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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

     

 

Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

 

7

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 17:23

 

Le 15 avril dernier, le SNUDI-FO a publié un journal spécial consacré à la direction d’école. Au-dessus d’un dessin montrant un directeur croulant sous les charges de travail, le titre de ce document annonce clairement la couleur :

 

Satisfaction des directeurs d’école : OUI

Création d’un « statut » de directeur : NON

 

Nous avons décidé de publier de larges extraits de cette publication dans laquelle le SNUDI-FO exprime clairement sa position à l’égard de la situation des directeurs d’école. Dans son article, Roland Thonnat, Secrétaire Départemental, soupçonne les autorités ministérielles de vouloir « différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref, créer un second métier ». A ses yeux, le directeur est un enseignant comme les autres. Certes avec des charges et responsabilités supplémentaires qui ne cessent de s’accumuler et qui nécessitent une aide particulière, notamment sous forme de décharges de cours et d’indemnités financières mais sans reconnaissance statutaire. Surtout pas !

 

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A l’évidence, les charges de travail et les responsabilités des directeurs se multiplient. Dans le même temps, les indemnités ne suivent pas et les décharges sont notoirement insuffisantes. Personne ne peut être dupe : cette surcharge de travail et de responsabilité a un but : différencier toujours plus la fonction de directeur de celle d’enseignant, bref, créer un second métier.

Dans le même temps, grand battage est fait autour de la revendication de quelques « responsables » syndicaux ou associatifs, de création d’un statut de directeur d’école impliquant la « réforme » de l’actuelle fonction administrative, définie par le décret de 1989 pour lui substituer un emploi fonctionnel d’autorité.

Et comme par miracle, le Premier ministre FILLON confie le 19 mars dernier une mission au député REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P., « pour réfléchir à un statut des directeurs et des écoles».

La ficelle est un peu grosse. Qu’ils ne comptent pas sur le SNUDI-FO, syndicat indépendant pour couvrir peu ou prou cette opération de destruction de l’école républicaine et du statut de ses enseignants.

C’est ce que vient de réaffirmer le Conseil National du SNUDI-FO des 24, 25 et 26 mars 2010

« Le CN rappelle l’opposition historique et constante jusqu’à ces dernières années du mouvement syndical enseignant à la création d’un corps particulier de directeur d’école, disposition qui reviendrait :

- à détruire l’administration et la gestion départementale du corps des enseignants du premier degré ;

- à développer une logique de gestion des personnels par établissement, s’apparentant à une gestion des ressources humaines calquée sur les entreprises privées

- à remettre en cause le statut général de fonctionnaire d’état et le statut particulier de tous les enseignants du premier degré, directeurs et adjoints.

Le CN condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de directeur lui conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints.

Il dénonce le profilage de certains postes de directeurs décidés par les IA dans certains départements.

Le CN mandate les instances du syndicat national pour prendre trous les contacts nécessaires et prendre toutes les dispositions pour organiser la mobilisation des enseignants du premier degré pour obtenir l’abandon de ce projet ».

 

 

EPEP et contractualisation : Les directeurs au cœur de tous les enjeux !

 

S’appuyant sur la volonté des élus lyonnais « d’associer les directeurs au péri scolaire », le SNUDI-FO a rendu public le projet de la Ville de Lyon, mobilisé les enseignants afin de « mettre en échec cette tentative » de transformation « d’écoles en Etablissements Publics ».

Au-delà des économies (mutualisation) de postes d’enseignants et de personnels municipaux, il s’agissait de transformer les directeurs en « managers d’écoles », employés municipaux, afin de gérer « le temps de l’enfant » : accueil du matin, temps de midi, études…, les directeurs devenant ainsi les garants du projet éducatif municipal global élaboré par la municipalité et de la convention de projet et de moyens passés entre la ville et chaque école.

 

Le SNUDI-FO s’est adressé à la ville de Lyon pour dénoncer cette opération et réaffirmer ses revendications :

- Maintien du statut de fonctionnaires d’Etat pour les directeurs.

- Non à toutes tentatives de municipalisation de la fonction de directeurs.

L’école publique ne peut avoir qu’un seul statut : celui de l’école républicaine laïque.

 

Depuis des années, les ministres tentent de modifier le statut de l’école publique républicaine. En effet, l’existence d’un directeur par école ramenée aux 55 000 écoles maillant le territoire national, est un des chaînons constitutifs de l’école républicaine. Ce projet passe par l’instauration d’un prétendu statut juridique particulier à chaque école en lieu et place du statut unique existant : celui de l’école communale publique républicaine et laïque.

C‘est un des aspects de la mission confiée au député REISS, initiateur du projet de loi sur les E.P.E.P. Cette offensive vise à organiser le transfert juridique de l’école publique aux collectivités territoriales, voire à la privatiser à l’image de ce qui s’est passé à France Télécom ou à la poste.

 

 

Les E.P.E.P. : une machine de guerre contre l’école républicaine

 

Notre syndicat a dénoncé dès leur conception ces EPEP dont le fonctionnement, les personnels et  l’enseignement délivré seraient totalement placés sous l’autorité d’un conseil d’administration présidé par un élu. C’est-à-dire … la fin de l’école publique républicaine. Pour l’heure, cette opération a avorté à l’image du projet annulé sur la ville de Lyon. Mais le projet de loi n’a pas été pour l’instant abandonné.

 

 

Fusions et fermetures d’école : le processus s’accélère

 

De tous les départements remonte la même tendance. Les fusions, voire des disparitions complètes de groupes scolaires se multiplient. Le plus souvent, il s’agit d’annexer les écoles maternelles, mais ce sont aussi des fusions d’écoles entières qui sont programmées. Le but recherché est d’arriver à constituer des groupes de 12 à 30  classes, c’est-à-dire …. de futurs E.P.E.P.

 

La position du SNUDI FO est claire :

NON aux statuts propres à chaque école - Un seul statut : celui de l’école républicaine

NON aux fusions et suppressions d’écoles – maintien des 55 000 écoles maternelles et élémentaires sur tout le territoire national – maintien d’un directeur par école

 

 

Temps de service et décharges des directeurs d’école

 

L’emploi du temps d’un directeur d’école est, chaque jour un peu plus, une véritable course contre la montre pour tenter de faire face à la multiplication des tâches qui lui sont imposées. Dernière en date, avec les décrets Darcos, l’obligation qui lui est faite d’organiser et de coordonner, au sein de son école, les 60 heures d’aide personnalisée ; mais n’oublions pas toutes les récentes contraintes engendrées par la mise en place de base élève, des évaluations CE1/CM2… etc.

Combien de directeurs, croulant sous le poids de ces charges, ne peuvent plus discerner ce qui est réellement important de ce qui ne l’est pas et semblent « passer leur vie » à l’école. Il est donc essentiel de préciser trois points :

Le directeur, comme le spécifie le décret n° 89-122 du 24 février 1989, appartient au corps des instituteurs et professeurs des écoles ; ses obligations de service sont donc identiques en tous points à celles de ses collègues.

Un IA ou un IEN ne peut imposer à un directeur, par exemple, une obligation de présence lors du déroulement de l’aide personnalisée ou des stages de remise à niveau durant les vacances, ou encore à d’interminables réunions avec divers partenaires.

Le directeur a pour seule obligation d’être présent 24h par semaine dans son école + une somme d’heures annualisées correspondant à 60 heures pour l’aide personnalisée, 6 heures pour la tenue des conseils d’école, 18h d’animations pédagogiques et 24 heures pour les conseils de maîtres et de cycles… un point c’est tout !

Le directeur, quel que soit le nombre de classes dont il a la charge, a besoin de temps de décharge pour assurer à la fois le travail régulier qui relève de sa fonction mais aussi la somme d’imprévus qu’il a quotidiennement à gérer.

Le système de décharge tel qu’il est actuellement instauré et pratiqué est loin d’être satisfaisant :

- pas un directeur ne peut et ne doit être privé de décharge

- pas un directeur ne doit être contraint à travailler au-delà de ses obligations statuaires de service.

Toutes les décharges de services doivent donc être renforcées et améliorées.

 

 

Mastérisation et directeurs : de nouvelles tâches qui se profilent

 

Il est devenu incontestable que la mastérisation vise à remplacer les enseignants titulaires par les étudiants en Master et les stagiaires à bas prix. Mais qui va se retrouver en première ligne pour accompagner les stagiaires et les étudiants sans formation dans les écoles... A n’en pas douter, les directeurs seront fortement sollicités !

 

 

Les revendications du Congrès de Seignosse (Landes - mars 2008)

-       Amélioration du régime de décharges de service pour tous les directeurs, pas un directeur sans décharge statutaire

-       Pour une réelle amélioration financière (85 points d’indice pour tous, soit 305 €).

-       Pour le versement aux « faisant-fonction » d’une rémunération identique à celle des directeurs qu’ils remplacent.

-       Pour des stages de formation de qualité, y compris pour les chargés d’école

-       Abandon de la signature par le directeur des autorisations de sorties scolaires

-       Allègement des tâches

 

Défendre le décret n° 89-122 du 24 février 1989 contre le projet de statut de directeur d’école

« Le Conseil National condamne sans ambiguïté toute tentative ministérielle de remettre en cause le décret de 1989 pour aller vers la création d’un tel statut ou vers celle d’un emploi fonctionnel de directeur lui conférant une responsabilité hiérarchique, administrative et pédagogique vis à vis de ses collègues adjoints. Il dénonce le profilage de certains postes de directeurs décidés par les IA dans certains départements ». Résolution du CN d’Autrans - 24 au 26 mars 2010.

Face à l’offensive gouvernementale pour la mise en place d’un statut de directeur d’école, le décret de 89 devient le seul rempart réglementaire.

 

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Ce texte, réactualisé lors du Conseil National de mars 2010, met en lumière le fossé qui s’est creusé entre le SNUDI-FO et les directeurs d’école qui ne partagent pas du tout cette vision passéiste d’un « enseignant comme les autres ».


Ce syndicat peut-il ignorer que 93 % des directeurs se sont exprimés en faveur d’un statut dans l’enquête IFOP initiée par le GDID ?

Quelques « responsables syndicaux professionnels » peuvent-ils décider en lieu et place de plusieurs dizaines de milliers de directeurs de ce qui est bon pour eux ? Au nom des adjoints ? Les ont-ils seulement interrogés pour connaître leur position au sujet de la direction de l’école ? Ne voient-ils pas les milliers de postes vacants qui, année après année, marquent une désaffection pour le métier ? N’ont-ils jamais pris connaissance des multiples rapports qui rendent compte des difficultés croissantes rencontrées par les « collègues chargés de direction » ?

Manifestement, la direction nationale du SNUDI-FO n’a aucune idée de ce qu’est devenu le métier de directeur d’école en 2010. Arc-boutée sur son dogmatisme politico-syndical, elle refuse l’adaptation de l’école au XXIème siècle. Ce faisant, le SNUDI-FO prend une énorme responsabilité : celle de voir l’école publique perdre de plus en plus son crédit au profit d’établissements privés qui, eux, ont d’autres moyens de fonctionner…

 

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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 22:52

 

« C’est lourd de mettre en place un projet commun. Pour avoir participé ce matin à une commission sur la direction d’école, on voit qu’on va au cœur des choses ». Cette déclaration de l’un des participants du SE-Unsa au congrès de Brest 2010, on peut la lire page 31, dans la revue « l’enseignant ». Mais traduit-elle une réalité ?

Le doute est permis lorsqu’on lit le compte rendu qui est fait de ce congrès. La place des directeurs y est réduite à la portion congrue.

 

Page 28, rubrique « les conditions de travail au cœur des débats ». Un paragraphe concerne les directeurs d’école :

« L’évolution du métier doit être reconnue ainsi que la charge de travail et les missions spécifiques. Par exemple, le congrès a acté le principe de la dissociation des missions de direction et d’enseignement dans les écoles de 7 classes et plus. Dans ce cadre, les directrices et directeurs seraient déchargés de la responsabilité de classe en conservant, pour les écoles de 7 à 10 classes, des heures auprès des élèves en lien avec le projet d’école. »

Aucune allusion à une demande de statut pour les directeurs d’école. Aucune référence à l’enquête initiée par le SE-Unsa en octobre 2009.

 

Page 25, rubrique « pour une école juste ». Le SE-Unsa dit non aux EPEP et précise ses exigences.

« Le SE-Unsa ne veut pas des EPEP, il l’a affirmé sans détours dans son congrès. Alors que le premier ministre vient de placer à nouveau le dossier à l’ordre du jour en chargeant F. Reiss d’une mission sur le sujet, le SE-Unsa devait sortir de son congrès avec des exigences claires.

C’est chose faite

 

1-     Tout projet de modification de l’organisation de l’organisation de l’école devra poursuivre des objectifs pédagogiques pour permettre aux enseignants de mieux exercer leurs missions.

2-     Il devra garantir l’indépendance du projet pédagogique et maintenir des structures de taille raisonnable et un maillage territorial de proximité.

3-     Les taux d’encadrement devront être maintenus sur trois ans et les écoles pourront choisir, après un bilan, de revenir à la situation antérieure.

4-     La direction de l’école doit rester à un enseignant qui ne sera pas un supérieur hiérarchique.

C’est en fonction de ces exigences que le SE-Unsa jugera des projets à venir. »

 

On le voit, le bilan du congrès est maigre pour les directeurs d’école. Le compte rendu ne relate rien des débats parfois vifs qui ont agité les représentants des enseignants durant ces trois journées (cf notre article du 26 mars).

 

Côté ministère, la direction d’école est-elle davantage au cœur de ses préoccupations ? Pour en avoir une idée un peu plus précise, il faut se reporter à la réponse ministérielle faite à une question écrite posée par un député.

 

Question posée par M. Dupré Jean-Paul (Aude - Socialiste, radical, citoyen et divers gauche) (publiée au JO le 29/12/2009)

 

M. Jean-Paul Dupré attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les difficultés croissantes auxquelles se heurtent les directeurs d'école pour assurer pleinement la multiplicité des tâches qui leur incombent. Animateur d'une équipe pédagogique, lui-même en charge d'une classe, le directeur d'école a vu sa fonction évoluer ces dernières années vers de nouveaux champs de compétence : tâches administratives de plus en plus lourdes, gestion, relations avec les collectivités territoriales, avec les familles, avec les associations... Malgré la passion de leur métier, leur bonne volonté et leur talent, nombre de directeurs sont aujourd'hui gagnés par la lassitude et l'exaspération. Il résulte de cette situation une pénurie de candidatures aux fonctions de directeur. Ainsi, dans l'Aude, de nombreux postes ne sont pas pourvus ou sont confiés à de jeunes enseignants fortement handicapés par le manque d'expérience. Cette situation paraît avoir pour principale cause l'inadéquation qui existe entre les quotités de décharges de service dont bénéficient les directeurs d'école et la multiplicité des tâches liées désormais à leur fonction. D'où la nécessité qu'il y aurait, d'une part, d'améliorer les décharges dont bénéficient les directeurs d'école et, d'autre part, d'augmenter les moyens mis en œuvre en matière d'aide à la direction. Il lui demande si, comme cela est absolument indispensable, il compte prendre des mesures en ce sens.

 

Réponse du ministre de l’Éducation nationale (parue au JO le 06/04/2010)

 

Les fonctions de directeur d'école sont définies par le décret n° 89-122 du 24 février 1989. L'entrée en vigueur de ce décret a constitué une véritable reconnaissance de ces fonctions qui étaient jusqu'alors régies par plusieurs textes (décret n° 87-53 du 2 février 1987 relatif aux fonctions, à la nomination et à l'avancement des maîtres et décret n° 84-182 du 8 mars 1984 relatif aux directeurs d'école maternelle et d'école élémentaire). Les missions pédagogiques et administratives du directeur d'école sont développées à l'article 2 du décret du 24 février 1989 précité. Il doit veiller à la bonne marche de l'école et au respect de la réglementation qui lui est applicable. Il répartit les moyens d'enseignement et les élèves après avis du conseil des maîtres qu'il préside. Il lui incombe notamment, après avis du conseil des maîtres, d'arrêter le service des instituteurs et des professeurs des écoles. Il organise également les élections des représentants des parents d'élèves au conseil d'école qu'il réunit et préside. Il représente l'institution auprès de la commune et des autres collectivités territoriales. Le directeur d'école doit prendre toutes les dispositions utiles pour que l'école assure sa fonction de service public, il organise l'accueil et la surveillance des élèves et le dialogue avec leurs familles. Il fixe les modalités d'utilisation des locaux scolaires et organise le travail des personnels communaux en service à l'école. Par ailleurs, la charge de travail inhérente aux fonctions de directeur d'école a été reconnue à plusieurs reprises. Le protocole de mesures pour les directeurs d'école du 10 mai 2006 a fait évoluer le dispositif de décharges d'enseignement permettant d'améliorer sensiblement les conditions d'exercice de ces derniers. La note de service du 20 juin 2006 a étendu aux directeurs d'école de quatre classes le bénéfice d'une décharge d'enseignement d'une journée par semaine et une décharge dite de rentrée scolaire de deux jours fractionnables a été instituée pour les directeurs d'école non déchargés, dans les quinze premiers jours de la rentrée scolaire. Depuis la rentrée 2006, les directeurs d'école qui le souhaitent peuvent se faire aider par des emplois de vie scolaire qui ont pour mission de les assister dans leurs fonctions. La modification des obligations réglementaires de service des enseignants du premier degré à la rentrée 2008 avec la mise en place de l'aide personnalisée pour les élèves en difficulté a impliqué de nouvelles responsabilités pour les directeurs d'école. Ils ont pour mission d'organiser et de coordonner les heures d'aide personnalisée. Ces nouvelles missions ont été compensées par l'octroi d'un allégement de service sur les heures d'aide personnalisée que comporte leur service d'enseignement. Sur le plan indemnitaire, la reconnaissance des fonctions de directeur d'école s'est traduite par une revalorisation de l'indemnité de sujétions spéciales (ISS). Les directeurs d'écoles percevaient auparavant une indemnité annuelle de 1295,62 EUR. L'arrêté du 12 septembre 2008 dispose désormais qu'ils bénéficient également d'une part complémentaire d'ISS versée en une seule fois au cours du premier trimestre de l'année scolaire. Le taux de cette part complémentaire est de 200 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant de une à quatre classes, de 400 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant de cinq à neuf classes et de 600 EUR pour les directeurs des écoles et établissements spécialisés comptant dix classes et plus. Enfin les directeurs d'école bénéficient d'une bonification indiciaire de trois à quarante points majorés, qui représente un montant variant de 165 EUR à 2 200 EUR annuels selon le nombre de classes de l'école, ainsi qu'une nouvelle bonification indiciaire de huit points, soit 440 EUR. Ces mesures qui permettent d'améliorer leurs conditions de travail sont justifiées par le rôle essentiel joué par les directeurs d'école dans l'enseignement primaire. Par ailleurs, c'est dans le cadre d'une réflexion plus large sur le statut juridique des écoles que la fonction de directeur d'école pourra éventuellement être redéfinie.

 

Cette longue réponse ne nous apprend rien. Sauf qu’elle semble faire du directeur un privilégié qui n’a cessé de voir sa situation s’améliorer depuis quelques années (revalorisation, aide administrative, décharge…). Seul, le mot « éventuellement » est à retenir. Autant dire que la redéfinition de la « fonction de directeur d’école » n’est pas chose acquise…

 

Un congrès syndical sans décision majeure, une réponse ministérielle qui n’en est pas une… Pas de quoi réjouir les directeurs d’école dont le métier ne semble pas être, loin s’en faut, au… cœur des préoccupations des décideurs et de ceux censés les défendre.

 

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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 22:18

 

Inspecteur de l’Education nationale pendant 30 ans et ancien responsable du syndicat des inspecteurs SI-EN Unsa Nord, Pierre Frackowiak connaît parfaitement les rouages de l’inspection.

Le 10 février dernier, nous avons consacré à un article concernant ses craintes de voir « des IEN à la tête des EPEP ».

Aujourd’hui, Pierre Frackowiak publie une nouvelle tribune dans laquelle il réagit à une note destinée aux IEN et qui leur demande d'évaluer la capacité à "agir en fonctionnaire" des futurs enseignants. Une formule qui lui semble vague et dangereuse. S'agit-il de faire des enseignants des robots obéissants ? Et des inspecteurs des petits chefs ?

 

Nous avons décidé de retranscrire les grandes lignes de cette tribune publiée dans « le café pédagogique ».

 

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Piloter l’obéissance. Un nouveau concept pour les inspecteurs ?

 

Une note officielle, « à l’usage exclusif des inspecteurs de l’Education Nationale » présente « les observables pour l’émission de l’avis de titularisation des professeurs ». Sa première partie, relative aux obligations du fonctionnaire, ne manque pas de surprendre au point de laisser penser que le document est un poisson d’avril. Nous vérifions donc son authenticité mais il est évident que les indications données paraissent crédibles tant elles sont conformes à l’air du temps gouvernemental, aux référentiels de compétences récemment publiés et aux injonctions répétées sur l’air « du fonctionnaire qui fonctionne » et de discours publics du ministre sur l’obligation d’obéissance des enseignants. Si les critères présentés concernent les conditions de titularisation des enseignants nouvellement recrutés, il est évident qu’ils s’appliquent à l’ensemble des enseignants.

 

1) Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable - Répondre aux grandes obligations du fonctionnaire :

 

Devoir d’obéissance

-       Ponctualité

-       Respect des horaires

-       Respect des contenus et des programmes

-       Enseignement de toutes les disciplines

-       Autres obligations de service (assiduité, service de surveillance, entrée, récréation…)

 

Discrétion professionnelle

-       Respect et confidentialité des informations détenues sur les familles et les élèves

-       Réserve et absence de mise en cause des fonctionnements de l’institution et de ses personnels

 

Comportements inadaptés

-       Contacts physiques avec l’élève, ni coups ni caresses

-       Manque de respect aux élèves, par les mots, les gestes, ou même l’humour

-       Manquement à l’autorité, dérives ou défauts qui peuvent causer la mise en danger des élèves, bousculades, déplacements désordonnés, défaut de surveillance, manipulation d’objets dangereux…

 

Après les sanctions contre les désobéisseurs, après la multiplication des contrôles de l’exécution des ordres descendant des tuyaux d’orgue de la hiérarchie, parfois renforcés ou alourdis à chacun des niveaux intermédiaires (base élèves, aide individualisée selon un modèle officiel implicite, évaluationnite oppressante, SMA, exigences locales paperassières…), le ministère s’est donné une période d’observation des réactions avant de jeter ses dés. Le développement de l’autoritarisme analysé dans une tribune précédente se confirme, se formalise, s’impose. Et il faut bien dire que les réactions syndicales et politiques ont été bien molles pour le premier degré sur toutes les questions qualitatives, pédagogiques, morales, la lutte contre les suppressions de postes trustant toute l’énergie militante ou ce qu’il en reste, occultant le plus souvent les questions fondamentales de la conception du système éducatif, du choix de société à construire, d’une vision de « l’honnête homme » du 21ème siècle.

 

Désormais, il faut obéir. Il est interdit de contester, de critiquer, de proposer. La loyauté, c’est l’obéissance. On le voyait arriver depuis 2007 avec la perspective de la société ultra libérale autoritaire dont la mise en œuvre se poursuit inexorablement, on ne pouvait pas imaginer que ce serait à ce point. Société de l’individualisme exacerbé, de la compétition, de la loi du plus fort,  des gagnants. Avec un retour en force de l’idée de la fatalité de l’échec malgré tous les efforts qui sont faits. L’exemple de l’aide individualisée, la bonne conscience du pouvoir, en est une illustration qui a pu piéger bien des acteurs éducatifs de bonne foi.

 

Le premier devoir des inspecteurs sera donc de contrôler le respect du devoir d’obéissance. Les plus zélés sont sans doute déjà au travail pour élaborer des grilles d’indicateurs d’obéissance afin de pouvoir en tirer des statistiques, des courbes et des camemberts. Ils les proposeront à l’échelon supérieur pour normaliser les pratiques. Le goût pour les usines à gaz inutiles est devenu une caractéristique des cadres technicistes depuis deux ou trois ans, leur effet essentiel est toujours d’alourdir les tâches administratives des enseignants et de les détourner de la réflexion pédagogique. On trouvera sans doute dans les grilles la déférence pour les échelons supérieurs, les traces de discours de propagande gouvernementale aux parents ou les témoignages de parents d’élèves incités à la délation par SOS Education, des coupures de presse mettant en évidence des prises de position citoyennes libres, les froncements de sourcils et les doutes manifestés en réunion pédagogique, les retards dans les renvois des évaluations, enquêtes et sondages, etc. Un autre  volet comprendra les méthodes d’apprentissage de l’obéissance chez les élèves. Il s’agit de former des citoyens obéissants et il vaut mieux commencer à la maternelle. Les « garde à vous » et « à vos rangs fixe » pourront réapparaître. Peut-être pas les fusils en bois de Jules Ferry puisque l’Alsace et la Lorraine ont été reconquises, mais des modes de pensée conformistes et l’art de se courber devant l’autorité.

 

Ces mesures, parfaitement cohérentes avec les nouveaux vieux programmes et avec le déni systématique, idéologique, de la pédagogie, sont une nouvelle étape sur la voie du projet libéral. Au moindre incident, un coup de menton, un engagement solennel qui ne coûte rien, des instructions naturellement très fermes, des tableaux et des grilles pour hier, des feuilles de route pour demain...

 

Pour l’encadrement intermédiaire qui semble désormais majoritairement convaincu de la possibilité de piloter le système sans carburant et sans cap, une difficulté surgit néanmoins : comment piloter l’obéissance ? On peut la contrôler assez facilement avec un peu de pratique mais comment l’améliorer sans faire appel à la formation initiale et continue qui disparaît. Faute de cours d’obéissance, c’est très simple : il faut aller chercher les modèles militaires. « Allez, allez, contravention » ou suppression des primes ! « Allez, allez, pas de discussion, exécution ou punition ! J’connais l’métier ! »  La tacatatactique du gendarme, il n’y a que ça de vrai. On croise cette méthode avec celles du pilotage par les résultats chère au monde de l’entreprise et l’on a un système moderne en apparence qui accroit le nombre de victimes et les transforme en coupables, qui détériore le vivre ensemble comme l’a mis en évidence le rapport du médiateur, qui génère de la violence en prétendant la combattre. Les pilotes ne sont-ils pas nécessairement au moins des adjudants ou des lieutenants ? N’ont-ils pas toujours raison et ne connaissent-ils pas tout ça par cœur ?

 

Mais qui a inscrit la liberté pédagogique dans la loi ? Qui a dit que l’éducation est synonyme de liberté, d’intelligence, de pensée divergente ? Qui a évoqué l’éducation de l’esprit critique, l’éducation à la responsabilité plutôt qu’à la vassalité ? Qui ose encore parler d’une école émancipatrice dans une société démocratique ?

 

NB Il en sera de même pour les conseillers pédagogiques… avec des items qui seront bien difficiles à objectiver… et comme, au nom de l’obéissance, on n’aura plus le droit de contester, le syndrome France télécom ne pourra que se développer dans l’entreprise Ed Nat !

 

Stage en responsabilité filé – Evaluation des compétences :

                                                         

1 : Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable

6 et 7. Connaître l’organisation de l’Ecole et le projet d’école

8. Participer à la vie de l’école

9. Se situer dans la hiérarchie et l’organisation de l’administration

10. Coopérer avec les partenaires de l’école

11. Exercer une autorité légitime dans le respect de la déontologie

12. Repérer les signes de difficultés des élèves (sociales, de santé, de comportement)

13. Promouvoir les valeurs de la République

14. Respecter les règles de déontologie

 

On peut se demander sur quels critères légitimes ces indicateurs seront jugés. Prenons l’exemple 13 « promouvoir les valeurs de la République ». Comment peut-on honnêtement en juger ? Comment sont-elles transmises et construites ? Personne ne le sait… Mais nul doute que les évaluateurs sauront évaluer…

 

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Si les IEN doivent évaluer les critères cités dans cette note, on voit mal comment ils pourront le faire. En effet, un IEN est-il en mesure de juger « la ponctualité » d’un enseignant, « son respect des horaires », « son assiduité » ou « son investissement dans les obligations de service » qui sont les siennes ? Comment évaluera-t-il « les comportements inadaptés » ? Il est plutôt rare que, le jour de son inspection, un enseignant soit en retard, se libère de ses obligations de service ou ait un comportement inadapté… Le risque et la probabilité ne sont-ils pas que l’IEN soit tenté de faire pression sur le directeur pour obtenir les informations nécessaires à son évaluation ?

L’absence de réaction de nos syndicats est surprenante. Habituellement, ne sont-ils pas prompts à dénoncer les risques de voir les directeurs se comporter en « p’tits chefs » ?

Récemment encore, le SE-Unsa a posé ses exigences et réclamé « l’impossibilité pour le directeur d’école d’être un supérieur hiérarchique », soit-il enseignant. « C’est un rempart important pour le SE et pour la profession, qui répond à une crainte épidermique des enseignants du premier degré de perdre leur indépendance » ? (Congrès de Brest – mars 2010)

Le SNUipp refuse, quant à lui, que le directeur devienne « un maillon hiérarchique, un relais de l’IEN au sein de l’école… ». Il s’oppose à un statut qui ne peut être, à ses yeux, qu’à « vocation hiérarchique pour la direction d’école ».

Or, comme le souligne Pierre Frackowiak, « …les réactions syndicales et politiques ont été bien molles pour le premier degré sur toutes les questions qualitatives, pédagogiques, morales… ». Les syndicats du primaire ne revendiqueraient-ils « l'indépendance » des enseignants qu’à l’égard des seuls directeurs ? Seraient-ils prêts à en minimiser l'importance face à l'autorité d'un IEN ?

De là à penser que les réactions syndicales ne valent que pour s’opposer à un éventuel statut de directeur plutôt que pour défendre le principe d’indépendance si cher à « la profession »...

 

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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 11:51

 

Les chiffres viennent de tomber : le déficit public de la France a représenté 7,5% de son PIB en 2009, tandis que le poids de la dette a atteint 77,6%, annonce l'Insee.

Nicolas Sarkozy prépare un plan de rigueur qui ne dit pas son nom. Réunis par le chef du gouvernement, les ministres ont été priés de trouver des solutions « sans dépenser plus » pour faire face aux contraintes de leur ministère.

 

Ainsi, Brice Hortefeux a été le premier à réduire les dépenses engagées pour le confort et la sécurité de certaines personnalités dont les anciens ministres. C’est ainsi que Rachida Dati a été privée de sa 607 de fonction, de son chauffeur et de ses gardes du corps.

 

Au ministère de l’Education nationale, la situation est plus préoccupante puisque 16 000 postes sont déjà supprimés cette année. Parmi ceux-ci, 9182 emplois de stagiaires PE2 dans le cadre de la nouvelle formation des enseignants. Affectés pour l’essentiel sur les décharges des écoles à 4 classes. Problème pour l’Etat dont la signature du protocole en 2006 l’oblige à assurer les décharges administratives des directeurs de ces écoles au même titre que les autres de 5 classes et plus. Quadrature du cercle pour les IA  car on sait que le gouvernement ne mettra pas un euro supplémentaire pour régler ce problème inédit.

Luc Chatel invite les recteurs à respecter la signature de l’Etat (protocole De Robien) et leur demande de  garantir une décharge à partir de 4 classes. Pour y parvenir, un plan de « solidarité » sera proposé aux syndicats dans les prochaines semaines avant son application à la rentrée de septembre 2010.

Les premières indications vont dans le sens d’un partage des « moyens mis à la disposition de tous les directeurs déchargés ». Ainsi, les décharges complètes abandonneraient 1 jour par semaine et les ½ décharges se verraient amputer d’un jour toutes les 2 semaines. Selon les premiers calculs du ministère, les directeurs d'école de 4 classes devraient tous pouvoir bénéficier d'une journée de décharge par semaine. Un véritable casse-tête pour les IEN…

 

Les premières réactions syndicales n’ont pas tardé. Le SE-Unsa, signataire du protocole, est le plus virulent et « exige que le ministère applique les textes qu’il a signés ».

 

Lire le communiqué du SE-Unsa

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 11:38

Le Congrès du SE-UNSA, réuni à Brest du 17 au 19 mars, a adopté le rapport d'activité à plus de 92%. Le syndicat avait choisi « Imaginons demain » comme slogan en vue de l’élaboration de son projet pour les quatre années à venir.

Comme prévu, parmi les thèmes abordés, figurait l’évolution de l’école en un possible « Etablissement public d’enseignement du premier degré (EPEP) ». Hasard de calendrier, le jour-même de l’ouverture du congrès syndical, le 17 mars, le député Frédéric REISS se voyait confier, par le Premier Ministre, une mission temporaire de six mois intitulée « Les directeurs d'écoles et le statut des écoles maternelles et élémentaires ».

Le thème des EPEP a été examiné en commission puis en séance plénière lors du Congrès de Brest. Il a donné lieu, comme il fallait s’y attendre, à de vifs débats entre partisans de l’évolution du statut de l’école et ceux qui redoutent de voir l’école primaire ressembler à un établissement du second degré, type collège.

Comme au SNUipp, les opposants au statut d’EPEP craignent l’émergence d’une « tutelle hiérarchique » que résume ainsi Joël Péhau, Secrétaire national, chargé de la formation : « Beaucoup de nos collègues craignent de se voir imposer un supérieur hiérarchique, alors que le directeur d’école aujourd’hui n’en est pas un ».

 

Les débats sont ouverts et chacun peut s’exprimer librement. Les opposants font part de leurs interrogations et de leurs craintes.

« On en a discuté en section locale. En quoi l’établissement public va améliorer le fonctionnement de l’école ? Nous n’avons pas trouvé de réponse. Les collègues du second degré nous ont présenté les mauvais côtés. Exemple: même si on est élu au CA, on n’a pas beaucoup d’action sur le budget. Inversement les chefs d’établissement peuvent recruter des vacataires, profiler des postes, veut-on la même chose pour le premier degré ? » interroge un délégué des sections du Gard, de la Savoie et de la Haute-Savoie.

« Si on instaure un statut des directeurs d’école, cela implique la création d’un concours, interne et externe, et donc la possibilité de recruter des cadres hors Éducation nationale », analyse un représentant de l’Aude.

Christian Chevalier, Secrétaire Général, se veut rassurant : « S’il y a une direction, c’est forcément un enseignant, culturellement, c’est obligatoire ». Et de rappeler la nécessité de poser des « garde-fous », à commencer par le refus des projets d’Epep menés sous Gilles de Robien et Xavier Darcos.

Le SE-Unsa pose ses exigences et parmi celles-ci « la possibilité de revenir à une structure antérieure » et « l’impossibilité pour le directeur d’école d’être un supérieur hiérarchique », soit-il enseignant. « C’est un rempart important pour le SE et pour la profession, qui répond à une crainte épidermique des enseignants du premier degré de perdre leur indépendance », même s’il faut réfléchir à la « direction d’école ». « Elle est en crise. Les enseignants s’investissent de moins en moins pour contribuer au fonctionnement de l’école. Les directeurs ont de plus en plus de travail et de moins en moins de temps. »

Autre exigence posée par Christian Chevalier : l’établissement public doit « rester à taille humaine » et tenir compte des spécificités locales : « Il n’y a pas de solution univoque. On ne peut pas proposer la même chose pour une école à deux classes que pour une à 25. »

 

Les témoignages affluent, comme celui d’un représentant d’Indre-et-Loire  « J’ai dans mon département pas mal de collègues qui passent aujourd’hui l’agrément de direction pour être prêts le jour où les Epep se mettront en place et avoir des écoles à quatorze classes totalement déchargées »

 

Les résistances continuent de se faire entendre. Certains délégués regrettent que le débat n’ait pas, d’abord, été porté dans chaque section avant d’aborder le Congrès et souhaiteraient une « consultation de la base ».

« On ne sait pas comment notre positionnement sera perçu par les adhérents », déclare un représentant de la Vendée, évoquant un « danger pour la profession » et « pour la représentativité ». Pour certains représentants, « il faut qu’une vraie concertation ait lieu. Il faut qu’elle soit le plus large possible ». D’autres encore disent leur inquiétude : « la situation n’est pas mûre, nous n’avons pas assez discuté avec les collèges. Dans ma section, nous avons débattu des EPEP trois quarts d’heures, ce sera très dur d’expliciter cette prise de position lundi ».

Réponse de Joël Péhau : « Je comprends que les sections aient pu être déçues, que les débats n’aient peut-être pas été organisés au niveau local car c’est difficile, mais lors de la journée des militants c’est un sujet que nous avons identifié dès le début comme important. Nous avons joué le jeu du débat ».

Christian Chevalier invite le congrès à « faire un choix responsable ». « Ce sont des débats compliqués parce qu’ils ont des conséquences à la fois sur le syndicat mais aussi sur la profession. Si dès lundi j’ai un mail de Frédéric Reiss qui demande à nous rencontrer, on fait quoi ? Soit on ne lui dit rien, soit on arrive avec quelque chose en main ».

 

Dix sections départementales (sur 134) demandent que soit gommée du projet syndical toute référence explicite à « l’établissement public ». Après de longs débats, cette proposition est rejetée « par 80 % des délégués du congrès ».

 

« Nous avons eu ce débat de manière parcellaire mais je souhaite sortir de ce congrès avec quelques éléments tangibles afin de tracer des lignes jaunes à ne pas franchir. Ce débat ne sera pas clos dans cette salle. Il continuera via une consultation, qu’il faudra déterminer, et dans le conseil national du mois de mai et du mois de septembre. En mai, il ne sera pas trop tard, Frédéric Reiss doit rendre un rapport d’étape en juin », pousuit le secrétaire général.

 « Nous irons discuter avec le ministère sans a priori, puis nous montrerons le projet au conseil national, pour voir ce qui amendable, négociable, ou détestable, selon le texte », conclut Claire Krepper.

 

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