Formation des
enseignants : Le gouvernement modifie légèrement son projet initial.
X. Darcos propose l’étalement de la
réforme.
"Pour la session 2010 des concours du
second degré, une épreuve disciplinaire comparable à une des épreuves existantes précédemment se substituera à l’épreuve de connaissances générales du système éducatif qui était initialement
prévue… Quant à l’agrégation, ses épreuves demeureront en l’état. Pour la session 2010 des concours du premier degré (CRPE), les épreuves écrites continueront de comporter une composante
didactique".
"Dès la rentrée universitaire 2009, un
dispositif de stages sera organisé pour tous les étudiants de M1 et de M2 se destinant à l’enseignement afin de permettre une préparation progressive à l’exercice du métier d’enseignant. Ces
étudiants stagiaires seront encadrés, d’une part, par des professeurs d’accueil ou référents de l’Education nationale et, d’autre part, par des formateurs universitaires qui seront responsables
de la validation des stages ainsi que de leur bonne insertion dans le cadre des masters. En M1, les étudiants se destinant à devenir enseignants pourront ainsi bénéficier de stages d’observation
et de pratique accompagnée d’une durée de 108 heures. De même, des stages en responsabilité d’une durée également de 108 heures seront proposés aux étudiants de M2. Ces stages en responsabilité
seront rémunérés".
A la demande d'une année d'entrée dans le métier en alternance, le ministre répond
toujours par un "accompagnement". "Chaque jeune enseignant stagiaire sera accompagné par un tuteur dont la
fonction sera reconnue et valorisée… Dans le premier degré cette fonction s'appuiera sur les professeurs des écoles maîtres formateurs (PEMF)".
Les propositions ministérielles
rejetées
Constatant "l’absence de vision d’ensemble
du dossier, l’empilement successif de mesures partielles", la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM)
juge le projet de réforme "incohérent".
Le Sgen-Cfdt estime que "enseigner est un métier qui s'apprend" et demande notamment une formation commune pour le 1er et 2d degré. Le Sgen demande lui aussi le report des
concours.
Le Se-Unsa "ne voit pas de sortie de crise dans ces
propositions ministérielles" qu'il qualifie de "leurres". Il demande le report et la remise à plat du projet.
Le Snes veut le report et "une année
de stage après le recrutement".
Seuls les Autonomes sont satisfaits du
renforcement des épreuves disciplinaires dans le projet de capes et ne s'affirment pas contre l'application en 2010.
Base élèves : Deux
directeurs menacés
Dans l'Isère, Jean-Yves Le Gall, et Anne-Marie Pons en Haute-Garonne, sont menacés
de sanction par leur inspection académique. Tous deux font partie du petit nombre d'enseignants qui refusent d'alimenter le fichier national Base élèves. En décembre dernier, un nouveau recours a
été déposé contre ce fichier national pourtant largement remanié depuis 2 ans.
Samedi 14 mars à Notre-Dame de Vaulx (Isère), un rassemblement a réuni près de 300 personnes devant
l’école dont Jean-Yves Le Gall, premier directeur menacé de retrait d’emploi en France pour son refus de Base élèves, est directeur.
Plusieurs organisations et individus ont pris la parole pour lui exprimer leur soutien. Puis, une table ronde
a eu lieu en présence d’une centaine de personnes, avec les interventions d’un informaticien, d’une assistante sociale, d’une pédiatre et d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme. La
diversité de ces intervenants a permis de saisir la question du fichage d’une manière plus globale. Le débat qui s’en est suivi a permis d’élargir le questionnement au contrôle policier de la
population et à la gestion technocratique de la société humaine, sans perdre pour autant de vue les questions concrètes telles que : “en quoi cela
affecte-t-il nos vies” ou “comment pouvons-nous nous y opposer ?”
Evaluations CM2 : vers une
publication des résultats fin mars ?
Comment publier des évaluations amputées, c'est le casse-tête de la rue de
Grenelle. Selon Le Figaro, les évaluations de CM2 devraient être publiées fin mars. Le Figaro cite Jean-Louis Nembrini, directeur général de
l'enseignement scolaire, qui affirme avoir reçu plus de 500 000 remontées (75% du total).
« Les directeurs d'école ne sont pas tous très pressés de faire remonter les notes au ministère. »
Depuis le début, ce test national a généré
une polémique dont la France a le secret. Son but est simple : mesurer le niveau des élèves de CM2 en début de deuxième trimestre et mettre en place, au vu des résultats individuels, des
solutions de soutien adaptées avant l'entrée des élèves en 6e.
Or ces évaluations ont été jugées trop
complexes par nombre d'enseignants. D'autres ont crié à l'injustice en déplorant que les questions portent sur des parties du programme que les élèves n'avaient pas encore étudiées, puisque
les professeurs des écoles ont la liberté de faire le programme selon leur propre rythme.
En début de semaine, à l'occasion de la réunion des recteurs, ont été transmis, académie par académie, le nombre d'écoles qui avaient transmis les résultats des évaluations. «Or certains directeurs d'école, en particulier dans les académies de Clermont-Ferrand et Lyon, avaient choisi de faire traîner les choses», confie Patrick Roumagnac, secrétaire général du SI.EN, syndicat de l'Unsa-éducation.
Jean-Louis Nembrini affirme de son côté que le délai de fin mars sera bien tenu.
« Cela a pu inciter les inspecteurs d'académie des régions concernées à mettre une certaine pression sur les inspecteurs de l'Éducation nationale,
des pressions que nous avons dénoncées et qui ont stoppé », explique Patrick Roumagnac, qui conteste en revanche fortement les suspicions de
transformer les notes afin d'améliorer les scores des écoliers.
Or le syndicat FSU des inspecteurs de
l'Éducation nationale dénonce aujourd'hui des pressions pour modifier les notes des élèves. Des affirmations vivement contredites par le ministère et le SI-EN Unsa.
Le syndicat (majoritaire) des inspecteurs Unsa (SIEN Unsa) confirme les pressions
exercées par la hiérarchie pour faire rentrer des évaluations ou les manipuler.
« Non à la manipulation des statistiques sur les évaluations CM2 ! »
Selon le SIEN Unsa, "l’autorité hiérarchique locale n’hésite pas à solliciter les IEN pour des manipulations curieuses, discutables ou franchement malsaines ! Faire remonter des chiffres semble être devenu la priorité des départements et des académies. Tous les moyens semblent bons pour les obtenir : la menace
(retrait de salaire, rappel des obligations des fonctionnaires…), la ruse (transformation des cotations inexploitables en un zéro qui ne veut rien dire mais qui est informatiquement exploitable)
ou la « force » (« descente » d’un IEN éventuellement accompagné de ses conseillers pédagogiques)".
Le SIEN Unsa invite les inspecteurs à résister à ces pressions. "Veillons à pouvoir
retourner dans les écoles la tête haute et sans qu’ait été entamé le contrat de confiance qui nous lie aux enseignants" écrit-il tout en promettant son appui aux IEN qui seraient
inquiétés.
Le SNPI-fsu « appelle les inspecteurs à ne pas compromettre leur indispensable légitimité professionnelle au sein de leur circonscription, ainsi que la valeur de leur expertise institutionnelle nationale dans des opérations de manipulation des informations qu’ils ont à valider et à
transmettre.
Ce genre de pratique déroge à l’évidence à
la déontologie la plus élémentaire. Elle met à mal la neutralité du service public et la confiance des citoyens envers la fonction publique. Dans certains cas, les instructions délivrées par les
IA-DSDEN s’apparentent à une demande de production de faux en écriture publique dénoncée par le Code de procédure publique et le Code pénal. Dans d’autres cas, les instructions sont accompagnées
de menaces sur la carrière, voire sur la réussite au prochain oral d’un concours national de recrutement. Là encore, ce genre de pratique est dénoncée par la morale et les lois et il est
susceptible de poursuites judiciaires ».
« Le limogeage spectaculaire de l’IA-DSDEN du Rhône a été à cet égard l’élément de trop dans cette gestion
archaïque, irrespectueuse et contraire aux valeurs de notre république et de la démocratie. Désormais, tous les IA-DSDEN craignent de se voir renvoyés à tout moment. Une rumeur, plus ou moins
fondée, nous est très récemment parvenue faisant état d’une « prochaine charrette » (sic). Dès lors, on ne peut s’étonner que certains IA-DSDEN
perdent leur sang-froid et se livrent à des pratiques inadmissibles ».
Le SNUDI-FO obsédé par la
« transformation des directeurs en supérieurs hiérarchiques »
Tout, semble-t-il, est de nature à inquiéter les responsables du SNUDI-FO qui voient dans chaque réforme
l’occasion pour le pouvoir de « transformer les directeurs en supérieurs hiérarchiques ».
Les EPEP
« Au bout de ce processus, la transformation des directeurs d‘école en chef de service d’un établissement autonome mutualisant plusieurs écoles aux ordres du maire/président de
l’E.P.E.P., le transfert de l’enseignement spécialisé à l’équipe sans formation spécifique, sans qualification particulière. En un mot, la privatisation de l’école Publique ».
L’augmentation limitée de l’I.S.S. des
directeurs
« L’augmentation de l’I.S.S. pour les directeurs proposée aux organisations syndicales en échange d’un « statut » leur attribuant « le pouvoir de ces personnels en matière de gestion des ressources humaines et budgétaires », « d’initiative pédagogique »,
dont la rémunération serait calculée selon le rapporteur de la loi de finance 2009, par la « prise en compte de la performance dans leur métier »vise à accompagner ce processus de
transformation des directeurs d’école en chefs d’établissement dépendant du conseil d’administration de l’EPEP composé majoritairement d’élus locaux. »
Le renouvellement des EVS et
AVS
Une délégation du SNUDI-FO 76 a été reçue par le Préfet le 23 mai 2008. Lors de cette entrevue,
« FO a contesté l’avis demandé au directeur d’école
dans les procédures de renouvellement. Celui-ci n’est pas l’employeur et ne saurait donc faire autorité. Ce n’est pas de leur
responsabilité ».
Le Préfet estime
que s’agissant d’emplois sensibles auprès de jeunes élèves, l’avis du directeur d’école ou du principal est
non seulement légitime mais indispensable.
Stages de remise à niveau pendant les vacances
Le SNUDI-FO rappelle sa position : « ce dispositif de prétendus
"stages de remise à
niveau" est un cheval de Troie pour la liquidation de l'enseignement
spécialisé pendant le temps scolaire, pour la remise en cause des obligations de service des personnels, de leurs vacances, des modalités de leur rémunération...
et pour la transformation des directeurs en
supérieurs hiérarchiques ! »
60 heures d’aide personnalisée
Dans une motion, le SNUDI-FO 02 précise :
« Non à la
transformation des directeurs en « chefs de service », ils n’ont pas à « viser » les tableaux de service, respect de leur indépendance
professionnelle ».
Pour répétitive qu’elle soit, cette idée fixe doit être relativisée… Le SNUDI-FO ne représente qu’une infime
minorité d‘enseignants. Rappelons qu’aux dernières élections professionnelles de décembre 2008, il n’a obtenu que 7,81 % des voix avec une participation de 62,6 %...
Cette rumination mentale qui occupe sans cesse le champ de la pensée de certains dirigeants de ce syndicat
débouche sur une idée obsédante dont la persistance pourrait s’apparenter à ce que les médecins appellent « une névrose
obsessionnelle ».
Nous tenons donc à rassurer nos collègues dirigeants du SNUDI-FO : NON ! Les directeurs d’école
n’ont pas la volonté de se « transformer en supérieurs hiérarchiques » et il y a peu de risques que cela leur soit imposé « à l’insu de leur plein gré »…
Retour à la page d’accueil