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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

 

8

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 15:21

Le Sgen-CFDT publie un « 4 pages » intitulé : « direction et fonctionnement de l’école » entièrement consacré à ses propositions.

« Par delà la simple question de l’organisation de l’école, le Sgen-CFDT revendique une évolution en profondeur du pilotage du système éducatif qui s’appuie et qui accompagne la volonté d’agir des équipes et qui mette fin aux pratiques infantilisantes en cours dans notre ministère.

Avec ce « quatre pages » nous souhaitons commencer à partager ce projet avec vous », écrit Thierry Cadart, secrétaire général.

 

En préambule, le Sgen rappelle que le débat est récurrent et qu’il « resurgit autour d’une initiative parlementaire ». Le syndicat précise que les problèmes sont de plusieurs ordres :

Les responsabilités qui pèsent sur l’école (pédagogiques, juridiques, administratives...) et particulièrement sa direction se sont amplifiées, complexifiées et diversifiées.

Le modèle ancien encore en vigueur ne répond plus aux exigences de notre époque.

La charge de travail et de responsabilité des directeurs ou des enseignants chargés de direction n’est plus acceptable.

 

Il faut signaler que si le débat resurgit, c’est aussi grâce à l’initiative du GDID qui a lancé une pétition auprès des directeurs d’école, à destination des syndicats et qui est un appel à intervenir pour la défense et la reconnaissance de tous les personnels, directrices et directeurs compris. Pétition qui connaît un véritable engouement puisque déjà signée par des milliers de collègues.

Le Sgen l’admet volontiers puisqu’il précise que « l’association GDID (Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs) contribue elle aussi à relancer l’actualité de cette thématique en proposant un débat national sur la question. Elle a raison de le poser en ces termes mais les solutions ne sont pas simples à élaborer et il faudra beaucoup d’échanges, de débats pour dégager des réponses valides ».

 

Le « 4 pages » détaille ensuite les propositions du Sgen :

 

Nous ne pouvons nous satisfaire :

-       Ni du projet EPEP qui transfère l’autorité de l’école primaire, de l’Éducation Nationale vers les communes évacue la question mais ne résout rien au fond. Il complique les relations professionnelles et affaiblit le rôle d’orientation et de contrôle de l’État en particulier en matière éducative.

-       Ni d’un statut de directeur qui réglerait partiellement la situation juridique des directeurs, mais ne changerait rien à la place de l’école dans son environnement social, économique et politique et n’améliorerait pas en lui même les conditions de travail de ces personnels.

 

C’est pourquoi le Sgen-CFDT s’engage dans ce débat à partir de trois thèmes qui lui semblent essentiels :

 

1-     La proximité

 

L’enjeu essentiel est de préserver la relation de proximité qu’entretient l’école avec les familles, les partenaires, et les élus locaux…

Pour cela, dans chaque école, le directeur doit disposer de temps et d’une définition claire de ses tâches et responsabilités. Le Sgen-CFDT propose de recentrer les activités du directeur sur l’animation pédagogique, les relations avec les familles et les partenaires, renforcer les pouvoirs décisionnels du conseil des maîtres et la mise en œuvre des projets d’école, et de l’aider dans ses fonctions administratives et financières, comme celles qui relèvent de la gestion technique et purement administrative. Cela implique de conforter les temps de décharge de service des directeurs et de confier les tâches administratives et comptables à des personnels compétents et responsables sur le plan juridique.

 

2-     La gestion de l’école

 

Trop de décisions concernant la gestion de l’école sont prises à l’IA, à la circonscription, au collège, à la mairie, à la caisse des écoles, en raison principalement de questions de taille de la structure, de compétences statutaires des différents personnels… Tout cela est source de déresponsabilisation des acteurs, manque de clarté pour la population et rend les conditions de travail des directeurs, coincés entre injonctions hiérarchiques et diversités des partenaires, de plus en plus insupportables.

L’école a besoin d’exister juridiquement et administrativement.

Les difficultés qui sont apparues pour l’organisation de l’aide personnalisée ont mis en évidence que les modalités d’organisation doivent se prendre au niveau de l’école. En rapprochant le niveau de la prise de décision des enseignants de l’école, c’est l’ensemble des personnels qui y participerait.

 

Le Sgen-CFDT propose d’installer dans le premier degré une structure ayant les compétences d’un établissement public pour pouvoir assumer ses responsabilités.

Cet établissement doit être fédérateur pour pouvoir établir des relations claires avec les collectivités locales (mairies et communauté de communes), contracter avec elles et représenter localement l’Éducation nationale.

Il doit également être mutualisateur et mettre à la disposition des écoles qui le composent un centre documentaire commun, un Rased, des services de santé et sociaux, une antenne informatique ou plus généralement Tice, des liens directs avec diverses structures (MDPH...). Il serait naturel que cet établissement se voit confier des tâches de gestion actuellement dévolues à la circonscription. Cela permettrait de recentrer le rôle de la circonscription sur la formation, l’animation et l’évaluation pédagogique, ces dernières fonctions devant rester extérieures à l’établissement.

 

Projet d’établissement

Pour cela l’établissement doit fonctionner sur la base d’un projet d’établissement, garder une taille humaine et être doté des personnels administratifs et de direction nécessaires.

L’expérience montre qu’il ne faut pas excéder 500 élèves environ pour garder à une structure des qualités relationnelles (entre adultes comme avec les enfants et les familles).

On peut donc imaginer des établissements composés :

• d’une seule grosse école ou groupe scolaire comme il s’en trouve dans les grandes villes ;

• des écoles d’un quartier ou d’un chef lieu de canton ;

• d’un collège et des écoles qui l’entourent dans certaines zones rurales ou de montagne.

 

La direction de l’établissement

Les responsabilités confiées nécessitent un statut officiel.

Pour le Sgen-CFDT, ce statut pourrait être un statut d’emploi fonctionnel. Ce statut permet d’exercer les responsabilités de la fonction, ainsi que la reconnaissance financière des responsabilités exercées, mais il est lié à la période d’exercice de cette fonction. Il a le caractère temporaire d’un détachement. S’il souhaite y mettre fin, le personnel revient à son statut précédent ou au statut auquel il aurait accédé entre temps, par voie de concours par exemple. À l’évidence, ce personnel de direction devrait être un directeur d’école qui fait le choix de quitter la classe pour entrer dans ce type de fonction. Cela peut représenter un débouché de carrière ou conduire à d’autres fonctions de direction par la suite...

 

3-     La démocratie professionnelle

 

Toute la difficulté est d’articuler la structure de proximité qu’est l’école et la structure de gestion que serait l’établissement de façon à ce que complémentarité ne devienne pas concurrence et que l’une n’étouffe pas l’autre.

Pour le Sgen-CFDT, la seule garantie crédible, c’est de construire un fonctionnement démocratique donnant à chacun la reconnaissance de ses responsabilités au niveau où il intervient. Notamment, si le directeur d’école doit être déchargé de tâches administratives (réponses d’enquêtes, contacts avec des fournisseurs, gestion comptable, montage de financement…) il doit rester le représentant de l’établissement au niveau local. Il faut donc qu’il soit partie prenante dans la vie de l’établissement.

Dans ce cadre un conseil pédagogique, composé de droit de représentants de l’ensemble des écoles composant l’établissement (directeur ou adjoint selon le choix de l’équipe), serait chargé de conduire le projet pédagogique et de formuler en direction du Conseil d’Administration (cf. ci-dessous) toutes demandes liées au fonctionnement pédagogique.

Enfin, comme dans tout établissement public, il faut un conseil d’administration composé par tiers d’élus de l’ensemble des personnels, d’élus des usagers (parents et élèves dans le cas d’un établissement mutualisé avec un collège) et de représentants des collectivités territoriales.

Le Sgen-CFDT ne verrait qu’avantages à ce que le président du Conseil d’Administration (CA) soit élu librement en son sein. Ne pas confondre les rôles de président du CA et de représentant de l’État (directeur de l’établissement) serait un atout pour un véritable débat démocratique au profit de tous.

Pour assurer ces rôles, les personnels qui s’engageraient dans ces mandats devraient bénéficier d’une décharge de service.

 

Le Sgen souhaite également « clarifier le rôle de chacun » :

 

« Aujourd’hui, le directeur d’école est tout à la fois un enseignant, un interlocuteur pour tout le monde, un gestionnaire… mais il n’en a pas les moyens, ni en temps ni en légitimité juridique. Et il doit souvent s’appuyer sur une autoformation faute de formation continue suffisante. Le Sgen-CFDT estime qu’on ne trouvera pas de solution à cette situation intenable en maintenant toutes ces fonctions sur la même personne.

C’est pourquoi il verse au débat l’idée de répartir ces fonctions chacune au niveau le plus approprié en établissant des relations démocratiques entre elles. Une telle clarification du fonctionnement permettrait également aux adjoints de mieux identifier des lieux de décision plus proches d’eux et donc d’avoir des possibilités d’expression plus réelles.

Le Sgen-CFDT ne prétend nullement avoir trouvé la solution idéale à tous les problèmes. Existe-t-elle d’ailleurs ? Mais il est prêt à débattre avec l’ensemble de la communauté éducative parce qu’il est urgent de répondre aux problèmes identifiés d’une part et aux inquiétudes des personnels d’autre part ».

 

Comme nous le voyons, les lignes bougent ou pour être plus précis, disons que le sujet fait débat… Jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale où lors de discussion du Projet de Loi de Finances pour 2010, il fut récemment question du statut et du rôle des directeurs d’école.

 

 Ainsi, au sujet de la formation des enseignants et de leur accompagnement pédagogique, le rapporteur précise : « …Le dernier facteur de faiblesse réside dans le « très mauvais encadrement » des enseignants, au sens où celui-ci ne dispose par des moyens nécessaires pour mettre en place un « collectif » pédagogique où les enseignants se formeraient les uns les autres. Les directeurs d’école du 1er degré, qui n’ont pas de statut, et les chefs d’établissement du 2nd degré, qui doivent « faire avec » la liberté pédagogique revendiquée par les professeurs, n’exercent qu’un faible leadership pédagogique sur les équipes enseignantes, pourtant indispensable à la coordination, et par conséquent, à l’efficacité des pratiques d’enseignement et de soutien scolaire.

Ce constat est corroboré par M. Marcel Pochard : « il n’y a rien », aucun « corps intermédiaire », « entre l’enseignant, seul maître à bord, et sa classe », ce qui rend très difficile l’émergence de dynamiques collectives propices à une prise en charge efficace de la difficulté scolaire ».

 

Ou encore lors de l’intervention du Député Frédéric REISS, auteur de la proposition de loi visant à la création des EPEP : « J'ai bien noté qu'il était prévu de nommer 3 400 nouveaux directeurs à la rentrée prochaine, qui devront accomplir cinq semaines de stage de formation obligatoire, pour une dépense de 1 million d'euros. Il me semble cependant que les directeurs d'école n’attendent pas seulement de la formation, mais aussi un statut, qui devrait s'inscrire dans le cadre de la création d'établissements publics d'enseignement primaire. Doter les écoles de la personnalité morale et d'un statut juridique permettra une gestion pédagogique plus efficace, tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Je regrette que la loi du 13 août 2004, qui prévoyait des expérimentations dans ce domaine, n'ait jamais fait l’objet des décrets d'application correspondants, de telle sorte que nous ne disposons d'aucune expérimentation sur les résultats de laquelle nous pourrions nous appuyer pour aller de l'avant. Je souhaiterais donc connaître votre avis sur cette question ».

 

Et enfin dans la réponse du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel : « Je suis également ouvert à une réflexion sur le rôle des directeurs d’école, dont les responsabilités se sont effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination. C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

 

Bref, chacun s’accorde sur le constat, à savoir que les charges, les missions et les responsabilités des directeurs d’école se sont « effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination ». Mais, aucun signe tangible ne vient nous laisser le moindre espoir de commencement de règlement ou de solution à court terme.

Alors que le diagnostic a été établi par l’ensemble des acteurs de l’Education nationale, qu’il est corroboré par nombre de rapports ou d’études, le ministre en reste au stade de l’interrogation : « C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

Bref, la situation ne semble pas sur le point de s’éclaircir pour les directeurs qui n’aperçoivent pas encore le bout du tunnel et qui, RGPP oblige, devront patienter encore très longtemps avant de voir leur situation évoluer favorablement dans le sens de l’obtention d’un statut. Du discours aux actes, le chemin est souvent long…

 

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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 22:55

Le SNUipp 59 publie un texte sur la « direction d’école ». Nous avons décidé de le reproduire dans son intégralité malgré sa longueur. En effet, il importe que les collègues directeurs connaissent parfaitement la position de ce syndicat pour s’en faire une idée la plus objective possible.

 

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Voici maintenant plusieurs années que la création d’un établissement du 1er degré autonome est attendu par les tenants de la libéralisation de l’Ecole : la mise en concurrence constituant le fondement de leur conception des rapports économiques comme sociaux.

C’est dans ce but que le projet de création des EPEP a été imaginé, visant à la constitution d’établissements publics du 1er degré dans lesquels les enseignants seraient minoritairement représentés dans l’organe de direction, placés sous la direction d’un chef d’établissement et d’un conseil d’administration soumis à la tutelle des élus locaux.

 

I- Le projet libéral

Il faut d’abord noter qu’il s’agit d’une localisation (municipalisation) de l’école, de ses moyens et de ses missions.

Le cadre : celui de la concurrence généralisée entre établissements, autour d’un classement fonction des seuls résultats des élèves.

Le fonctionnement : La gestion localisée des personnels, expérimentée cette année avec la remise en cause des règles paritaires et du rôle des élus : le statut des enseignants pourrait ainsi évoluer également vers la localisation et dans le cadre d’une rétribution aux résultats.

Le moyen : soyons attentifs aux toutes dernières « expérimentations » dans le cadre de la « rétribution » des élèves en cas de présence à l’école ! Elles ne sont en fait qu’une préparation des citoyens au projet de « chèque éducation » conçue par les cercles libéraux depuis les années 1980. Perçu de l’Etat par les familles, ce « chèque » serait ensuite apporté par celles-ci dans l’établissement de leur choix afin de constituer la dotation financière de ceux-ci…. après avoir bien sûr été abondé d’une part familiale plus ou moins importante (sans doute fonction du classement de l’établissement visé).

Magnifique projet qui, n’en doutons pas, tournerait le dos à l’Ecole républicaine pour tous.

 

II- Un obstacle

Il reste une étape essentielle pour ses tenants : gagner l’accord des enseignants comme des parents pour s’assurer une transition sans douleur. C’est le sens de la campagne menée sur l’instrumentalisation de l’Evaluation, sur la responsabilité des élèves, des enseignants et des familles dans l’échec scolaire, sur la remise en cause des aides collectives (RASED, Formation spécialisée, initiale et continue…), sur le coût du « mammouth » …

C’est aussi le rôle du rapport de l’IG (cf site du snuipp94) qui tout en constatant l’inefficacité des mesures installées en 2008 (aide personnalisée, stage de RAN, recul des RASED, nouveaux programmes, accompagnement éducatif, PPRE…) indique qu’il faut poursuivre. C’est ainsi qu’il insiste sur leur efficacité dans 2 domaines : l’explosion des réflexes de solidarité entre enseignants facilitant une gestion au profil, au résultat de leur carrière la mise en évidence de la nécessité d’un renforcement du rôle de la hiérarchie et dans ce cadre la création de structures conçues comme relais de cette autorité : les EPEP !

 

III- Une « nécessité incontournable » pour les libéraux

Celle d’un statut de directeur pour ces établissements. Comme toujours, les libéraux ont pris de l’avance et y travaillent depuis longtemps.

Cette idée remonte à de très nombreuses années : l’Ecole du XXIème siècle du ministre de l’époque Claude ALLEGRE en 1999 voici 10 ans, mais avant lui le projet de statut de « maître directeur » en … 1987 du ministre René MONORY y travaillaient déjà !

C’est d’ailleurs parce que ces projets se sont heurtés à l’époque à des batailles des personnels, refusant le corporatisme et la caporalisation des rapports dans l’Ecole, que les libéraux ont changé leur angle d’attaque. Tenant compte de leurs échecs, ils sont passés du projet frontal à la bataille idéologique. Bataille qu’ils mènent depuis lors pour faire, entre autre, admettre comme une évidence et rendre « incontournables » leurs propres projets.

C’est ainsi qu’ayant décidé de changer progressivement la réalité des écoles, ils ont, à cette fin, instrumentalisé les difficultés de fonctionnement qu’ils ont eux même créées depuis de nombreuses années. Outre le contenu de fond des missions et objectifs de l’Ecole, ces « évolutions » transfèrent constamment des missions nouvelles sur les collègues chargés de direction, sans jamais fournir une amorce de réponse aux attentes fabriquées (décharges notamment). C’est ainsi qu’ils ont pesé.

Double bénéfice, puisque tout en mettant en place l’Ecole de la concurrence des individus, ils laissaient ainsi s’exaspérer les rapports et les incompréhensions entre les directeurs et leurs collègues, sur la base même de la mise en place des dispositifs nouveaux. Ils ont travaillé à faire progressivement grandir l’idée que la solution aux problèmes serait un statut nouveau, plus conforme à leurs missions nouvelles… dans la cadre de la libéralisation rampante et inavouée de l’Ecole.

 

IV- Une tentation mortifère pour tous

Aujourd’hui la tentation du corporatisme est là ! Confrontés à une réelle difficulté à obtenir des avancées collectives et un recul des projets libéraux, les personnels sont habilement « invités » à se cantonner à des revendications parcellaires, qualifiées « d’entendables » par les gouvernants : bref à négocier leur condition individuelle en renonçant à toute mesure collective remettant en cause le sens du projet global sur l’Ecole.

C’est pourquoi le « dossier direction d’école » est régulièrement qualifié de « réel problème » par les ministres successifs, sans que jamais ils apportent une quelconque réponse de fond autre que la perspective d’un statut. C’est également ainsi que les collègues, confrontés à une réalité professionnelle de plus en plus difficile, sont insidieusement invités à perdre de vue que la dégradation de leurs conditions de travail relève d’abord d’un projet global visant l’ensemble du service public. Ils sont insensiblement amenés à se couper de leurs collègues adjoints en s’immisçant dans la gestion de leur carrière, de leur vie professionnelle…

 

Le piège est ici tendu. Toutes les forces libérales amplifient en ce moment insidieusement la bataille :
 

- Est-ce un hasard si l’on a vu ces dernières années un groupement de directeurs né directement de cette situation, être très vite invité à la table nationale des discussions sur ce dossier en dehors de toute représentativité ? Groupement qui progressivement participe de la montée en puissance de la « revendication statutaire » à partir du seul problème de la direction d’école ?

- Est-ce un hasard si deux syndicats archi minoritaires dans l’enseignement, bien connus pour leurs positions droitières, et les origines confessionnelles de l’un des deux, apporte son plein soutien à la revendication d’un statut ?

- Est-ce un hasard si le projet de loi de création des d’EPEP pourtant déjà ficelé par 3 députés UMP en 2008, et prévoyant un statut à vocation hiérarchique pour la direction d’Ecole, est toujours ajourné dans l’attente de trouver des soutiens proclamés ?

- Est-ce un hasard si la loi enjoint aux communes de financer toujours davantage l’enseignement privé dans la cadre d’une gestion déconcentrée des élèves et des personnels et en concurrence avec le Public ?

- Est-ce un hasard si le rapport de l’Inspection Générale, sorti ces jours-ci, conclue précisément sur … la nécessité des EPEP et d’un « rôle de relai pour la direction de ces établissements auprès des IEN » ?

NON bien sûr !

 

V- Une seule réponse : collective et solidaire

Qui pourra croire que c’est en agissant sur des dossiers isolément les uns des autres que l’on va concourir à améliorer la situation ?

Qui pourra croire que les questions de la direction d’école, réduites à celle d’un statut pour le directeur, serait sans rapport avec le projet de mise en concurrence des écoles ? des personnels ? des élèves ? Voir à cette fin, la volonté d’instrumentaliser les évaluations nationales -jusque là outils de régulation du système- pour en établir un classement des écoles (après celui des lycées).

Qui pourra croire que la volonté de renforcer le « pilotage des IEN », serait sans rapport avec la casse les droits des personnels exprimée à travers la remise en cause du paritarisme, avec la négation des droits syndicaux, des outils de défense collectifs ?

Qui pourra croire que ce statut nouveau serait créé sans lien avec la volonté de « mettre en place une nouvelle hiérarchie intermédiaire » attendue dans la Réforme Générale des Politiques Publiques (cf RGPP site du snuipp94) ?

Qui pourra croire que le statut du directeur règlera la question de la remise en cause de toute logique d’égalité dans le droit à l’éducation, et singulièrement grâce à la masse des réformes installées progressivement pour cela ?

Il faut que chacun garde la « tête froide » et se refuse de toute bataille corporatiste. Loin de toute réflexion cohérente pour l’Ecole publique, ses personnels et ses élèves. Une telle action ne pourrait que faire le bonheur de ceux qui poussent au crime.

En ces temps d’attaque généralisée, la solution aux revendications et besoins exprimés, est collective et globale. Toute action partielle ne pourrait que complexifier la situation en favorisant les projets de ceux qui veulent isoler les problèmes, pour mieux jouer des contradictions et avancer leurs fausses solutions.

 

Oui la direction d’école a besoin de temps, de moyens, de reconnaissance et de formation !

Mais il faudra d’abord revoir l’ensemble des mesures dé-régulatrices et génératrices de paperasse, de pressions sur les collègues, de culpabilisation des parents, des élèves qui dénaturent la fonction :

- Revoir les innombrables missions qui ont pour unique objet de transférer aux individus la responsabilité de l’échec des élèves (Evaluations, PPRE, PPAP, PPS, Conventions diverses …),

- Revisiter les missions de pacification des heurts sociaux qui ne sont que conséquence de la crise (signalements divers, suivis sociaux, gardiennage…)

- Revisiter les innombrables missions créées pour répondre à une municipalisation de l’école (commissions municipales diverses, gestion des actions éducatives, Conseils d’écoles, recherche complexe de crédits, démultiplication des projets pour la moindre action, PPMS, Protocoles divers …).

- Reconstruire des moyens d’aide à l’accueil du handicap, du sport à l’école, de la culture, de la pratique des langues, de la gestion des moyens techniques (entretien des locaux, des outils informatiques, audiovisuels …), de la médecine scolaire (PAI, vaccinations…), de l’aide sociale…

- Revoir la question du périscolaire : garderie du soir, études, aides aux devoirs, suivis éducatifs …

Il y aurait là beaucoup à faire pour recentrer la direction d’école sur sa fonction essentielle : animation d’une équipe et humanisation de la vie de l’école pour assurer la construction de connaissances. C’est la seule piste apte à rendre aux écoles leur âme !


Les libéraux veulent faire croire que « la responsabilité » est la mission première de cette fonction. C’est faux ! C’est leur choix de culpabiliser les individus, pour dédouaner le système et masquer le détournement des ressources, qui est porteur de cette vision.

Ce sont leurs choix qui conduisent à transférer l’organisation des missions de l’Etat sur les structures locales en conditionnant leurs ressources à celles des usagers et non aux richesses produites. Ce sont leurs choix qui conduisent à la nécessité de renforcer la hiérarchie et l’autoritarisme, pour mettre en place cette politique a contrario des besoins humains ! Ils ont choisi de configurer l’Ecole sur les seuls besoins économiques, ils ont choisi une Ecole du service minimum pour les déshérités, une Ecole qui rentabilise le savoir mais oublie sa dimension humaine et nécessairement solidaire. Ils ont besoin de moyens pour imposer ce choix qui se heurte aux attentes sociales : les EPEP et le statut de directeur en seront !

Nous, enseignants, parce que notre action pédagogique nous impose d’être porteurs des valeurs humanistes, nous pouvons, nous devons porter d’autres choix, une autre vision. C’est possible, c’est nécessaire. Le pire serait de se jeter dans la gueule du loup, comme nous y sommes progressivement invités.


Ensemble, tous ensemble ! Au delà du slogan, une nécessité impérieuse !

Ensemble, revendiquons dans le cadre d’un projet d’Ecole publique qui garantisse à tous un même droit à l’Education dans un cadre solidaire et citoyen. Revendiquons une Ecole serénisée, humanisée, Une Ecole républicaine.

Ensemble, réellement tous ensemble !

 

DES REVENDICATIONS POUR LA DIRECTION ÉTROITEMENT LIÉES À UNE AUTRE CONCEPTION DE L’ECOLE :

1- Plus de maîtres que de classes pour favoriser partout sur temps de travail l’aide aux apprentissages et profiter pleinement de la polyvalence de l’équipe

2- 3 heures hebdomadaires de concertation afin de gérer collectivement la vie de l’école

3- Pas une école sans décharge de service consacrée à la direction d’école avec un minimum d’une 1/2.

4- Retrait de tous les documents qui vont dans le sens de la culpabilisation des élèves et des maîtres : PPRE, Aide individualisée, Evaluations actuelles ...

5- Réflexion sur l’argent de l’école afin que les disparités sociales des élèves et économiques des ressources locales soient gommées.

6- Renforcement de la présence de la médecine scolaire auprès des élèves et gestion effective de leur santé (PAI, vaccinations, visites régulières, dépistages divers …)

7- développement de l’aide spécialisée partout afin que les élèves partout sur le territoire trouve aide publique et gratuite autant que de besoins

8- abandon de Base élèves et fourniture à toutes les écoles d’un outil informatique de gestion de l’école moderne, performant et ne constituant pas un fichage national des élèves

9- création d’un outil clair d’aide à la direction d’Ecole

10- clarification des missions sur la base du décret de 1989 et abandon de toutes les charges de travail qui conduisent à transférer des actions de gestion des collègues sur les directions d’écoles

11- création de corps statutaires et embauche de personnels autres qu’enseignants formés, rétribués à plein temps : assistants d’éducation, aide à plein temps à la scolarisation du handicap…

12- embauche de personnels qualifiés dans des corps existants : bibliothécaires, secrétaires…

13- renforcement des corps d’assistance sociale afin que dans toutes les écoles les élèves puissent être aidés socialement et éducativement …

OUI, des milliards pour une autre logique sociale et éducative, pour tous et non pour enrichir ceux qui le sont déjà !

REVENDIQUER pour le SNUipp, c’est ne pas se laisser enfermer dans les logiques à l’œuvre, c’est se DEFENDRE et TRANSFORMER

REVENDIQUER s’est se refuser au corporatisme qui ne peut que renforcer les divisions entre personnels qui ont les mêmes intérêts fondamentaux

 

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L’un des mérites de ce long texte est de bien faire connaître la position du SNUipp. Les enseignements y sont nombreux.

Comme toujours, les directeurs d’école sont qualifiés d’« enseignants chargés de direction » ou appelés « direction d’école », les « opposants » à l’idéologie du SNUipp présentés comme des « libéraux » et un « groupement de directeurs » assimilé aux « forces libérales ».

Le « statut de directeur d’EPEP » n’est autre qu’une « nécessité incontournable pour les libéraux » et leur « projet libéral ». Et, bien sûr, le SNUipp ne serait plus le SNUipp s’il ne faisait allusion à « une réponse collective et solidaire » en forme de credo pour « améliorer la situation » de l’école…

 

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 23:49

L’annonce d’un éventuel dépôt de proposition de loi visant à la création d’EPEP met en émoi les syndicats enseignants du premier degré et les contraint à engager une réflexion « en interne » pour la plupart d’entre eux. Le SE-Unsa va plus loin et met en ligne un questionnaire sur l’opportunité de créer des EPEP.

Il aura suffi que le député Frédéric Reiss (UMP, Bas-Rhin) indique à l’agence de presse AEF le jeudi 15 octobre qu’il compte déposer une nouvelle proposition de loi sur la création d’Epep « dans l’année quand le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel sera prêt » pour que les états-majors syndicaux fassent connaître leurs réactions.

Réaction d’abord face à l’initiative du GDID qui a lancé une pétition couronnée de succès appelant les syndicats à « ouvrir enfin un vrai débat, sans tabous, sans exclusivités, sans préjugés » sur le métier de directeur. Réaction ensuite sur la création d’EPEP.

Le Scenrac-CFTC réaffirme son soutien à la création d’un statut pour le directeur d’école, éventuellement dans le cadre d’un établissement public du premier degré. « Il est urgent de prendre une décision [...] De plus en plus de directeurs occupent les fonctions sans formation et le rapport de l’Igen publié en septembre montre bien qu’il manque un maillon dans le premier degré », estime Michel Trudel, président du Scenrac-CFTC. Le syndicat plaide pour la création d’un statut non hiérarchisé : « L’école a besoin d’un pilote, mais en tant qu’animateur de l’équipe pédagogique, il ne doit pas être le supérieur de ses collègues », explique-t-il. Le modèle proposé par le syndicat impliquerait la création d’un concours, la mise en place d’une formation initiale et, « pourquoi pas, l’intégration des directeurs d’école au corps de direction du second degré ».

 

Le SE-Unsa prend ses distances avec les positions du GDID, ne soutiendra pas la pétition, mais aborde la question à travers une publication et un questionnaire électronique sur la création des Epep. « Quelle structure administrative et pédagogique, avec quels objectifs, quels modes opératoires, quelle architecture financière et juridique mais aussi quel pilote sont les plus à même, aujourd’hui, de répondre efficacement aux nouveaux défis que doit relever l’école primaire ? », s’interroge le syndicat, invitant notamment ses adhérents à se prononcer sur l’opportunité de créer des établissements publics dans le premier degré. En proposant ce questionnaire, le syndicat a conscience d’avoir « franchi un cap ». « Avant, la réflexion était menée en interne, certains collègues refusaient d’en parler, c’était épidermique, déclare Stéphanie Valmaggia, déléguée nationale du SE-Unsa. Mais quand Frédéric Reiss a annoncé qu’il voulait déposer une nouvelle proposition sur les Epep, nous avons voulu prendre la température de la profession. Et nous avons beaucoup, beaucoup de réponses », affirme-t-elle. « Sur un peu plus de 400 retours, 97 % des interviewés constatent que ça va mal, et à la question ‘’faut-il créer un établissement public dans le premier degré’’, 84 % répondent ‘’oui’’ », rapporte la syndicaliste, précisant que la majorité sont « des directeurs d’école ». Le syndicat, qui n’est pas opposé par principe à la création d’établissements publics dans le premier degré, veut laisser à ses adhérents la possibilité de trancher la question lors de son congrès de Brest (Finistère) à la mi-mars 2010. « Le GDID a tendance à prendre le problème uniquement sous l’angle de la fonction de directeur ; au SE nous partons de l’organisation de l’école pour définir ensuite les conditions d’exercice adéquates », explique Stéphanie Valmaggia.

Pour le syndicat, dans un contexte de « resserrement des corps », la création d’un nouveau statut de directeur d’école n’est pas pertinente : « Un nouveau statut signifierait recréer des concours, des corps, il y en a déjà beaucoup trop. » En tant qu’animateur de l’équipe pédagogique, le directeur d’école doit garder un pied dans la classe et surtout ne pas être transformé en « administratif pur ».

 

La déléguée nationale du SE-Unsa se félicite du taux de retour de l’enquête « nous avons beaucoup, beaucoup de réponses » avant d’en préciser le nombre ridiculement bas : 400 réponses… Elle enfonce également des portes ouvertes lorsqu’elle déclare qu’il y a déjà beaucoup trop de corps… Qu’elle se rassure, le gouvernement ne créera pas de corps supplémentaire puisque sa politique consiste à les fusionner et à les rapprocher par familles de métiers comme nous l’avons expliqué le 19 août dernier dans l’article intitulé : Quid du statut des directeurs dans la réforme de la fonction publique ?

A noter que le SE-Unsa rompt le silence prudent qu’il s’était imposé sur la question du statut du directeur et déclare tout de go que « Les collègues ont beaucoup souffert ces deux dernières années de la pression des IEN, ce n’est pas le moment de leur imposer un chef supplémentaire. » Dont acte.

 

Le Sgen-CFDT, qui a ouvert « le débat longuement en interne » sur la « direction d’école », « le fonctionnement de l’école » et « la création des Epep », « communiquera prochainement sur le sujet », explique Joël Devoulon, secrétaire national. « Nous ne sommes pas hostiles à la mise en place d’un établissement public dans le premier degré, mais le précédent projet d’Epep transférait la responsabilité de l’école au maire sans régler les problèmes de gestion quotidiens », explique-t-il. Wait and see…

 

Rien de nouveau au SNUipp-FSU qui reste hostile à toute modification du statut de l’école et continue d’évoquer le « fonctionnement collectif de l’école ». Selon Gilles Moindrot, l’établissement public ne constitue pas « une solution en soi » aux problèmes de fonctionnement de l’école primaire, si ce n’est en matière de gestion financière. Au contraire, l’Epep risque d’accroître la pression administrative sur les directeurs d’école. La profession, « globalement hostile » à ce type de structure, demande « plus de temps » pour effectuer son travail. « Aujourd’hui, les relations entre les collectivités et les directeurs d’école se passent bien. »

Le SNUipp demande une « clarification des missions afin d’en tirer toutes les conséquences en termes de moyens, de décharges, le temps de formation et tout ce qui peut améliorer le fonctionnement collectif de l’école ».

 

Aux yeux du Snudi-FO, les Epep représentent un « danger de transfert de la compétence éducation de l’État aux collectivités locales », et, pour, les élèves des « inégalités de traitement ». « On le voit déjà avec les MDPH, en fonction du budget des conseils généraux, les différences de traitement sont très importantes », assure Norbert Trichard, secrétaire général du syndicat.

Le Snudi craint aussi que les enseignants du premier degré ne perdent leur statut de fonctionnaire d’État.

Pour lutter contre les difficultés des directeurs (multiplication des tâches annexes, surcharge de travail, relations avec des partenaires « imposés », etc.) le syndicat demande au ministère l’ouverture de négociations pour l’amélioration du temps de décharge des directeurs et la revalorisation des indemnités. Il est également favorable à la création de postes d'administratifs. « Pour l'instant, ces tâches administratives sont assurées par des EVS, pas formés et mal payés », conclut-il.

 

Bref, on le pressent, beaucoup d’eau va encore couler sous les ponts avant que les directeurs d’école ne soient reconnus par un statut professionnel.

D’abord parce que la proposition de loi visant à la création d’EPEP ne sera déposée que lorsque le ministre « sera prêt ». Le sera-t-il un jour ?

Ensuite parce que l’impopularité grandissante de l’exécutif n’est pas de nature à lui faire assumer de nouveaux risques sociaux.

Enfin parce que les syndicats affûtent leurs arguments et retardent ainsi le moment où le ministre « sera prêt » à entreprendre de telles réformes…

 

Certes, hormis le SNUipp, les syndicats ont évolué sur la notion d’établissement public du premier degré mais force est de constater qu’ils sont loin d’être favorables à un statut de directeur d’école…

Leurs positions de dialogue tiennent davantage du geste pour la forme que d’une réelle avancée vers la reconnaissance de notre métier…

Un pas en avant, deux pas en arrière ?

 

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 12:00

Selon le Se-Unsa et le SNUipp, le dossier des EPEP (établissement public de l'enseignement primaire), gelé depuis 2008, devrait rebondir. Les syndicats annoncent le dépôt cet automne par l'UMP d'une proposition de loi visant leur création.

Une précédente proposition avait été déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale par trois députés UMP, Benoist APPARU (Marne), Frédéric REISS (Bas-Rhin) et Guy GEOFFROY (Seine-et-Marne) le 25 septembre 2008.
Relire nos articles dans la catégorie "EPEP".


Cette proposition de loi relative à la création d'EPEP avait été préparée en étroite collaboration avec le ministère de l'Éducation nationale puisque, dès le lendemain, Xavier DARCOS acte la création des EPEP, en attribuant dans son budget 2009, 500 postes administratifs aux écoles constituées en EPEP. Dotation qui n’était que prévisionnelle et qui fut donc retirée sans modification de la Loi de Finances.

Cette proposition prévoyait la création automatique d'un EPEP à partir de 15 classes et la possibilité de l'ouvrir à partir de 13 classes. A la tête de chaque EPEP un directeur chef d'établissement assisté d'un conseil d'administration où les enseignants seraient minoritaires.

De report en report, du fait de l’affaiblissement et de l’usure de Xavier Darcos, ce texte avait été remisé dans les cartons dans l’attente de jours meilleurs…

Le 13 mai 2009, Eric Woerth présente en conseil des ministres un second rapport d’étape sur la RGPP (le premier bilan avait été rendu public le 3 décembre 2008). Il pointe la mise au point mort de la création des EPEP et alerte le Ministère de l’Education Nationale.

Depuis, Benoist Apparu (l’un des auteurs de la proposition de loi de 2008) est entré au gouvernement, et Luc Chatel a remplacé Xavier Darcos.

Selon une dépêche AEF, « À la fin du mois de septembre », Frédéric Reiss devait s’entretenir avec Luc Chatel, afin de connaître sa position sur le dossier des EPEP. « Je ne veux pas le mettre en difficulté s'il n'y croit pas », indiquait-t-il.

Cette seconde proposition de loi distinguera de façon plus claire « le cas des communes rurales et celui des villes moyennes », précise Frédéric Reiss. « Il existe de petites écoles rurales qui fonctionnent très bien et auxquelles il n'est pas question de toucher », explique-t-il. « Mais il sera sans doute nécessaire de revoir les cartes scolaires dans certaines agglomérations », ajoute-t-il.

 

Les réactions syndicales n’ont pas tardé. Le SNUipp rappelle ses positions de fin 2008. Une sorte de statu quo dans la réflexion…

Voici ce que qu’écrivait ce syndicat lors de la présentation de la proposition de loi visant à créer les EPEP :

« Décryptons…
A l’heure actuelle, les écoles maternelles et élémentaires n’ont pas de statut « juridique ». Elles ne peuvent par exemple gérer d’argent, aucune hiérarchie n’existe en leur sein. Elles sont donc « irresponsables » d’un point de vue comptable et administratif.
Financièrement parlant, elles dépendent des subventions de fonctionnement attribuées par les municipalités tout en ayant développé des associations coopératives regroupées au sein de l’OCCE par exemple.
Pédagogiquement parlant, aucun compte n’est à rendre aux mairies, le premier échelon de la hiérarchie ne se trouve pas au sein des écoles, mais à l’extérieur : c’est l’inspectrice ou l’inspecteur de la circonscription (IEN).
Ce qui est remarquable dans ce statut « d’irresponsabilité », c’est que malgré les difficultés de tous ordres, cela fonctionne plutôt pas mal depuis près de 100 ans !
 »

 

Le SE-Unsa semble avoir une position moins rigide et plus pragmatique.

« Pour le SE-UNSA, l’existence, en soi, d’établissements publics du primaire ne signifie pas la fin du service public. Cependant, faut-il aller vers une césure entre urbain et rural comme cette proposition de loi y mènerait ? Si on voit bien l’intérêt gestionnaire qui anime les auteurs de ce texte, faut-il faire l’impasse sur le pédagogique ? Des structures de plus de 350 élèves sont-elles une norme acceptable pour accueillir des enfants ? Quelles seront les conséquences pour les enseignants des écoles ? C’est ce que le SE-UNSA a tenté de faire valoir auprès du ministère et des parlementaires.

Le SE-UNSA a rencontré divers interlocuteurs, notamment l’ANDEV et le groupe socialiste à l’assemblée nationale. Nous avons aussi été conviés directement par Frédéric REISS, un des rédacteurs du texte. Nous lui avons fait part de nos interrogations et de nos doutes sur la mise en place de telles structures qui visent davantage à satisfaire des visées gestionnaires qu’à améliorer le fonctionnement de l’école.

Enfin, la création automatique d’EPEP, sans avis préalable de la communauté éducative, nous semble de nature à créer des tensions dans les écoles. » (2008)

 

« Le SE-UNSA ne considère pas que la situation actuelle des écoles primaires est satisfaisante. Conscient que des changements sont nécessaires, il impulsera une réflexion sur l’évolution du fonctionnement de l’école, de sa structuration juridique et son autonomie financière avec pour seul objectif l’amélioration de l’efficacité pédagogique. Cette réflexion doit clarifier la nature des relations avec les collectivités territoriales, les niveaux de responsabilité et la place de chacun. »

Le SE-UNSA ne fait pas partie de ceux qui considèrent que l’Ecole Primaire française fonctionnerait parfaitement. Entre la fin du XIXème siècle où la République l’a imposée en France et 2007, son fonctionnement a beaucoup évolué, tout comme la société dans laquelle elle agit. Les collègues, qu’ils soient adjoints ou directeurs, nous le disent : ils ne trouvent pas forcément dans sa structure actuelle toutes les réponses satisfaisantes pour faire face aux nouvelles missions, aux nouvelles pratiques qui sont les leurs. Le SE-UNSA ne pense donc pas qu’il faille ignorer ces réalités : le statu quo ne saurait constituer une solution satisfaisante. Le fonctionnement en réseau autour d’un collège, la nécessité de développer le travail en équipe, les partenariats font notamment partie des véritables questions à approfondir. Pour le SE-UNSA, c’est de l’intérêt des élèves, du projet de l’école, de l’efficacité pédagogique que doit découler tel ou tel mode de gestion et non l’inverse.

Nous vous invitons ainsi à participer au débat en répondant à l’enquête ci-contre. » (2009).

 

Et, de fait, le SE-Unsa donne la parole aux enseignants (adjoints et directeurs) sous la forme d’un questionnaire :

 

Quelle évolution du fonctionnement et de la direction d’école ?

1. La situation actuelle vous paraît-elle satisfaisante ? OUI NON

Si non, pourquoi ?

…………………………………………………………………………………………...............

 

2. Pour vous, la création d’un établissement public dans le premier degré est-elle envisageable ?

OUI - NON

 

Si non, précisez pourquoi …………………………………………………………………………………..............

 

Si oui, indiquez ses avantages (numérotez par ordre de priorité) :

........ : une meilleure reconnaissance des directeurs d’école

........ : une meilleure autonomie

........ : une structuration juridique plus assurée

........ : une meilleure efficacité pédagogique

........ : une organisation financière et administrative plus opérationnelle

........ : autres ? Précisez : ....................................................................................................................................................

…………………………………………………………………………………………………………………………………………....

3. Quelles autres structurations de l’école vous paraissent envisageables ?

- un EPLE comme dans le 2nd degré

- des regroupements pédagogiques en milieu rural

- des fusions d’école en milieu urbain

- le statu quo

- autres ? Précisez : ...........................................................................................................................................

 

4. Pour vous, quelles exigences doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré ?

………………………………………………………………………………………………………………………

 

5. Autres remarques

………………………………………………………………………………………………………………………

 

Enquête à remplir pour le 3 novembre 2009 en cliquant ICI

 

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 13:27
 

Le 7 octobre, c'est la journée mondiale pour le travail décent. Les syndicats se mobilisent dans plus de 100 pays pour exiger une action plus ferme des gouvernements par rapport à la reprise et à la réforme économique, a indiqué la Confédération syndicale internationale (CSI).

 

Si l’on se bat pour le travail décent, alors, les directeurs d’école français devraient être aux premières places des préoccupations syndicales.

 

Le SNUipp participera à ce « 7 octobre intersyndical » avec pour slogan : « Et si l’éducation avait besoin d’idées neuves ». Il se base sur de récentes études de l’OCDE qui indiquent « qu’avec 5,9 % de son PIB consacré à l’éducation, elle [la France]  se classe au 11ème rang des pays de l’OCDE. Bien en deçà de la moyenne qui s’élève à 6,1 %. Loin derrière des élèves apparemment plus innovants comme le Danemark, l’Islande, les Etats-Unis ou la Corée qui dépassent les 7 % du PIB. »

L’OCDE précise également que « la taille des classes constitue le principal déterminant de la différence de coût salarial moyen par élève en pourcentage du PIB ».

 

C’est le moment qu’a choisi Luc Chatel pour annoncer des premières propositions en la matière conscient de la nécessité « d’améliorer les conditions de travail, le statut social et les revenus » des enseignants.


C’est dans cette perspective que la FSU et 6 autres organisations appellent les enseignants des écoles à participer à la journée internationale sur le travail décent prévue le 7 octobre. Des rassemblements, meetings, manifestations, conférences de presse, sont programmés un peu partout en France.

Le SNUipp, quant à lui, n’entend pas en rester là et annonce que dans les prochaines semaines, il souhaite débattre avec les enseignants de la notion de « travailler mieux, travailler autrement »

 

Différentes questions seront ainsi étudiées :

-          comment travailler avec des petits groupes ?

-          Quelles utilisations possibles du « plus de maîtres que de classe » ?

-          Quelles missions pour la maternelle ?

-          Comment renforcer les collaborations avec les RASED ?

-          Quels besoins en formation ?

-          Quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction ?

Autant de questions à explorer avec les enseignants pour inventer d’autres fonctionnements et débattre des modalités d’action pour obtenir les moyens de cette nouvelle école.

 

Non, nous n’avons pas rêvé, le SNUipp envisage bel et bien de rechercher de « nouvelles organisations pour la direction ». Prise de conscience que le statu quo ne mène à rien ? Amorce de réflexion sur la reconnaissance du métier de directeur d’école au XXIème siècle ?

 

Si nous saluons la volonté syndicale de s’intéresser enfin au problème des directeurs, il convient de ne pas nous réjouir trop vite… En effet, le SNUipp évoque la « direction » et non le « directeur ».

Les mots ont un sens. Ils reflètent la pensée et leur choix est rarement le fruit du hasard, notamment chez les responsables syndicaux.

 

Est-ce un premier pas timide vers une reconnaissance institutionnelle du directeur d’école ? Une sorte de revirement discret pour ne pas effrayer les tenants de la ligne dure « anti-p’tits chefs » ?
La direction nationale du SNUipp devra notamment convaincre ses sections départementales, à commencer par celle de l’Oise qui conteste les textes régissant l’organisation de l’école.

 

Ainsi, dans ce département, le SNUipp 60 publie le communiqué suivant :

« …dans l’Oise, l’Inspecteur d’Académie utilise les résultats départementaux [des évaluations CE1-CM2] pour remettre en cause l’organisation pédagogique des équipes dans certaines écoles, en demandant aux directeurs d’exercer une « responsabilité pédagogique globale », tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique : en effet, il fait injonction à ces directeurs de « juger de la pertinence de l’attribution des classes de cycle 2 » en la modifiant autoritairement, alors que cette organisation incombe réglementairement au conseil des maîtres. »

 

Le Décret n°89-122 du 24 février 1989 relatif aux directeurs d'école est pourtant clair et notamment son article 2 qui définit les fonctions du directeur :

 

Il [le directeur d’école] répartit les élèves entre les classes et les groupes, après avis du conseil des maîtres. Il répartit les moyens d'enseignement. Après avis du conseil des maîtres, il arrête le service des instituteurs et professeurs des écoles, fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires pendant les heures et périodes au cours desquelles ils sont utilisés pour les besoins de l'enseignement et de la formation.

 

L’IA de l’Oise ne fait que rappeler les prérogatives des directeurs et l’on voit mal en quoi ce rappel des textes serait une « tête de pont aux prémices d’un statut hiérarchique »…

 

On peut donc légitimement se demander si l’objectif annoncé de rechercher « quelles nouvelles organisations élaborer pour la direction » n’est pas, au contraire, une façon déguisée d’amener les adhérents à se prononcer pour un « conseil des maîtres décisionnaire » ? On sait la direction nationale du SNUipp très attachée à ce concept.

Pour l’instant, pas de procès d’intention mais une clarification s’impose. L’ambiguïté doit être levée au plus tôt.

Si, comme le dit  le slogan, l’éducation a besoin d’idées neuves, il serait bon de commencer par la gestion des écoles et la reconnaissance du directeur.
Comme le rapporte le SNUipp, « les vieilles recettes ne font plus fortune… » Alors, souhaitons que ce 7 octobre, journée mondiale pour le travail décent, on pense un tant soit peu aux directeurs d’école…

 

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