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Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /Jan /2009 15:35



Déception et impression de ministre en fin de mission… Tels sont les commentaires les plus entendus après la conférence de presse du 22 janvier au cours de laquelle Xavier Darcos a présenté son programme d’action pour 2009.

 

Que retiendra-t-on de ce programme d’action 2009 ? Essentiellement le recrutement de 5.000 agents, en emplois aidés dans le cadre du plan de relance, pour prévenir les familles de l'absence de leurs enfants.

 "Avec Fadela Amara, (...) nous avons décidé de recruter 5 000 médiateurs de la réussite scolaire, qui feront l'interface entre l'école et les parents", a annoncé le ministre.

 

Création d’emplois aidés… Pourtant, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait pas de mots assez durs pour fustiger les emplois aidés qui « ne sont pas de vrais emplois », qui « coûtent cher au budget de l’Etat et creusent le déficit »… Des emplois « sans formation » qui « ne débouchent sur rien »… Il parlait alors de « traitement social du chômage »…

« Depuis trop longtemps, on utilise les contrats aidés pour améliorer artificiellement les statistiques avant de renvoyer, à la fin du contrat, les personnes en insertion, à la case départ, le RMI ou le chômage ».

 

Mais voilà, la crise est passée par là et Nicolas Sarkozy redécouvre alors que c’est utile.

Bref, ces 5.000 "médiateurs de la réussite" iront au devant des familles dont les enfants ne sont pas assidus à l'école.  On imagine l’argument choc qu’ils utiliseront pour faire cesser l’absentéisme :

« Si tu ne retournes pas à l’école, plus tard, tu feras contrat aidé…comme moi. »

 

Autre annonce faite par le ministre : sa très emblématique réforme du lycée n’est pas enterrée. Certes, mais son report et le fait qu’elle a été désormais confiée au directeur de Sciences po, Richard Descoings, ont sonné comme un désaveu pour Xavier Darcos.

Mais voilà qu'un nouvel acteur entre en scène et pas n'importe lequel : le député Benoist Apparu. Cet ancien membre de son cabinet vient d'obtenir la création d'une mission parlementaire sur la réforme du lycée avec un modus operandi et un calendrier similaire à celui de la mission Descoings. Rue de Grenelle, on relativise encore : les deux missions sont complémentaires, c'est toujours le ministre qui tranchera.

 

Outre ces deux annonces faites par X. Darcos, ce qu’ont retenu les observateurs, c’est surtout l’impression que le ministre semble à la recherche d’un second souffle qu’il peine à trouver. Au point que la question se pose de savoir s’il ne se considère pas déjà en fin de mission.

 

"Ma mission est terminée", ne cesse-t-il de répéter. Plus précisément, il juge que la plupart des objectifs de sa lettre de mission, reçue le 5 juillet 2007 de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, sont atteints.

Il l'a dit publiquement une première fois le 13 janvier, comme incidemment, alors qu'il était interrogé sur France Info sur son avenir au gouvernement. "Je veux aller jusqu'au bout de ma lettre de mission, elle est presque achevée, je dois dire, d'ailleurs. Mais je veux mettre la réforme du lycée sur les rails", avait-il dit. La veille, le chef de l'Etat, en déplacement à Saint-Lô (Manche) sur le thème de l'éducation, avait estimé que le programme contenu dans la lettre de mission de M. Darcos était "sur le point d'être entièrement réalisé".

D’ailleurs, X. Darcos confie : « Je ne pense pas que ce sera moi qui mettrai en œuvre la réforme des lycées à la rentrée 2010 ». Et les syndicats enseignants ne résistent pas au plaisir de s'interroger. « Darcos est en difficulté et tout le monde se demande si Descoings n'est pas le futur ministre », glisse même Luc Bérille du SE-Unsa.

 

Même si depuis, X. Darcos est revenu sur ses premières déclarations et se défend d’avoir terminé son action à la tête du ministère : « J'en vois qui écrivent que ma mission est terminéeMa lettre de mission s'inscrit dans une perspective beaucoup plus large », même s’il dément un prochain départ du gouvernement, il n'en laisse pas moins percer sa lassitude envers l'univers de l'éducation nationale, ses traditions de contestation et les formidables résistances auxquelles se heurte, selon lui, quiconque entreprend de le réformer.

 

Néanmoins, c’est une sorte de bilan que dresse M. Darcos lorsqu’il range dans la case "travail accompli" non seulement les chantiers arrivés à terme, mais aussi tout ce qui, à ce jour, est "engagé".

Sa lettre de mission, très dense, compte des dizaines d'objectifs, réalisés à des degrés divers... La réforme du lycée n'y figure pas. Elle ne faisait pas partie des objectifs de départ. Celle de l'enseignement primaire, fierté de M. Darcos, n'est pas citée en tant que telle, mais abordée à travers une série d'exigences plus générales. La mise en œuvre d'un soutien individuel aux élèves en difficulté, la généralisation des études dirigées peuvent être considérées comme acquises. L'amélioration du début de carrière des enseignants est esquissée. Leur "revalorisation" est engagée, mais surtout par le biais des heures supplémentaires. D'autres mesures phares comme la réforme de la formation des enseignants et la suppression progressive de la carte scolaire sont en bonne voie, mais la "suppression des ghettos scolaires" est au point mort.

 

Eprouvé par vingt mois de batailles ininterrompues, le ministre se sent encore capable d'en livrer quelques-unes, mais voit le moment approcher où une relève serait préférable.

« J'ai rempli ma lettre de mission, soit il faut que j'en ai une autre, soit il faut que je me la crée », plaide Xavier Darcos.

Le respect d'un minimum de formes est tout ce que Xavier Darcos a pu obtenir de l'Elysée, contrairement aux humiliations infligées à Rachida Dati. Ce n'est pas grand-chose, mais celui qui, à l'automne dernier, était cité parmi les Premiers ministrables veut croire que c'est ce qui fait la différence entre un ministre désavoué et un autre dont l'ascension est temporairement stoppée.

 

Pour se refaire, Xavier Darcos commence - comme à son habitude - par jouer les « bons élèves » du sarkozisme. Puisque le chef de l'Etat veut des ministres qui « s'engagent » dans les batailles électorales et parce qu'une base arrière n'est jamais superflue, il devrait conduire l'UMP aux régionales en Aquitaine.


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Pour illustrer notre propos, nous reproduisons, dans son intégralité, un article publié sur le site de Philippe Meirieu. Dans ce texte, Pierre Frakowiak (inspecteur honoraire) analyse la "méthode" Darcos et dresse un premier bilan des réformes mises en place par le ministre de l'Education nationale.

 

La destruction de l’école primaire : l’heure d’un premier bilan (Pierre FRACKOWIAK)

 

De nombreux spécialistes, comme Claude Lelièvre, historien de l’éducation, récemment dans Le Monde, des syndicalistes, des responsables de mouvements d’éducation populaire, des pédagogues célèbres comme Philippe Meirieu, André Giordan, Eveline Charmeux, Gérard de Vecchi, des praticiens reconnus comme Sylvain Grandserre1, et tant d’autres personnalités, répètent inlassablement que nous assistons depuis quelques années à une terrible entreprise de destruction de l’école. Les démonstrations sont faites, elles ne sont guère contestables : nous allons

à la catastrophe.

De bonnes âmes s’indignent de tels propos, en particulier chez les cadres qui prônent la loyauté, l’obligation de l’obéissance, le respect de la règle démocratique…

Certaines s’expriment en conscience soit parce qu’elles adhèrent à l’idéologie ultra libérale mise en œuvre avec une détermination purement sarkozienne, ce qui est parfaitement leur droit, soit parce qu’elles méconnaissent l’histoire de l’école, ses fondements, ses enjeux, ce qui peut s’expliquer partiellement par l’absence totale de prise en compte de ces questions fondamentales dans leur formation, soit par une soumission qui s’adapte à toutes les alternances. D’autres s’expriment par opportunisme, ce qui est moins honorable surtout si les mêmes, quand ils étaient en exercice en 1989/90/91, n’avaient pas les mêmes préoccupations et se seraient sans doute indignées si M. Jospin avait usé de l’autoritarisme, des sanctions, des menaces. Leur opposition affichée, leur désobéissance, leur résistance passive à cette époque auraient mérité des analyses plus poussées dans le cadre d’un bilan sérieux et honnête, qui n’a malheureusement jamais été fait, de la loi de 1989.

 

Toutes les mesures prises successivement, tous les effets d’annonce, outre qu’ils ont été décidés, à chaque fois, dans la précipitation politicienne et sans la moindre concertation, sont des actes de destruction. Je sais que des membres de l’encadrement intermédiaire, des inspecteurs, contestent4 ces propos et louent quelques unes de ces décisions… Il faut bien rechercher un peu de positif quelque part si l’on ne veut pas être suspecté de complaisance ou de compromission ou de naïveté. Je sais que plusieurs de ces mesures séduisent l’opinion publique… C’est normal, c’est bien d’abord pour cela qu’elles sont prises, les instituts de sondage et les cabinets de communication sont excellents dans notre pays et le soutien des grands médias est acquis.

On peut prendre chacune des mesures et les analyser avec un peu de hauteur, en recherchant les perspectives. Toutes sans exception s’inscrivent de manière cohérente dans cette volonté de destruction qui inquiète tous les progressistes et qui provoquent des réactions hostiles compréhensibles de la part d’enseignants désobéissants de plus en plus nombreux. Il ne s’agit pas de taxer le ministre d’une sorte de machiavélisme ou de perversion. Il fait son travail, il prépare, tranquillement pendant un temps, plus fiévreusement aujourd’hui, l’installation du système libéral à l’anglo-saxonne, une école à deux vitesses, avec toute une série de mesurettes pour les pauvres, pour se donner bonne conscience. « Vous voyez bien : on fait tout pour eux (le soutien, les stages, des programmes plus simples, des devoirs identiques à ceux qu’avaient leurs parents, etc), ils sont bêtes, on n’y peut rien, c’est comme ça ». Tout est dans l’apparence. C’est un phénomène nouveau en France, à ce point d’exacerbation, car pendant longtemps la droite sous l’influence du gaullisme, n’était pas assimilable à l’ultra libéralisme et l’a même combattu. Il faut dire que l’absence de vrai projet neuf (qui ne soit pas que de l’aménagement de l’ancien) à gauche lui a facilité la tâche.

 

- Les nouveaux vieux programmes. Aucune concertation. Aucune idée des auteurs. Aucun fondement théorique. Une réalité : le mépris pour tous les efforts accomplis depuis 1969 pour transformer l’école à l’initiative des gouvernements successifs de droite et de gauche. Une anomalie : le rejet brutal des programmes de 2002 qui avaient fait consensus et qui avaient obtenu l’aval de M. Darcos lui-même. Une évidence : ces programmes constituent une régression incroyable privilégiant totalement la mécanique à l’intelligence. Rappelons à nouveau que la référence commode aux bases, malgré sa logique apparente, n’a pas de sens. Signalons à nouveau, par exemple, que l’on peut connaître par cœur toutes les règles de grammaire, toutes les définitions, tous les tableaux de conjugaison… et être incapable d’exprimer une pensée structurée, une émotion, une indignation ? Nos prédécesseurs s’en étaient rendu compte dans les années 60 et avaient impulsé, avec l’INRP d’alors, des transformations de pratiques faisant le pari de l’intelligence.

Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Bientôt, il faudra remettre en chantier toute la rénovation pédagogique abandonnée. Que de temps perdu, d’énergie gaspillée, de bonne volonté méprisée !

 

- Le service minimum d’accueil. Aucune concertation, même pas avec les maires pourtant concernés au premier chef. Une manière de dévaloriser l’école et les enseignants en suggérant à une partie des citoyens sous informés sur ces questions, que faire l’école, ce n’est pas si difficile, en instillant l’idée que les enseignants sont toujours en grève et s’opposent à tout, en prenant bien soin de ne pas évoquer ce service minimum quand il s’agit de remplacer les enseignants en cas d’absence, de maladie, de congés légaux. Un développement inévitable des conflits entre enseignants et parents… Et, qu’on le veuille ou non, dans les faits, une atteinte au droit de grève. Je connais des enseignants, passionnés enthousiastes, consciencieux, qui renoncent à faire grève au seul motif qu’ils veulent retrouver leur classe et leur matériel en parfait état le lendemain de la grève. On pourrait en sourire, ce serait ignorer totalement le niveau exceptionnel de conscience professionnelle des enseignants des écoles.

 

- La semaine scolaire. Aucune concertation ni avec les enseignants, ni avec les élus locaux, ni avec le secteur associatif. Une annonce. Une mesure autoritaire. Un alourdissement de la journée pour les enfants en difficulté. Une surcharge de travail pour les enseignants astreints à une quantité de réunions et d’enquêtes inutiles.

Chacun sait que le vrai problème est celui de la journée scolaire trop chargée, que les activités de soutien doivent trouver leur place à des moments où tous les enfants sont à l’école pour des activités diverses dans le cadre de projets éducatifs locaux concertés. Cela n’a aucune importance pour le pouvoir. L’ordre du ministre « débrouillez-vous ! » reste dans les mémoires. L’essentiel est l’affichage et les sondages.

 

- Le soutien et les stages de remise à niveau. Aucune concertation. Une curieuse manière, sous couvert de garantie de l’égalité républicaine, de faire de la publicité indirecte pour les officines privées qui étaient déjà fort prospères et qui se multiplient.

Une valorisation systématique du travail des élèves hors temps scolaire au détriment de leur travail dans le temps normal de classe. Aucune réflexion sur l’individualisation, sur la prise en compte de l’hétérogénéité, sur la pédagogie de la réussite. Un renforcement systématique de « l’évaluationnite », de la pédagogie de l’exercice et de la répétition, de la responsabilisation des enfants qui ne travaillent pas assez et des parents qui n’assument plus leurs responsabilités. Une volonté de transformer les victimes en coupables. Et on réussit presque à convaincre des esprits pourtant éclairés que la seule solution pour construire l’école d’aujourd’hui est de reprendre les méthodes qui ont échoué avant-hier. Ne soyons pas dupes. Avec tous ces dispositifs, on peut faire de grandes économies : supprimer les RASED, supprimer la formation initiale et continue… et dévaloriser le métier d’enseignant. L’ultra libéralisme est consubstantiel à la réduction de la dépense publique.

 

- Le renforcement de l’autorité hiérarchique. Pour réussir ou donner une apparence de réussite, on transforme de fait, fondamentalement, les missions des cadres intermédiaires pour en faire des exécutants et des contrôleurs de l’exécution.

Avalanche de notes, d’instructions, d’enquêtes, de contrôles, de réunions d’où il ne sort rien, mais personne ne le dit et un sourire poli suffit à satisfaire les responsables. Les témoignages innombrables que je reçois révèlent un malaise profond dans les écoles, des tensions entre les « pour le retour » au siècle dernier et les « contre », des colères contenues contre certains hiérarques qui vont au-delà même de ce que l’institution leur demande de faire et qui deviennent des propagandistes non pas de textes officiels mais de l’idéologie ultra libérale, le retour de la peur. Que penser de l’inspectrice qui le soir même d’un dépôt de motions des enseignants résistants s’empresse de publier sur le site de sa circonscription, les obligations légales des fonctionnaires et les risques de sanction présentées par un juriste ? Si elle était en exercice dans les années 1989/90/91 ou si elle l’avait été, a-t-elle, aurait-elle, utilisé le même type de menaces pour ceux qui s’opposaient à la loi de 89 ou qui faisaient preuve, parfois avec la bénédiction de leurs supérieurs, de formes de résistance passive qui ont réellement handicapé la mise en œuvre de cette loi, dont les historiens reconnaîtront qu’elle constituait une avancée considérable dans l’histoire de l’école ?

 

- On peut ajouter au tableau noir tous les discours sur l’école maternelle, sur la suppression des aides éducateurs et la création d’un corps de contrôleurs de l’absentéisme, sur le système des primes, sur le pilotage par les résultats sans analyse de ce qui produit ces résultats, sur l’évaluation des maîtres au vu des résultats de l’année ou du mois…

 

ü  L’entreprise de destruction de l’école primaire engagée après 2002 et renforcée en 2005 fait son œuvre. Les résultats de cette politique seront déplorables. Les coupables seront rapidement trouvés : les enseignants.

 

ü  Le bilan de M. Darcos est catastrophique pour l’’école primaire. Les conséquences les plus graves ne seront réellement perceptibles que dans quelques années. On pouvait réellement s’attendre à autre chose quand il a été nommé. Son successeur aura un énorme travail. Même s’il persiste, comme on peut le penser, dans la perspective ultra libérale actuelle, il aura à retisser les liens entre l’école et les familles, entre les enseignants eux-mêmes au sein des écoles, entre les enseignants et une partie de leur hiérarchie, entre l’école et la nation…

 

ü  Les professeurs des écoles maternelles et élémentaires ont besoin d’être soutenus, accompagnés, compris, respectés.

 

ü  Ce n’est pas en essayant de les mettre au pas, en renforçant « l’administratisation », la technicisation, « l’évaluationnite » aigue, les contrôles et le menaces, en méprisant tous les efforts qu’ils ont réalisés depuis la fin des années 60, que l’on pourra obtenir leur mobilisation réelle et l’amélioration de la réussite scolaire.

 

ü  Au-delà de ce nécessaire pacte de confiance à reconstruire avec les enseignants des écoles, il faudra bien se décider sans tarder davantage à expliquer quel citoyen et quelle société nous voulons former avec l’école. L’individualisme et la compétition, la loi du plus fort et la résignation des faibles, la soumission ou la responsabilité, la reproduction ou le pari de l’intelligence, l’école enfermée ou l’école ouverte sur la cité, sur la société de la connaissance et de la communication, sur l’éducation tout au long de la vie…

 

On s’est terriblement éloigné de toutes ces questions fondamentales. Bientôt, elles nous exploseront au visage.

Espérons au moins un petit sursaut…dès le prochain renouvellement ministériel et un nouvel élan progressiste, mobilisateur, enthousiasmant… un peu plus tard… mais pas trop tard.

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Commentaires

5000 contrats aidés, c'est une goutte d'eau par rapport à ce qui existe dèjà.
Le 28 octobre 2008, Sarkozy a annoncé la création de 100 000 emplois aidés supplémentaires en 2009. On arrivera ainsi à un total de 330 000.
Pas mal, comme vous l'avez souligné, pour quelqu'un qui avait décidé en 1997 d'engager l'abandon progressif des contrats soutenus par l'Etat.
C'est ce qu'il appelle la rupture... Sauf que là, c'est la rupture de la rupture...
Commentaire n°1 posté par Froment le 25/01/2009 à 17h49
Comme tous ses prédécesseurs et comme ses successeurs (c'est presque la règle...), voilà un ministre qui a échoué. Et que dit-il pour expliquer son échec ? l'impossibilité de réformer...

C'est un peu facile. Pas un mot sur la méthode utilisée : réformer au pas de charge... sans négociation, en ne voulant entendre personne si ce n'est le Président Sarkozy qui lui déclare : "j'écoute mais je n'en tiens pas compte".
En ministre docile, Darcos a appliqué ce principe. On voit ce que ça a donné.
Pourquoi faut-il donc que les ministres se croient détenteurs à ce point d'un savoir-faire qui ne laisse aucune place à la discussion, à l'écoute, à la négociation avec les organisations syndicales. Pourtant, ils le savent : ça conduit droit dans le mur.
A croire qu'ils ont tous un ego démesuré et qu'ils considèrent détenir LA vérité qui leur permettra de laisser leur nom dans l'histoire et qui sait : avoir un destin national...
Commentaire n°2 posté par Cédric58 le 25/01/2009 à 19h37
Il ne faut pas oublier que toutes les réformes entreprises l'ont été dans le but de faire des économies et non d'améliorer le fonctionnement de l'école.
Un article sur ce site l'explique très bien (l'histoire du ministre aux prises avec la RGPP...).
Au fur et à mesure, les gens ont compris que Darcos avait de plus en plus de mal à justifier ses mesures. Je pense à la maternelle, aux postes de RASED, à l'aide personnalisée... Personne n'était dupe. Il a dû faire machine arrière sur certains de ces points et forcément, c'est sa crédibilité qui en a pris un coup.
Commentaire n°3 posté par Delphine IA78 le 25/01/2009 à 23h10
Quel tableau ! Tout est catastrophique !
Le problème, c'est que dans l'esprit du grand public, ces échecs vont conforter l'idée que l'Education nationale est une administration qu'il n'est pas possible de réformer. Idée fausse bien ancrée à force d'être relayée par les médias.
Et encore... heureusement qu'on a forcé Darkozy à revenir (en partie) sur ses projets néfastes (matermelle, RASED).
On peut même dire qu'on a évité le pire en l'obligeant à remiser sa réforme sur les EPEP. Là, on courait droit vers la municipalisation de l'école (vers une école non plus à 2 vitesses mais à x vitesses) et vers sa caporalisation. Quelle catastrophe évitée !
Commentaire n°4 posté par Dedel le 26/01/2009 à 09h44
Quitte à passer pour le mouton noir du troupeau, moi je ne me réjouis pas de l'affaiblissement de X. Darcos.
Pas parce que j'aurais des affinités avec la majorité au pouvoir. Pas du tout. Mais parce qu'on en arrive, une fois de plus, à un résultat qui sera désolant pour les directeurs qui espéraient une évolution de leur métier.
Il est clair qu'on ne peut plus compter sur Darcos pour remuer les syndicats sur le terrain miné du statut des écoles. Terminé.
Il va rester au chaud dans son coin en attendant de se refaire une santé. Du fait de la crise, ça ne sera pas avant plusieurs années. 

Comme en 87 avec le retrait du texte sur les maîtres-directeurs de Monory, les grands perdants sont...  toujours les mêmes !
Commentaire n°5 posté par Moira377 le 26/01/2009 à 13h41

L'école d'aujourd'hui me fait penser à une vieille bâtisse laissée à l'abandon. Elle garde de son lustre passé des fondations solides et un certain cachet mais à y regarder de près on aperçoit les lézardes sur les murs, les trous de la toiture, les volets dégondés.
Qui peut après une réunion de Conseil des Maîtres dire que tout va bien? Les profs ( et/ou instits ) se plaignent des nouveaux programmes, du travail de plus en plus difficile, des parents tatillons, le dirlo qui est aussi instit croule sous 2 fois plus de boulot que les autres mais avec le sourire s'il vous plait, on manque souvent d'argent et le maigre budget de la coop ne bouche pas tous les trous, .... les problèmes ne manquent pas.
Ce qui manque ce sont les solutions à apporter: Darcos n'avait pas les bonnes réponses au problème de fonctionnement des Rased pourtant sensible dans bien des écoles, il n'avait avec les EPEP pas les bonnes réponses au fonctionnement des écoles, il n'avait rien fait pour les dirlos malgré le nombre de directions vacantes, les APE et stages RAN sont perfectibles mais: du côté des syndicats rien non plus, aucune proposition de fond de réforme de l'école qui en a bien besoin pourtant, rien que le traditionnel " on ne change rien et on veut plus".
Alors les murs vont continuer à s'effriter, les projets sont un peu lancés, pas retirés, ils reviendront et petit à petit de SMA en directions vacantes, on va perdre un peu plus, toujours plus, jusqu'au jour où le bâtiment trop vieux devra être rasé. Contrairement à certain, je ne me réjouis pas .

Commentaire n°6 posté par shadow le 26/01/2009 à 17h31
"Darcos n'avait pas les bonnes réponses au problème de fonctionnement des Rased pourtant sensible dans bien des écoles, il n'avait avec les EPEP pas les bonnes réponses au fonctionnement des écoles, il n'avait rien fait pour les dirlos malgré le nombre de directions vacantes"

Enfin des propos raisonnés et de bon sens !
Enfin un collègue qui voit clair !
Enfin quelqu'un qui ne s'accroche pas à la première mesurette dans laquelle figure le mot "directeur" !
Bravo et merci shadow de ne pas te joindre à la cohorte de ceux qui versent des larmes de crocodile sur des fausses bonnes réformes !
Commentaire n°7 posté par Ralbol le 27/01/2009 à 08h37
" du côté des syndicats, rien non plus..." et c'est triste parceque l'école a besoin d'un changement en profondeur. Les missions, la façon de travailler, les structures ont changé, le fonctionnement est resté le même. Nous allons en payer le prix. C'est pourquoi je suis pour un statut des établissement et donc un statut du directeur, sans être pour cela un seïde de notre ministre, comme d'autres je crois sur ce site.
Commentaire n°8 posté par shadow le 27/01/2009 à 11h10
@ Shadow

Tu dis être "pour un statut d'établissement et donc un statut de directeur".

Comme toi, je suis à 100% favorable à un statut de directeur. Comme toi mais aussi comme 93% des collègues (cf sondage 2006).
Inouï qu'en 2009, le directeur d'école ne soit pas reconnu (j'allais dire "mieux" reconnu) pour ce qu'il est, à savoir un maillon important voire essentiel dans le fonctionnement de l'école.
Je suis favorable à un statut de directeur parce qu'il nous faut des moyens pour bien exercer notre travail.
Je suis favorable à un statut parce que nos missions et nos responsabilités doivent être mieux définies, bien délimitées...
Et tout cela, seul un statut peut y contribuer.


Mais ce qui me fait réagir à ton commentaire, c'est ce "donc" que tu as mis pour relier le statut de l'établissement à celui du directeur.
Autant je suis pour le statut de directeur, autant j'estime que celui de l'établissement n'est ni nécessaire ni souhaitable.
Qui dit statut d'établissement dit forcément EPEP (quelle qu'en soit la version). Et cela, ça me semble préjudiciable au fonctionnement de l'école. D'ailleurs, je ne vois pas en quoi ni par quel miracle, ça pourrait aider à mieux faire fonctionner une école.
Au contraire, je pense que ça contribuerait à déprécier le climat entre l'ensemble des enseignants. D'abord parce que ça augmenterait la taille de l'école à cause des regroupements opérés. Ensuite parce que ça induirait une part d'autorité supplémentaire qui nuirait à l'implication de chacun dans les projets ou les actions communes. C'est toute une ambiance de travail qui en subirait les conséquences.
D'autre part, je ne vois pas comment ça pourrait améliorer les résultats scolaires des élèves. J'attends encore qu'on me l'explique.

Tu vois, c'est ce "donc" qui m'ennuie dans ton raisonnement. Je vois bien que certains collègues ne se disent favorables au statut d'établissement que parce qu'ils sont ainsi assurés d'avoir un statut personnel.
Pour ces collègues, peu importe les inconvénients du statut d'établissement, pourvu qu'il leur garantisse un statut de directeur...
Autrement dit, ils prônent un statut d'établissement par défaut pour obtenir un statut pour eux-mêmes. Et ça, ça me gène beaucoup car ce n'est pas très sain.
Commentaire n°9 posté par Franck - Camus Niv 1 le 27/01/2009 à 13h42
Merci Pierre FRAKOWIAK... merci...
Enfin un vrai bilan honnête... précis...
enfin une parole authentique...
j'ai repris l'école depuis 3 ans... et je suis effondré... révolté... bouleversé par la dégradation de notre profession.. et l'aggravation de la pauvreté... Il faudrait aller plus loin et que votre article devienne un livre... J'ai le projet d'écrire un témoignage ( titre provisoire Grand corps malade...) et présenter le projet aux éditions Grasset... mais je demande si ce ne serait pas plus fort de faire un livre collectif... Qu'en pensez-vous ?
avec mon amitié et mon estime. Dominique Sampiero
06 89 305 305


Commentaire n°10 posté par Dominique SAMPIERO le 27/01/2009 à 13h43
Désolé de jouer les vilains petits canards grognons !

Le texte de Pierre FRAKOWIAK n'a rien de novateur, de lucide ni de raisonné : il n'est que la reprise de bon nombre de choses sans cesse remises sur le tapis par les "acteurs de terrain"...

Mais c'est dit par un monsieur qui a un nom, peut-être un certain "pouvoir", une aura ; et dès lors son discours est plus écouté, plus cru que ceux qui s'égrennent quotidiennement ici ou là par bon nombre d'anonymes...

Si Pierre FRAKOWIAK profitait de cette aura, de sa renommée, de son..."pouvoir" pour entonner son antienne au plus près des sphères dirigeantes, peut-être serait-ce autre chose qu'un long cri désespéré dans le désert...
Commentaire n°11 posté par henri le 27/01/2009 à 15h45
Franck:

 Si je suis effectivement pour un statut du directeur et un statut de l'établissement , ce n'est pas pour en retirer un avantage personnel mais parceque je pense intimement qu'il est urgent que l'école évolue afin de répondre à ses nouvelles missions ( RAN, APE, PAI, PPRE,PPS,PPMS... la liste est longue) et ce dans une autonomie qui lui fait aujourd'hui cruellement défaut. Nous sommes phagocités par l'autorité de l'IEN qui pense et décide pour nous, du Maire ( de plus en plus), du collège ... et l'école n'a pas de voix, pas de pouvoir d'être représentée.
 Cela ne sous-entend aucunement l'acceptation des EPEP contre lesquels je suis. D'autres projets ( EPE) existent, ils sont bons, ils méritent d'être défendus et s'il étaient appliqués , nous en serions tous ( dirlos et adjoints ) bénéficiaires. C'est ce projet qui a le mérite de faire avancer les choses que je défends.
Commentaire n°12 posté par shadow le 27/01/2009 à 16h17
D'accord pour le statut de directeur, je l'ai dit. Mais qu'apporterait de plus ou de mieux le statut d'établissement dans la pratique lorsqu'il s'agit de répondre à toutes les missions que tu cites et qui sont autant de charges très très lourdes ?
En quoi l'école serait mieux représentée ? Si on a un statut de direction, l'école sera représentée et reconnue au travaers de son directeur.
En quoi nous serions bénéficiaires (dirlos et adjonts) d'un passage en EPEP ou EPE ?
Ou je ne comprends rien, ou il y a quelque chose qui m'échappe, mais... je ne saisis pas très bien.
Commentaire n°13 posté par Franck - Camus Niv 1 le 27/01/2009 à 16h25
L'école aujourd'hui n'a aucune existence juridique: elle " n'existe pas" en tant qu'établissement. Son représentant le plus proche est l'IEN, le directeur n'est qu'un maillon que l'on active ou qu'on ignore au choix. Un Maire peut traiter directement avec l'IEN de problèmes touchant l'école ( agrandissement, réfection...) sans en toucher un mot au dirlo s'il le désire. L'école ne peut gérer aucun argent et le fonctionnement actuel des coops est plus que limite. Donc, pas de budget .
Pour les réunions avec le collège ( 6ème), l'école n'est pas représentée par son directeur mais par l'IEN ou son représentant, pour les emplois EVS pareil...
  Donc un statut du directeur ne peut exister sans que ce directeur soit à la tête d'un établissement public reconnu. Les 2 sont donc liés. Mais je répète bien, l'EPEP n'est pas la seule voie possible, il suffit d'en défendre une autre et si les syndicats avaient la même énergie pour défendre le dossier EPE qu'ils ont eu pour défendre les Rased ( ce que je ne critique pas) nous aurions bien avancé.Le leitmotiv syndical " plus de temps, plus d'argent" ne répond à aucune des questions urgentes qui se posent à l'école. C'est un leurre comme de vouloir faire croire que l'on peut  "alléger nos charges", alors qu'elles augmentent tous les ans depuis 15 ans! comme de laisser penser qu'une réforme de l'école se ferait obligatoirement au bénéfice d'une minorité ( dirlos) et au détriment d'une majorité ( adjoints) ce qui est aussi une ânerie. Bref , beaucoup d'idées toutes faites à revoir pour ceux qui veulent réfléchir en pédagos libres et non en machines à slogans!
Commentaire n°14 posté par shadow le 27/01/2009 à 17h41
@ Shadow

"...l'école " n'existe pas" en tant qu'établissement. Son représentant le plus proche est l'IEN"

Elle n'existe pas pourtant elle est représentée. Le problème c'est moins l'école que celui qui la représente. Si le directeur avait un statut, il pourrait la représenter au même titre que l'IEN.

Et qu'est-ce que l'EPEP apporterait à nos adjoints, Shadow ? Là, se pose un vrai problème de communication.

Ce que je ne comprends pas, c'est que depuis que Darcos a relancé l'idée des EPEP, on ne parle plus que de la nécessité de transformer les écoles et de les regrouper.
Jusque là, on évoquait surtout le statut des directeurs. C'est à ce titre que les collègues avaient été consultés en 2006. On ne liait pas EPEP et statut. Or c'est ce qui se fait quasiment tout le temps, maintenant.
C'est ce que je te disais cet après-midi, certains collègues sont convaincus qu'on n'aura pas de statut si on ne passe pas par les EPEP. Donc, ils sont prêts à accepter l'EPEP pour avoir un statut de directeur.
Gare aux retombées...
Commentaire n°15 posté par Franck - Camus Niv 1 le 27/01/2009 à 17h58
A qui ai-je l'honneur, MONSIEUR HENRI ?

Le texte de Pierre FRAKOWIAK n'a rien de novateur, de lucide ni de raisonné
On peut dire que vous ne vous embarrassez pas de fausse modestie...

Je ne connais pas personnellement cet ancien IEN mais j'ai lu beaucoup de ses écrits que j'ai souvent trouvés très pertinents. Il avait beau être responsable syndical, il n'en demeure pas moins qu'il a souvent fait preuve de courage dans sa carrière. Il n'en a pas toujours été récompensé, ça a failli lui coûté cher. Je pense qu'il mérite le respect même si on ne partage pas toutes ses idées. Ce qui est mon cas.

Pour ce qui vous concerne, je ne vous connais pas et n'entends donc nullement porter jugement à votre encontre.
Je me permets simplement de vous dire ceci : on gagne parfois à faire montre d'un minimum d''humilité...
Commentaire n°16 posté par Clémence le 27/01/2009 à 22h58
Qu'est-ce qu'un EPEP ? un établissement ayant un statut d'EP , représenté selon Darcos par un Président d'EPEP celui-ci pouvant être un non enseignant ( Maire, fonctionnaire autre qu'EN,ou aussi CP ? , IMF ?...)
L'établissement est alors dirigé par une personne extérieure à son fonctionnement quotidien ( je résume).
Pas bon donc et même à éviter . Position syndicale: Non aux EPEP ( ça sonne bien) , on garde l'école en l'état ( donc avec tous les problèmes que l'on connait aujourd'hui) , le directeur gardant sa fonction actuelle.
Qu'est-ce qu'un EPE ? un établissement public de 13 à 15 classes en moyenne, possédant une autonomie financière ( donc renforcement des choix faits par le CDM), ayant un CE voisin d'un CA ( parceque l'école ce n'est pas QUE les enseignants mais aussi d'autres partenaires) présidé par le DIRECTEUR du même établissement. Ce directeur serait le plus souvent déchargé 3j/4 ou totalement , il serait OBLIGATOIREMENT un enseignant ayant une certaine ancienneté de service.
 Ses " pouvoirs" vis à vis des enseignants? à peu près les mêmes qu'aujourd'hui avec certes une autorité supplémentaire reconnue de par son statut. Il n'évalue pas ses collègues sur le plan pédagogique , rôle dévolue à l'IEN.
L'école et ses membres gagne en autonomie, en souplesse de fonctionnement, en crédibilité ( voir post de Shadow)...
 Certes tout n'est peut-être pas parfait et certains se feront un plaisir à critiquer , mais qu'il propose en même temps un modèle meilleur car si on ne fait rien, si on ne propose rien, si on ne se bat pas pour imposer un projet, alors oui , un jour ( lointain ou pas) ,nous aurons les EPEP modèle Darcos. L'école ne peut pas vivre en 2009 sur le modèle de celle des années 1970 voir avant!
Commentaire n°17 posté par merlin le 28/01/2009 à 08h46

Merlin,

 

En accord total avec ton plaidoyer en faveur des EPE (la version proposée par le GDID).

Il y a deux semaines, j’ai envoyé un texte intitulé « la philosophie des EPEP : deux logiques » aux administrateurs de ce site qui m’ont fait le plaisir de publier le 16 janvier.

J’ai essayé de montrer à quel point les 2 visions d’un Etablissement Public sont différentes tant sur la forme que sur le fond. Je n’en retire rien.

 

Tu présentes un projet modéré, équilibré et favorable aux directeurs. Le seul problème, c’est que ce n’est pas ce qu’en attend le gouvernement et ce n’est pas du tout pour régler les difficultés des directeurs qu’il le mettrait en œuvre mais pour toutes les raisons que j’ai expliquées dans mon texte. De son point de vue, elles ne sont pas stupides et ne peuvent être balayées d’un revers de main. De notre point de vue, c’est plus difficilement acceptable. C’est ce sur quoi nous sommes d’accord, toi et moi.

 

Je me permets de me citer (je sais, ce n’est pas très correct…) en recopiant la conclusion de mon texte. Elle résume les divergences entre les 2 projets :

 

Il apparaît nettement que la loi proposée par les parlementaires vise, certes, à améliorer les « performances éducatives » mais que l’EPEP est « un instrument efficace de réorganisation de l’école ». Evoquant la mise en place des cycles, M. Reiss le dit clairement : un statut permettra de « faire entrer dans les faits une politique définie il y a plus de 15 ans ». Les pouvoirs donnés au directeur lui permettront d’asseoir son autorité sur son équipe. Il fait même allusion à une « autorité hiérarchique » dont « l’absence est l’une des explications de l’échec de la politique décidée par les pouvoirs publics, notamment dans le domaine pédagogique ».

 

Bref, il est évident que la création d’EPEP telle que proposée par les députés n’a pas pour seule ambition de régler le problème de la direction d’école. M. Reiss « reste persuadé qu’une telle mesure en soi [création d’un statut de directeur] ne permettra pas à l’école primaire d’améliorer ses performances éducatives ».

L’objectif est avant tout de redistribuer une partie des attributions des IEN aux acteurs de terrain avec l’assurance ou l’espoir d’une meilleure mise en œuvre des politiques éducatives…

 

Le débat reste entier. Il nous appartient de tout faire pour convaincre les pouvoirs publics de la nécessité de créer des établissements publics tout en prenant davantage en compte les aspirations des directeurs d’école.

Commentaire n°18 posté par Froment le 28/01/2009 à 09h34
DIRECTRICE QUI ABUSE

Ecole maternelle avec 100% d'enseignants en grève jeudi 29 janvier dont la directrice ...et celle-ci qui propose de mettre gracieusement son EVS handicap au service de la mairie pour le service minimum, contre son gré...vous y croyez ...
j'en suis la preuve vivante ...

EVS en colère et en grève jeudi ...
si vous pouviez faire passer un message sur votre site pour éviter que d'autres directeurs abusent ...ce serait sympa!
BILEVIC
Commentaire n°19 posté par BILEVIC le 28/01/2009 à 09h45
Nous sommes bien d'accord: le MEN se fout d'améliorer la situation des dirlos mais il tient à une réforme de l'école. Nous devons ( tous, adjoints et dirlos) faire pression pour que cette réforme prenne le chemin des EPE formule GDID, ce qui ne coûte pas plus cher à l'Etat et ce qui pourrait satisfaire les enseignants. Ne confondons pas non plus autorité et autoritarisme, l'enseignant a autorité sur ses élèves, il n'est pas un desposte pour autant. Un dirlo avec une certaine autorité ne serait pas pire ( et à mon avis meilleur) qu'un IEN.
Un dirlo reste proche de son équipe, il travaille avec au quotidien et il n'a pas vocation a être un générateur de conflits ou de tensions.
Je ne pense pas que se sera le cas avec le dirlo version EPEP, certainement éparpillé sur 2 sites, rendant " visite" à l'établissement avant de repartir son message délivré. Si cette personne est issue d'une administration autre que l'EN, ce sera même pire.... et j'écris à nouveau que notre seul choix fiable est NON aux EPEP en PROPOSANT un autre modèle qui nous est plus favorable.
Commentaire n°20 posté par merlin le 28/01/2009 à 09h52
@ Merlin

"Ne confondons pas non plus autorité et autoritarisme, l'enseignant a autorité sur ses élèves, il n'est pas un desposte pour autant. Un dirlo avec une certaine autorité ne serait pas pire ( et à mon avis meilleur) qu'un IEN"

Affirmation purement gratuite. Malheureusement l'expérience montre que certains personnages, dès qu'ils sont destinataires d'une parcelle d'autorité, ne se sentent plus. Ne généralisons pas, bien sûr, mais attention.

J'imagine facilement des conflits survenir pour quelques minutes de retard à une prise de service ou lors d'un léger dépassement du temps de récré... J'imagine facilement un conflit survenir quand un collègue ne pourra pas assister à un conseil décidé par le directeur de l'EPEP... Toutes petites choses qui peuvent vite dégénérer et devenir invivables. Forcément, c'est le directeur qui aurait raison puisque investi d'une mission d'autorité.
Attention, Merlin, prenons garde à l'engrenage infernal...
Commentaire n°21 posté par Dedel le 28/01/2009 à 10h34
Dedel, on parle EPE , tu réponds EPEP: je te renvoies aux posts précédents et au site " dirlo.org" pour faire la différence ( et il y en a une grande!)
Si je te lis bien, l'idée que tu défends c'est donc le maitien de la situation actuelle pour que chacun dans l'école puisse en toute impunité faire " ce qu'il lui plait,plait,plait..; comme dit la chanson". Soit, c'est ta conception de l'école, ce n'est pas la mienne. Je me permets de te faire remarquer que la situation que tu décris existe effectivement, que des dirlos essaient déjà d'éviter certaines dérives et que les adjoints concernés s'appuient sur le traditionnel " t'es pas mon supérieur hiérarchique". OK
Cependant, je te rappelle qu'en cas d'un accident un peu grave ( ou de parents procéduriés) en dehors par exemple des heures de récré, la gendarmerie a vite fait de constater que cette situation de dépassement était fréquente ( merci les voisins de l'école), que le dirlo était forcément au courant, qu'il est responsable des services de cour et de la sécurité donc:
pas trop d'emm....pour le collègue fautif ( rappel à l'ordre avec l'appui des syndicats à la commission de discipline ça va s'arranger), maxi em... pour le dirlo laxiste qui ira en justice si besoin et sera bien lâché par les mêmes syndicats ( on ne peut pas défendre tout le monde...). Retrait de fonction à la clé. Certes, c'est ton école,  pas la mienne et le statut hiérarchique ou pas n'a rien à faire là dedans. Les collègues dirlos qui fréquentent ce site apprécieront je n'en doute pas. Combien de directions vacantes au fait?
Commentaire n°22 posté par merlin le 28/01/2009 à 10h51

Désolé Delphine, mais tu vois, difficile de parler d'autre chose que des EPEP...

À croire que cette question cristallise  autour d'elle les problèmes rencontrés par  les directrices et directeurs.

 

@ Froment.

Je partage totalement l'analyse économique et les intentions prêtées au GVT.

Mais (oui, il y a un mais) pour ma part j'y mettrais un sérieux bémol : la crise politique.

• d'abord parce qu'on constate bien qu'en période de crise économique on peut se permettre de laisser  filer les déficits pour retrouver, par exemple, des emplois aidés. 

• Ensuite parce que ce que tu mets en gras ne pose problème qu'en terme d'intentions politiques.

> en effet quoi de plus normal qu'UN (n'importe lequel, du moment qu'il soit légitimé par nos procédures électives) gouvernement mette en œuvre des réformes et qu'il s'inquiète de leurs pertinences, de leurs applications sur le terrain ?

> donc, quoi de plus naturel (puisque c'est un constat que nous faisons tous!) que de dire qu'il manque un "maillon" essentiel dans les écoles" et d'expliquer l'échec des seules mesures que l'on peut qualifier de "réformes": la politiques des cycles, par l'absence de pilotage sur place?

- de remplacer la politique des cycles par les mesures Darcos ne me paraît pas pertinent.

Cela relève du procès d’intention et contribue  

Les mesures Darcos sont mises en œuvre, justement par l'absence de statut et du directeur et de l'école.

 

• Enfin, on voit bien que le quinquennat a amplifié la crise institutionnelle et que cette accélération modifie les stratégies politiques.

> Le constat c'est que le Mammouth ne bouge pas de l'intérieur et tous les ministres qui ont essayé de le pousser, s'y sont épuisées.

Pour Darcos, il fallait donc profiter de la légitimité de l'élection présidentielle pour aller vite et seul.

Ce n'est pas comme cela que l'on réforme!

>pourtant que ce soit le droit d'accueil, le socle commun, l'ouverture des école pendant les vacances, le soutien... toutes ces questions méritaient d'être posées.

Elles ont été IMposées!

Et assez facilement car l'école n'a pas de statut et sont directeur n’occupe qu’une fonction.

 

Il faut bien être conscient que ce qui a fait reculer Sarko c'est le mouvement étudiant et la véritable peur d'une contamination à la grecque...

 

Pour conclure et pour montrer à quel point nous sommes empêtrés dans la confusion politique et les coups politiciens, c'est la demande de certains de voir nos syndicats "proposer" la réforme.

Or, un syndicat défend les intérêts particuliers des salariés. Il doit être associé dans la mise en œuvre pour veiller à ce que nous ne soyons pas lésés, pour que nous n'en ne subissions pas les inconvénients d’une réforme... Il a un regard partisan qui peut être en décalage avec l'intérêt général. D'où la nécessité d'un vrai dialogue social ou chacun est dans son rôle.

Mais quand les syndicats disent représenter l'intérêt général, que l'on appelle à un 3° tour social, et que l'on dénie aux élus leur légitimité... On est dans une crise politique (qui va bien au-delà de l'EN)… quelque soit le GVT.

 

PS/ les abus dénoncés par Bilevic sont caricaturaux.
2 choses, pour jouer aux c… il faut être au moins 2.
Un statut clarifiant nos missions  éviterait ce genre de c….. .

Commentaire n°23 posté par Pierrot le 28/01/2009 à 11h15
@ dédel,
Si je te suis bien, tu es contre un statut du directeur pour protéger l'enseignant en retard (quelques minutes... mais qu'elles conséquences?) ou celui qui, ne pouvant pas participer à une réunion, devrait s'en justifier?

Wallou l'engrenage infernal... Dans la démagogie!
Commentaire n°24 posté par Pierrot le 28/01/2009 à 11h57
Pierrot,
Tu t'en amuses de la remarque de Dédel. Lui, il le sait bien que ce n'est pas si anecdotique que cela.
Combien d'écoles dans lesquelles les récrés sont à rallonge...
Combien d'écoles dans lesquelles des adjoints rechignent à faire leur service de surveillance...
Combien d'écoles dans lesquelles des adjoints s'exonèrent de réunions...
Combien d'écoles dans lesquelles le directeur doit se payer tout le boulot de rédaction des projets, enquêtes ou compte rendus...

Pas vrai, Pierrot ?

Et tout cela, c'est normal, Dédel ?

Et tout ça parce que le directeur n'a pas les moyens d'imposer que le travail soit fait, tout simplement.

Sans même parler de despote, Merlin, je suis d'accord avec toi. Simplement un minimum d'autorité reconnue par les textes autrement que sous la forme actuelle...

Oui, un statut est indispensable. Il ne sera peut-être pas suffisant pour certains mais au moins il donnera à ceux qui en ont besoin les moyens de travailler dans de meilleures conditions.
Et faut-il le refuser, par démagogie, pour ne pas déplaire aux fumistes ? N'avons-nous pas en charge la responsabilité de l'avenir des enfants qui nous sont confiés ?
Commentaire n°25 posté par VALMORI Patrick le 28/01/2009 à 14h01
@ Clémence !
Très perturbé par votre message et surtout par les questions importantes posées par Valmori, je suggère, en toute modestie et humilité) de les transmettre à Pierre Frakowiak en rendant bien entendu hommage au grand homme de la part d'un vermisseau croupissant quotidiennement sur le terrain !
Merci à merlin, shadow et d'autres d'élever le débat à la hauteur de ces véritables enjeux ! (avec toute ma modestie !)
Commentaire n°26 posté par henri le 28/01/2009 à 17h11
Au moins les choses sont claires. Certes, on est un peu loin du débat sur les EPEP ou EPE, la réalité de Dedel et d'autres est plus simple à aborder. Surtout laissez-les vivre!
Il faut que l'enseignant qu'est-pas-du-matin puisse arriver peinard 10 minutes après les autres, que l'amateur d'air pur et frais puisse respirer sereinement pendant ses 30 minutes matin et soir, que le (la) pédago avec enfant- et- rendez-vous urgents puisse émarger sans assister à ces réunions importantes de CDM (D?) que Dédel affectionne pourtant, que le moment si convivial du café-croissant puisse faire la soudure avec l'apéro-cahouettes...mais que deviennent les enfants ? Bof, selon Dédel et d'autres, le dirlo peut assumer les services et cavaler dans les couloirs , angoissé par l'accident possible sans surveillance peut-être secondé par quelques collègues de bonne volonté.
   Il fallait commencer par là, on comprend mieux certaines positions et certains commentaires. Une certitude pour Dédel: il aura toujours des fans!
Commentaire n°27 posté par merlin le 28/01/2009 à 19h39
Non, Merlin, je t'en prie... Restons sérieux, veux-tu...

Pas ça.
Pas toi.
Pas à moi...

Toujours facile d'extraire une petite phrase ou quelques mots et d'en faire une présentation hors contexte...
Commentaire n°28 posté par Dedel le 28/01/2009 à 23h07

@ Clémence !Très perturbé par votre message et surtout par les questions importantes posées par Valmori, je suggère, en toute modestie et humilité) de les transmettre à Pierre Frakowiak en rendant bien entendu hommage au grand homme de la part d'un vermisseau croupissant quotidiennement sur le terrain !Merci à merlin, shadow et d'autres d'élever le débat à la hauteur de ces véritables enjeux ! (avec toute ma modestie !)

Commentaire n°29 posté par henri le 28/01/2009 à 23h25

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