Vendredi 19 septembre 2008
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Dès le 3 septembre, nous avons décrypté l’audition de Xavier Darcos par la
commission des finances du Sénat. Audition très intéressante au cours de laquelle le ministre s’interrogeait sur le bien-fondé de « former des enseignants à bac + 5 pour faire faire la
sieste et changer les couches des enfants de petite section maternelle ».
Notons au passage que les syndicats enseignants n’ont commencé à réagir qu’à partir du 15 septembre… Nous leur conseillons de lire un peu plus
régulièrement les articles du site « directeurs en lutte »…
Les critiques se sont cristallisées sur cette partie de l’intervention du ministre. Mais en explorant la vidéo de l’audition, on découvre beaucoup d’autres idées et réflexions tant de
Jean Arthuis, président de la commission, que de Xavier Darcos.
Cette audition est d’autant plus intéressante que l’on comprend mieux que les réformes qui se bousculent depuis plusieurs mois n’ont rien d’un
empilement incohérent mais, qu’au contraire, elles sont le fruit d’une stratégie bien pensée et bien ordonnée pour répondre aux obligations de la RGPP dont nous avions déjà présenté les grandes lignes.
Nous retranscrivons, ci-après, quelques morceaux choisis de l’audition de Xavier Darcos.
La bonne gouvernance
J. Arthuis (ex-ministre, Président de la Commission des Finances du Sénat depuis 2002) :
« Est-ce qu’on ne pourrait pas progresser dans ce qu’on pourrait appeler la gouvernance… la gouvernance d’une école, la gouvernance
d’un collège, la gouvernance d’un lycée… et mettre à la disposition de celles et ceux qui siègent au conseil d’établissement, au conseil d’administration, des documents un peu plus
significatifs… ?
C’est ainsi que les budgets qui sont soumis à délibération ne traduisent pas vraiment ce qui se passe dans l’établissement. Donc, on
peut imaginer que… heu… les salaires effectivement versés aux enseignants, les charges sociales qui s’y rapportent, puissent apparaître dans un document budgétaire, que ceci se fasse dans tous
les établissements, qu’on s’interroge sur les principes de bonne gouvernance d’un établissement… Et que, notamment l’évaluation fasse l’objet de tableaux de bord qui pourraient être
donnés aux membres du conseil d’établissement, pour qu’ils puissent mesurer, pour qu’ils puissent fixer des objectifs, qu’ils puissent mesurer les progrès accomplis et que les corps d’inspection
donnent des signes plus nets d’un attachement à l’évaluation.
X. Darcos : Dèjà, dans les instructions, nous avons anticipé votre souhait, monsieur le Président. Vous
voyez comme nous sommes à nos… à nos établissements pour que les budgets soient présentés de manière intégrale au cours des conseils d’administration.
Non seulement parce que c’est utile pour nos établissements, mais aussi parce que c’est utile pour nos enseignants et voire les membres du
conseil d’administration qui ont toujours l’impression que tout cela ne coûte rien alors que la dépense budgétaire de l’Etat est absolument considérable et personne ne s’en rend
compte…
Donc, je pense que nous allons dans le sens de vos souhaits, monsieur le Président, aussi bien pour le 1er degré par la création des
Etablissements Publics que pour le second degré par les instructions que nous avons données pour la présentation des biens en activité et des budgets, présentation intégrale en conseil
d’administration.
Le renouvellement des professeurs
X. Darcos : …Mais le calibrage des concours puisqu’il est lié au non renouvellement de nos
fonctionnaires et du 1 sur 3 que nous avons fait l’an dernier et du 1 sur 2 vers lequel nous allons.
La fermeture des petits établissements
X. Darcos : Il faut bien reconnaître que la question se pose de la pertinence pédagogique des tout
petits établissements qui sont forcément moins riches en choix pour les élèves et qui créent des groupes scolaires de moins de 200 élèves – pour un établissement, c’est très peu – Il y a même des
lycées de moins de 10 élèves. J’en connais en Dordogne, par exemple.
Nous sommes en train, avec les collectivités territoriales, d’ouvrir une discussion sur la pertinence du maintien des établissements à
faible effectif, d’autant que nous pouvons prévoir, sans être grand clerc, que le desserrement de la carte scolaire, pour ce qui est des établissements à petits effectifs, de milieu
urbain ou péri-urbain, devrait produire des effets encore plus accentués sur ce sujet-là.
On devrait voir de plus en plus d’établissements à faible effectif apparaître. Notre vœu étant, pour ceux-là – je ne parle pas des collèges
ruraux – étant pour ceux-là d’aller des logiques de fermeture, de réutilisation des locaux de manière différente… »
Ce dernier exemple fait clairement apparaître le décalage entre le discours officiel (favoriser la mixité, permettre aux parents de choisir leur
établissement…) et le discours officieux (vider certains établissements pour ensuite les fermer, faute d’effectif suffisant…).
A aucun moment, dans cette audition, il n’est question de qualité d’enseignement, d’amélioration du fonctionnement des
établissements.
Le maître mot qui sous-tend toutes ces réformes et leur tient lieu de fil conducteur est invariablement le même : économies.
L’Etat doit faire le maximum d’économies. Quels autres ministères que l’Education nationale et ses gros bataillons de fonctionnaires peuvent aussi bien le permettre… ?
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