Lundi 9 février 2009
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Alors que le protocole signé en 2006 par le seul SE-Unsa (accordant une journée de décharge aux directeurs
d’école de 4 classes - et parfois plus) n’a pour l’instant pas été remis en cause, quelle mouche a pu piquer le SE-Unsa pour qu’il publie, en février 2009, le texte suivant ?
« Avec ou sans PE2, la décharge de direction
est un droit ! Dans le cadre de la réforme de la formation des maîtres, les
PE2 disparaissent et, avec eux, les stages filés qui permettaient d’assurer des décharges de directeurs.
Grâce au protocole « direction » et suivant la note de service de juin 2006,
l’administration est bel et bien contrainte d’assurer la pérennité de ces décharges, même sans PE2. Ceux qui avaient fustigé le protocole, et notamment leur utilisation pour justifier de leur
« non signature », doivent admettre que le procès d’intention était injustifié.
Les textes contraignent chaque IA à assurer ces décharges. Ils devront ainsi chercher la
solution ailleurs qu’au travers des stages filés. Certes, la situation du remplacement est loin d’être florissante mais ils devront quand même dégager des moyens pour cela ; il ne peut
s’agir de balayer d’un revers de main cette disposition réglementaire !
Le SE-Unsa est intervenu auprès du ministre en ce sens. Il agit au plan local pour que le
régime de décharge, obtenu grâce au seul SE-Unsa, soit bien prévu pour la rentrée 2009 ».
Au-delà de la fanfaronnade du SE-Unsa qui s’attribue le bénéfice de l’amélioration du régime de décharges des
écoles à 4 classes, au–delà du coup de patte au SNUipp, concurrent « non signataire », le communiqué du SE-Unsa laisse percevoir une forme d’inquiétude quant au devenir de
l’application du protocole à la prochaine rentrée. Sinon, comment expliquer pareille démarche auprès du ministère et au « plan local » ?
Il faut savoir que Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont récemment confirmé la réforme de la formation des
maîtres qui aboutit à la fin des IUFM. La formation des enseignants, allongée d’un an, se fera à l’université.
Cette réforme aura un impact direct sur les écoles primaires puisqu’elle signifie la fin
des stages filés qui permettaient d’assurer la décharge des directeurs de 4 classes et parfois plus.
Il faut se souvenir qu’en 2006, la signature du protocole De Robien / SE-Unsa avait instauré une décharge
d’une journée pour les 7135 directeurs d’école à 4 classes, sans création de postes. En effet, le ministère avait décidé d’utiliser les stagiaires des IUFM pour assurer les décharges dans le
cadre de stages filés. Cet habile stratagème correspondait à 1641 ETP (emplois à temps plein).
En février 2009, le trouble est réel au sein des instances dirigeantes du SE-Unsa. La remise en cause du
protocole serait préjudiciable à ce syndicat qui avait mis fin à la grève administrative des directeurs en apposant son paraphe au bas du protocole. Des milliers de collègues avaient alors
ressenti un fort sentiment de trahison à un moment où Gilles de Robien était acculé à céder devant la persistance de la rétention des enquêtes statistiques lourdes.
Le ministère n’ayant pas programmé de création de postes en 2009 pour assurer les décharges
administratives en lieu et place des stagiaires PE2, comment peut-il s’y prendre pour ne pas remettre en cause le protocole ?
La solution, c’est le SE-Unsa qui nous la livre : les IA devront puiser dans le vivier des brigades de remplaçants… Or, comme le dit justement ce syndicat, la « situation du remplacement est loin d’être florissante ». En réalité, elle ne cesse de se dégrader puisque c’est un moyen indolore pour le ministère de
supprimer des postes.
A-t-on jamais vu une délégation d’élus municipaux ou de parents d’élèves monter au créneau et demander
audience à l’IA pour des suppressions de postes de remplaçants ? De plus en plus souvent les enseignants absents ne sont plus remplacés. Il est regrettable que le gouvernement ne s’attache
pas à régler ce problème avec la même vigueur qu’il met à imposer le SMA en cas de grève. L’essentiel, pour lui, n’est-il pas simplement que les enfants soient accueillis ?
Notre propos n’est bien évidemment pas de remettre en cause les moyens alloués aux collègues des
écoles de 4 classes. Cette journée de décharge n’est que justice. Elle devrait d’ailleurs être étendue aux écoles de moins de 4 classes.
Notre critique s’adresse d’abord au ministère qui ne prend en compte ni la situation du remplacement, ni
celle des directeurs d’école. Elle s’adresse ensuite au SE-Unsa qui n’a pas suffisamment pris en compte l’ensemble des conséquences de sa décision lorsqu’il a signé le protocole.
Nous l’avons dit à l’époque : cet accord était précipité et ne correspondait pas à une véritable
victoire puisqu’il ne prévoyait aucune création de postes. Le même reproche a été fait par tous les autres syndicats.
En mai 2006, le SE-Unsa présentait alors cet accord comme « une avancée » en soulignant la portée
du dispositif mis en place : 1641 ETP (emplois à temps plein) pour assurer les décharges de direction.
En septembre 2009, ce syndicat reconnaîtra-t-il la perte de 1641 ETP (emplois à temps plein) dans les moyens
mis à disposition des écoles pour assurer le remplacement des maîtres absents ?
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