Le 15 avril dernier, le SNUDI-FO a publié un
journal spécial consacré à la direction d’école. Au-dessus d’un dessin montrant un directeur croulant sous les charges de travail, le titre de ce document annonce clairement la
couleur :
Satisfaction des directeurs d’école :
OUI
Création d’un « statut » de
directeur : NON
Nous avons décidé de publier de larges extraits de cette publication dans laquelle le
SNUDI-FO exprime clairement sa position à l’égard de la situation des directeurs d’école. Dans son article, Roland Thonnat, Secrétaire
Départemental, soupçonne les autorités ministérielles de vouloir « différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref,
créer un second métier ». A ses yeux, le directeur est un enseignant comme les autres. Certes avec des charges et responsabilités supplémentaires qui ne cessent de s’accumuler et qui
nécessitent une aide particulière, notamment sous forme de décharges de cours et d’indemnités financières mais sans reconnaissance statutaire. Surtout pas !
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A l’évidence, les charges de travail et les
responsabilités des directeurs se multiplient. Dans le même temps, les indemnités ne suivent pas et les décharges sont notoirement insuffisantes. Personne ne peut être dupe : cette surcharge de
travail et de responsabilité a un but : différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref, créer un second métier.
Dans le même temps, grand battage est fait autour de la revendication de quelques « responsables » syndicaux ou associatifs, de création d’un statut de directeur d’école
impliquant la « réforme » de l’actuelle fonction administrative, définie par le décret de 1989 pour lui substituer un emploi fonctionnel
d’autorité.
Et comme par miracle, le Premier ministre FILLON confie le 19 mars dernier une mission au député REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P., « pour réfléchir à un statut des directeurs et des écoles».
La ficelle est un peu grosse. Qu’ils ne comptent pas
sur le SNUDI-FO, syndicat indépendant pour couvrir peu ou prou cette opération de destruction de l’école républicaine et du statut de ses enseignants.
C’est ce que vient de réaffirmer le Conseil National
du SNUDI-FO des 24, 25 et 26 mars 2010
« Le CN rappelle l’opposition historique et constante
jusqu’à ces dernières années du mouvement syndical enseignant à la création d’un corps particulier de directeur d’école, disposition qui reviendrait :
- à détruire l’administration et la gestion
départementale du corps des enseignants du premier degré ;
- à développer une logique de gestion des personnels
par établissement, s’apparentant à une gestion des ressources humaines calquée sur les entreprises privées
- à remettre en cause le statut général de
fonctionnaire d’état et le statut particulier de tous les enseignants du premier degré, directeurs et adjoints.
Le CN
condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de directeur lui
conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints.
Il dénonce le profilage de certains postes de
directeurs décidés par les IA dans certains départements.
Le CN mandate les instances du syndicat national pour
prendre trous les contacts nécessaires et prendre toutes les dispositions pour organiser la mobilisation des enseignants du premier degré pour obtenir l’abandon de ce projet ».
EPEP et
contractualisation : Les directeurs au cœur de tous les enjeux !
S’appuyant sur la volonté des élus lyonnais
« d’associer les directeurs au péri scolaire », le SNUDI-FO a rendu public le projet de la Ville de Lyon, mobilisé les enseignants afin de
« mettre en échec cette tentative » de transformation « d’écoles en Etablissements
Publics ».
Au-delà
des économies (mutualisation) de postes d’enseignants et de personnels municipaux, il s’agissait de transformer les directeurs en « managers d’écoles
», employés municipaux, afin de gérer « le temps de l’enfant » : accueil du matin, temps de midi, études…, les directeurs devenant ainsi les
garants du projet éducatif municipal global élaboré par la municipalité et de la convention de projet et de moyens passés entre la ville et chaque école.
Le SNUDI-FO s’est adressé à la ville de Lyon pour
dénoncer cette opération et réaffirmer ses revendications :
- Maintien du statut de fonctionnaires d’Etat pour les
directeurs.
- Non à toutes tentatives de municipalisation de la
fonction de directeurs.
L’école publique ne peut avoir qu’un seul statut :
celui de l’école républicaine laïque.
Depuis des années, les ministres tentent de modifier
le statut de l’école publique républicaine. En effet, l’existence d’un directeur par école ramenée aux 55 000 écoles maillant le territoire national, est un des chaînons constitutifs de l’école
républicaine. Ce projet passe par l’instauration d’un prétendu statut juridique particulier à chaque école en lieu et place du statut unique existant : celui de l’école communale publique
républicaine et laïque.
C‘est un des aspects de la mission confiée au député
REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P. Cette offensive vise à organiser le transfert juridique de l’école publique aux collectivités territoriales, voire à la privatiser à l’image de
ce qui s’est passé à France Télécom ou à la poste.
Les
E.P.E.P. : une machine de guerre contre l’école républicaine
Notre syndicat a dénoncé dès leur conception ces EPEP
dont le fonctionnement, les personnels et l’enseignement délivré seraient totalement placés sous l’autorité d’un conseil d’administration présidé par
un élu. C’est-à-dire … la fin de l’école publique républicaine. Pour l’heure, cette opération a avorté à l’image du projet annulé sur la ville de Lyon. Mais le projet de loi n’a pas été pour
l’instant abandonné.
Fusions
et fermetures d’école : le processus s’accélère
De tous les départements remonte la même tendance. Les fusions, voire des disparitions complètes de groupes scolaires se multiplient. Le plus souvent, il s’agit d’annexer
les écoles maternelles, mais ce sont aussi des fusions d’écoles entières qui sont programmées. Le but recherché est d’arriver à constituer des groupes de 12 à 30 classes, c’est-à-dire …. de futurs E.P.E.P.
La
position du SNUDI FO est claire :
NON aux
statuts propres à chaque école - Un seul statut : celui de l’école républicaine
NON aux
fusions et suppressions d’écoles – maintien des 55 000 écoles maternelles et élémentaires sur tout le territoire national – maintien d’un directeur par école
Temps de
service et décharges des directeurs d’école
L’emploi du temps d’un directeur d’école est, chaque
jour un peu plus, une véritable course contre la montre pour tenter de faire face à la multiplication des tâches qui lui sont imposées. Dernière en date, avec les décrets Darcos, l’obligation qui
lui est faite d’organiser et de coordonner, au sein de son école, les 60 heures d’aide personnalisée ; mais n’oublions pas toutes les récentes contraintes engendrées par la mise en place de base
élève, des évaluations CE1/CM2… etc.
Combien de directeurs, croulant sous le poids de ces
charges, ne peuvent plus discerner ce qui est réellement important de ce qui ne l’est pas et semblent « passer leur vie » à l’école. Il est donc essentiel de préciser trois points :
Le directeur, comme le spécifie le décret n° 89-122 du
24 février 1989, appartient au corps des instituteurs et professeurs des écoles ; ses obligations de service sont donc identiques en tous points à celles de ses collègues.
Un IA ou un IEN ne peut imposer à un directeur, par
exemple, une obligation de présence lors du déroulement de l’aide personnalisée ou des stages de remise à niveau durant les vacances, ou encore à d’interminables réunions avec divers
partenaires.
Le directeur a pour seule obligation d’être présent
24h par semaine dans son école + une somme d’heures annualisées correspondant à 60 heures pour l’aide personnalisée, 6 heures pour la tenue des conseils d’école, 18h d’animations pédagogiques et
24 heures pour les conseils de maîtres et de cycles… un point c’est tout !
Le directeur, quel que soit le nombre de classes dont
il a la charge, a besoin de temps de décharge pour assurer à la fois le travail régulier qui relève de sa fonction mais aussi la somme d’imprévus qu’il a quotidiennement à gérer.
Le système de décharge tel qu’il est actuellement
instauré et pratiqué est loin d’être satisfaisant :
- pas un directeur ne peut et ne doit être privé de
décharge
- pas un directeur ne doit être contraint à travailler
au-delà de ses obligations statuaires de service.
Toutes les décharges de services doivent donc être
renforcées et améliorées.
Mastérisation et directeurs : de nouvelles tâches qui se
profilent
Il est devenu incontestable que la mastérisation vise
à remplacer les enseignants titulaires par les étudiants en Master et les stagiaires à bas prix. Mais qui va se retrouver en première ligne pour accompagner les stagiaires et les étudiants sans
formation dans les écoles... A n’en pas douter, les directeurs seront fortement sollicités !
Les
revendications du Congrès de Seignosse (Landes - mars 2008)
- Amélioration du régime de décharges de service pour tous les directeurs, pas un
directeur sans décharge statutaire
- Pour une réelle amélioration financière (85 points d’indice pour tous, soit 305
€).
- Pour le versement aux « faisant-fonction » d’une rémunération identique à celle
des directeurs qu’ils remplacent.
- Pour des stages de formation de qualité, y compris pour les chargés d’école
- Abandon de la signature par le directeur des autorisations de sorties
scolaires
- Allègement des tâches
Défendre
le décret n° 89-122 du 24 février 1989 contre le projet de statut de directeur d’école
« Le Conseil
National condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de
directeur lui conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints. Il dénonce le profilage de certains postes de directeurs décidés par
les IA dans certains départements ». Résolution du CN d’Autrans - 24 au 26 mars 2010.
Face à l’offensive gouvernementale pour la mise en
place d’un statut de directeur d’école, le décret de 89 devient le seul rempart réglementaire.
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Ce texte, réactualisé lors du Conseil National de mars 2010, met en lumière le fossé qui
s’est creusé entre le SNUDI-FO et les directeurs d’école qui ne partagent pas du tout cette vision passéiste d’un « enseignant comme les autres ».
Ce syndicat peut-il ignorer que 93 % des directeurs se sont exprimés en faveur d’un statut dans l’enquête IFOP initiée par le GDID ?
Quelques « responsables syndicaux
professionnels » peuvent-ils décider en lieu et place de plusieurs dizaines de milliers de directeurs de ce qui est bon pour eux ? Au nom des adjoints ? Les ont-ils seulement
interrogés pour connaître leur position au sujet de la direction de l’école ? Ne voient-ils pas les milliers de postes vacants qui, année après année, marquent une désaffection pour le
métier ? N’ont-ils jamais pris connaissance des multiples rapports qui rendent compte des difficultés croissantes rencontrées par les « collègues chargés de direction » ?
Manifestement, la direction nationale du SNUDI-FO n’a aucune idée de ce qu’est devenu le
métier de directeur d’école en 2010. Arc-boutée sur son dogmatisme politico-syndical, elle refuse l’adaptation de l’école au XXIème siècle. Ce faisant, le SNUDI-FO prend une énorme
responsabilité : celle de voir l’école publique perdre de plus en plus son crédit au profit d’établissements privés qui, eux, ont d’autres moyens de fonctionner…
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