Un collègue nous a transféré une partie des discussions que l'on retrouve ces derniers jours sur la messagerie IA 59. Nous n'avons
retenu que quelques extraits que nous avons regroupés pour une meilleure compréhension. Les inter-titres sont le fait de notre rédaction.
Du bon usage de la messagerie...
Tout commence par un communiqué du syndicat @venir écoles qui indique pourquoi il ne prend pas part à la grève du 15 mai 2008. Immédiatement, une première réaction fuse. Non
pas pour commenter cette prise de position mais pour fustiger l'utilisation de la messagerie. Puis, c'est l'enchaînement...
Collègue A :
Bonjour, Pourquoi envoyez-vous un message syndical à
partir d'une boite mail d'école ?
Collègue B :
Il y a encore des directeurs qui ont bien du
temps pendant la classe !!!
Collègue C :
Bonjour, moi je suis directeur non
déchargé, je fais classe d'abord, la direction hors temps de classe et je n'envoie pas de mails ni administratifs, ni de syndicats à 11 h 02 min !
Message envoyé à 6 h 45 et j'attends que les syndicats (tous) défendent mieux les directeurs et directrices.
Réponse du secrétaire du syndicat @venir écoles :
Je suis déchargé à 100 % ; de plus, nous ne
possédons pas de bureau particulier pour notre syndicat.
Bien à vous.
De la représentativité des syndicats...
Communiqué d'un délégué du SNUipp 59 qui demande aux directeurs de "diffuser auprès de leurs collègues" la lettre de Gilles Moindrot au Premier ministre.
Extrait : Comment comprendre, par exemple, que vous
souhaitiez « l’existence de syndicats forts et représentatifs » et que les organisations syndicales du premier degré qui représentent plus de 85% des voix aux élections professionnelles soient
écartées de toute discussion approfondie au sujet des programmes d'enseignement?
Collègue D :
C'est avec intérêt que
j'ai lu le courrier que vous avez envoyé à Monsieur Fillon.
Ce jeudi, je serai gréviste, tout simplement parce que la politique de notre ministre de tutelle va à l'encontre de mes convictions et qu'il existe de graves menaces sur la qualité du service
public d'enseignement.
Cependant, un détail me choque. Je vous cite : " Comment comprendre, par exemple, que vous souhaitiez « l'existence de syndicats forts et
représentatifs » et que les organisations syndicales du premier degré qui représentent plus de 85% des voix aux élections professionnelles soient écartées de toute discussion approfondie au sujet
des programmes d'enseignement ?". Je suis tout à fait d'accord avec vous. Cependant, vous appliquez les mêmes méthodes que notre ministre
quand vous refusez d'écouter les 93 % des directeurs d'école qui réclament un statut.
Il y a dans votre démarche quelque chose qui
m'échappe et une certaine incohérence qui me saute aux yeux. C'est avec un intérêt certain que je lirai la réponse à ce courrier.
Collègue E :
C'est pour ma part bien envoyé et je prône le fait que la responsabilité de la direction d'école mérite une bien meilleure attention de
tous car il s'en faut de peu que nombre d'entre nous se lasse...
Collègue F :
On fait dire ce que l'on veut aux
chiffres...
Pour arriver à "plus de 85 % des voix", le SNUipp comptabilise les suffrages obtenus par les 4 premiers syndicats du premier degré :
SNUipp
45.05 %
SE-UNSA 24.56 %
FO 7.79 %
SGEN 7.74 %
Total 85.14 %
Or, en 2005, le taux de
participation était de 61.22 % (en recul de 5.68 % par rapport aux élections précédentes de 2002).
85,14 % (de voix) sur 61,22 % (de votants) ça ne représente que 52,12 % des enseignants du 1er degré...
52 %, pas mal... oui, mais à peine plus de 1 enseignant sur 2... pour l'ensemble des 4 syndicats arrivés en tête, c'est peu. Et, on est loin des 85 % !!!
Collègue G :
Lors d'une élection, politique ou syndicale,
on calcule la représentativité sur 100% des gens qui se sont exprimés ...
Ceux qui ne votent pas ou s'abstiennent prennent la responsabilité de leur "non-expression".
Sauf à ce que les règles électorales de notre pays aient été récemment modifiées, notre système démocratique actuel est fondé sur ce principe.
Et je suis pourtant loin de partager les points de vue du SNUIPP !!!
Réponse du délégué du SNUipp :
Le document que le SNUipp vous a envoyé est un courrier UNITAIRE (dommage que le SNU soit le seul ou presque à l'avoir transmis aux collègues,
d'où l'erreur de jugement que vous semblez faire). Le SNU ne trompe personne en avançant 85% des voix : le 85 représente bien tous les syndicats signataires et le 85% des voix, ça dit juste
ce que ça veut dire : 85% des exprimés. Il n'y a là pas tromperie sur la marchandise...
Par contre, sur la participation, je suis bien d'accord, elle est en baisse : c'est mécanique depuis que le vote individuel par correspondance a été mis en place : avant on votait dans toutes écoles (ou presque), ça prenait 10 minutes au directeur (+ le temps pour poster l'enveloppe) et la participation était énorme.
Depuis, à chaque élection, le vote par correspondance s'étend (chacun reçoit le matériel de vote chez lui, le pose, le jette par erreur, se dit
qu'il a le temps et puis oublie, ne reçoit rien et ne le dit pas, etc.) et l'abstention gagne. Pensez aux élections "CAMIF" ou "MGEN" : plus près des 15 % les bonnes années !!
Moins il y a de votants, tant que le quorum est atteint, et plus nos dirigeants sont contents... Ils ont face à eux des organisations affaiblies.
Faut-il leur jeter la pierre ou
plutôt tout faire pour que nos collègues participent (pour qui ils veulent) à ces élections pour faire élire leurs délégués du personnel ?
De l'utilité d'un statut pour les directeurs...
Le même délégué du SNUipp ajoute un post-scriptum à son message :
PS : concernant le statut, étudiez celui des
chefs d'établissement, le seul qui pourrait nous être appliqué : pour moi, c'est non. Quant à penser que ce gouvernement (ou tout autre d'ailleurs) pourrait nous accorder "tous les avantages"
d'un statut "sans contrepartie" : qui peut sérieusement le croire ?
Du temps, de la considération, des moyens (pas que financiers) : alors là, tout à fait d'accord. Mais c'est ensemble qu'il faut l'exiger, et comme tous nos collègues qui écrivent "moi je suis
enseignant d'abord, la direction ça vient après", alors c'est tous ensemble, adjoints et "enseignants directeurs" que nous devons faire avancer ce dossier qui n'a que trop duré.
Si nous étions à la recherche de voix (voir plus haut), je ne dis pas "par démagogie" parce que je respecte tous mes collègues qui pensent tous honnêtement qu'un statut pourrait régler nos
problèmes, il nous serait facile de dire "nous voulons un statut", sans argumenter.
Rappelez-vous le "samedi matin" : en début d'année, 75% des enseignants étaient POUR la suppression du samedi matin. Le SNUipp a exigé la mise en place de rencontres avec le ministère, a
travaillé à expliquer, à argumenter.
En mars de cette année, 78% des enseignants étaient CONTRE la signature du protocole ! La FCPE qui était pour vient de voter contre en Congrès.
Dommage que d'autres aient signé quand même.
Collègue H :
Lorsque je lis :
"moi je suis enseignant d'abord, la direction ça vient après", je me dis que le combat de la considération n'est pas gagné d'avance : pouvons-nous réclamer une quelconque reconnaissance de notre
fonction si nous ne la respectons pas nous-même! Enseignant, bien sûr, et AUSSI, EN PLUS (et pas après !), directrice ou directeur. Et tous autant que nous sommes savons bien ce que nous coûte ce
PLUS, en temps, en débauche d'énergie...
Réponse du délégué du SNUipp :
Tu as raison, je me suis mal
expliqué.
Je voulais dire que je suis enseignant d'abord parce que répondre au téléphone durant la classe : non. Je prends le téléphone, je vais en réunion, je fais la paperasse après la classe (en terme
de temps, pas de priorité)
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