Mercredi 14 janvier 2009
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L’année 2009 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices pour les
directeurs...
La direction d’école est totalement absente des débats, des projets ministériels ou présidentiels, exclue des grands chantiers de l'Education nationale... Pour le commun des mortels, la
profession ne rencontre pas le moindre problème puisqu’on n’en parle pas et qu’elle ne fait pas parler d’elle…
Certes, fin 2008, un léger espoir de voir évoluer la situation a pu être perceptible : 3
députés UMP avaient déposé une proposition de loi visant à la création d’EPEP. Même imparfaits, ces EPEP étaient une avancée vers une reconnaissance de la profession. On rêvait même de pouvoir
influencer les parlementaires pour les aider à améliorer leur proposition de loi.
Patatras ! La grève réussie du 20 novembre et les manifestations importantes, la
mobilisation lycéenne et les résultats des élections professionnelles du 2 décembre ont contribué à affaiblir le ministre et à renforcer les centrales syndicales.
Xavier Darcos n’a eu d’autre choix que de revenir sur certaines réformes
pourtant annoncées comme indispensables et capitales (maternelle, RASED, lycée…) et mettre sous l’éteignoir certaines autres en préparation. Ainsi la création d’EPEP « n’était plus d’actualité »… D’ailleurs, l’un des députés co-auteur de la proposition de loi annonçait le report de la discussion initialement prévue en
janvier 2009…
Côté syndical, c'est comme si les directeurs n'existaient pas ou plutôt comme
s’ils n'existaient plus... Pourtant, il n’y a pas si longtemps, on les caressait dans le sens du poil. Il faut se souvenir
combien on les a flattés d'octobre à début décembre 2008... Ils étaient partout présents. Un encart dans le moindre bulletin syndical, une allusion dans la plus petite revue locale… Bref, ils
étaient associés à toutes les actions en cours. Leur sort était dépeint comme peu enviable et il apparaissait comme une priorité à prendre à bras-le-corps pour en finir avec cette injustice qui
touchait ces collègues méritants...
Puis subitement, plus rien. Dès le 2 décembre au soir, le néant. Silence
radio. Eh oui, braves directeurs, les élections professionnelles étaient passées... Par pudeur, sans doute, les principaux syndicats ne l’ont pas dit ouvertement mais on pouvait entendre, tant
ils le pensaient fort, le message suivant : « Merci d'avoir contribué à conforter nos positions majoritaires et de nous avoir permis d'obtenir
des postes de délégués déchargés. Maintenant, chers collègues, vous pouvez rentrer dans le rang... et reprendre vos activités. Rendez-vous en 2011 pour les prochaines échéances
professionnelles ». Car dans le contexte de contestation du moment, beaucoup de directeurs, oubliant leur intérêt propre, ont rejoint dans la lutte les syndicats les plus
revendicatifs.
Report de la proposition de loi visant à la création d’EPEP, indifférence des syndicats et
silence assourdissant des directeurs probablement décontenancés par tant de désinvolture à leur égard… Tout semble annoncer une énième année supplémentaire de statu quo pour la direction
d’école.
"En décrétant le changement, l'immobilisme s'est mis en marche et je ne sais plus comment l'arrêter". Cette citation d'Edgar
Faure, ministre de l'éducation nationale juste après mai 1968, semble inventée pour coller à la situation des directeurs d’école 40 ans plus tard.
Voilà ce que nous écrivions sur ce site en
présentant nos vœux à nos lecteurs et que nous pouvons reprendre en ce début d'année 2009.
Immobilisme ? Statu quo ? Sauf pour l'empilement des tâches et des responsabilités...
Nul doute, l’hiver sera long pour les directrices et directeurs de ce pays…
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