Vendredi 12 décembre 2008
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Face à la contestation, le ministre est contraint de changer de ton. Aux défilés de lycéens contre les réformes Darcos
se sont ajoutées des manifestations de parents et enseignants à l'appel du collectif « L'Éducation est notre avenir ».
Malgré les rodomontades d’après manifestation du genre “même pas peur”, on voit bien que Xavier Darcos semble
reculer après chaque manifestation ; ça ressemble de plus en plus à un recul.
Sur Europe 1, à la question de savoir si le ministre allait revoir ses
réformes, M. Darcos a répondu : “je ne suis pas ministre de l’hésitation nationale, j’ai un devoir pour les générations futures”. Problème pour le ministre : les générations
présentes peinent à imaginer un futur. Quand elles l’entrevoient, c’est d’un mauvais œil.
Depuis la grève réussie du
20 novembre, le ministre de l’Education Xavier Darcos a singulièrement modéré le ton. Sans vouloir céder sur le fond de ses réformes, il semble désormais prêt à des concessions.
La
maternelle
Confronté à une
contestation tous azimuts, le ministre a d’abord tenté de désamorcer la colère dans le primaire. «Si j’ai blessé les enseignants de maternelle parce qu’on a déformé mes propos, je leur
présente tous mes regrets et mes excuses», a-t-il déclaré le 3 décembre.
Il ajoute «nous
accueillons tous les enfants de trois ans sans exception et là où c’est possible ou nécessaire, nous accueillons les enfants plus jeunes, les 2-3 ans».
La réforme du lycée
Le projet de réforme du lycée se réduit comme peau de chagrin. On verra ce qu’il en est
pour la seconde dont le projet final sera présenté mardi prochain. Mais le recul semble réel pour la Première et la Terminale. Alors qu’initialement, il était envisagé
de supprimer les filières voilà qu’il déclare que pour «la première et la terminale, nous n’avons pas d’intentions
extrêmement novatrices dans ce domaine, parce que vous retrouverez toujours des dominantes, qui sont le professionnel, le technologique, le littéraire, l’économique et les scientifiques, c’est
très difficile d’imaginer autre chose».
Le service minimum d’accueil
(SMA)
Sur ce dossier aussi, X. Darcos a
reculé. Recevant les maires très remontés contre ce transfert de charges, il a indiqué que le dispositif serait aménagé pour les petites communes. Les poursuites judiciaires seront abandonnées
contre elles.
Les RASED
Il a aussi quelque peu cédé sur la
question des maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire. Quelque 3 000 postes vont bien être supprimés en 2009. Mais il a précisé que la saignée s’arrêterait là.
Les EPEP
Lors d’une audience accordée au SE-Unsa le 5 décembre dernier, concernant les EPEP, en réponse à un exemple d’un nouveau passage en force à ne pas
commettre, le ministre a fait comprendre que, « nonobstant la proposition de loi émanant d’un groupe de
trois députés, il n’ouvrirait pas ce dossier ».
Comme nous n’avons cessé de l’écrire dans nos derniers articles, le ministre sort
considérablement affaibli de la grève réussie et de la mobilisation importante du 20 novembre, de l’échec partiel de la mise en œuvre du SMA le même jour, de la forte contestation des élus, des
élections professionnelles qui ont mis en évidence une poussée des votes protestataires…
X. Darcos est donc contraint de battre en retraite sur de nombreux dossiers épineux… Sans
oublier la contestation du monde lycéen qui peine à s’arrêter et qui donne des sueurs froides à tout gouvernement… Il faut dire que les ministres de l'Education destitués à la suite de
mobilisation lycéenne d'ampleur ne sont pas rares.
Quelques articles à lire ou
relire :
Grèves, EPEP et directeurs…
Ministre affaibli, syndicats renforcés... un air de déjà vu...
Un début décembre chaud, chaud, chaud…
Elections professionnelles 2008 : résultats sans surprise
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