Mercredi 27 février 2008
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Suite à la publication par Xavier Darcos des nouveaux programmes de l'école primaire, les réactions ont été nombreuses, d'autant que comme l'a dit le ministre, la France
compte 60 millions de personnes qui ont un avis sur l'école.
Les syndicats enseignants ont déploré de n'avoir pas été associés à la rédaction de ces programmes. L'opinion publique se réjouit d'un retour aux "fondamentaux". Les enseignants,
perplexes, attendent des éclaircissements.
Nous reproduisons, ci-après, la réaction de Catherine Kintzler, professeur de philosophie à l'université de Lille III, essyaiste et auteur de
nombreux ouvrages notamment sur la laïcité. Ce texte a été publié sur Marianne.fr
Les mesures proposées par le ministre pour refaire de l'école une école et non plus un «lieu de vie» vont dans le bon sens. Se pose
désormais la question des moyens à mettre en oeuvre et de la cohérence de la réforme avec les propositions pleines d'affect du président...
On se lève quand le professeur entre en classe, on sait chanter La Marseillaise, on connaît la devise de la République.... Mais commençons par le
commencement. L'école maternelle a pour finalité «d'aider chaque enfant à devenir autonome en s'appropriant des connaissances qui le prépareront à la maîtrise de la lecture, de l'écriture et
du calcul». Bien sûr l'enfant y établit des relations avec autrui, mais «l'objectif essentiel [y] est l'acquisition d'un langage oral riche, organisé et compréhensible par l'autre».
A cet effet «l'enseignant veille à offrir constamment à ses jeunes élèves un langage dont toute approximation est bannie ; c'est parce que les enfants entendent des phrases correctement
construites et un vocabulaire précis qu'ils progressent dans leur propre maîtrise de l'oral». Et c'est précisément parce que le maître, en respectant la langue et la construction d'un savoir
émancipateur, respecte et déploie en l'enfant la liberté humaine et l'aide à devenir élève, c'est-à-dire à s'élever, qu'il imposera et obtiendra le respect : aussi, on se lève quand le professeur
entre en classe...
Ainsi les éléments, objets de l'école élémentaire, sont placés en condition de possibilité de l'émancipation. De façon pratique et sans effets de
manche prétentieux, on rappelle que l'instruction, qui suppose l'acquisition des disciplines, est aussi en elle-même une éducation. Et c'est pourquoi, fort logiquement, on ne jugera pas les
professeurs sur leurs méthodes mais, rompant avec l'ordre moral pédagogiste qui érige une norme a priori et indifférente au contenu, on les appréciera sur les résultats des
élèves.
Des mesures de bon sens... impossibles à appliquer
Les quelques citations qui précèdent ne sont pas extraites d'un texte signé par les ci-devant ministres de l'Education nationale Chevènement, en
1985 ou Bayrou en 1994, mais du projet de programmes pour l'école maternelle et primaire présenté le 20 février par Xavier Darcos. Lisibles par tous comme le voulait le ministre, ces programmes
sont écrits dans une langue bannissant non seulement l'ambiguïté, mais aussi le jargon qui inonde la littérature officielle de l'Education nationale depuis bientôt trente ans et que bien des
maîtres, en quittant l'IUFM, s'efforcent de désapprendre pour pouvoir faire classe. Est soulignée en chaque point, de la maternelle au CM2, la profonde liberté qui suit en toutes choses de
l'ordre raisonné accessible à tous. L'ordre raisonné éduque parce qu'il ne se replie jamais sur l'intime, sur le proche. Son mouvement consiste à élargir l'horizon non par une vaine curiosité,
mais par une maîtrise qui va du connu vers l'inconnu, du familier vers l'étrange - en commençant par la langue qu'on sortira bien vite de sa maternité.
Tout en se régalant à la lecture de ce texte, on se demande comment Xavier Darcos s'accommode de la proximité affective brandie par le président
de la République pour imposer un très particulier «devoir de mémoire» aux écoliers de CM2. On se demande comment il réussira à installer ces mesures de bon sens en diminuant le volume
horaire des cours, en marginalisant le temps scolaire à 4 jours hebdomadaires, et à moyens constants... On souhaite enfin qu'il prolonge son sillon dans le terrain autrement difficile du collège
et du lycée.
L'aberration d'une école « lieu de vie »
Aujourd'hui, devant ces réaffirmations de l'élargissement raisonné qui sous-tend toute école et toute culture républicaines, quelque chose a
bougé dans l'opinion. Il n'y a plus guère que Ségolène Royal pour s'indigner et s'effaroucher, avec quelques Diafoirus de la pédagogie «moderne», devant ce qu'elle appelle de
«vieilles recettes» (dont ne font sûrement pas partie les internats militarisés qu'elle prônait). On se souvient pourtant que, devant les mêmes intentions, il était naguère du devoir de
tout progressiste de crier à la ringardise et à la mise au pas ; il était de bon ton de dénoncer l'arrogance française drapée dans trois couleurs qui devaient devenir honteuses et ternes au point
d'être sifflées sur un terrain de football en présence d'un premier ministre impassible. C'est que les temps ont changé et que les «incivilités», non seulement se sont répandues hors des
tribunes de supporters, mais ont été rapportées à leur racine, laquelle consiste précisément à exalter en chacun les «racines» dans ce qu'elles ont de plus étroit et à l'y crucifier en
lui déniant tout rapport à l'universel humain : ce que l'école a hélas réussi à faire ces trente dernières années en devenant « lieu de vie ».
Un double paradoxe
1- Nicolas Sarkozy, par des déclarations provocatrices dans lesquelles il persiste, s'acharne à ruiner la laïcité politico-juridique, ressoudant de ce fait
miraculeusement un camp laïque hier profondément divisé et miné de l'intérieur par une «laïcité nouvelle», pas tellement éloignée de la «laïcité positive» avancée par l'Elysée.
En revanche, son ministre de l'Education nationale, renouant avec une conception rationnelle du rapport entre savoirs et liberté, pose de nouveau un jalon majeur qui soutient la laïcité de
l'école républicaine. Celle-ci, en effet, ne se réduit pas à des règles symboliques que la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux a opportunément prescrites. Elle reste vide si elle ne
s'articule pas sur une construction de la liberté par le détour encyclopédique et les humanités, lesquels supposent la mise à l'écart des certitudes toutes faites - et donc la distinction non
seulement du cultuel et du culturel, mais aussi celle du culturel et de la culture. Elle est bafouée si chacun, invité à rester ce qu'il est par une « culture de proximité », reste prisonnier
d'une fausse liberté.
2- En face et inversement, une certaine «gauche», profitant de l'aubaine que lui offre le président de la République, refait l'unité pour défendre la
laïcité politico-juridique menacée. Mais, s'agissant de la laïcité scolaire, elle continue à se crisper sur une conception qui, sous prétexte d'accueillir les enfants «tels qu'ils sont»,
fige cet état en essence intouchable, s'interdit de les promouvoir en élèves, négocie avec eux toute forme de discipline, installe le brouhaha comme une forme d'expression et organise
l'anesthésie générale en les laissant passer automatiquement dans la classe supérieure.
Ce paradoxe croisé montre que l'unification du discours laïque et républicain ne peut pas s'effectuer sur un replâtrage politicien : la
«vieille recette» consistant à soutenir tout ce que «l'ennemi» attaque et à attaquer tout ce qu'il soutient ne sert ici qu'à évacuer les principes et à faire obstacle à la
pensée.
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Faudra vraiment qu'on nous explique ce qui doit être réduit et qu'on le dise clairement.
http://www.mezetulle.net/
Un grand bol d'air pour aérer ses neurones !
"Le gouvernement a entrepris une marche arrière, annonçant d'abord une "mission pédagogique" confiée à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la maison des enfants d'Izieu, puis en évoquant la possibilité d'un parrainage par classe, avant finalement d'aboutir à un projet pédagogique.
Le souhait de Nicolas Sarkozy que tous les élèves de CM2 se voient "confier la mémoire" d'un enfant mort durant la Shoah a été abandonné.
"Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs" enseignant la Shoah depuis 2002 en primaire, a insisté Simone Veil".
Encore une idée qui n'avait fait l'objet d'aucune réflexion préalable...
On ne peut accepter vos propos sans réagir Ewen. Qu'on soit de droite ou de gauche, on ne peut que faire le constat d'échec de l'école depuis des dizaines d'années.
Echec qui ne fait que s'accroître. Les différentes enquêtes internationales nous l'ont assez montré ces derniers mois. Il est évident que l'école n'assure plus son rôle d'ascenseur social. Les premiers à en être victimes, ce sont d'abord les enfants des classes sociales les plus défavorisées. Et cela est franchement scandaleux.
Revenir aux "vieilles recettes", c'est avant tout donner les bases les plus élémentaires à ces enfants. Les "fondamentaux", si vous souhaitez utiliser un autre mot à la mode. Moi, ce mot ne me choque pas. Ni ce qu'il recouvre. La grammaire, il ne faut pas la réserver aux élites. Or avec les méthodes floues telles qu'on nous les impose depuis des années et des ministres, c'est ce que nous faisons, hélas.
Quant à vos propos sur le "nationalisme", le "salut au chef", je ne vois pas ce qu'ils viennent faire dans ce débat.
Anne-Marie
Je ne trouve pas ces programmes poussiéreux, je leur trouve bien sûr des défauts (trop lourds en grammaire, trop d'importance au calcul posé...) mais je me sens plus à l'aise avec eux qu'avec ceux de 2002 .
Donc critiquons, mais ne rejettons pas par réflexe d'arrière garde
L'échec - mais encore faudrait -il évaluer, analyser, dire et écouter pour le cerner et le compendre - devrait justifier un retour en arrière ? Quelle est cette société qui accepterait le passé et sa basique instruction comme recours alors que le monde a considérablement bougé depuis quelques décennies et continue de se transformer ?
Ce n'est pas la mienne, ce n'est pas celle de mes élèves ni de leurs parents, ce ne peut être celle du progrès et de la réflexion car on supposerait alors progrès et réflexion et non retour en arrière.
Ce que mes élèves de milieu 'populaire', mon milieu 'populaire' , réclament, Eric, c'est la capacité à parler, à exprimer leur pensée, à écrire correctement dans toutes les dimensions, de la poésie, des contes ou des journaux. Et pour cela la grammaire n'est pas une solution. Les exercices d'application ne remplaceront jamais la capacité à produire un petit texte cohérent et achevé. Effectivement, il serait temps de ne pas balancer les bonnes expériences en revivant le passé. Ce serait aussi un meilleur respect de notre travail. Il est entièrement faux de faire le seul constat de l'échec quand on ne connait même pas la manière de travailler des collègues de l'école d'à côté, voire même de nos collègues du même couloir car il existe de supers réussites. Les voit -on ? Les valorise - t -on ?
Il y a bien une cohérence dans ce retour aux recettes de grand - mère : les élèves de milieu populaire devront - ils devenir des petits entonnoirs pour 'élargir leur horizon' ?
Cette cohérence de circonstance, née dans un contexte politique très particulier, va produire une incohérence totale car on ne peut exiger une évolution en se trompant de termes : les fondamentaux, il faudrait effectivement les définir.
Un peu de réalisme : la lecture de Kintzler en dit aussi long que ses références.
Stephan et Ewen, inutile de vous chamailler sur les programmes. Tout cela n'est qu'une aimable farce visant, une fois de plus, à créer une diversion.
Comme le dit très justement la direction du SNUipp, pendant ce temps on ne parle pas des suppressions de postes qui se préparent pour... après les municipales.
Est-il bien sérieux de parler de "nouveaux programmes" ? Va-t-on encore nous présenter ces textes comme la panacée qui va régler tous les problèmes ?
Voici ce qu'en dit le SNUipp :
Le SNUipp tient à réaffirmer que les enseignants des écoles n’ont renoncé à enseigner ni l’ Education civique, ni le vocabulaire, ni l’orthographe, ni la grammaire ou le calcul. Laisser croire le contraire est méprisant pour les enseignants. Qui peut croire que l’abandon des programmes de 2002 remplacés par un fascicule de 24 pages permette de rendre plus aisé l’apprentissage de la lecture ou des mathématiques, des sciences ou de l’histoire ? Certes les programmes doivent être lisibles par tous, mais ce travail de réécriture doit-il être concocté dans le plus grand secret ?
Comme chacun le sait, les syndicats n'ont été associés ni à la réflexion ni à la rédaction de ces textes.
"Les contenus d’enseignement de l’école primaire constituent un enjeu décisif. Leur évolution nécessite de faire confiance aux enseignants, de s’appuyer sur leur travail et leur expérience professionnelle même s’il appartient bien à la nation de fixer les exigences de l’école".
Moins d’heures d’enseignement, plus de sport, une « introduction à l’histoire de l’art », un soi-disant recentrage en français et en calcul (lire : on essaiera d’épargner à ces deux matières le « resserrement horaire » qui affectera les matières restantes : sciences, histoire-géographie, pratiques artistiques) et on voudrait nous faire croire que ceci va aider les élèves !
De qui se moque-t-on ? Comment ne pas comprendre que ce resserrement augmentera encore l’avantage des élèves dont les parents peuvent compenser par des cours particuliers cette réduction ?
"Voici ce qu'en dit le SNUipp.........."
Dis ! Dédel ! aurais-tu avalé un perroquet par hasard ? Es-tu capable de raisonner tout seul sans nous assener en permanence la langue de bois du syndicat ?
Penser seul est parfois une marque de lucidité et surtout d'honnêteté !
Les syndicats ne disent rien et on les accuse de ne pas défendre leurs mandants. Ils se font entendre et on leur refuse le droit à la parole. Reconnais qu'il y a quelque chose qui cloche...
J'attends un jour de ta part, l'embryon de l'esquisse de l'ébauche d'un minimum de discernement, chose que je n'attends bien entendu plus (à ton grand dam certainement !) du syndicat !
Je pense qu'on a un ministre très disponible auprès de son grand chef pour apporter une réponse très politique à des problèmes de fond à l'école et que cette réponse trouve quelques échos au sein des extrêmes, ceux qui privilégient l'idéologie avant les élèves, ceux qui confondent communautarisme avec diversité, ceux qui aimeraient le retour des blouses grises et autre chose encore, les cousins éloignés de ceux qui ont préparé les élèves à la boucherie de 14 18.
Rien à voir avec les vrais problèmes des élèves pour lesquels la richesse des programmes n'est pas un handicap, l'apprentissage réel de la langue -et non son étude - non plus mais combien de textes et leurs contradictions depuis trente ans ?
Une instruction basique, simpliste et datant des années cinquante remplaceraient la réflexion, le dialogue et les décisions intelligentes ? Aucun citoyen ne le croit ,Stephan, pourquoi nous sort - on ainsi de tels programmes d'un chapeau de magicien ? Il faut relire les rapports récents pour continuer à s'interroger.
Quant aux fameux 15 % d'élèves en grande difficulté, il suffit de penser à tous ceux qu'on a eu dans nos classes. J'ai du effectivement en envoyer assez régulièrement entre 10 et 15 % qui avaient plus de dificultés au collège chaque année mais quels étaient leurs problèmes ? De ceux que l'on comprend mieux quand on ouvre les yeux et les oreilles, de ceux qui nécessitent des réponses sociales, médicales, psychologiques. Si l'école devait redevenir un lieu refermé sur de l'instruction , on multiplierait tout simplement la violence par deux alors qu'on a déjà du mal à comprendre.
D'autre part quels liens avec le collège pour progresser ?
Quelques réunions ridicules et parfois, l'exception grâce à un principal ouvert et connaissant le premier degré, je découvre chaque année des profs de collège avec une opinion différente sur les besoins des élèves et...les programmes!
Il y aurait tant de choses à faire avec de la volonté, du dialogue et de l'intelligence. Pour cette dernière, les école en sont pleines chez les enseignants comme chez les élèves, quant à la volonté elle est remplacée par de l'opportunisme et le dialogue, on ne le connait que sur les blogs dont celui - ci.
Ewen, il est vain de nier les dégats qu'ont pu commettre les vagues de réformes successives que nous connaissons depuis des decennies. Les résultats sont de moins en moins bons. Il suffit de relire les enquêtes PISA et PIRLS (elles ont été présentées sur ce site, il me semble). Elles montrent que la situation ne fait que se dégrader.
Le niveau est si médiocre en lecture qu'il compromet gravement les chances de nos élèves et pas seulement des enfants d'immigrés. La maîtrise de la langue est un des principaux moyens d'appartenance à un groupe culturel. Et ça passe par la richesse du vocabulaire, l'usage de la grammaire...
Récemment encore, le HCE a fait état des piètres résultats du primaire.
Selon lui, "25 % des élèves ont des acquis fragiles" qui les condamnent à "une scolarité difficile au collège et une poursuite d'études incertaine au delà", et "15% connaissent des difficultés sévères ou très sévères", lacunes qui "rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire de collège qu'une formation qualifiante". Partant de là, les neuf sages constatent que "l'école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés repérées au début de la scolarité obligatoire".
Faut-il fermer les yeux ? Continuer comme si tout allait pour le mieux ? Même Meirieu reconnaît qu'on "est peut-être allé un peu loin" dans le changement de pédagogies...
Anne-Marie
Nous sommes bien d'accord sur des dégats occasionnés par des réformes successives (ref : combien de textes et leurs contradictions depuis trente ans ?).
Nous sommes également d'accord sur la maitrise du langage (ref : Ce que mes élèves de milieu 'populaire' réclament, c'est la capacité à parler, à exprimer leur pensée, à écrire correctement dans toutes les dimensions, de la poésie, des contes ou des journaux...)
Nous ne sommes pas d'accord sur la méthode, effectivement mais s'il s'agit bien de permettre aux élèves de parler avec discernement et richesse lexicale, d'écrire correctement dans diverses situations, alors apprenons aux élèves à dire et à écrire. La grammaire n'est qu'une aide aux effets très peu efficaces pour beaucoup d'energie dépensée ( repérer les pronoms COD pour un seul gain orthographique limité par ex.) Elle a sa place mais ne pourra jamais remplacer des travaux d'écriture diversifiés, répétés et suivis. De quel temps les élèves pourront-ils disposer pour une misérable rédaction dans les futurs programmes? Une farce qu'on aimerait très passagère. Je crains malheureusement que ce hoquet dans la suite des textes de programmes ne soit suivi d'un autre hoquet sans plus de réflexion après les prochaines échéances électorales.
Quel lexique peut être raisonnablement mémorisé s'il est entièrement décallé des projets et de la production régulière d'écrits ?
Quelle est l'utilité d'apprendre la totalité du passé simple ?
A quoi ça sert si on veut qu'ils sachent écrire et parler ?
Quelle est l'utilité de passer du temps à mémoriser des mécanismes opératoires quand on pourrait faire des mathématiques ?
Ce qu'il me parait donc souhaitable c'est de ne plus imposer des réformes sans réflexion, incohérences et contradictions.
Ce qu'il me parait souhaitable c'est de permettre du lien, une synergie entre la recherche et le 'terrain', c'est aussi écouter et voir ce qui se passe ici et là car il est dommage de voir tout en noir, il existe beaucoup de choses intéressantes, de gens très impliqués et capables d'obtenir de bons résultats tout en rendant des gosses heureux, des directeurs d'écoles qui font avec leurs petits moyens avancer des équipes qui obtiennent de très bons résultats ( On oublie de dire les énormes différences de résultats entre les écoles et les secteurs ! )
Ce qu'il me parait souhaitable c'est de faire avec intelligence et cohérence.
Ce qui est vain c'est de penser qu'on puisse retrouver de l'efficacité en recherchant les vieilles recettes et en nous faisant le coup du vieux chaudron.
Le président Mitterrand, parlant un jour des tentatives d'enrayer le chômage, avait eu cette formule qui lui a été reprochée : "On a tout essayé". Cette phrase traduisait une certaine désespérance de mauvais aloi pour un Chef d'Etat.
Il y a 2 ou 3 ans, dans "Le Monde", un inspecteur d'académie a sensiblement dit la même chose à propos de l'échec scolaire : "On peut avoir le sentiment que tout ce qu'il était possible de faire est expérimenté".
Et de fait, il serait long et fastidieux de dresser le catalogue des formules qui ont été successivement inventées, maintenues, abandonnées, remises au goût du jour sous d'autres appellations... et tout cela sans que l'on parvienne à faire baisser l'échec scolaire.
Il semble même que les dispositifs les plus récents (heures de soutien, classes dédoublées, aides au travail personnel, tutorat, parrainage, classes relais...) n'aient pas apporté d'amélioration notable.
Pas mieux d'ailleurs pour les nombreuses circulaires qui, depuis quinze ans, encouragent le travail en équipe, la pédagogie différenciée, l'individualisation,...
Bref, il faut se poser la question de savoir si l'abandon des méthodes pédagogiques "à l'ancienne" n'est pas tout simplement la cause de cet effroyable échec et du recul de notre service d'éducation sur la scène mondiale.
Alors, au point où en est arrivé notre système éducatif, ne faut-il pas tenter une "expérimentation" nouvelle en revenant aux "vieilles recettes" ?
Anne-Marie
Olivier
D'accord avec Stephan sur la liberté laissée aux professionnels pour atteindre des objectifs en fin de parcours. Il manque cependant le travail en équipe, les projets réels et liés aux problèmes repérés, des directeurs qui peuvent faire leur travail et une formation très continue, une bonne synergie serait aussi utile Ce n'est pas rien.
Sur la grammaire, désaccord complet, désolé Stéphan mais autour de moi beaucoup de musiciens jouent avec force et qualité sans avoir appris le solfège. C'est le cas aussi ailleurs et beaucoup sont renommés en jazz, en musique traditionnelle ...Personne ne conteste le besoin d'une grammaire structurante sur le long terme. Ce qu'il faut dénoncer c'est sa nécessité pour apprendre à écrire et à parler pour s'exprimer dans les différentes situations que la vie impose. Ma connaissance des grammaires allemandes et bretonnes demanderait une sérieuse mise à niveau et pourtant je peux communiquer oralement et à l'écrit de manière assez claire. Si on vise l'excellence et le style, on n'oublie pas de donner les bases utiles- mais encore faudrait -il bien définir lesdites bases - seulement j'ai cru comprendre qu'on voulait remonter le niveau des élèves de collège. L'orientation des textes a, à un moment donné, permis d'aller vers un travail diversifié et riche en production écrite mais il aurait fallu former les enseignants, expliquer, ne pas arrêter peu de temps après en empêchant sa réalisation effective par de nouveaux horaires en litterature de jeunesse et en reliant la construction de textes aux disciplines ( le comble de l'inefficacité). Les voilà les soubresauts des réformes successives et des changements incohérents.
Les orientations actuelles se font dans le plus grand 'désordre' ( pas de concertation, évaluation inexistante sur le fond..)en imposant un ordre tout à fait inefficcace.
Complètement d'accord avec le besoin de devenir élève. Cela ne se décrète pas par de l'instruction mais par la compréhension d'un professeur formé ( psy, com..) aidé par les relais nécessaires ( RASED compétents et complets + médecine solaire). J'aimerais également y ajouter des relais sociaux ainsi qu'un besoin de tisser des liens avec les familles ( rôle très important du directeur ) .
L'école est bien un lieu de vie, d'éducation autant que d'apprentissages. En recréant un lieu fermé detiné à de l'instruction sans donner de sens, on montre notre incompréhension - voir l'excellent boulot des Québécois par ex - et on va à l'encontre de graves ennuis.
L'école est bien un lieu de vie, d'éducation autant que d'apprentissages. En recréant un lieu fermé detiné à de l'instruction sans donner de sens, on montre notre incompréhension - voir l'excellent boulot des Québécois par ex - et on va à l'encontre de graves ennuis.
En effet, le ministre de l'Education du Québec vient de décider de faire comme chez nous : revenir aux bonnes "vieilles recettes" qui ont fait leurs preuves...
Voilà un extrait d'article paru dans la presse québecquoise le 6 février dernier. Tu verras que le discours de nos lointains cousins pourrait être tenu, ici en France...
Les diplômés de cégeps et d'universités incapables d'écrire ne serait-ce qu'un court texte sans faute de français pourraient bien devenir un phénomène en voie d'extinction.
C'est du moins ce que croit la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, convaincue que son plan de valorisation du français à l'école, rendu public mercredi, sonnera le glas de l'écriture au son.
Pour atteindre cet objectif, «le secret, l'élément principal, c'est bien sûr la révision du contenu des programmes et la formation initiale des enseignants», a résumé la ministre, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle elle a annoncé 22 mesures visant à faire de l'apprentissage du français écrit une priorité absolue, tant pour les élèves que pour les enseignants.
Sans le dire ouvertement, Mme Courchesne impose un virage majeur à la réforme de l'éducation, en misant désormais sur les bonnes vieilles méthodes d'apprentissage de connaissances - de l'orthographe, de la syntaxe et de la grammaire, à travers la dictée et la lecture - plutôt que l'acquisition de compétences.
Ainsi, dès la rentrée de septembre prochain, les élèves devront notamment écrire un texte, dictée ou autre, au moins une fois par semaine. De plus, tous les jours, les élèves devront s'adonner à la lecture en classe. Une plage horaire sera réservée exclusivement à cette fin. «Plus on lit, plus on maîtrise l'écriture», a dit la ministre.
Surtout, signe évident que quelque chose clochait dans l'enseignement du français au Québec, le ministère de l'Education procédera à une révision complète de tous les programmes d'enseignement de cette matière, tant au primaire qu'au secondaire.
Implicitement, le ministère reconnaît qu'une trop grande marge de manoeuvre est actuellement laissée aux enseignants et aux écoles. Désormais, le ministère énoncera donc de façon explicite quelles sont les connaissances qui devront être acquises par l'élève avant la fin de chaque année scolaire.
De plus, Québec double le nombre de conseillers pédagogiques en français, qui passera de 150 à 300. On prévoit aussi embaucher 20 bibliothécaires.
Enfin, pour que les élèves maîtrisent mieux le français, leurs enseignants devront nécessairement avoir acquis une formation exemplaire, ce qui n'est pas le cas actuellement, a plaidé Mme Courchesne.
Les enseignants ne doivent pas être «bons» en français, il faut qu'ils soient «excellents» au terme de leurs études, prévient la ministre, en annonçant que les universités devront réviser à la hausse leurs exigences.
Pour s'assurer que les mesures annoncées seront mises en place, la ministre a dit qu'elle dépêchera des équipes de fonctionnaires sur le terrain.
La Fédération des commissions scolaires a accueilli favorablement le plan d'action, de même que la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), tout en le jugeant «incomplet».
Surprenant, n'est-ce pas ?
Martin,
L'excellent boulot des Québécois que j'évoquais concerne l'évaluation et le diagostic de difficultés recensées principalement en orthographe qui n'ont rien à voir avec nos textes 'magiques' .
Le travail de réflexion dure depuis plus de 10 ans , il s'agit de recommandations pour apporter des améliorations et tout est fait pour apporter une aide intelligente aux profs ( plus de bibliothécaires, de conseillers, de livres, de cohérence dans l'aide à l'acte d'écrire...).
voir les extraits du rapport d'experts à ce sujet dont le titre est déjà assez explicite ; mieux soutenir le développement de la compétence à écrire :
On est très loin des constats à l'emporte - pièce et des recettes magiques d'un temps révolu.
La compétence en écriture, c’est beaucoup plus qu’écrire un texte sans faute. Écrire constitue un acte complexe qui met en jeu à la fois des processus cognitifs et des représentations sociales. L’élève doit planifier sa démarche, mettre son texte en forme et le réviser. Il a donc beaucoup d’aspects à gérer en plus de la grammaire.
Comment aider l’élève à mieux écrire? Pour ce faire, il faut l’accompagner et l’aider à construire ses connaissances et, si nécessaire, à ajuster ses représentations. Ce travail de longue haleine se déroule d’abord et avant tout durant les heures d’enseignement du français. Il s’effectue également hors des cours de français, mais toujours à l’école, par l’intervention de toutes les personnes responsables de près ou de loin de son éducation.
revaloriser la profession enseignante;
favoriser les contacts avec les didacticiennes et les didacticiens et encourager la recherche-action;·
privilégier une organisation scolaire favorisant la collégialité de l’évaluation;·
soutenir le personnel enseignant dans sa démarche de développement de nouvelles pratiques pour l’évaluation des compétences;
sensibiliser les enseignantes et enseignants des autres disciplines à leurresponsabilité dans l’apprentissage de la langue et les former à intervenir en ce sens.En plus de la composante temps, il faut mentionner une foule d’autres facteurs essentiels :pour épauler le personnel enseignant dans son travail d’enseignement de l’écriture aux élèves :
fournir des programmes de français clairs et lisibles;
soutenir l’aide à la formation continue;
Les lacunes des élèves d’autrefois n’excusent évidemment pas celles constatées chez les élèves d’aujourd’hui, mais ces citations ( depuis 1 900 les mêmes constats relatifs aux difficultés en langue française ) nous permettent sans doute de dédramatiser la situation actuelle en prenant conscience que certains adultes ont souvent tendance à idéaliser le passé en s’y référant comme à une norme mythique où tout était parfait, ou encore, qu’ils sont portés à confondre l’évolution inévitable de la langue avec sa détérioration.
Dans ma petite commune bien tranquille, il n'est pas rare le matin d'entendre des parents dire à leur rejeton, au moment du bisou : "Au-revoir. Amuse-toi bien". Surtout le samedi, d'ailleurs, quand ce sont les paères qui les amènent.
Il y a quelque temps de cela (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...), on entendait : "Travaille bien". Il est vrai que l'école était un lieu d'instruction... (oh ! le gros mot !)