Quelle place tient l'Ecole et ses
objectifs dans les préoccupations des maires ? L'Andev, qui réunit les directeurs de l'éducation
des villes, apporte, à travers un sondage, des éclairages intéressants pour essayer de prévoir les orientations de l'école.
L’enquête a été effectuée auprès des
maires, adjoints ou autres responsables municipaux. Les villes retenues dans l’échantillon se répartissent en communes de moins de 1 000 habitants à plus de 100 000 habitants.
L'enquête a pour objectif de cerner les évolutions envisagées par les Maires en
termes d'action éducative locale et de partenariat pour le mandat 2008 - 2014.
Le premier enseignement de ce
sondage c'est la place importante accordée par les maires à l'école : elle reste dans les toutes premières
préoccupations à une majorité exceptionnelle. Par conséquent, les maires n'envisagent pas de réduire leur effort financier mais au contraire l'augmenter.
94% des maires envisagent d'investir
dans les Tice, qu'il
s'agisse d'accès Internet ou de logiciels éducatifs. Seul le TBI (tableau blanc interactif) fait face à un discrédit : 41% des maires n'envisagent pas d'investir en ce domaine.
Les maires sont majoritairement
perturbés par les décisions prises par le ministère. L'accompagnement éducatif par exemple, est vécu
comme quelques chose qui va rendre les actions municipales plus difficiles. L'Epep intéresse une petite minorité.
Le statut EPEP pour les écoles primaires et maternelles : à découvrir et à
argumenter
Question : Pensez-vous qu’il soit souhaitable que l’école primaire et maternelle puisse
bénéficier du statut d’établissement d’enseignement doté de la personnalité morale et financière (EPEP) :
ü Oui : 14
ü Non : 43
ü Ne sait pas :
36
Question : Si oui, seriez-vous prêt à ce que votre commune
expérimente, sur un établissement par exemple, la mise en place d’un tel établissement :
ü Oui : 76
ü Non : 10
ü Ne sait pas :
14
Un petit noyau d'élus est partant :
14 % favorable au statut EPEP
Parmi ces 14 %, 76 % sont intéressés pour
expérimenter ce statut dans leur commune.
Il reste à convaincre une majorité d'élus de l'intérêt de ce statut :
43 % non favorable
36 % indécis.
Finalement les maires attendent de
l'Etat un nouveau texte sur le partage des compétences. Comme pour les régions, c'est à ce prix là aussi
que peut se faire la modernisation de l'école.
Un nouveau cadre législatif souhaité par 53 % des élus municipaux
Question : Pensez-vous que de nouveaux textes législatifs doivent
régler les rapports entre l'État et la commune en matière de fonctionnement de l’enseignement du premier degré :
ü Oui : 53
ü Non : 27
ü Ne sait pas :
12
Question : Si oui, est-ce dans le sens :
ü De plus de responsabilités
pour la commune et pour le maire dans le fonctionnement de l’école : 10
ü De moins de
responsabilités pour la commune et pour le maire dans le fonctionnement de l’école : 11
ü Simplement dans le sens de
plus de précisions dans les responsabilités et les charges afférentes à la commune : 73
ü Ne sait pas :
1
Le calendrier scolaire : des tendances se dégagent mais pas d'unanimité
ü La diminution du temps scolaire est désapprouvée par la majorité des
élus.
ü Pour une large part de répondants, le calendrier scolaire annuel
le plus pertinent conserve le principe des 3 zones de vacances d'hiver et de printemps.
ü L'alternance régulière et
uniforme de 7 semaines de cours/2 semaines de vacances convainc moins.
ü L'harmonisation du calendrier hebdomadaire au niveau national est souhaitée par
près de la moitié des élus.
ü Harmoniser sur des
territoires plus limités (académie, local) semble moins justifié.
ü La suppression du samedi matin satisfait la plus grande part des élus
(43 %) mais laisse sceptique (36 % avis mitigé) ou mécontente un noyau (15 %).
L'organisation hebdomadaire : des opinions partagées
ü La semaine de 5 jours est
très peu retenue (6 %).
ü La semaine de 4 jours avec coupure totale le mercredi remporte le plus de suffrages (47 %) mais une ventilation des cours sur 4 ½
jours est jugée souhaitable par un tiers des répondants.
ü Négocier avec l'inspection académique pour la mise en œuvre des heures de
soutien est une idée qui partage les élus : 45 % pour, 41 % contre.
LES POINTS A RETENIR
Les élus répondants accordent une place primordiale à l'Education dans leur politique
municipale. C’est incontestablement un axe majeur.
Cette place cruciale se traduit par le poids des efforts budgétaires : soit
soutenus (constants) soit en augmentation.
Pour le mandat 2008-2014, deux orientations vont fortement mobiliser les équipes
municipales ; en effet, les actions vont prioritairement s'orienter vers :
Le patrimoine bâti et non bâti (1ère priorité) avec des investissements multiples tant
en construction, qu'en restructuration ou en aménagements/améliorations
L'accueil et l'action éducative (1ère priorité) avec une évolution pressentie des
tarifs par plus de la moitié des élus
Les communes ayant eu l'opportunité de mettre en place les dispositifs (ex : CEL,
contrat enfance jeunesse…) expriment une forte satisfaction. Ces démarches contractuelles sont qualifiées de facteur positif.
Les 2 récentes mesures de l'Education Nationale (accompagnement éducatif scolaire et stages de remise à niveau) vont avoir des effets induits pour
les communes : l'organisation des temps périscolaires sera impactée.
Les partenariats entre les communes, les départements et les régions se réalisent d'abord
au profit de la prévention : délinquance, toxicomanie et alcool, violence.
Le patrimoine mobilier ou immobilier s'avère le domaine le moins concerné par ces partenariats avec les collectivités.
Les évolutions attendues ou rejetées par les élus :
ü souhait d'un nouveau cadre
législatif entre l'État et la commune pour l'enseignement du 1er degré pour préciser les compétences
ü l'inscription du PEL dans
la loi comme cadre de contractualisation
ü faible attrait au statut
d'EPEP pour les écoles primaires et maternelles
La majorité des élus soutient l'idée d'un nouveau cadre législatif… avec une attente nette de clarification/précision des responsabilités et charges de chaque partie
(73 %).
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Les commentaires de « Directeurs en
lutte »…
Nous nous interrogeons sur la validité méthodologique de l’enquête menée par JCA Développement.
Celle-ci s’apparente à une consultation. Le principe d’une consultation est d’inviter
l’ensemble d’une population à répondre à une enquête par questionnaire.
Il ne s’agit donc pas d’un sondage à proprement parler. Dans le cas d’un sondage, on est amené
à déterminer a priori un échantillon représentatif et à n’interroger que les profils qui rentrent dans la composition de cet échantillon représentatif (en utilisant le plus souvent la méthode des
quotas).
A l’inverse, le principe qui prévaut dans une consultation est celui de l’ouverture à toute la
population concernée : l’échantillon de répondants à la consultation n’est donc pas forcément représentatif (n’ont répondu que ceux qui souhaitaient répondre, quels que soient leurs
profils).
Pour mener une consultation en bonne et due forme, respectueuse des principes méthodologiques à
l’œuvre dans les instituts d’études, il convient d’ouvrir la possibilité de répondre à la totalité de la population concernée, ou à tout le moins à une proportion importante de cette population.
On n’engage ainsi une consultation que si l’on est en mesure de s’adresser à la totalité, ou à une part très importante, de la population concernée.
Or, dans le cas de l’enquête menée par JCA Développement, seuls 2966 maires ont été invités à y
participer. C’est très faible au regard du nombre de communes en France (sur un total de 36 685 communes d’après l’INSEE, seules 8,08% ont été sollicitées).
Il n’est pas étonnant dès lors d’observer que la structure de l’échantillon des maires ayant
répondu (360 sur un total de 2966, soit un taux de réponse de 12,13%, conforme à ce que l’on observe traditionnellement dans ce genre de consultations) est très différente de celle de l’ensemble
des communes françaises. Ainsi par exemple, les communes de moins de 1000 habitants y sont très nettement sous-représentées.
Certes, l’échantillon obtenu par une consultation ne peut être généralement considéré comme
représentatif de la population de départ. Toutefois, dans le cadre de la consultation menée par JCA Développement, l’écart observé entre la structure de l’échantillon final et celle de l’ensemble
des communes de France est tellement conséquent que l’enquête en devient totalement inexploitable. Cela tient à la faiblesse du nombre de maires sollicités.
Autre écueil important de la consultation de JCA Développement : le faible nombre de
répondants n’autorise quasiment aucune analyse des résultats sur les différentes catégories de mairies (les effectifs de répondants pour chacune des catégories sont trop faibles pour permettre
une lecture fiable à ce niveau de détail).
A titre de comparaison, dans la consultation organisée par l’Ifop pour le GDID, le nombre de
directeurs sollicités (plus de 42 000) était très proche du nombre total de directeurs. Cela explique que la structure de l’échantillon de directeurs interrogés était nettement moins distordue
par rapport à la structure réelle. Par ailleurs, le nombre final de répondants, très élevé (10 094), permettait une lecture aisée des résultats sur les différentes catégories de
directeurs.
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