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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 14:22

 

La publication de nos différents articles sur les EPEP nous a valu un très grand nombre de visites sur le site mais également un afflux de mails qui vont tous, ou presque, dans le même sens.

Beaucoup de nos collègues ont l’impression qu’ils sont abandonnés à leur triste sort « d’enseignants chargés de direction ». D’autres, très minoritaires, évoquent un sentiment de trahison.

La plupart sont persuadés que la proposition de loi des députés a permis de déplacer le débat de la notion de création statut du directeur à celle d’EPEP.

 

Ainsi, Christelle nous écrit :

« En septembre 2006, 93 % des directeurs se sont prononcés pour la création d’un statut de directeur d’école. En septembre 2008, une proposition de loi visant à la création d’EPEP réussit à détourner l’attention des directeurs en leur faisant miroiter une situation que la plupart ne connaîtront jamais. Qui parle encore de lutter pour la reconnaissance statutaire de tous les directeurs ? ».

 

Yves nous fait part d’un sentiment de malaise. Il dénonce la collusion entre le ministère et les syndicats pour faire taire la principale revendication des directeurs : la création d’un statut.

« Habile ministre que Xavier Darcos qui a réussi à dévier les directeurs de leur coûteuse demande de création d’un statut ! Il ne faut pas s’y tromper : la proposition de loi déposée par les 3 députés n’est rien d’autre qu’une commande du ministre. Ce dernier n’avait-il pas annoncé qu’il comptait prendre une « décision définitive » dès ce trimestre ?

L’annonce semble réjouir certains collègues qui se voient déjà en chef d’établissement (statut, pouvoir, indemnité). Mais combien seront-ils à bénéficier de cette mirifique promotion ?

X. Darcos est assuré de réussir cette réforme qui ne coûtera rien à l’Etat qui fera un transfert de compétences aux communes et les laissera financer les établissements créés.

Le ministre sait pertinemment que le dispositif ne touchera qu’un nombre limité de communes et d’écoles. Peu lui importe : il aura laissé son nom à une réforme importante et ne sera pas tenu responsable de la « mauvaise volonté » des collectivités territoriales qu’il pourra ensuite dénoncer comme étant conservatrices.

Les syndicats, eux aussi, savent que la réforme sera mise en place. Ne pouvant l’empêcher, ils feront mine de s’y opposer. Pour la forme. Car, ils savent, aussi bien que le ministre, qu’elle ne s’appliquera que très progressivement et qu’elle ne concernera que relativement peu d’écoles. Certes, ils s’adapteront et surtout se réjouiront que la majorité des directeurs ne soient dotés d’un statut de « p’tit chef ».

Ministre et syndicats partageront ainsi les mêmes calculs pour des raisons à la fois identiques et opposées. »

 

D’autres collègues évoquent leur situation personnelle pour déplorer l’abandon de la revendication première des directeurs : un statut pour tous.

 

Jean-Michel nous fait part du cas de sa commune qui, pense-t-il, est loin d’être un cas isolé.

« Directeur depuis 13 ans d’une école de village de la petite section au CM2, je ne vois nulle possibilité de promotion ou de reconnaissance si les EPEP sont créés.

A mon arrivée, 5 classes. Actuellement 6. Un maire attentif à soigner « SON ECOLE » car il a compris que l’école représente l’avenir de la commune. Une municipalité qui veille à attirer de jeunes couples avec 2 enfants pour éviter que le vieillissement du village en offrant des facilités de construction. Il faut voir comme le maire est fier de son école. Pour rien au monde il ne souhaiterait l’associer à un autre établissement d’une commune voisine. Il aurait l’impression qu’on lui prend une partie de son bébé.

Bref, nous resterons une entité à part entière. Que me reste-t-il à faire si je veux avoir plus de temps, plus de reconnaissance, plus de salaire… ? Quitter cet endroit où je me sens si bien ? Ou choisir de « végéter » dans ma carrière ?

Ce n’est pas ce que j’avais imaginé en voyant que vous voulions nous battre pour un statut. Je me rends compte que, déjà, j’utilise le passé… ».

 

Armelle nous décrit un cas différent.

« Début octobre, madame le maire m’a reçue, comme chaque année à pareille époque. Nous avons évoqué la rentrée mais aussi les problèmes liés à l’actualité, essentiellement le SMA et les EPEP.

Pour le SMA, elle se demande comment pallier l’absence d’enseignants en cas de grève. Dans notre petit village, pas d’étudiants disponibles la journée, ni d’animateurs d’ailleurs. Sa chance, nous nous mettons rarement en grève.

Pour les EPEP, si on le lui propose, ce sera un NON ferme et définitif. Faut dire qu’elle a des arguments, madame le Maire.

Notre école est très bien équipée (informatique, BCD, salle de restauration accueillante, dortoir refait à neuf, locaux agréables, nouveau préau…). Bref, la commune a beaucoup investi.

L’école la plus proche se trouve à environ 45 minutes (en moyenne montagne, le temps compte plus que la distance). Dans ce village, l’école n’est pas du tout une priorité comme chez nous. Les maires ne s’entendent pas très bien et n’ont pas la même conception de la vie d’un village.

Pour madame le maire de ma commune, mutualiser (comme le dit le projet de loi) reviendrait à investir doublement (pour les deux communes). Et de cela, elle ne veut nullement entendre parler.

Je pense que des situations telles que la mienne doivent exister ailleurs. Et j’ai le sentiment d’être laissée pour compte. Je suis et je resterai une petite directrice de campagne. Cela, aux yeux des parents parce que pour mon administration, je n’existe pas. »

 

Nous pourrions multiplier les publications de courriers reçus. Ceux que nous avons sélectionnés reflètent assez bien la majorité des mails qui nous ont été envoyés car ils traduisent assez justement le sentiment de déception ou d’abandon de nos collègues.

Ils nous rappellent simplement que la création d’EPEP ne doit pas avoir pour conséquence, de facto, la création de deux catégories de directeurs. Notre rôle est d'y veiller.

 

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