Lundi 13 octobre 2008
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Passée la surprise de l’annonce par les trois députés UMP de leur proposition de loi portant création des EPEP, les syndicats sortent la grosse
artillerie pour tenter de s’y opposer.
CNT EDUCATION
« Monsieur Darcos envisage, pour la rentrée 2009, de créer des EPEP (Etablissements Publics de l'Enseignement Primaire).
Ces établissements regrouperaient plusieurs écoles, seraient gérés par un Conseil d'administration où les enseignants seraient minoritaires et les élus municipaux bien représentés.
Pire, ces EPEP seraient présidés par un chef d'établissement. L'école a-t-elle besoin d'un nouveau petit chef ? »
Le SNUipp ne fait pas, non plus, dans la demi-mesure. Il s’agit de frapper les esprits et surtout de faire peur :
« Darcosus et ses aides infirmiers députés de l’UMP ressortent une proposition de loi sur les EPEP. Ils préparent ainsi la disparition
de nombreux postes de directeurs.»
Il convient de passer à la vitesse supérieure et le mieux est d’y associer les autres syndicales syndicales. Il faut faire nombre pour montrer que c’est toute la
profession qui se dresse contre les EPEP.
Pour éviter de se battre en ordre dispersé, rien de tel que le communiqué conjoint d’une belle unité pour se dresser face à cette proposition de
loi :
« Non au projet de décret EPEP.
Les syndicats SNUIPP- FSU, SE-UNSA, SNUDI-FO affirment leur opposition totale au projet de décret relatif à
l’expérimentation d’établissement public d’enseignement primaire.
Ces EPEP mettent en place une véritable tutelle des pouvoirs politiques locaux tant sur le plan de la gestion des écoles que sur le pilotage
pédagogique. En rendant les élus politiques majoritaires au CA, le texte remet en cause l’indépendance pédagogique dont doivent disposer les enseignants, fonctionnaires de l’Etat.
La désignation d’un directeur (doté d’un statut d’emploi fonctionnel) qui sera l’exécutant des décisions du CA, en ferait le supérieur
hiérarchique des enseignants de l’EPEP, ce qui est inacceptable.
Ce décret remet en cause l’unité du service public d’Education, il renforce les inégalités territoriales, il porte en germe la mise en
concurrence des établissements et la remise en cause du statut des personnels, sans aucune garantie du maintien des moyens et des postes d’enseignants.
En conséquence de quoi, nous exigeons du Ministre le retrait du projet de décret sur les EPEP. Si ce texte est maintenu, nous appellerons
tous les collègues à faire obstacle à sa mise en oeuvre. »
Mais, à quelques semaines des élections professionnelles, chacun doit aussi affirmer qu’il est le meilleur pour faire plier le ministre. Sans
aucun doute, le SNUipp veut garder la main.
« Mise en place des EPEP rejetés par la profession, et qui risque de transformer en profondeur le statut, le fonctionnement de l’école
primaire et les relations entre les enseignants par l’instauration d’une hiérarchie locale. »
Mais sur quels éléments se base le SNUipp pour affirmer que les EPEP sont rejetés par la profession ? Dispose-t-il des résultats d’une
enquête confidentielle sur le sujet ?
Rappelons-nous que longtemps, le SNUipp a affirmé sans vergogne : « les directeurs ne veulent pas d’un statut »… jusqu’à
cette consultation IFOP / GDID de septembre 2006 qui a montré que 93 % des directeurs souhaitaient un statut !
Rappelons également que dans cette même consultation, les directeurs d’école se sont prononcés à 76 % pour la création d’un statut
d’établissement.
On est loin, très loin, du rejet par la profession dont parle le SNUipp…
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