ministère, Mireille Sybille, ce ne sont pas des diffusions en temps réel. Il n’y a pas d’exacte adéquation entre la parution et la diffusion des textes. »

 

Le SNUipp s’engouffre dans la brèche :

 

« Comment comprendre que le ministère s’entête à supprimer 3000 postes d’enseignants en RASED et de diminuer de 3000 le nombre de postes au concours alors que, plus que jamais en temps de crise il est nécessaire d’investir dans la formation pour transformer l’école et assurer la réussite de tous les élèves ? Suppressions de postes d’autant plus inadmissibles que les écoles élémentaires et maternelles accueilleront 14 000 élèves supplémentaires en septembre 2009 ».

 

Publications retenues pour cause de « problèmes techniques » mais aussi absence de réactivité à la forte mobilisation du 19 mars. Le ministre peut-il rester sourd aux messages qui lui sont envoyés et que partagent largement les Français ?

 

« L’avenir de l’école et la réussite de tous les élèves nécessitent que le ministre prenne la mesure de la colère et du rejet que provoque sa politique éducative et budgétaire », déclare le SNUipp dans un communiqué à l’issue de cette journée.

 

Pour l’instant, aucun rendez-vous syndical n'est inscrit à l'agenda du ministre de l'éducation nationale. Faut-il y voir une forme d'autisme politique ? Ou s'agit-il déjà de laisser les dossiers à un successeur ?

 

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