Mercredi 24 septembre 2008
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L’AFEV organise, ce 24 septembre, la première Journée du Refus de l’Echec
Scolaire, en partenariat avec France 5 et Trajectoires-Reflex. A cette occasion, une étude intéressante a été publiée. Il s’agit du Baromètre annuel du rapport à l’école des enfants de quartiers populaires (établi par le cabinet d’études
« Trajectoires-réflex »).
Cette étude, dont nous publions les grandes lignes, montre le décalage entre les attentes de l’école et la réalité vécue par certains
enfants.
Il faudra davantage qu’une « aide personnalisée » ou un « stage de remise à niveau » pour améliorer les résultats de ces
enfants.
Ce baromètre donne la parole à 700 élèves (du CP à la 3ème) suivis par l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la
Ville).
Un décalage entre le rythme de l’enfant et le rythme de l’école qui ne favorise pas les apprentissages
Le petit déjeuner
34% des écoliers interrogés, écoliers et collégiens confondus, ne prennent pas ou rarement un petit-déjeuner le matin avant la journée scolaire.
Sur ce point, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir pour une partie de ces enfants qui ne peuvent pas être pleinement attentifs en classe
le matin sans avoir pris un petit-déjeuner.
Le repos
14% des écoliers disent se coucher après 22 heures.
Ce constat est peut-être à rapprocher avec celui du fort taux d’équipement des familles en postes de télévision : plus de la moitié des élèves
interrogés déclarent avoir une télévision dans leur chambre.
Or, il y a une corrélation entre le fait d’être suffisamment reposé et la réussite scolaire. Les chronobiologistes l’ont amplement montré. Ces
heures de coucher tardives handicapent les enfants dans leur réussite scolaire, et entravent aussi l’efficacité du travail des enseignants qui ont peu de prise sur cet aspect.
Des relations distantes entre familles et école
A la question «Tes parents te demandent-ils comment s’est passée ta journée à l’école ?», 43 % des élèves interrogés répondent «
oui, quelquefois » et 15 % répondent à cette question par un « non, jamais ».
Ce constat a pour corollaire le discours des enseignants qui évoquent souvent les difficultés qu’ils rencontrent pour voir les parents de leurs
élèves, et en particulier les parents des enfants les plus en difficulté. Ils déplorent qu’une partie des parents ne se rende que très rarement
à l’école de leurs enfants, que lorsqu’ils sont explicitement convoqués.
Parfois, certains refusent même de venir.
Cette situation est d’autant plus préjudiciable qu’elle ne favorise pas la compréhension par les familles de l’environnement, des exigences et
des codes scolaires d’une part et d’autre part, elle ne permet pas aux enseignants de mieux connaître le mode de fonctionnement, les difficultés et les potentiels de ces familles.
61% des élèves déclarent que leurs parents leur demandent « tous les jours » s’ils ont des leçons ou devoirs à faire.
Pour autant, seulement 22 % des élèves interrogés affirment que leurs parents les aident pour leurs devoirs, 41% sont parfois accompagnés par
leurs parents dans la réalisation de leurs travaux scolaires à la maison, et 37% d’entre eux le sont rarement ou jamais.
Cette faible implication de certains parents dans l’aide aux devoirs ne doit pas être mécaniquement interprétée comme un désintérêt ou une
absence de reconnaissance de ces derniers de l’importance de l’école. Au contraire, la plupart des études sociologiques montrent que les attentes de ces parents à l’égard de l’école sont fortes,
elle est perçue comme un moyen de sortir de la précarité sociale, économique en accédant à un métier. Des éléments de réponse sont donc à chercher ailleurs.
Le faible poids des activités culturelles
75% des élèves interrogés ne pratiquent pas une activité culturelle ou artistique en dehors de l’école.
Plus d’un tiers des élèves interrogés déclare ne jamais lire ou rarement un livre à la maison, 52% « de temps en temps » et seulement
14% « tous les jours ».
La pratique de la lecture est plus aléatoire et pour une part significative, est faible. Le manque de lecture n’est pas sans conséquences sur la
réussite scolaire des élèves : la lecture est valorisée comme moyen pédagogique de développer ses savoirs, sa maîtrise de la langue, son vocabulaire...
Cette carence dans les pratiques extrascolaires peut expliquer pour partie leurs lacunes en orthographe et grammaire. Elle constitue un réel enjeu d’action pour favoriser la réussite scolaire. Elle vient aussi corroborer les résultats de la fréquentation des bibliothèques
par les enfants interrogés.
Les activités culturelles et / ou artistiques occupent un faible poids dans les activités extrascolaires des enfants
enquêtés. À titre d’exemple, 70% des élèves interrogés ne sont jamais allés au musée avec une personne de leur famille. Par contre,
ils sont nombreux à l’avoir fait dans le cadre de l’école ou du collège (65%).
Ainsi, une partie de ces familles ont des activités ou « sorties » orientées surtout autour des loisirs et moins pédagogiques ou
culturelles. Cela les distingue nettement d’autres familles qui développent une stratégie plus fortement en lien avec l’école et ses attentes.
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