Le 10 juillet 2007, le Premier Ministre lançait le chantier de la "révision générale des politiques
publiques". Voici ce qu'en disait Eric Woerth, ministre du
Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique :
"La recherche de la performance de l’État a conduit de
nombreux pays de l’OCDE à réviser leurs politiques publiques, un exercice qui a déjà permis à des Etats comme le Canada de réduire de façon drastique leur déficit, tout en jetant les bases d’une
croissance durable.
En France, nous allons conduire une révision des politiques publiques suivant trois exigences : celle de la qualité du service rendu au
regard des besoins des usagers, celle de l’intérêt des fonctionnaires et enfin celle d’une rationalisation de la dépense publique.
Pour répondre à ces trois aspirations, nous allons examiner sans réserve et sans tabou l’intégralité des missions exercées par
l’Etat et les moyens qui y sont alloués. Cet inventaire des politiques publiques va permette d’éclairer les choix qui seront faits pour réorganiser les politiques publiques et
tenir les engagements budgétaires de la France".
Nous étions prévenus. Les grandes réformes viendraient après les municipales. Nous y sommes. On comprend mieux pourquoi. Ministres et conseillers ne parlent pas de rigueur mais de RGPP
pour justifier les efforts budgétaires.
Les annonces de mesures se multiplient (91 en décembre, 166 en avril et une centaine en juin prochain). Cette avalanche ne constitue pas en soi une politique
cohérente. Elle n'a pour but que de noyer le citoyen sous l'accessoire.
Mais la RGPP s'intéresse aussi, de très près, à l'Education nationale. Voici ce qu'a écrit le Conseil de Modernisation des Politiques Publiques (CMPP) le 4 avril :
LA MODERNISATION DU SYSTEME EDUCATIF
Quelles sont les missions exercées ?
Le système éducatif français de l’école primaire à la fin de l’enseignement secondaire vise à transmettre aux élèves les valeurs
et savoirs fondamentaux qui leur seront nécessaires à la poursuite de leurs études ainsi qu’à la réussite de leur vie professionnelle et personnelle.
L’école est au coeur du projet de la Nation car elle se donne pour ambition de former tous ceux qui seront demain les citoyens
chargés des destinées de la Nation.
L’éducation et la formation des enfants constituent une mission fondamentale de l’État. De fait, celui-ci emploie à l’Éducation
nationale la moitié de ses fonctionnaires et y consacre le premier de ses budgets (58 milliards d’euros).
Pourquoi changer ?
Alors même que le budget de l’Éducation nationale a fortement progressé depuis quinze ans, des études récentes, nationales ou
internationales, ont mis en lumière la dégradation des performances du système éducatif français :
- le rapport récent du Haut conseil de l’éducation - HCE a révélé que 15 % des élèves sortant de l’école
primaire rencontrent des difficultés importantes, notamment dans la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul ;
- 150 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme ni qualification ;
- l’enquête du Programme international de recherche en lecture scolaire - PIRLS sur l’apprentissage de
la lecture à dix ans, classe la France au 17e rang sur vingt-deux pays examinés ;
- l’enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves - PISA portant sur la culture
mathématique et la compréhension de l’écrit à quinze ans, mesure le recul la France : légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE en 2000 (505 points contre 498), elle se situe aujourd’hui en
dessous de cette moyenne (488 contre 492).
L’augmentation continue des moyens et des horaires n’a pas été une réponse adaptée. De fait, la France consacre des moyens
supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE à sa politique éducative. Les emplois du temps sont également beaucoup plus chargés en France que dans les autres pays de l’Union européenne : entre
sept et onze ans, ils excèdent de 101 heures la moyenne européenne, au collège de 122 heures et au lycée de 182 heures.
Ces résultats sont préoccupants et impliquent d’engager des réformes d’ampleur pour inverser la tendance de ces dernières années
et ramener la France vers le modèle qu’elle doit incarner.
Quelles sont les orientations de la réforme ?
La refonte du système éducatif passe par un recentrage de l’école sur les apprentissages fondamentaux. Ainsi la maîtrise de la
langue et des principes essentiels du calcul et des mathématiques sont les conditions nécessaires au bon déroulement d’une scolarité réussie car elles sont les conditions d’acquisition de tous
les autres savoirs que transmet l’école.
La réussite des élèves passe également par une plus grande différenciation des parcours qui permet d’offrir un soutien et
accompagnement personnalisé à ceux qui rencontrent des difficultés.
La refonte du système repose sur l’engagement des enseignants qui sont à l’origine de la réussite des élèves. La rénovation de
leurs conditions de travail et la diversification de leurs missions permettra l’augmentation de leur pouvoir d’achat.
L’autonomie des établissements sera développée afin que ceux-ci disposent de leviers plus importants pour mieux adapter l’offre
aux besoins.
Quelles sont les premières décisions adoptées et les pistes d’amélioration retenues ?
Parmi les réformes déjà engagées et qui se rattachent aux objectifs de révision de la politique d’enseignement scolaire, peuvent
être cités :
- l’assouplissement de la carte scolaire et l’adoption de critères clairs et équitables dans
l’attribution des dérogations offrent une liberté nouvelle aux familles tout en favorisant une plus grande mixité sociale au sein des établissements ;
- la refonte de l’enseignement primaire, passe par la réorganisation du temps d’enseignement dans la
semaine et dans l’année : ainsi la suppression des cours du samedi matin à compter de la rentrée 2008 va permettre d’offrir des heures de soutien
personnalisé aux élèves en difficulté ;
- la refonte de l’enseignement primaire passe également par de nouveaux programmes, plus clairs et plus
concis :
- ils sont recentrés davantage sur l’acquisition des connaissances fondamentales ;
- ils renforcent la place du sport et de l’éducation artistique et culturelle au sein de l’école
primaire ;
- corollaire de la liberté pédagogique garantie par ces programmes un nouveau système d’évaluation du
niveau des élèves de CE1 et CM1 en lecture et en écriture sera mise en place à compter de l’année scolaire 2008-2009.
Dans les lycées, la « reconquête du mois de juin » va permettre de rompre avec l’interruption anticipée des cours en raison de
l’organisation des épreuves du baccalauréat. Un dispositif expérimenté dès cette année sera généralisé en 2009.
De nouveaux services seront rendus aux familles :
- le développement d’un service minimum d’accueil dans les écoles primaires en cas de grève ;
- l’accompagnement éducatif (« orphelins de 16 h »), mis en place depuis novembre 2007 dans tous les
collèges de l’éducation prioritaire, sera étendu à l’ensemble des les collèges et des écoles volontaires à la rentrée 2008 avant d’être élargi à toutes les écoles primaires en 2009.
Pour lutter contre les sorties sans qualification, le bac professionnel se préparera désormais en trois ans après la classe de
troisième et sera ainsi rapproché des cursus d’enseignement technique et général et permettra de limiter l’échec en cours de scolarité.
Dans le cadre de la dynamique du Plan espoir banlieues portée par le gouvernement, l’Éducation nationale :
- développe des internats de réussite éducative ;
- met en place une banque de stage destinée à mettre en relation les élèves des quartiers défavorisés
avec les entreprises
- garantit aux meilleurs élèves de tous ces lycées un accès aux classes préparatoires aux grandes
écoles.
Cette modernisation du système éducatif sera prolongée :
- dans le prolongement du livre vert de la commission Pochard, le ministère de l’Éducation nationale
entreprend la rédaction d’un livre blanc de la condition enseignante pour adapter le métier d’enseignant (recrutement, formation, emploi, rémunération, carrières) aux temps présents ;
- une réflexion sur l’offre éducative au lycée et l’équilibre entre les différentes filières est en
cours ;
- une réflexion sur le mode de formation des maîtres, conformément aux orientations de la lettre de
mission du ministre de l’Éducation nationale.
Quels sont les avantages attendus ?
L’ensemble des réformes engagées et des réflexions en cours sont de nature à améliorer les performances du système éducatif, à
diminuer les inégalités, à revaloriser la condition enseignante, à autoriser des gains de productivité, tout en affirmant les ambitions de la Nation pour son école.
Quel est le calendrier de mise en oeuvre ?
Les travaux de la révision générale des politiques publiques se poursuivent jusqu’au prochain Conseil de modernisation des
politiques publiques, prévu en mai 2008.
On peut se demander ce que vient faire ce catalogue de mesures dans un document concernant la RGPP ? Ce texte ressemble davantage à un dossier de presse destiné à justifier une
réforme mal comprise. A ce titre, il ne se distingue pas de la façon dont ont toujours procédé tous les ministres, de gauche comme de droite. Il reprend un ensemble de mesures qui, on le sait,
passent bien dans l'opinion. Or, une série de mesures n'a jamais constitué une réforme de l'Etat...
Mais ne manque-t-il pas quelque chose dans ce catalogue ? A y regarder de plus près, on ne voit rien qui fasse allusion aux suppressions de postes. Simple oubli
? Ou volonté de ne pas effrayer les usagers de l'école ?
Bizarre, quand on sait que le seul et unique objectif de la RGPP est de répondre aux exigences de Bruxelles à quelques mois de la présidence française de l'Union Européenne. Et
pour atteindre cet objectif, le moyen le plus efficace trouvé par le gouvernement consiste à réduire le nombre de fonctionnaires d'Etat (9 500 policiers et gendarmes dans la
Sécurité Publique et 12 000 agents dans l'Education nationale).
Pendant ce temps, aucune réflexion n'est menée sur les conséquences de la décentralisation. Rappelons l'augmentation des dépenses des collectivités territoriales : 6,5 % en 2006 et encore 6,9 %
en 2007. Les dépenses des collectivités atteignent 209 milliards d'euros contre 270 milliards pour l'Etat...
Chaque année, le nombre de fonctionnaires territoriaux augmente et l'on sait bien que les dérives sont là. Mais il semble plus facile de tailler dans la fonction publique d'Etat que de s'attaquer
aux baronnies locales...
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Il est malheureusement évident qu'au moment où on essaie de se rapprocher des critères de Bruxelles (faut bien montrer l'exemple, tout de même...), on ne va pas distribuer des subsides à des directeurs qui, bon gré, mal gré, ont toujours fait en sorte que l'école tourne le moins mal possible...
Ils patienteront bien encore quelques années...
Article austère, diront certains. Article hors sujet par rapport à l'objet de ce site, diront d'autres.
Moi je dis article doublement intéressant.
D'abord parce qu'il permet une vraie réflexion sur ce qu'est la politique libérale du pouvoir en place.
Ensuite pour sa qualité pédagogique. Je m'explique. En 2006, quand mon syndicat a signé le protocole, on ne parlait pas encore de RGPP mais les finances étaient déjà au plus mal et il n'était pas facile du tout de grapiller des augmentations de salaire ou autres avancées. On a tout reproché au protocole et raillé le "peu" obtenu.
J'espère que les collègues vont prendre la peine de lire cet article car ils comprendront dans quelles conditions les syndicats doivent se battre pour "arracher"quelque chose aujourd'hui.
Finalement, je pense que ce genre d'article est de nature à inciter les collègues à plus de compréhension et pourquoi pas, on peut l'espérer, à se resyndicaliser.
Une nouvelle fois, votre analyse est très pertinente. Elle permet de mieux décrypter la RGPP, et son objectif réel : affaiblir l'Etat dans la logique de l'Europe de Bruxelles, relais en Europe de la mondialisation débridée à la sauce FMI-OMC.
Un éclairage intéressant sur la RGPP, à diffuser largement parce que les médias ne feront pas le travail :
http://www.levraidebat.com/article-18004673.html
Alexis
Les lycées manifestent contre les suppressions de postes. L'Education nationale sera-t-elle moins touchée que les autres?
Pour faire des économies, il faut s'attaquer aux sujets sensibles, car il n'existe pas de réduction de dépenses faciles à faire. Nous ne parviendrons pas à tenir la règle d'un non-remplacement sur deux si l'Education nationale n'y contribue pas. Il peut y avoir d'éventuels ajustements en fonction des ministères, qui seront arbitrés avant l'été pour l'élaboration du budget. Mais l'Education nationale va devoir poursuivre les efforts à la rentrée 2009.
Pour gagner plus, restera les stages de remise à niveau... et nos yeux pour pleurer.
"
Est -ce un métier?
la France. "La
direction d'école est devenue aujourd'hui un métier, ce qui n'était pas le
cas auparavant. Elle représente une plus forte spécificité et des missions
plus complexes. Nous nous considérons aujourd'hui comme des personnels de
direction et nous voulons le faire reconnaître par une reconnaissance
statutaire. Nous sommes le seul corps en France à être en position de
direction sans en avoir le statut. L'absence de statut pose un problème
de reconnaissance par les tiers, un problème identitaire pour nous et crée un
malaise très fortement présent au sein des directeurs d'école. Tous les
problèmes quotidiens que nous connaissons et que nous ne pouvons pas gérer
faute de pouvoir sont liés à cette absence de statut."
Le Ministère de l'Éducation nationale ne reconnaît pas la fonction de directeur d'école comme un statut, mais comme une série de responsabilités, d'obligations et de compétences à l'égard des élèves, des personnels, des parents d'élèves et des partenaires de l'école.
Avec l'accroissement des missions qui leur sont confiées, notamment sur le plan administratif (réponse à des enquêtes, circulaires diverses), sur le plan de la réussite éducative, mais aussi de la santé des élèves ou de l'animation du projet d'école, les directeurs se sentent aujourd'hui submergés de travail, voire dépassés.
Ils constatent en tout cas, que leur fonction a évolué depuis 10 ou 15 ans.
-«Je suis directeur depuis 1993 et j'ai vu une évolution importante de notre fonction et de notre position par rapport à l'Inspection académique, aux élèves, aux parents et aux élus» explique Guy Rossignol, directeur du groupe scolaire Paul Frantz, à Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, et président de l'ASL de ce département.
Pour Pascal Degasne, directeur de l'école Lucien Cingal à Moult, près de Caen, la fonction de directeur a évolué ces dernières années, essentiellement en raison de deux facteurs:
les emplois extérieurs à l' école et la prise en charge des difficultés scolaires.
"En plus des ATSEM et des personnels de service, le directeur d'école doit gérer des emplois à caractère semi-privé (AVSI, CAV, CEV) qui relèvent de sa responsabilité.
La prise en charge des difficultés scolaires implique, de son côté, le dépistage, l'animation des PPRE, et le contact avec les réseaux ou la médecine scolaire. Comment gérer les différents stades de la difficulté scolaire qui vont de l'évaluation au bilan avec les 18 heures officielles de concertation?" fait-il remarquer.
Enfin, il faut y ajouter les relations avec les familles, qui sont aujourd'hui très exigeantes.
«Le rôle de la direction est souvent d'être, à l'occasion, le tampon entre les collègues et les familles, ce qui nous oblige à intervenir assez souvent pour calmer les choses et ramener tout le monde à la raison. C'est un important rôle de médiation et de vigilance» précise-t -il.
Un animateur présent sur tous les fronts.
Le directeur doit aujourd'hui faire le lien entre tous les acteurs et les usagers de l'école. «La partie relationnelle a énormément évolué» constate Guy Rossignol. «Je passe l'essentiel de mon temps, soit dans des réunions de partenariat (PPRE, 9 à 10 demi- journées l'année dernière), soit dans des réunions avec les parents (60 équipes éducatives par an pour les enfants en difficulté), auxquelles il faut ajouter la coordination et les comptes rendus. Il y a 10 ans, je ne connaissais pas cela! Sans parler de toutes les relations conflictuelles à gérer au sein de l'équipe d'enseignants, ou de l'école (ATSEM).»
Le directeur est en effet, avant tout, un animateur, qui doit faire en sorte que le projet d'école vive, même s'il y a parfois des tensions. "A 8 h 20, je ne sais pas de quoi ma journée sera faite !
Ce matin, j'avais dans mon bureau quatre ATSEM furieuse et menaçant de se mettre en grève parce qu'il n'y avait pas de chauffage dans les classes.
Il m'a fallu entendre les unes, rassurer les autres, remettre tout le monde au travail.
Faire face à l'imprévu c'est un métier."
Pour Pascal Degasne aussi, le directeur ne joue que sur la diplomatie et en fonction de la place qu'il se donne. Le directeur doit s'imposer par son charisme, son autorité, ses compétences, sans en avoir de statut qui permettrait à tous, acteurs et usagers de l'école, de le reconnaître en tant que tel.
C'est en tout cas le sens de la demande d'Alain Rei, directeur d'école dans la région marseillaise, et président de GDiD, une association créée en 1999 à l'initiative d'un groupe de directeurs marseillais soucieux de faire partager leurs pratiques et qui compte aujourd'hui 2000 adhérents dans toute
Pourquoi pas, répondent Guy Rossignol et Pascal Degasne, à condition que ce statut ne soit pas hiérarchique, car cela pourrait être nuisible à l'harmonie qui règne dans les écoles ....
« le directeur doit rester un animateur d'équipe » estime Guy Rossignol. Même son de cloche Pascal Degasne, qui considère que «le statut donnerait une forme d'autorité, qui serait respectée par tous (on aurait bien sûr souhaité s'en dispenser ). 0n sera obligés d'y passer dans la mesure où nous sommes régulièrement considérés comme co-responsables de ce qu'entreprennent nos collègues, ou de la gestion de tout intervenant extérieur, sans cependant être leur employeur. Ce statut, les partenaires de l'école (municipalités, parents...) nous le donnent implicitement en réclamant, à tort, que nous puissions prendre des décisions autoritaires parfois. »
Autoritaire le Directeur ?
le directeur est une clé de voûte
Le directeur est aujourd'hui une clé de voûte au milieu d'un ensemble de partenaires de l'école: la mairie, avec des maires de plus en plus attentifs à la sécurité et à l'application des lois; les parents, qui sont plus attentifs en raison de la pression exercée par la société sur la réussite scolaire; l'inspection académique qui cherche à être performante et nous demande de répondre à des enquêtes ou nous confie des missions complémentaires, comme l'accueil des enfants en difficulté, des enfants handicapés ou la réussite de 100 % des enfants; les élèves, plus difficiles, informés et formés à la prise de parole et àl' esprit critique; les collègues, qui attendent beaucoup de choses d'un directeur d'école. Et enfin les associations, les centres sociaux, la crèche, le collège...
Témoignage Guy Rossignol
Directeur du groupe scolaire Paul Frantz à Saint. Genis-Laval, président de l'ASL 69"
Un statut ! juste un statut !
Dans l'article posté par Henri, je relève d'ailleurs des incohérences qui dénotent une gêne vis à vis de ce statut. Alors comment pourrions-nous être crédibles auprès de quelque gouvernement que ce soit ?
Je lis :
Nous sommes le seul corps en France à être en position de direction sans en avoir le statut. L'absence de statut pose un problème de reconnaissance par les tiers, un problème identitaire pour nous et crée un malaise très fortement présent au sein des directeurs d'école. Tous les problèmes quotidiens que nous connaissons et que nous ne pouvons pas gérer faute de pouvoir sont liés à cette absence de statut."
Pourquoi pas, répondent Guy Rossignol et Pascal Degasne, à condition que ce statut ne soit pas hiérarchique, car cela pourrait être nuisible à l'harmonie qui règne dans les écoles ....
A peine prononcé le mot "statut" qu"on s'évertue immédiatement à y mettre un bémol. Mais en quoi un statut pourrait "être nuisible à l'harmonie..." ?
Et parlons-en de cette fameuse harmonie ! Combien d'écoles où elle n'existe pas justement parce que le directeur n'a pas les moyens de se faire reconnaître comme un supérieur et qu'il se trouve donc contesté même dans les prérogatives qui relèvent de son autorité.
Combien d'écoles où les adjoints prolongent les récrés, ne respectent pas les horaires, bâclent leurs services de cour, rechignent parfois même à assister aux réunions obligatoires... parce que le directeur n'a pas autorité sur eux !
Et plus loin encore, je suis ébahie de lire ceci :
« le directeur doit rester un animateur d'équipe » estime Guy Rossignol. Même son de cloche Pascal Degasne, qui considère que «le statut donnerait une forme d'autorité, qui serait respectée par tous (on aurait bien sûr souhaité s'en dispenser ).
Ce n'est pas avec de tels arguments qu'on peut espérer convaincre les pouvoirs publics de la nécessité d'un statut ! Mais se rendent-ils compte ces collègues de ce qu'ils disent ?
C'est affligeant !
Le train de mesures dites « de modernisation des politiques publiques » annoncées aujourd’hui s’apparente plus à un inventaire sans vision qu’à une véritable réforme.
La CFDT est favorable à une démarche de révision des politiques publiques. Cependant une réforme d’ampleur ne pourra s’effectuer sans impliquer les agents, l’encadrement, les organisations syndicales, qui par leur pratique au quotidien, connaissent bien les fonctionnements des administrations.
Les pays qui ont réussi la réforme de leurs politiques publiques sont ceux qui ont explicité, par le débat public et par le consensus, le rôle de l’Etat, son périmètre et ses missions.
Avec la RGPP, l’exécutif fait au contraire, le choix d’une réforme en catimini. De plus, en dehors de l’aspect comptable, les enjeux ne sont pas clairement identifiés et débattus avec la représentation nationale et les corps constitués.
Le gouvernement persiste, aujourd’hui, dans le slogan politique de « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux », alors même que le Livre blanc sur les valeurs et missions des services publics et de la Fonction publique n’a pas été remis. Cette « démarche à l’envers » produira, dans les jours qui viennent et au gré des annonces de suppressions de postes, des mouvements de contestation légitime d’agents des services publics.
Pour être opérationnelle et socialement acceptable la réforme de l’Etat réclamera, au moins pendant ses dix premières années, des financements supplémentaires. Dans l’état actuel de dégradation des finances publiques, cela risque fort d’être au prix d’économies sur les budgets sociaux (logement, exclusion, emploi, formation). Avec le paquet fiscal de l’été 2007, le gouvernement s’est privé de marges de manoeuvres qui auraient été ici plus utiles et plus justes.
«le statut donnerait une forme d'autorité, qui serait respectée par tous (on aurait bien sûr souhaité s'en dispenser ). 0n sera obligés d'y passer dans la mesure où...
Quelle conviction chez ce collègue !!! Il y va à reculons... Avec beaucoup de regrets... Et c'est comme ça qu'il compte y parvenir ? Un "demi dissident" du SNUipp ? On n'a pas gagné avec de tels militants du statut...
Oui, Delphine, c'est affligeant.