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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

 

8

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 23:29

Philippe Seguin, premier président de la Cour des Comptes, n’a pas manqué de fustiger la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux en présentant le rapport de la Cour sur « les effectifs de l’Etat » de 1980 à 2008.

« L'État se révélant incapable d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence, sa politique du personnel est dictée principalement par des considérations budgétaires de court terme », a souligné Philippe Seguin.

Il a en outre regretté que cette règle forfaitaire de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux "résulte d'une démarche purement quantitative", sans évaluer la qualité des missions de service public.

Cette règle, limitée en termes de réduction des dépenses et du déficit, l’est également dans le temps. En effet, la pyramide des âges de la fonction publique est telle qu'elle ne pourra fonctionner à très long terme, estime-t-on à la Cour des Comptes. En effet, à partir de 2013, le nombre de départs en retraite dans la fonction publique d'Etat devrait tomber à environ 10.000 par an, ce qui reviendrait à une économie de seulement 5.000 postes.

Pour M. Séguin, étant donné la "dégradation accélérée de nos finances publiques", "il y a urgence à mettre en place une politique globale de gestion du personnel public", gestion actuellement "éclatée" et lacunaire selon le rapport.

 

La baisse des effectifs dans la Fonction publique d'Etat a été plus importante que prévue, avec 28.000 équivalents temps pleins (ETP) supprimés en 2008, contre 22.921 fixés par la loi de finances, selon un communiqué de l'Elysée publié mercredi à l'issue du Conseil des ministres, précise le journal « l’Expansion ». L'écart "traduit l'anticipation par certains ministères de suppressions de postes prévues dans le cadre du budget 2009-2011", précise un communiqué du ministère du Budget et de la Fonction publique.

Ces réductions d'effectifs interviennent dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), nous en avons largement fait écho sur ce blog (relire nos nombreux articles sur le sujet).

 

Les syndicats enseignants n’ont pas attendu pour tirer la sonnette d’alarme. Pour le SE-Unsa, « l’addition est particulièrement salée ».

« Le Comité Technique Paritaire Ministériel du 16 décembre a mis à son ordre du jour la répartition des moyens pour la rentrée 2010. Un dénominateur commun à toutes les données qui nous ont été communiquées : faire plus avec moins ! La difficulté de la tâche explique sans doute la communication tardive des documents, moins de 24 heures avant l’ouverture des travaux.

Dans le premier degré, la répartition de 1 650 emplois camoufle mal la diminution importante des moyens pour les écoles. En effet, dans le contexte de la réforme de la formation des enseignants, ce sont 9 182 emplois de stagiaires qui disparaissent. Chacun d’eux exerçait à quart temps devant les élèves. Ce sont donc près de 2 300 équivalents temps plein qui se volatilisent ainsi. Dans le même temps, on annonce l’arrivée de 5 400 élèves supplémentaires dans les écoles. Moins de postes pour plus d’élèves : en la matière l’imagination n’est pas fertile : c’est encore la scolarisation des deux ans et les remplacements qui vont payer leur écot à cette politique ».

[…] « Au moment où l’Etat réussit à trouver trois milliards pour les restaurateurs, il fait payer une addition particulièrement salée à l’Education nationale : les 16 000 emplois économisés représentent une économie de 500 millions d’euros. »

Pour le SE-UNSA, « cette stricte politique budgétaire, qui ne voit dans l’Education nationale qu’un gisement d’économies d’emplois, va à rebours d’une politique ambitieuse : celle de l’investissement dans l’Education », déclare Christian Chevalier, Secrétaire Général du SE-Unsa.

 

Côté FSU, les réactions sont tout aussi indignées. "Arrêtons ce jeu de massacre en période de crise", a réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, premier syndicat dans la Fonction publique d'Etat (2,5 millions de fonctionnaires), sur France Info.

"Pas étonné" par ces chiffres, il a expliqué que "depuis la mise en œuvre de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), on parle de plafond d'emplois : c'est-à-dire que chaque ministère, chaque administration a un nombre maximum d'emplois dont il peut disposer mais il n'est pas obligé d'atteindre ce maximum, il peut faire des économies supplémentaires".

"C'est manifestement ce qui se fait depuis plusieurs années, et je crains que pour 2009 et 2010 on ait le même phénomène de suppressions d'emploi qui viennent s'ajouter à celles déjà prévues par le législateur", a-t-il ajouté.

 

Paradoxalement, les effectifs de l'ensemble de la fonction publique française ont augmenté de 36% entre 1980 et 2008. Comme nous l’avons déjà expliqué, la progression de l'emploi public résulte essentiellement des collectivités territoriales (+71%). Et, malgré d'importants transferts de compétences aux collectivités, la décentralisation n'a entraîné aucune baisse ni même stabilisation des effectifs de l'Etat, a relevé Philippe Séguin.

"Les effectifs s'ajustent très peu à la baisse de la demande ou des besoins mais sont au contraire très réactifs aux nouvelles sollicitations", a-t-il ajouté.

Ainsi, les effectifs du ministère de l'Agriculture et de ses opérateurs ont doublé alors que le poids de l'agriculture dans l'emploi et la richesse nationale était divisé par deux.

Philippe Seguin note que la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux profite en outre aux "administrations pléthoriques et sous-productives" qui ont moins de mal que les autres à "rendre des effectifs". "On récompense donc les mauvais élèves, ceux qui, au fond de la classe et depuis très longtemps, résistent aux efforts de productivité", tranche Philippe Séguin. "Les personnels de l'État, des collectivités et des hôpitaux sont la principale force du service public. Nous ne pouvons leur offrir comme seule perspective une rationalisation froide et permanente", ajoute-t-il.

 

C’est pourtant cette perspective que réserve le ministère de l’Education nationale à ses personnels comme le confirme l'édition annuelle de l'Etat de l'école, une publication ministérielle, qui vient de sortir. Cette étude est un bon indicateur du désinvestissement public. Ainsi, apprend-on que, de 2000 à 2009, près de 140 000 emplois d'enseignants ont disparu (1 124 389 à 985 573).

Cette « rationalisation froide et permanente » est, sans nul doute, l’un des éléments qui contribuent au malaise que nous rencontrons dans l’enseignement et dont nous avons rendu compte dans de récents articles.

 

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 12:12

Nos deux derniers articles (*) concernaient le malaise enseignant. Ce mal-être est profond puisque « près d'un enseignant en fin de carrière sur deux n'attend qu'une seule chose : partir le plus vite possible » selon l’enquête du « Carrefour santé social ».

Les enseignants sont souvent perçus dans l’opinion comme des salariés travaillant relativement peu (horaire hebdomadaire moindre que le salarié du privé et nombreuses vacances...). Certes, de plus en plus ces dernières années, la difficulté du métier est mise en avant dans les médias. Le public prend ainsi conscience qu'il n'est pas de tout repos.

 

Qu’est-ce qui rend ce travail si difficile ? Les réponses sont multiples même si reviennent le plus souvent le comportement des élèves, le bruit, le volume de travail. Mais si on laisse les enseignants parler spontanément, ils mettent en avant le manque de considération et de reconnaissance, une critique qui vise l'institution. L'épuisement psychologique  vient ensuite. Certaines catégories d'enseignants sont plus touchées que d'autres. Il s'agit d'abord des professeurs de collège, ensuite des enseignants de technologie, une discipline qui se sent peu considérée, et des directeurs d'école dont la fonction est peu reconnue par l'institution.

 

Créé, début 2005, par Jean-Michel Laxalt, président de la MGEN, le "Carrefour santé social" est un lieu d’échanges et de réflexion. Il associe la MGEN, les fédérations FSU et UNSA Éducation et Sgen-CFDT, ainsi que les syndicats SNES/FSU,   SNUipp/FSU, SE-UNSA, SNPDEN. Très rapidement, les partenaires rassemblés au sein du "Carrefour santé social" se sont donné pour mission de conduire des travaux sur les thématiques de la santé et du travail.

Cette enquête, sous forme d’un questionnaire déclaratif et anonyme a été mise en ligne sur les sites Internet de la MGEN, de l’Unsa Éducation, de la FSU et des syndicats SNES, SNUipp/FSU, SE UNSA, Sgen-CFDT et SNPDEN. Les partenaires ont diffusé un questionnaire sur leurs sites respectifs. Le but : recenser les opinions de leurs internautes sur leurs conditions de travail et de santé, comprendre leurs motivations à réduire ou prolonger la durée de leur service et enfin évaluer leurs attentes et leurs aspirations.

 

Profil des répondants à l’enquête

93% sont adhérents à la MGEN et 60% sont syndiqués.

Les répondants sont pour la plupart professeurs des écoles (55,2% des répondants), certifiés (25,3%) ou agrégés (6,4%), exerçant à temps complet pour 88,7% d’entre eux. Ils exercent essentiellement en école élémentaire (51,6%), dans les collèges (23,0%) et dans des lycées d’enseignement général, technique ou professionnel (19,3% en tout).

 

Appréciation sur leur travail

La majorité des répondants ont une perception positive de leur métier (54,5%), alors qu’un peu plus de 6% ne sont pas du tout satisfaits.

Une grande partie des répondants jugent leur travail intéressant (47,2%), même s’il est jugé fatigant (55,2%) ou même stressant (43,3%).

Les professeurs de l’enseignement supérieur ont une perception beaucoup plus positive de leur métier : plus que les autres enseignants, ils jugent avec les agrégés leur métier épanouissant, valorisant et en soulignent le caractère enrichissant.

Les professeurs enseignants au collège sont les plus négatifs sur leur métier, qu’ils perçoivent moins « passionnant », moins « enrichissant », moins « valorisant », plus « éprouvant, pénible, décourageant » et surtout plus « stressant » que leurs collègues.

A noter : le qualificatif « enthousiasmant » n’est quasiment jamais choisi.

 

Commentaires spontanés sur l’appréciation du métier

Ces verbatim sont majoritairement composés de critiques des conditions de travail et d’attentes ou de suggestions d’amélioration de leur situation professionnelle en fin de carrière.

Les professeurs en collège (PEGC) représentent la catégorie d’enseignants qui émettent le plus de critiques spontanées sur leurs conditions de travail :

Le manque de considération, de reconnaissance constitue la critique la plus fréquente, surtout de la part des professeurs des écoles. Ce reproche s’adresse :

-       principalement à l’institution Education Nationale, à qui ils font grief notamment de multiplier les réformes et les changements successifs de programmes,

-       puis à leur hiérarchie directe dans les établissements,

-       aux parents d’élèves,

-       et enfin aux inspecteurs, critiqués pour des inspections, jugées trop rares, davantage orientées sur la sanction et peu sur le conseil.

L’« épuisement psychologique » des enseignants en général (stress, troubles du sommeil) est le deuxième motif d’expression libre.

 

A noter, la lassitude particulière de deux catégories de professeurs :

Les professeurs de technologie (évolution permanente des programmes, discipline peu considérée et difficultés ressenties à suivre les évolutions constantes à la fois des technologies et des programmes)

 

Les Directeurs d’école sans décharge de classe ou avec une décharge jugée insuffisante, qui souffrent du manque de considération de leur fonction et estiment devoir assumer une surcharge importante de travail insuffisamment rémunérée.

« Le Ministère de l'Education Nationale va-t-il se moquer encore longtemps des directeurs d'école primaire (…) qui sont taillables et corvéables à merci, qui doivent effectuer des tâches de plus en plus nombreuses, assumer des responsabilités de plus en plus lourdes, être les interlocuteurs de nombreuses personnes, structures ou associations...sans être rémunérés pour le temps passé et les risques encourus et qui doivent, très souvent, également enseigner dans des conditions de plus en plus difficiles !

Beaucoup libèrent leur direction, laissant la place à des jeunes insuffisamment formés ou à des adjoints non volontaires, commis d'office. Ce qui était il y a quelques années une promotion devient maintenant la dernière fonction à demander ».

« J'ai adoré ce métier mais je suis très contente de partir, tant je suis épuisée et écœurée surtout depuis que j'ai fait la folie de prendre une direction. »

 

Médecine du travail et politique de prévention

L’absence de médecine du travail et le souhait de voir le ministère de l’Education Nationale appliquer la législation du travail reviennent de façon récurrente dans l’expression des attentes.

 

Attentes vis-à-vis de l’employeur Education Nationale

Les attentes de reconversion en fin de carrière conduisent une partie des enseignants à formuler des revendications à l’employeur Education Nationale :

Formation continue tout au long de la carrière d’enseignant qui permet une adaptation continue de l’exercice professionnel et bilan de compétences.

 

Attentes vis-à-vis des syndicats

Les enseignants et plus particulièrement les professeurs des écoles, les enseignants en collèges, en lycées professionnels ont souhaité exprimer reproches et attentes à l’égard des syndicats :

Attentes d’une aide pour le calcul des retraites, notamment dans le cas complexe de multi-carrières et pour les enseignants en situation de handicap

Reproches : une prise en compte insuffisante dans les négociations avec le gouvernement sur la retraite, la pénibilité du travail, les interruptions dans la carrière pour élever des enfants, l’écart de comptabilisation des enfants dans le calcul de la retraite entre secteur privé et Education Nationale des enseignants ayant atteint le nombre de trimestres de cotisation avant l’âge de 60 ans et qui sont obligés de continuer à travailler jusqu’à cet âge, sans en retirer d’avantage financier.

 

L'usure d'une bonne partie du corps enseignant est, à n’en pas douter, un défi qui s’impose à tout ministre de l’Education nationale.

Cette nouvelle enquête met en avant le malaise des directeurs d’école. A ce titre, elle n’apporte rien qui ne soit déjà connu des pouvoirs publics et des syndicats. Pour autant, elle n’apparaîtra pas inutile si elle permet d’accréditer un peu plus l’impérieuse nécessité d’apporter une solution au problème. Et l’on ne pourra plus longtemps se contenter de la réponse du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel : « Je suis également ouvert à une réflexion sur le rôle des directeurs d’école, dont les responsabilités se sont effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination. C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

La responsabilité des syndicats enseignants est également engagée. Leurs responsables ne pourront plus indéfiniment se cacher derrière des motions de congrès ou des propos lénifiants à la veille de chaque élection professionnelle pour faire patienter encore et toujours les directeurs d’école. Le temps de la réflexion n’a que trop duré. Il est temps de passer à l’action.

Luc Chatel aura-t-il les moyens d’aider les directeurs d’école ? Les syndicats auront-ils la volonté de les entendre ?

 

(*) A lire ou relire

- Malaise et désenchantement dans l’Education nationale
- Une cause du malaise enseignant : la faillite du remplacement des maîtres absents

 

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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 23:07

Les suppressions de postes concernent de plus en plus les enseignants affectés au remplacement de leurs collègues absents. Cette situation, fruit de la politique de restrictions budgétaires, est source de malaise chez les enseignants. Malaise des directeurs d’école qui doivent gérer dans l’urgence la répartition des élèves entre les classes des maîtres présents. Malaise accentué par le fait que ces mêmes directeurs doivent souvent faire face à l’incompréhension des familles qui ne comprennent pas que leur enfant puisse rester sans enseignant parfois plus d’une semaine. Malaise des adjoints qui voient leurs effectifs gonfler de façon régulière et souvent de façon importante. Malaise des élèves répartis qui font les frais des coupes sombres de postes d’enseignants…

 

Nous publions, ci-dessous, l’article de Maryline Baumard (Le Monde) ainsi que la réponse du ministère de Luc Chatel.

   

Article paru dans « Le Monde »

A cette époque de l'année, on entre dans une zone de turbulences : ce sont environ 10 000 classes de primaire et de maternelle qui se retrouvent sans enseignants. Absents pour cause d'arrêt maladie. C'est tous les ans le même scénario, grippe A ou pas.

 

Chaque année, dans le premier degré, 45 % des enseignants ont au moins un arrêt maladie, et 8,3 % en ont plus de trois. Chaque arrêt ayant une durée moyenne de 6,2 jours, ce sont près de 2 millions de jours d'école sans "le maître" ou "la maîtresse". Lorsqu'on inclut les congés maternité ou de formation, on arrive à une absence moyenne de 11,1 jours par enseignant et par an. Comme il est difficile de laisser une classe sans maître, il faut remplacer.

 

Un rapport confidentiel commandé par le ministère de l'éducation à un cabinet d'audit - que Le Monde s'est procuré - pointe, outre cet absentéisme, deux fois plus élevé que dans le privé, les nombreux dysfonctionnements du système de remplacement. Preuve manifeste que les conditions de travail se sont largement dégradées.

 

Première anomalie : les remplaçants sont plus souvent absents que les enseignants titulaires. Près de 17,4 jours par an en moyenne. "Il y a beaucoup de "bras cassés". Ils ne sont pas totalement indisponibles, mais ils sont souvent refusés par les directeurs d'école ou bien se mettent en maladie dès qu'ils n'ont pas l'affectation souhaitée", note un inspecteur d'académie interrogé dans le cadre de cet audit.

 

Ce rapport avait été commandé par le précédent ministre de l'éducation, Xavier Darcos, en vue d'une réforme des remplacements. Luc Chatel a lancé une mission sur le sujet et devrait annoncer une réorganisation au début de l'année 2010.

S'il rejette l'idée d'une "agence nationale" lancée par son prédécesseur, il pourrait offrir des outils de gestion aux académies, voire autoriser un élargissement des zones de remplacement. "Le Vélib' va bien au-delà du périph, non ?", lance-t-on en guise de boutade dans l'entourage du ministre.

En attendant, les académies bricolent, essayant de concilier l'intérêt des enfants et celui des parents mécontents. "En période de pic, on a une gestion politique du dossier. On gère en priorité les écoles où les élus et les parents sont remuants. Une fois la crise passée, on démonte le cirque et on replante le chapiteau ailleurs", explique un autre responsable académique dans ce rapport d'audit qui avait été dévoilé par RTL, en juin.

 

L'affaire se complique quand on sait que le groupe formé par les remplaçants sert de point de chute pour accueillir les enseignants en difficulté. "Le potentiel de remplaçants, c'est une marge de gestion pour du personnel fragile en difficulté. C'est une soupape pour éviter des situations critiques devant les classes", a confié un inspecteur au cabinet d'audit.

Cette situation s'explique par l'absence de propositions de reconversions faites aux enseignants qui ne peuvent plus faire face à une classe. Ce qui assigne à ce bataillon de 30 000 remplaçants du premier degré une mission bien plus large que la simple gestion des remplacements... Et ce, alors que l'ensemble des enseignants du primaire et du secondaire sont touchés par les coupes budgétaires, qui ont fait disparaître 50 000 postes depuis 2007.

 

Les syndicats demandent des postes, le rapport pointe, lui, d'autres marges d'optimisation. "55 % des congés de 24 heures et 81 % des congés de 48 heures ont lieu juste autour du week-end et suggèrent un léger potentiel de réduction ", plaide l'audit qui souligne par ailleurs la remontée des maladies en plein mois de mai.

 

En ce qui concerne les collèges et les lycées, le système de remplacement est différent, mais la problématique reste identique : remplacer des enseignants qui tombent tous malades en même temps. Face à la progression de l'absentéisme, la tentation est grande de recourir à des personnels non titulaires.

C'est le choix du recteur de Créteil, Jean-Michel Blanquer, toujours prêt à innover, qui a adressé un courrier, le 18 novembre, aux chefs d'établissements des lycées et collèges. "Afin de rendre le remplacement plus efficient", il leur demande de "repérer dans leur entourage personnel ou parmi la population de vie scolaire (les surveillants), des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d'une licence ou ayant des compétences avérées susceptibles d'alimenter valablement le vivier de contractuels ou de vacataires".

Les syndicats et la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) y ont vu immédiatement un "aveu sans détour" des conséquences de la politique de suppressions de postes d'enseignants et un "cache-misère". Des critiques infondées selon le rectorat qui fait valoir que le nombre prévu de contractuels ou de vacataires n'est pas plus important cette année, que la procédure est "la même que d'habitude" et que ce courrier s'inscrit dans un souci de "mobilisation maximale" sur le dossier du remplacement.

 

Habituelle ou non, l'embauche de vacataires est aussi une des propositions du rapport d'audit. Il montre en effet qu'un vacataire coûte 20 % de moins qu'un titulaire. A l'heure où chaque ministre est prié de faire des économies, Luc Chatel étudie toutes les pistes. "Plusieurs types de ressources pourraient être envisagés, en particulier les jeunes retraités et les étudiants en master", plaide le rapport. Les seconds sont jugés "très pertinents en particulier sur les congés de 15 jours à 2 mois". Les jeunes retraités de l'éducation nationale, auxquels plusieurs académies font déjà appel, sont jugés une solution possible pour les "congés de moins d'une semaine".

 

A l'heure actuelle, il n'y a pas d'impératif de remplacement avant deux semaines d'absence dans le secondaire. Le système des petits arrangements entre enseignants d'un même établissement ne fonctionne pas, même s'il a été rendu possible par un texte paru au Bulletin officiel du 1er septembre 2005. "Il est quasiment impossible à organiser avec la charge d'heures supplémentaires assurées par les enseignants", constatait récemment le secrétaire général du syndicat des chefs d'établissements (SNPDEN), Philippe Tournier.

 

Réponse du ministère

Le ministère a confirmé l'existence de ce rapport réalisé par le cabinet Roland Berger, tout en soulignant qu'il "ne fallait pas stigmatiser les enseignants et dresser les gens les uns contre les autres".

"Il n'y a pas de problème pour la plupart des remplacements dans le premier degré", a-t-on indiqué dans l'entourage de Luc Chatel.

"C'est un rapport qui a plus d'un an. Il faut regarder sur quelle population sont calculées ces statistiques, une population féminine à 85%, qui a naturellement plus de congés pathologiques (post-maternité, comptabilisés comme des congés-maladies, ndlr) que d'autres populations. On trouverait les mêmes statistiques chez les infirmières", a-t-on expliqué au ministère.

 

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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 16:43

Selon l'enquête "Enseigner en collège et lycée en 2008", menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 200 enseignants et publiée en octobre par le ministère de l'éducation nationale, 67 % d'entre eux affirment ressentir personnellement ce qu’il convient d’appeler le « malaise enseignant ». Ils n'étaient que 53 % en 2005. Les enquêtes réalisées dans le primaire traduisent la même réalité. La plupart des enseignants invoquent un manque de reconnaissance professionnelle. Les directeurs d’école sont bien placés pour savoir ce que recouvre cette expression.

 

Dans un article intitulé « L’éducation nationale sans rêve ni moteur » (Le Monde du 24/11/2009), Luc Cédelle analyse ce malaise.

 

« Le message qui émane du corps enseignant, à travers syndicats, associations et témoignages individuels, est celui du désenchantement…L'éducation nationale ne croit plus en rien. Elle ne croit plus aux grands discours mobilisateurs sur son dessein républicain. Dites aux enseignants qu'ils sont le creuset de la nation, les gardiens de la citoyenneté ou les passeurs de la culture : ils se demanderont quel coup fourré se cache sous ces compliments convenus.

La volonté [de Nicolas Sarkozy] de réconcilier la droite avec le monde éducatif s'est perdue dans les sables de la réduction des postes, répétée d'année en année (49 400 suppressions de 2007 à 2010, soit environ 6 % des effectifs), et de la généralisation des logiques gestionnaires inspirées du privé.

L'éducation nationale ne croit pas au discours gestionnaire. Il faut être député UMP pour penser que les économies en cours vont "contraindre à se réformer" un système qui, au contraire, se crispe chaque jour un peu plus.

Quant à la logique libérale du grand coup de balai, emportant le "carcan" des statuts de la fonction publique et poussant à son terme le principe du "libre choix" par les familles des établissements scolaires, personne dans l'éducation nationale ne l'a jamais perçue autrement que comme une étrange utopie. Sa transformation en hypothèse crédible est même le seul motif qui pourrait réveiller, droite et gauche confondues, ce volcan endormi.

L'éducation nationale ne croit plus tellement au discours syndical : les professeurs se sentent plus agressés que jamais, mais ne s'investissent pas dans leur défense collective. Chaque année, au bout de deux ou trois journées de grève à peu près réussies, la démarche syndicale s'enlise et le gouvernement n'a qu'à laisser passer l'orage.

Hormis une frange d'activistes où les jeunes se font rares, l'éducation nationale ne croit pas non plus, ou ne croit plus, en l'ambition pédagogique comme moyen de faire reculer l'échec scolaire et réaliser ses objectifs de démocratisation.

Bref, beaucoup d'individus et de groupes, dans le monde enseignant, ont encore foi en un idéal. Mais la majorité s'enfonce dans un scepticisme inébranlable et un chacun pour soi qui brise d'avance toute dynamique collective. En roue libre, tournant sur sa lancée, l'éducation nationale reste sans rêve, sans moteur. »

 

Malaise et désenchantement à l’égard des syndicats

Lors de la dernière grève, le 24 novembre dernier, chacun a pu ressentir le ras-le-bol des grèves inefficaces et inutiles. Faut-il chercher plus loin l’explication de la division des organisations syndicales et donc la faible mobilisation qui en résulte ? Certaines organisations l’ont bien compris et s’interrogent sur de nouvelles actions possibles.

 

 

Malaise et désenchantement à l’égard de la rigueur budgétaire

 

Suppressions de postes

Les suppressions de postes par dizaines de milliers ont accrédité l’idée que le système éducatif n’était plus une priorité pour les pouvoirs publics. Les enseignants ont le sentiment que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux prime sur la qualité de l’enseignement.

L’exemple de l’Académie de Créteil est révélateur du désordre qui règne dans les services de l’Etat. A force de supprimer des postes de remplaçants parce qu’ils sont invisibles et donc indolores, la situation est tendue au point que le rectorat ne parvient plus à remplacer les professeurs absents.

 

Dans une lettre aux chefs d'établissements, le recteur de Créteil les invite à chercher des personnes "ayant des compétences avérées" pour effectuer des remplacements. Pour les syndicats ce courrier est un aveu d'indigence budgétaire.

 

"Vous avez peut-être dans votre entourage personnel ou parmi votre population de vie scolaire, des étudiants ou des personnes titulaires au minimum d’une licence ou ayant des compétences avérées qui pourraient venir valablement alimenter le vivier de contractuels ou de vacataires" écrit Jean-Michel Blanquer recteur de Créteil, dans un courrier envoyé aux chefs d'établissement.

Il leur demande également de faire appel pour enseigner aux assistants d'éducation, " car, « comme leur nom l’indique », il y a « éducation » dans leur appellation". Cependant, le décret qui fixe leurs missions ne le prévoit pas… A aucun moment n’est posée la question de leur aptitude à enseigner, s’indigne le SE-Unsa.

 

Pour le Se-Unsa, "cette lettre est un aveu sans détour des difficultés lourdes que rencontre aujourd’hui notre système éducatif pour assurer dans de bonnes conditions l’ensemble des heures d’enseignement dues aux élèves".  Un communiqué intersyndical (Cgt, Sud, Se-Unsa, Sgen, Snetaa du 93) et de la Fcpe 93 dénonce "les conditions inacceptables dans lesquelles se déroulent les remplacements". Sur l'académie plus de 2 500 enseignants non titulaires feraient office de remplaçants.

 

« Je vous invite également à repérer sur le district, des enseignants volontaires pour effectuer des HSA ou HSE dans un établissement de votre secteur et à me les faire connaître. Cette population ainsi repérée pourrait parfois être sollicitée pour aider à résoudre certaines situations (petits BMP à l’année ou suppléance de moyenne durée). 

Les familles ont parfois l’impression qu’aucune prise en charge des élèves n’est assurée, notamment dans le cas où une absence de courte durée, répétitive, devient de fait de moyenne ou longue durée », poursuit le recteur.

 

Le projet de budget 2010 prévoit la suppression de 16.000 postes supplémentaires l'année prochaine, ce qui porte le chiffre à 50.000 suppressions en trois ans dans l'Education.

Il y aura encore des suppressions de postes en 2011, a laissé entendre le ministre. "Le président de la République ne m'a pas demandé et n'a pas annoncé qu'il allait revenir sur sa politique du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux".

Luc Chatel a déclaré qu'il n'était pas question de revenir sur cette orientation. "Cette politique nous permet de mettre en place la revalorisation financière des enseignants, qui est très attendue", a-t-il dit sur RTL.

 

Revalorisation : le master pour 30 euros ?

Sensée revaloriser la profession enseignante, la « masterisation » semble bien être un jeu de dupes. Selon le Snes, le ministère proposerait une revalorisation minime. "Les enseignants néo-recrutés seraient directement rémunérés à l’actuel 3ème échelon revalorisé de 30 euros (échelon atteint actuellement à la fin de l’année de stage)". Pour les premiers échelons, la revalorisation se limiterait à "30 euros de plus par mois sur les 6 premières années et 12 euros de plus à compter de 2016".

« La suppression des 2 premiers échelons, présentée comme une mesure permettant un gain substantiel, est en réalité la conséquence de la disparition, dans le nouveau processus de formation, de l’année actuelle de stagiarisation (PE2) », dénonce le SNE-CSEN.

 

Malaise et désenchantement à l’égard des injustices

Les enseignants paient le plus lourd tribut à la mise en place de la RGPP, nous l’avons maintes fois écrit (relire nos différents articles sur le sujet). Or, nous l’avons aussi également dénoncé, la gabegie budgétaire n’est pas, loin s’en faut, l’apanage de la Fonction publique d’Etat.

Un récent rapport de la Cour des comptes, qui dresse un bilan de 25 ans de décentralisation, nous apprend que depuis 1980 les effectifs des collectivités locales ont grimpé de 63%, soit 650 000 agents de plus, quand ceux de l'Etat ne progressaient que de 16%, soit moins que l'accroissement de la population du pays.

Toujours selon ce rapport, depuis 2001 les dépenses des collectivités locales ont connu une très forte hausse, chiffrée par la Cour à 54%.

Aujourd'hui, les budgets cumulés des collectivités du pays pèsent quasiment le même poids que le budget de l'Etat. Pourtant c’est l’Etat, seul, qui n'a eu de cesse depuis des années de réduire ses effectifs, de fermer des collèges, des tribunaux, des casernes (45 000 postes en moins dans l'armée en 7 ans), des commissariats, des gendarmeries et demain des directions départementales (la célèbre DDASS aura disparu le 1er janvier prochain).

 

Sous l'effet de la RGPP (révision générale des politiques publiques), lancée par Nicolas Sarkozy dès son entrée à l'Elysée, le mouvement s'est encore accéléré. D'ici 2011, la gendarmerie et la police auront de nouveau perdu près de 10 000 postes

Chaque année en effet, l'Etat verse 55 milliards d'euros aux collectivités, ce qui constitue son premier budget de dépenses, à égalité avec l'éducation nationale.

 

Le malaise est d’autant plus palpable que les enseignants peuvent comparer leur revalorisation à celle des conseillers ministériels et personnels des ministères.

René Dosière pointe dans un communiqué l'augmentation de 11,1% des effectifs des cabinets ministériels et de 17,2% pour les seuls conseillers.

Le député de l'Aisne qui épluche depuis des années le budget de l'Elysée et s'est attaqué au printemps au train de vie du gouvernement, fonde ses observations sur l'étude du document relatif aux personnels des ministères, annexé au Projet de loi finances (PLF) 2010.

Le budget global de rémunération des employés des ministères a pour sa part explosé de 56,8% pour atteindre 38,57 millions d'euros cette année, souligne le député.

Ainsi la rémunération brute mensuelle des conseillers a-t-elle progressé de 12,8%, à 7.157 euros, pour un coût total de 21,3 millions d'euros sur l'année.

"Ces augmentations démesurées sont incompréhensibles dans la période de crise qui frappe durement les Français", écrit René Dosière.

Il dénonce le décalage entre ces chiffres et la "politique drastique de réduction du nombre de fonctionnaires dans les administrations" menée par le gouvernement, qui s'est engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur deux en 2010.

En juin dernier, René Dosière avait déjà épinglé l'Elysée dont le budget avait augmenté de 18,5% en 2008, soit une hausse sept fois plus importante que celle du budget de l'Etat.

 

L’on comprend mieux pourquoi Luc Cédelle peut écrire que « le message qui émane du corps enseignant, à travers syndicats, associations et témoignages individuels, est celui du désenchantement…L'éducation nationale ne croit plus en rien. Elle ne croit plus aux grands discours mobilisateurs sur son dessein républicain »…

 

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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 11:52

Depuis quelques semaines, un conflit oppose les élus lyonnais aux enseignants de la ville. A l’origine, la réunion, par la municipalité de Lyon, dans les écoles, de représentants des ATSEM et des ATSEP pour évoquer la réorganisation de la semaine scolaire.

Réunis le 18 novembre à l’initiative du SNUDI-FO, 35 collègues de 19 écoles ont lancé l’appel suivant :

 

« Nous avons pris connaissance des projets de la ville de Lyon qui voudrait mettre en place les EPEP (Etablissements Publics d'Enseignement Primaire) en réorganisant la semaine scolaire.

Dans le cadre de cette réorganisation, les écoles fonctionneraient 4,5 jours par semaine.

Cette organisation conduirait inévitablement à ce que les animations pédagogiques et de nombreux conseils des maîtres soient placés le mercredi après-midi, contraignant ainsi les enseignants à une semaine de 5 jours plein à l'école.

Cette réorganisation serait le prétexte pour mettre en place les EPEP : les EPEP seraient des regroupements d'école gérés par un conseil d’administration où siègeraient majoritairement élus politiques et associations de parents. Ces conseils d'administration auraient toutes compétences en matière de gestion financière, de gestion des postes, de gestion des personnels, de pédagogie.

Les EPEP signifieraient ainsi la disparition de l’école laïque républicaine, la destruction du statut des enseignants fonctionnaires d’Etat et de nombreuses suppressions de poste.

Depuis des années, les ministres successifs (Fillon, De Robien, Darcos, Chatel) ont dû renoncer à mettre en place les EPEP devant la résistance des maires, des collègues et des parents d'élèves. Nous ne comprenons pas pourquoi la ville de Lyon propose son aide au gouvernement en proposant d'expérimenter les EPEP.

Nous sommes fonctionnaires d'Etat, nous voulons le rester. Nous refusons que la ville de Lyon détermine nos obligations de service.

Nous demandons au maire de Lyon de renoncer à ses projets d'EPEP et de réorganisation de la semaine scolaire. »

 

« Le SNUDI-FO alerte toute la profession ! »
Sa demande d’audience auprès de l’Adjoint au maire chargé de l’éducation ayant été repoussée à fin novembre, le syndicat en pointe sur ce dossier en profite pour rendre public le communiqué suivant :

 

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Les directeurs, enseignants fonctionnaires d’Etat, n’ont rien à gagner avec les EPEP.

 

Les directeurs sont confrontés chaque jour davantage à la multiplication des sollicitations, des tâches diverses et des partenaires imposés. Cette situation est le produit direct des orientations ministérielles de remise en cause de nos garanties statutaires de fonctionnaire d’Etat qui impose la flexibilité et la déréglementation pour accélérer les suppressions de postes dans l’Education nationale.

 

L’empilement des tâches doit cesser.

 

Ainsi la mastérisation des concours conduit à l’envoi de 50 000 étudiants en stage «  en responsabilité » dans des classes pendant 4 à 5 semaines. Elle transférera immanquablement la prise en charge de la formation de ces étudiants sur les directeurs comme ce fut déjà le cas avec les stages filés.

 

L’Aide Personnalisée et son cortège de bilans, tableaux de présence, fiches de suivi … désorganisent les écoles et aggravent les conditions de travail des enseignants comme des directeurs. Il faut mettre un terme au processus de déréglementation et de flexibilité.

 

Cette situation ne saurait être le prétexte pour instrumentaliser les directeurs et en faire le cheval de Troie des EPEP.

 

« Proposer d’installer dans le 1er degré  une structure ayant les compétences d’un établissement public » au niveau duquel « les modalités d’organisation doivent  se prendre » comme le revendique le SGEN-CFDT, c’est accroître l’autonomie des écoles au détriment d’une réglementation nationale inscrite dans le statut général de la fonction publique et les statuts particuliers.

Qu’est-ce qu’un établissement public composé « des écoles d’un quartier ou d’un chef lieu de canton » ou « d’un collège et des écoles qui l’entourent » sinon un EPEP ?

 

C’est exactement ce que propose M. F. Reiss, député du Bas Rhin, et initiateur de la proposition de loi sur les EPEP, pour introduire du « contrat dans le statut » et ouvrir la voie au transfert vers les collectivités territoriales.

C’est exactement ce que rejettent les enseignants depuis 5 ans rejoints par 86% des maires selon une étude réalisée pour l’AMF et l’ANDEV en octobre 2009.

 

Un « statut d’emploi fonctionnel » ou des garanties statutaires  gage de l’indépendance professionnelle

 

Revendiquer un « statut d’emploi fonctionnel » pour les directeurs au prétexte que « trop de décisions concernant la gestion de l’école sont prises à l’inspection académique (…), à la mairie » revient de fait à les extraire du statut d’enseignant fonctionnaire d’Etat pour en faire une catégorie à part placée au dessus de leurs collègues enseignants et en dehors de l’Education nationale.

 

Comme tout emploi fonctionnel, il peut être ouvert à tous les corps de fonctionnaire sans garantir aux directeurs un accès privilégié.

Comme tout emploi fonctionnel, l’accès est conditionné au bon vouloir de la hiérarchie livrant les personnels aux pressions diverses et au mérite.

Il viendrait de plus s’ajouter au dispositif déjà existant de rémunération au mérite (hors classe) décriée par l’ensemble de nos collègues et que le ministre entend amplifier avec le « Pacte de carrière ».

 

Le SNUDI FO rappelle les propos du député Reiss à propos des perspectives d’accès au poste de directeur d’EPEP pour les actuels directeurs d‘école : « Beaucoup de candidats et bien peu d’élus ».

 

Ni « statut d’emploi fonctionnel », ni « établissement public », non aux EPEP,  non aux fusions d’écoles, oui à un directeur par école.

 

La défense des conditions de travail des directeurs nécessite l’ouverture de négociations sur l’amélioration des décharges de service, l’amélioration financière, l’allègement des tâches et la clarification des responsabilités.

 

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Dans ce texte, le SNUDI-FO affirme clairement son opposition à la « création d’EPEP » mais également à la mise en place d’un « statut d’emploi fonctionnel ». Certes, ce syndicat se prononce pour « l’ouverture de négociations » et « la défense des conditions de travail » mais se garde bien de préciser s’il est favorable ou non à un statut des directeurs.

Il nous semble que « l’amélioration des décharges de service, l’amélioration financière, l’allègement des tâches et la clarification des responsabilités » seraient mieux garanties par un statut professionnel. Qu’en pense le SNUDI-FO ?

 

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