L’un de nos collègues nous transmet copie de la lettre que chaque directeur du Nord a
personnellement reçue par la Poste. Nous la reproduisons intégralement.
Décidément, les directeurs sont très courtisés en ce mois de novembre… Dommage que les
élections professionnelles ne se déroulent que tous les 3 ans… On aimerait qu’elles aient lieu plus souvent…
Cher(e) collègue directeur, directrice
Vous avez sans doute, comme nous, pu lire sur un site Internet dont les animateurs, dont nous respectons au
demeurant les positions, relaient les infos sur nos boîtes électroniques d’école, que le SE-UNSA ne s’intéresserait pas à la situation des directrices et directeurs d’école !
Comment peut-on écrire
cela ?
Retour en arrière…
Le SE-UNSA, à l’origine de la grève administrative des directeurs d’école, signe, en mai 2006, le protocole
sur la direction d’école.
Et alors, c’est la bronca !
Le SE-UNSA est attaqué de toutes part, les mails pleuvent, les appels téléphoniques aussi.
Puis vient la rentrée scolaire :
Les 260 directrices et directeurs d’école de 4 classes qui sont maintenant déchargés trouvent que,
finalement, le SE-UNSA a peut-être bien fait de signer.
Les collègues qui ricanaient face aux 15 euros, ricanent plus silencieusement quand les 15 deviennent 30 puis
de 45 à 90 euros en ce début d’année scolaire.
Ceux qui dénonçaient le recours à des contrats précaires n’ont pas tous dit « non », loin s’en
faut, et la seule question qu’on nous pose maintenant au sujet de ces aides administratives, c’est : « comment on fait pour en avoir quand on
n’en a pas ? ».
Alors bien sûr, si nous avons signé, ce n’est pas parce que nous
étions satisfaits, mais parce que ce à quoi nous étions arrivés par la négociation méritait d’être engrangé.
Pour autant, le SE-UNSA continue de porter la revendication de plus
de temps pour les directeurs et les directrices ; la bataille sur la décharge de service d’aide personnalisée en atteste.
Le SE-UNSA considère aussi que l’ISS de direction doit être la même
pour tous (200€ par mois).
Le SE-UNSA revendique enfin que l’aide administrative devienne un
véritable métier de secrétariat administratif et que les EVS qui le souhaitent puissent être pérennisés sur leur poste.
Alors, pourquoi ne pas avoir communiqué sur la situation des
directrices et directeurs d’école, qui sont nos premiers relais au moment des élections
professionnelles ? Par masochisme ? Non, bien entendu !
Quatre arguments ont présidé à cette décision qui a été mûrement réfléchie et prise de manière
consensuelle :
ü Nous n’avons pas voulu traiter ce
bulletin « spécial élections » par l’entrée catégorielle : le SE-UNSA est le syndicat de tous les enseignants quelle que soit leur
spécificité,
ü A un moment de son histoire où l’école
subit des attaques d’une intensité qu’elle n’a jamais connue, il nous a semblé que nous devions coller au plus près de l’actualité : remise en cause
de la laïcité, 108 heures et aide personnalisée, service minimum d’accueil, défense de l’école maternelle et des RASED, dénonciation du budget et de son impact sur la carte scolaire, salaires,
carences du remplacement !
ü Nous n’avons pas voulu nous tromper
d’adversaires. Nous avons privilégié notre analyse des dossiers traités et les revendications du SE-UNSA. Nous avons refusé de tomber dans le piège
gouvernemental du « diviser pour mieux régner ».
ü Enfin, le rôle charnière de la directrice, du directeur d’école est à notre sens à ce point évident
au niveau de la dynamique d’équipe, au niveau de la prise en compte de la difficulté de chaque élève, au
niveau de l’organisation du service, au niveau des relations avec les différents acteurs de l’école, que loin de considérer que les directrices et directeurs ne sont nulle part dans ce bulletin,
nous considérons, nous, au contraire, qu’ils sont partout !
Nous aurons d’ici quelques jours, quelques semaines, à discuter, à échanger sur la mise en place programmée des EPEP (établissements publics d’enseignement primaire). Nous aurons l’occasion de répéter tous les dangers que cela représente
pour l’école et les équipes pédagogiques.
A ce moment-là, et plus que jamais auparavant, les collègues qui
auraient voulu que l’Education nationale fasse une place privilégiée ( !) aux directrices et directeurs d’école se rendront compte à quel point le gouvernement aura utilisé leurs aspirations
pour, finalement, mettre en place une structure où ils n’auront plus leur place, où la satisfaction de quelques « heureux élus », se fera au détriment de l’intérêt du plus grand nombre.
Le SE-UNSA reste et restera plus que jamais attentif à la situation des directrices et directeurs.
Sentiments les plus cordiaux et respectueux.
L’équipe départementale du SE-UNSA (59)
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