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Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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15

 

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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 22:24

Comme annoncé précédemment, nous profitons des vacances pour aborder différents thèmes relatifs à l’Education nationale. Après « le bac », nous abordons aujourd’hui « les suppressions de postes d’enseignants ». Ce sujet, hélas récurrent, qui touche tous les enseignants de la maternelle au lycée n’est pas sans conséquences sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école.

 
 

La suppression de postes d’enseignants : une faute

 

Après 4664 en 2007, 11 200 en 2008, 13 500 en 2009, ce sont 16 000 postes dans l'Education Nationale qui seront supprimés en 2010.

 

Maintenant, ça suffit !

 

Pas question de refuser bêtement toute suppression de postes. Ce serait tout aussi absurde que de réclamer encore et toujours plus de créations. Mais arrive le moment où « trop, c’est trop ! ».

 

L’ouverture ou la fermeture de classe doivent répondre à une nécessité professionnelle et non à un impératif purement comptable. Ce doit être une mesure d’ajustement en fonction de seuils fixés et admis selon certains critères (type de public, spécificités locales, âge des élèves, déplacements…).

Ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années. Le nombre de postes à supprimer est décidé en fonction des difficultés financières du pays ou des obligations liées à la R.G.P.P. (relire nos différents articles sur le sujet).

Les mesures de carte scolaire ne répondent plus aux ajustements rendus nécessaires par les flux des effectifs mais participent à la maîtrise des dépenses publiques.

 

Pourtant, la D.E.P.P. effectue des études prévisionnelles pour aider les services du ministère. Seulement, voilà, il arrive qu’elles ne correspondent pas aux décisions prises par le ministre. Qu’à cela ne tienne, ces études ne sont pas publiées… et le ministère peut alors justifier les suppressions de postes comme il l’entend.

Xavier Darcos a toujours dit que les suppressions de postes ne se voyaient pas. Selon lui, le taux d’encadrement est resté inchangé. De quoi justifier les mesures prises... Pourtant, tout n’est pas aussi simple et ne répond pas à une logique mathématique.

Il manque des enseignants dans l’enseignement primaire pour assurer les remplacements, permettre à la formation continue de fonctionner et offrir des décharges supplémentaires aux directeurs d’école.

 

Les remplacements des congés et absences sont de moins en moins assurés. « Plus un seul élève sans maître », promettait Claude Allègre. Trop souvent, les élèves des maîtres non remplacés se retrouvent dispersés dans d’autres classes, parfois pendant plus d’une semaine.

De plus en plus de stages de formation continue sont annulés faute de personnels pour remplacer les maîtres soucieux de se former.

Des milliers de postes seraient nécessaires pour augmenter les décharges des directeurs et leur permettre simplement d’effectuer leur travail convenablement.

 

Oui, il manque des milliers d’enseignants à l’école primaire. Contrairement à ce qu’affirme le discours officiel, la baisse des effectifs n’apparaît nullement justifiée. L’évolution démographique plaide plutôt en faveur d’un plan pluriannuel d’augmentation des recrutements.

 

Deux causes s’additionnent actuellement.

La première est liée à une augmentation massive des départs à la retraite du fameux « papy-boom ».

La seconde est consécutive à la forte poussée démographique que la France connaît depuis les années 2000. Pour le premier degré, les chiffres officiels indiquent que le nombre d’élèves a atteint son minimum en 2003, et a progressé de 4% sur la période 2003-2007. Une hausse de plus de 8% est prévue entre 2003 et 2014.

Il y a donc urgence à recruter plus d’enseignants. Le ministère aurait dû prévoir un plan pluriannuel d’augmentation du nombre de postes aux concours.

Dès les prochaines années, un problème majeur va se poser, résultant de la combinaison d’un afflux massif d’élèves et d’une politique récurrente de réduction des effectifs enseignants. Le gouvernement semble l’ignorer.

 

En 2007 déjà, l’Europe tire la sonnette d’alarme sur le nécessaire investissement en faveur de l’enseignement. La Commission Européenne plaide pour « promouvoir la pleine participation des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la société ». Les coûts sociaux et économiques de l’inactivité sont élevés.

L’inclusion de tous les jeunes a une importance sociale forte. C’est aussi un enjeu économique. Un jeune sur six est en décrochage scolaire alors que la moitié des nouveaux emplois créés nécessite un niveau de qualification élevée. Le développement du capital humain, en tant que facteur clé de la réussite économique de l’Union Européenne, est devenu une nécessité. Il devrait induire une politique d’investissement dans le domaine social et éducatif. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, la commission préconise une meilleure efficacité du système, tantôt pour assurer l’inclusion sociale de tous, tantôt pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

 

Ce sont les sirènes économiques qui viennent souligner l’absurdité de restrictions budgétaires appliquées à l’éducation. Moins d’enseignants, moins de moyens, des classes surchargées, des dotations horaires réduites, des projets en manque de budget : la logique de Bercy fait fi de la notion de capital humain, pourtant libérale, et l’Europe se contorsionne entre politique de rigueur et nécessité d’investir dans sa jeunesse.

 

 

La suppression de postes d’enseignants : une tromperie

 

L’Education nationale paie le plus fort tribut au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Naturellement, puisqu’elle représente le plus fort contingent de fonctionnaires.

Nous l’avons souvent écrit : le Président de la République s’éloigne de l’analyse qu’il faisait lors de la campagne électorale de 2007. A l’époque, lorsqu’il évoquait la réduction des dépenses publiques, il avait déjà en tête le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 mais il dénonçait également la gabegie des emplois dans la fonction publique territoriale. Il faisait allusion aux doublons consécutifs à la décentralisation et à la déconcentration des pouvoirs.

La création de multiples étages (communes, communautés de communes, agglomérations, départements, régions…) s’accompagnait trop souvent de nouveaux postes sans que les précédents, devenus inutiles, soient supprimés. Cela reste vrai en 2009 et le pouvoir en place n’a pas encore osé ou voulu s’attaquer aux « baronnies locales ».

Les parlementaires qui votent la Loi de finances, et donc les suppressions de postes d’enseignants, ne s’appliquent pas à eux-mêmes, lorsqu’ils reprennent leur casquette de maire, conseiller général ou régional, les mesures qu’ils imposent à la Fonction publique d’Etat.

 

Le récent « Rapport sur l’état annuel de la fonction publique » vient de mettre à nouveau l’accent sur les incohérences de la politique nationale : concernant les fonctionnaires, l’Etat maigrit et les collectivités territoriales grossissent.

Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 0,8 % en France entre 2006 et 2007, mais la hausse concerne seulement les collectivités territoriales et les hôpitaux. La Fonction publique d'Etat, elle, enregistre une forte baisse de ses effectifs, selon ce rapport.


Ce rapport souligne que, entre fin 2006 et fin 2007, le nombre de fonctionnaires dans les trois Fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière), hors contrats aidés, a augmenté de 41 100 personnes (+0,8 %). Mais « à un rythme nettement ralenti par rapport à l'année précédente » (+ 1,2 % en 2006).

La Fonction publique d'Etat (FPE) par contre a connu une forte baisse des effectifs (- 2,4 %, soit -61 000 agents), notamment dans les ministères (- 3,5 %, soit - 78 400 personnes), pour atteindre aux alentours de 2,484 millions d'agents. Cette diminution, qui touche surtout l'Education nationale, est liée aux non remplacements de départs à la retraite, mais aussi aux transferts de personnels vers les collectivités locales.

La Fonction publique territoriale (FPT), à l'inverse, a connu sa plus forte augmentation d'effectifs en 2007 (+ 86 000 emplois, soit + 5,2 %), pour atteindre 1,750 million d'agents « dans un contexte de développement de certaines missions dévolues aux collectivités territoriales ».

 

Le lourd tribut payé par l’Education nationale est le résultat d’une règle dogmatique, celle du 1 sur 2. Une règle qui consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Pourquoi pas 2 sur 5 ou 1 sur 3 ?

La question peut sembler inconvenante pourtant elle pourrait prendre une coloration moins transparente dans quelque temps. Dans son discours de Versailles (devant le Congrès), Nicolas Sarkozy avait lancé la chasse aux « dépenses inutiles » à la grande satisfaction de François Fillon, avide de penser « la France de l’après-crise ».

Le revers de la médaille de l’emprunt « d’avenir » sera une rigueur accrue, même si le mot est farouchement nié. L’UMP projette ainsi de priver du statut de la fonction publique les 2 millions d’agents de l’Etat, dont les enseignants, qui ne remplissent pas de fonction régalienne (armée, justice, impôts, police). Et de ne plus remplacer qu’un agent des établissements publics (CEA, CNRS, agences diverses…) sur trois partant à la retraite.

1 sur 2, 2 sur 3… ? Pas d’explication logique. Nous restons dans le cadre d’une règle dogmatique… « Sitôt la reprise passée, il n’y aura plus que de mauvais déficits », pronostique Nicolas Baverez.

 

En faisant supporter à l’Education nationale l’essentiel des suppressions de postes de fonctionnaires, le gouvernement commet plus qu’une erreur : une faute. Parce qu’il ne donne pas toutes les chances à l’école de former correctement des citoyens, l’Etat risque de payer chèrement les choix économiques de ces dernières années.

On a coutume de dire que ce qui est rare est cher ; la jeunesse est un bien trop précieux pour la sacrifier sur l’autel d’une gestion à court terme.

 

En ne remplaçant pas un fonctionnaire d’Etat sur deux, le gouvernement laisse croire qu’il réduit fortement et durablement les déficits publics de notre pays. Ce ne sera qu’une mesure en trompe-l’œil puisque le nombre de fonctionnaires ne cesse globalement de croître comme l’atteste le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique.

 

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Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /Juil /2009 15:43


En cette période de vacances scolaires, l’actualité des directeurs d’école est plongée dans un profond sommeil. Ministre et syndicats se reposent et fourbissent leurs projets ou leurs armes pour affronter la rentrée de septembre…

 

Aussi, avons-nous décidé de profiter du calme de ces mois d’été pour aborder quelques thèmes de réflexion.

Aujourd’hui : le bac.

 

 

Cette année, 86 % des candidats ont décroché leur baccalauréat. Nouveau record de réussite ! Ce pourcentage, à lui seul, montre que ce diplôme ne vaut plus grand-chose. Et, si pour l’instant, les nouveaux bacheliers fêtent leur succès, dans quelques mois, beaucoup d’entre eux déchanteront. Quand les moins doués, les moins travailleurs ou les plus mal orientés d'entre eux échoueront à l'issue de leur première année d'université. C'est le cas de 50 % des étudiants.

 

 

Question taboue : le bac est-il bradé ?

 

Le bac, institution bicentenaire, a longtemps été le symbole de l'égalité, de la méritocratie à la française. Il était le même pour tous. Ceux qui l'avaient étaient, en principe, promis à un bel avenir professionnel. Ce n’est hélas plus le cas. Beaucoup d’analystes considèrent même qu’il est aujourd’hui une arnaque.

 

Certains se raccrochent encore aux mentions… Pourtant, même la mention « très bien » semble bradée tellement elle est généreusement accordée.

 

A qui la faute ? Difficile d’en exempter les responsables politiques. Certains, ces trente dernières années, n'ont pas su ou voulu réformer notre système de formation. D'autres ont fait preuve d'une grande démagogie. Comme cette idée défendue par Jean-Pierre Chevènement d’amener 80 % d'une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Louable mais après ?

 

Il se trouve encore des politiques pour ne pas voir la réalité en face. Ainsi, l'an dernier un rapport sénatorial s'inscrivait en faux contre les Cassandre : « Non, le bac n'est pas dévalué puisqu'un tiers d'une génération ne le présente pas ou le rate.» Et ceux qui n'obtiennent pas le diplôme ne peuvent plus prétendre à un emploi d'enseignant ou de cadre, comme il y a trente ans. Enfin, la France reste en dessous des pays développés de l'OCDE.

 

Pour Jean-robert Pitte, ex-président de la Sorbonne, « C'est plutôt un certificat de fin d'études un peu bidon, un diplôme de complaisance. Les jeunes ont aujourd'hui accès à tout très facilement grâce aux outils de communication modernes. Mais ils n'ont pas toujours les bases de lecture, d'écriture ou bien encore de calcul pour utiliser ces outils. Il n'est pas normal qu'un adolescent ne s'exprime pas parfaitement. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'acquérir ces bases dans leur famille, c'est bien à l'école de les enseigner. »

 

Le bac général, lui, est-il vraiment plus facile qu'avant ? Oui, répondent les enseignants. Les copies sont truffées de fautes d'orthographe, racontent-ils. « Sur un paquet de cent vingt copies, une dizaine sont rédigées en langage texto », s'exaspère un professeur de philosophie. Des études comparatives l'ont démontré : dès le primaire, le niveau est en forte baisse, comme le montrent les résultats à une même dictée à vingt ans d'intervalle. Lors des réunions d'harmonisation des notes, pour stabiliser les taux de réussite, les correcteurs peuvent être amenés à relever leurs appréciations. Un pourcentage important des copies voit leurs notes augmentées. D'ailleurs, dans certaines disciplines, le barème est au-dessus de 20, avec au final des notes surévaluées.

 

Même le niveau du bac S, le plus prestigieux, est remis en cause. Pour le recteur de l'académie de Versailles, « il est devenu l'un des bacs les plus faciles à obtenir ». Selon un professeur en classe prépa scientifique, « depuis les années 1980, une grande part des réformes a eu pour but de rendre les sciences d'assimilation plus faciles. Ceci s'est payé par une baisse du niveau ».

Les responsables d'écoles d'ingénieurs s'inquiètent d'un bac qui serait devenu « moins scientifique » car depuis dix ans, le nombre d'heures de maths a été revu à la baisse.

 

Un rapport de la Banque mondiale explique la mauvaise position des universités françaises dans les classements internationaux par l'absence de sélection à l'entrée. Cette question reste taboue mais la sélection existe de façon larvée puisque seuls 64 % des inscrits obtiennent une licence, souvent après avoir redoublé.

 

 

Autre sujet tabou : le coût du bac

 

Jacques Marseille, historien, économiste et professeur à la Sorbonne, était l'invité de "RTL Matin" le 14 juillet. Voici ses déclarations :

 

Jacques Marseille, est-ce que pour vous ce nouveau record, c’est une bonne nouvelle ?

 

C’est dans la logique des choses. C’est surtout dans l’hypocrisie généralisée du bac dont moi je pense qu’il ne sert plus à rien et qu’il mériterait d’être supprimé. Je me réjouis pour les familles et je m’inquiète pour les finances car on a calculé que le bac ça coûtait tout compris avec les salles inoccupées pendant ce temps 200 millions d’euros. Donc j’estime que les recalés au bac, les malheureux 10%, coûtent au contribuable 3 000 euros chacun c'est-à-dire la moitié de ce que coûte un étudiant à l’université. Voilà ce qu’on pourrait affecter comme des crédits plus utiles qu’à continuer à faire passer le bac.

 

Pour vous, ça veut dire que ce diplôme n’a plus de vraie valeur ?

 

Non, non, c'est-à-dire qu’il reste quand même le premier grade de l’université ce qui est une hypocrisie supplémentaire, c'est-à-dire que tout bachelier peut s’inscrire à l’université puisque c’est un grade universitaire. Mais dans l’ensemble, aujourd’hui, si vous n’avez pas de mention, eh bien le bac en soi, ça ne vaut pas grand-chose.

 

Est-ce que ça veut dire que pour les 14% qui l’ont raté, pour eux c’est foutu ?

 

Non, pas du tout, heureusement d’ailleurs, heureusement. Je pense que dans le monde d’aujourd’hui, ce n’est pas le bac qui détermine l’essentiel de l’avenir, mais c’est la prise en main de son destin, c’est d’essayer d’entreprendre, c’est d’essayer de trouver sa voie dans sa vie, …, mais pas de répondre à un rituel d’épreuves qui ont été instituées du temps de Napoléon mais qui, deux siècles après, sont souvent particulièrement stériles.

 

Vous avez aussi une théorie intéressante, vous dites aussi que le taux de réussite au bac augmente grosso modo au même rythme que les mouvements lycéens. Ça veut dire quoi ? Il y a une consigne du ministère auprès de ceux qui corrigent le bac en leur disant, bon voilà cette année les élèves sont allés peu en cours, il faut leur donner le bac ?

 

Ce qui est amusant, c’est effectivement que ça fait 5 ans que le taux de réussite augmente régulièrement et ça fait 5 ans que tous les ans il y a des mouvements lycéens qui font qu’il y a de moins en moins de cours… Il y a 3, 4, 5 semaines d’agitation qui les privent de cours. Et c’est formidable puisque, du coup, le taux de réussite augmente. C'est-à-dire qu’effectivement, on pourrait se poser la question du manque d’efficacité des cours sur la réussite de ceux qui le passent.

 

Mais il y a des consignes d’après vous ?

 

Non, il y a des consignes de clémence, c'est-à-dire, que là encore, il y a une sorte d’hypocrisie généralisée sur l’ensemble du système de ne pas désespérer les familles, de ne pas désespérer les élèves, ne pas faire du bac ce qu’il était autrefois et ce qui fatalement n’était pas si bon,  mais d’en faire une sorte de passeport généralisé qu’on donne un peu à tout le monde. C’est ça qu’il est devenu en fait.

 

Vous dites que le bac coûte trop cher. Cet argent il faudrait le mettre dans l’étape d’après, à l’université par exemple ?

 

Bien sûr. Mais je crois que tous les pays normaux, c'est-à-dire les autres, leur politique c’est d’avoir un examen final qui soit basé sur un contrôle continu, par les établissements, ça marche partout ailleurs, et un examen d’entrée à l’université. Parce que je rajoute que le taux d’échec aujourd’hui à l’université, c’est de 50%. C'est-à-dire que 50% des jeunes qui entrent à l’université en sortent sans rien. Alors que dans les pays qui, eux, ont un examen d’entrée à l’université, 100% de ceux qui y entrent ont quelque chose, avec des vraies bourses, pendant 4 ans et un emploi à la fin.

 

Jacques Marseille, 86% de taux de réussite au bac, est-ce que ça veut dire que les bacheliers, cette année, sont mieux armés pour affronter le monde économique qu’on ne l’était il y a 10 ans ou 15 ans ?

 

Non, pas du tout, je crois que maintenant ils ont tout à démontrer et ils ont tout à construire dans leur parcours. D’ailleurs, il faut bien voir que la plupart ont compris puisque, rien que dans la région parisienne, 1/3 seulement ont demandé une inscription à l’université. Les autres s’inscrivent dans les IUT, dans les BTS, dans les classes préparatoires, c'est-à-dire dans les formations sélectives. Comme le bac n’est plus du tout un instrument de sélection, eh bien les gamins et les parents ont parfaitement compris qu’il fallait, après, aller dans les filières sélectives. C’est ce qu’ils font : 1/3 vont à l’université, 1/3 seulement ce qui pose un grave problème pour l’avenir du pays.

 

Pourquoi cette évolution ? C’est moins de connaissances d’après vous ?

 

Non, c’est pas moins de connaissances, c’est surtout un examen aujourd’hui qui est devenu très formaté. J’ai dirigé des manuels scolaires pendant 20 ans, je me rends compte que l’épreuve d’histoire-géographie c’est devenu une vraie bouffonnerie. Au lieu d’apprendre les élèves à réfléchir, on leur demande de répondre à des questions. Simplement c’est très formaté, pas formateur. Je pense que le bac n’éveille pas à l’intelligence. Il est une sorte de quizz généralisé qui fait que si vous avez compris la mécanique, avec des correcteurs un peu cléments, eh bien vous avez 90% de réussite au bac.

 

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Jeudi 2 juillet 2009 4 02 /07 /Juil /2009 10:28

Au moment de partir en vacances, il nous a semblé intéressant d’avoir une pensée pour le nouveau titulaire du ministère de l’Education nationale… Xavier Darcos, grillé, Richard Descoings ayant décliné l’offre, aucun volontaire ne se manifestant à l’horizon, Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment eu le choix pour ce poste à haut risque…

L’Express nous propose un ensemble de témoignages d’anciens ministres de l’Education nationale. Certains ont accepté de se livrer, d’autres non. Luc Chatel ne peut pas ignorer ce qui l’attend dès la prochaine rentrée scolaire…

 

Nous reproduisons un extrait de cet article intitulé « Bienvenue en enfer ».

 

Luc Chatel récupère le portefeuille le plus redoutable du gouvernement. De leur arrivée à leur départ de la Rue de Grenelle, cinq anciens tenants du titre livrent leurs souvenirs sur cette maison si spéciale. Et sur ce poste ingrat qui ne se refuse pas.

 

C'est un métier où l'on récolte plus de coups que de gloire. Où l'on noue une relation sadomasochiste avec les syndicats - tu me cèdes, je te méprise, tu me résistes, je te grille.

Un ministère avec 1,1 million d'âmes inconnues et suspicieuses, enseignants et administratifs. Un maroquin que l'on n'a pourtant guère le choix de refuser : on y manie les plus nobles des matières, le savoir, l'avenir, l'esprit républicain. Et les dossiers les plus roboratifs: réformes du primaire, du lycée, des programmes, revalorisation des carrières.

"C'est l'un des portefeuilles les plus difficiles, parce qu'il y a 60 millions de ministres de l'Education en France, mais c'est aussi l'un des plus beaux". Et puis François Fillon m'a dit: "On en sort vivant, regarde-moi !", confie à L'Express Luc Chatel, en poste depuis le 23 juin.

 

Cinq ministres "rescapés", Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang, Luc Ferry, Gilles de Robien et Xavier Darcos, ont accepté de raconter leurs souvenirs. François Bayrou et Lionel Jospin ont refusé de répondre. Claude Allègre s'est contenté d'un : "Jamais plus je ne voudrai être ministre de l'Education nationale. J'ai gagné mon paradis une fois, je ne tenterai pas ma chance une seconde fois." Car, si ce ministère peut mener au paradis, il faut, le plus souvent, passer d'abord par l'enfer.

 

Lire l’ensemble des témoignages sur " l’Express.fr ". La lecture des commentaires de certains des ministres interrogés montrent que Claude Allègre n’est pas le seul à manier l’ironie et l’amertume voire l’insulte…

A lire également, dans ce même journal, la chronologie des manifestations étudiantes depuis plus de 30 ans. De quoi assombrir un peu plus le moral de Luc Chatel…

 

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 10:02

Le numéro 77 de juin 2009 de « snuipp-infos » est presque exclusivement consacré à faire le point sur les RASED, les CLIS et la psychologie scolaire.

Le SNUipp revient sur « le formidable mouvement qui a contraint le ministère d’annoncer le maintien de 1500 personnels E et G dont les postes devaient être fermés ».

Il décrit dans le détail les nouveaux textes issus de la circulaire de 2002, l’un pour les réseaux, l’autre pour les CLIS.

Certes, ces textes sont intéressants, mais, ce qui a retenu notre attention concerne les « échos de la C.A.P.N. » (Commission Administrative Paritaire Nationale). L’occasion pour le SNUipp de s’intéresser à certaines catégories de personnels de l’Education nationale.

 

Le SNUipp nous fait part de ses « inquiétudes pour les psychologues ». En effet, sachant que « régulièrement, 10% des postes ne sont pas pourvus, la tentation d’employer des vacataires va être grande pour les IA au vu des besoins ». Et le SNUipp en tire les conséquences que « la qualité du service public risque de ne pas être au rendez-vous ».

 

Le SNUipp a les mêmes inquiétudes pour les directions spécialisées (IME, EGPA, EREA…). Les capacités d’accueil sont supérieures au nombre de candidats en liste principale. Les départs en formation ne cessent de baisser depuis 2005…

« Le SNUipp a alerté sur les trop nombreuses Segpa qui fonctionnent sans directeur ou avec des directeurs à temps partiel. Il a rappelé l’exigence du respect de la circulaire de 2006, très explicite sur les missions des directeurs, confortée par la circulaire sur les orientations pédagogiques récemment parue ».

 

Saluons la démarche de ce syndicat qui s’inquiète de la situation de ces personnels. Il est tout à fait dans son rôle dans la dénonciation d’un dysfonctionnement nuisible au fonctionnement de l’école.

 

Nous aimerions toutefois que le SNUipp ne s’arrête pas en si bon chemin et qu’il poursuive son action en faveur d’autres personnels qui connaissent les mêmes difficultés : les directeurs d’école.

Le même constat peut être établi : plusieurs milliers de postes non pourvus chaque année, la qualité du service public qui n’est pas au rendez-vous, la définition des missions qui reste vague…

Notons aussi que le SNUipp utilise le terme approprié  « directeur » pour désigner le responsable d’établissements spécialisés et qu’il ne le fait pas lorsqu’il s’agit des écoles maternelles et élémentaires… Dans ce cas, il choisit d’évoquer « direction et fonctionnement de l’école ». Curieux, non ?

 

Le SNUipp appelle à la vigilance sur un arrêté paru au Bulletin Officiel en avril dernier sur les Unités d’Enseignement dans les établissements spécialisés.

« Les termes de ce texte peuvent amener à réduire considérablement les moyens en personnel de ces établissements, notamment en ce qui concerne la direction pédagogique (qui disparaît au profit d’une « coordination pédagogique »).

Le SNUipp a saisi le ministère « des conséquences de ce texte concernant la situation statutaire des personnels ».

 

Cette fois, on croit rêver ! Le SNUipp exige une « direction » pédagogique et surtout pas une « coordination ». Il défend la situation « statutaire de ces personnels ». Soit exactement le contraire de ce qu’il prône pour l’école primaire… A savoir un directeur sans statut soumis à un conseil des maîtres décisionnaire !

Il devient indispensable que le SNUipp nous explique ce qui motive des choix si opposés dans des situations analogues !

 

Mêmes contradictions et mêmes incohérences à réclamer et obtenir que les enseignants de CLIS soient déchargés des obligations d’aide personnalisée.

« Les enseignants de CLIS, comme nous le demandions, ne sont pas concernés par les heures consacrées à l’aide personnalisée ».

On peut comprendre que ces collègues de CLIS, comme ceux des RASED, bénéficient de ce temps pour la concertation et les relations avec les parents. On comprend moins que le SNUipp n’ait pas demandé que la mesure soit étendue aux directeurs d’école qui, eux aussi, et peut-être davantage que les enseignants de CLIS et du RASED ont besoin de temps de concertation avec leurs adjoints et les parents pour organiser et assurer le suivi de l’aide personnalisée.

 

Contradictions, incohérences mais également mépris.

 

Dans le chapitre III intitulé « Organisation des aides spécialisées dans l’école », le SNUipp passe complètement sous silence le rôle du directeur pourtant membre à part entière de l’équipe de suivi scolaire des enfants en difficultés notamment dans les écoles abritant une CLIS.

 

« Les enseignants spécialisés apportent une aide directe aux élèves en difficulté, selon des modalités variées, définies en concertation avec le conseil des maîtres, sous l’autorité de l’IEN, et s’inscrivant dans le projet d’école. Le conseil d’école est informé des modalités retenues, conformément à l’article D411-2 du code de l’Education ».

 

Ce paragraphe est révélateur de l’état d’esprit des principaux responsables nationaux et départementaux du SNUipp. Dans ces quelques lignes, ce syndicat cite le conseil des maîtres, l’autorité de l’IEN, le projet d’école et le conseil d’école. N’y manque qu’un « petit élément », un tout « petit élément » : le directeur qui n’est même pas cité.

 

Pourtant, n’est-ce pas le directeur qui réunit les différents conseils ? N’est-ce pas lui encore qui définit les « modalités retenues » ? N’est-ce pas lui qui impulse, coordonne, rédige le projet d’école ? N’est-ce pas vers lui que se tournent les parents confrontés aux rouages complexes des aides spécialisées ?

 

Oui, ces quelques lignes témoignent d’un profond mépris pour les directeurs d’école. Les oublier de façon aussi ostensible, c’est nier leur existence et leur rôle dans le fonctionnement de l’école.

 

Plus généralement, c’est afficher clairement une idéologie qui n’a pas sa place dans l’école du XXIème siècle. Comment ne pas qualifier d’irresponsables les délégués nationaux ou départementaux qui cautionnent de telles idées sur la direction d’école ? Comment peuvent-ils justifier que leurs positions résultent d’un quelconque mandat imposé par un congrès ? Comment expliquent-ils que les enseignants de SEGPA accepteraient plus facilement que les adjoints des écoles primaires d’avoir, à leur tête, un « p’tit chef » ?
Comment un syndicat digne de ce nom peut-il assumer autant d’incohérences, de contradictions et de mépris à l’égard d’une catégorie de personnels qu’il est censé défendre ?

 

Il est plus que temps que le SNUipp prenne conscience qu’il fait fausse route et commet une grave erreur en ignorant superbement les directeurs d’école et en niant aussi ostensiblement leur rôle. Ceux-ci acceptent de moins en moins d’être ainsi méprisés.

Ce syndicat encourt le risque de voir enfler la contestation qui pourrait rapidement se transformer en véritable rébellion anti-SNUipp et se traduire par une perte importante de ses adhérents.

 

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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 10:08

La semaine aura été marquée par le discours du Président de la République le 22 juin à Versailles et le lendemain par le remplacement de Xavier Darcos par Luc Chatel.

 

Devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy n’a fait qu’effleurer le domaine de l’Education en citant la réforme du lycée. Par rapport aux discours précédents, le propos est un peu court. Les syndicats n’ont l’affirment : le gouvernement ne considère plus l’Education nationale comme une priorité.

 

Pour le Sgen-CFDT, "la seule véritable annonce pour les secteurs de l'éducation, la jeunesse et la recherche, c'est le maintien de l'objectif comptable de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Cette décision contredit dans les actes la volonté d'investir sur l'Éducation que prétend porter le discours".

Les réactions de l’Unsa vont dans le même sens : « l’Ecole n’est plus une priorité : elle devra faire plus avec des moyens diminués. Le président de la République a parlé de changement : l’Ecole n’en connaîtra pas. Sa situation, par les choix budgétaires imposés, ne peut que se détériorer. Le prochain budget l’annonce déjà : c’est une mauvaise nouvelle pour l’avenir ».

 

Il est vrai que les inquiétudes des syndicats sont confortées par les déclarations de Xavier Darcos dans un entretien à La Tribune :

« L'Éducation nationale a le premier budget de la nation, avec 60,4 milliards d'euros de crédit en 2010, et 1,2 million de fonctionnaires », souligne-t-il. « Cette dimension nous donne une responsabilité particulière lorsqu'il s'agit de participer à la maîtrise des dépenses publiques. C'est pourquoi j'ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. »

Sur l'ensemble d'une carrière, un poste d'enseignant représente un coût cumulé de 1 million d'euros. Les 16.000 postes supprimés constituent donc près de 16 milliards d'euros de dépenses en moins sur quarante ans, souligne-t-on rue de Grenelle. Précisément, "il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14.000 postes d'enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1.400)".

 

Ces propos, tenus le jour du remaniement ministériel apparaissent aux yeux des commentateurs comme une ultime provocation de Xavier Darcos. Luc Chatel, nouvellement nommé ministre de l’Education, se serait bien passé d’un tel message d’accueil.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle ne peut espérer compter sur la bienveillance des syndicats enseignants. Ces derniers l’ont tout de suite fait savoir.

Le Snes parle de "provocation", évoque "une dégradation de la formation" puisque les emplois supprimés correspondent aux stages IUFM et calcule que "les stagiaires dans le second degré assurent aujourd’hui 8 heures de cours hebdomadaires, soit l’équivalent de 4.500 emplois". Le SNES appellera les personnels à se mobiliser dès la rentrée pour construire un mouvement d’ampleur contre ce projet de budget et recherchera en ce sens la plus large unité syndicale possible.

Le Snuipp s'indigne : "Comment comprendre que la formation professionnelle des enseignants soit réduite à la portion congrue, que les lieux de formation que sont les IUFM soient remis en cause, que la formation en alternance risque d’être réduite à un simple compagnonnage au moment où le métier d’enseignant requiert une plus grande professionnalité pour favoriser la réussite de tous les élèves ? Comment comprendre que des lauréats des concours 2010 puissent être responsables de classes sans avoir jamais effectué de stages en responsabilité dans leur cursus ?"

L'Unsa relève les contradictions des discours présidentiels. "L'investissement éducatif devrait être une priorité : il aura été, de budget en budget, abandonné. Les budgets traduisent la réalité des convictions".

Pour le Sgen "le ministre change, les suppressions de postes s'aggravent. Plus que jamais le Sgen-CFDT sera mobilisé dès la rentrée prochaine pour obtenir les conditions nécessaires aux réformes de progrès social qui s'imposent pour l'École et les personnels de l'Éducation. »

 

Reste la personnalité de Luc Chatel dont la nomination a créé la surprise. A l’inverse de son prédécesseur, le nouveau ministre n’est pas un homme du sérail. Il ne s’est d’ailleurs jamais exprimé sur l’éducation.

Sa nomination comme ministre de l’Education nationale et le maintien de sa mission de porte-parole du gouvernement sont interprétées comme la récompense d’une fidélité sans faille au service de Nicolas Sarkozy.

Il a sans aucun doute bénéficié également du peu d’attrait de ce poste très risqué dans lequel « on est grillé au bout de deux ans », selon Richard Descoings, le très médiatique directeur de Sciences-Po Paris.


Pour l’instant, Luc Chatel n’est connu du grand public que pour ses interventions ponctuées de « euh… euh… » et de longs silences… lors de points de presse en tant que porte-parole du gouvernement largement rapportés par Canal+ dans son « Grand journal ».

Une autre vidéo a fait le tour d’Internet en février 2008. On y voyait Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la consommation, brandissant la revue « 60 millions de consommateurs », et semblant apprendre par ce média l’envolée des prix…

« Comme vous, j’ai été extrêmement choqué par les résultats de l’enquête de 60 millions de consommateurs. J’ai été choqué parce que évidemment je fais mes courses comme vous, à Chaumont, et je me suis rendu compte que les prix augmentent. » Une image pas très valorisante.

 

La désignation de Luc Chatel a tout pour surprendre. Son parcours, sa méconnaissance des sujets et du monde de l’éducation… font que sa nomination peut être interprétée comme le fait que l'Éducation Nationale n'est plus une priorité pour le gouvernement.

Impressionné par Nicolas Sarkozy, formé à son école et s’inspirant dans sa ville de la stratégie présidentielle, Luc Chatel est considéré comme un « proche » du Chef de l’Etat.

 

De fait, beaucoup considèrent déjà que la politique éducative n'est plus décidée rue de Grenelle mais Faubourg Saint Honoré.... Et la feuille de route est déjà connue : 16.000 suppressions de postes à l'Education en 2010.

D'aucuns estiment pourtant que l'élu de province a les compétences requises pour gérer les dossiers délicats. Il a su mener à bien le plan automobile pour tenter de sortir ce secteur du marasme économique et œuvrer pour une sortie de crise chez Heuliez, l'équipementier automobile des Deux-Sèvres en redressement judiciaire, et Continental, le fabriquant de pneumatiques de Clairoix. A son actif, également, la gestion du dossier délicat de La Poste, qui s'apprête à devenir une société anonyme malgré la crise.


Le passage de l'Industrie à l'Education, deux mondes où le dialogue avec les syndicats est primordial mais souvent tendu, devrait donc être plus facile. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir ce mercredi le tout nouveau ministre de l'Education nationale a affirmé qu'il prendrait «le temps de l'écoute».

Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour savoir si le gouvernement considère l’éducation comme une priorité nationale, selon les promesses du candidat Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Les premières décisions de Luc Chatel seront décisives de ce point de vue.

 

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