Mercredi 27 juin 2007
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Directeur depuis quinze ans dans une ville frontalière de la Belgique, Jean-Claude Klimanek jette l’éponge. Il quitte bruyamment la direction et tient à en faire savoir les raisons.
Il a accordé deux entretiens aux journaux régionaux : « La Voix du Nord » et « Nord Eclair ». Nous avons décidé de relayer sa colère sachant qu’il n'est qu'un exemple parmi des milliers de collègues qui, année après année, abandonnent la fonction de directeur, le plus souvent sans faire de vagues.
« La Voix du Nord » (vendredi 15 juin 2007)
"Après 34 ans passés à Halluin dont 19 à l’école Jean Macé et 15 à Marie Curie, le directeur de cette dernière va rejoindre une brigade de remplacement à l’école Camus de Tourcoing. Une manière de protester contre une pression devenue insupportable, celle de la charge d’un directeur qui se sent bien esseulé pour tout assumer.
Jean-Claude Klimanek en a gros sur la patate, lui qui s’investit sans compter, que ce soit dans la vie associative, élective, sociale et scolaire. La coupe est pleine et, cette fois, il a décidé de passer à l’acte : quitter son poste de directeur d’école maternelle. « La grève administrative que j’ai menée en tant que directeur n’est pas reconnue, c’est seulement un blocage de documents non essentiels. La surcharge continuelle des responsabilités est toujours là, c’est de plus en plus lourd pour 100 euros d’indemnités. Il y a des tonnes de paperasse à assumer pour les enfants handicapés et d’autres. Je dois tout suivre comme le projet personnalisé d’éducation. L’école n’a cessé de grossir (9 classes, 270 élèves et jusqu’à 300 demandes pour la prochaine rentrée, une équipe de 25 adultes). Le projet d’école, c’est toujours l’affaire du directeur. Je ressens un désengagement des enseignants, un manque de soutien de l’inspection. Je dois gérer l’absentéisme et, même si je suis respecté, j’éprouve souvent un sentiment de solitude dans l’équipe et par rapport à l’institution ».
Il souhaite plus de cohésion au profit de la réussite des élèves, comme le stipulait la loi d’orientation Jospin de 1991. De stigmatiser également les différences « d’horaires et de salaire avec les professeurs de collège et de lycée ». Pugnace, Jean-Claude Klimanek a dû se battre comme un Don Quichotte pour parvenir à l’extension de son école. […] Dans le même temps, le niveau social des familles a reculé de 400 rangs sur une échelle de 1700 dans l’enquête sociale. […]
L’amertume est d’autant plus grande pour le directeur qu’il est animé de la sérénité du devoir accompli. « J’ai énormément de bons souvenirs avec les collègues, le personnel de mairie, les enfants. Les parents d’élèves s’investissent dans la vie de l’établissement via la coopérative scolaire », reprend-il sans céder au désenchantement… " (Patrick Bonte)
« Nord-Eclair » (mercredi 20 juin 2007)
"Usé par sa fonction de directeur, Jean-Claude Klimanek quitte l’école Marie-Curie. Il était directeur depuis 15 ans. En septembre, il fera partie de la brigade de remplaçants et sera basé à Tourcoing.
Quelles sont les raisons de votre départ ?
Jean-Claude Klimanek : « C’est le ras le bol comme beaucoup de directeurs. En tant que directeur, nous avons de plus en plus de responsabilités et de charges. La seule reconnaissance est deux augmentations de 15 €. Nous sommes en grève depuis plusieurs années, sans que cela change. Il y a un vrai malaise par rapport aux équipes. On est comme eux. Nous n’avons pas d’autorité. On doit y arriver avec notre charme et notre conviction. Ce n’est pas suffisant ».
Quand avez-vous pris votre décision ?
J-C. K. : « Ça fait deux ans que j’en parle avec l’inspection académique. Et ça ne change rien. Aujourd’hui, je n’ai plus le choix même si j’en ai gros sur le cœur ».
Quel a été l’élément déclencheur ?
J-C. K. : « Les conflits avec certains enseignants. Avant, le directeur avait un pouvoir naturel. Ce n’est plus le cas. Or, l’inspection nous demande de faire respecter les programmes et des réunions où certains enseignants ne viennent pas alors qu’elles sont obligatoires. Je ne vois pas actuellement de solution ».
Pourquoi avoir décidé de devenir remplaçant ?
J-C. K. : « Je ne veux plus m’impliquer dans une école. Vous savez, je suis rattaché à l’école Camus de Tourcoing où il manque un directeur. On m’a déjà sollicité. Mais je ne veux plus car je suis incapable de faire quelque chose sans m’investir ! »
Que souhaitez-vous à votre remplaçante ?
J-C. K. : « Qu’elle arrive à remotiver l’équipe. Certains projets tournent bien, d’autres non. Il faut moins d’individualisme et plus de collectif ». (A. Cl.)
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A Messieurs les Grands Directeurs (Robert, Bruno, Jean-Baptiste, Alain, Georges...)
A vous lire tous, il semble bien qi'il est tout à fait possible d'exercer correctement le métier de directeur en l'état actuel de la législation. Faut de la volonté et une bonne conscience...
Alors, pourquoi voulez-vous davantage et notamment un statut ?
D'autres "Messieurs" t'écrivent :(je résume un peu, car cela risquerait de brouiller les quelques neurones qui te restent en éveil!)
"(...)mieux définir le métier de directeur d'école, ses missions, ses responsabilités (...) forte distorsion existant entre les objectifs assignés à l'exercice de l'activité des directeurs d'école et le peu de moyens mis à leur disposition pour les réaliser,associé à un manque de reconnaissance sociale. (p. 115)
(...)la situation dans laquelle se trouve un directeur d'école reconnu, respecté, considéré par la communauté éducative représente un facteur plus influent sur le climat scolaire que le contexte des moyens et le poids de sa charge de travail. (p. 101)"
Une petite dernière :
"(...) l'importance du stress, du temps consacré à l'écoute du personnel, et celle de la demande et de l'attente de la considération et du respect de la communauté éducative (élèves, parents, enseignants" (p. 75)
Ce sont les "Messieurs" de la MGEN qui l'ont écrit ; lorsque tu sortiras des bras de Morphée, sois gentil et réponds à la question d'Alain : "es-tu directeur d'école ?"
Le marchand de sable vient de passer ; bonne nuit les petits !!!
Je ne suis plus directrice. Comme Monsieur Klimanek, mais avec moins de panache, j'ai jeté l'éponge pour me retrouver brigade depuis septembre 2006, après 12 ans de direction dans une école élémentaire de 8 classes.
Vivien, si vous aviez de l'intérêt pour l'école, la situation de ses personnels, vous prendriez un minimum d'informations, de renseignements, afin de pouvoir étayer vos propos.
Mais recherchez-vous la vérité, avez-vous ce courage?
Ou n'êtes-vous que la triste voix de vos maîtres?
Le texte de 89 confirme bien le rôle central des directeurs des écoles, autant au niveau du maillage des relations institutionnelles, que dans celui des responsabilités.
Le texte de 89 a, dans le même temps, avancé, certes un petit pas timide, dans une certaine autonomie donnée aux écoles (PE, CE...).
Le problème c'est que ce texte n'est pas protecteur. C'est le directeur qui se retrouve au centre de toutes les sollicitations sans obligation de lui attribuer les moyens nécessaires.
Pire, quand on lui jette des miettes, on demande à la profession de se prononcer. Pire, ils sont sanctionnés pour service non fait alors quils assurent leur service.
De négations en compromissions, nous en sommes naturellement arrivés à une situation critique.
Crise que vivent les directrices et les directeurs.
Crise que vous niez au nom de toute une profession que vous représentez mal.
Un statut, qui ne peut pas être hiérarchique au sens administratif du terme (il faut arrêter de mentir), permettrait de remettre les choses dans lordre : commencer par RE-reconnaître le directeur pour enfin lui attribuer les moyens nécessaires.
Je voudrais souligner encore le mépris de vos propos, car, même si on peut comprendre une opposition, comment nous resservir, avec ce ton, une solution qui a montré son inefficacité depuis 10 ans et qui conduit à un désastre (abaissement de lancienneté minimum, nomination de PE1, demande obligatoire dune direction au 2°mouvement ).
PS. Pour la première fois de ma carrière, je serai réellement en vacances à 16h30 le dernier jour décole, et jai touché 1200 de plus que pour la même période lannée dernière.
Cela ne mempêche pas dêtre plutôt triste . Professionnellement.
Merci de votre patience.
GNV
A Vivien,
puisque tu m'as interpellé , sache que je n'ai aucune agressivité envers toi, je ne serai pas incorrect , je sais être courtois et tolérant.
Et justement toute cette violence qui se révèle au travers de tes propos prouve le vide des réponses que tu peux apporter aux propositions du GDID, à son analyse raisonnée du malaise de Directeurs , aux multiples arguments et enquêtes auxquels le GDID se réfère.
Enfin, la cause est tellement juste que la consultation IFOP l' a légitimée !
Est intelligent et raisonnable celui qui sait s'associer à une cause juste , tu sembles en avoir les compétences , alors viens apporter cette richesse d'analyse à la défense de nos revendications.
Merci Vivien pour ton soutien !
Les amis, vous pensez à tort que je vous en veux. Pas du tout. Je fais part de certaines remarques qui vous dérangent et aussitôt vous me tombez dessus à bras raccourcis...
Relisez ce qu'a écrit Jean-Baptiste et qui a été approuvé par Georges, Maldini et Pierre.
Jean-Baptiste semble s'en "sortir" dans son boulot de directeur. Il s'en explique même ensuite dans le détail. La preuve qu'il est possible de diriger une école avec les textes actuels. Bien sûr, Jean-Baptiste n'est pas à une contradiction près puisqu'il réclame quand même un statut. Il s'en sort plutôt bien mais il veut un statut pour être reconnu alors qu'il l'est déjà. Comprenne qui pourra !
C'est cela que je voudrais comprendre : pourquoi faire un caca nerveux sur cette reconnaissance qu'on a déjà implicitement ? Eh oui, il faut être honnête avec soi-même. Les parents nous considèrent comme le directeur. La municipalité aussi. Les adjoints aussi et ils l'acceptent. Je comprendrais qu'on mette l'accent sur les moyens indispensables pour avoir plus de temps et mieux le consacrer à la vie de l'école : des décharges, du matériel moderne. Et surtout, qu'on oriente la lutte vers la reconnaissance financière de notre métier. Alors là, je serais en phase avec vous, les amis.
Aucun commentaire sur le "fond" de ce que tu écris ! les réponses sont plus haut ; tu n'as qu'à relire mais visiblement cela ne t'intéresse pas !
Deux points cependant :
1 - nous t'avons "écoeuré", nous "les mecs" , "Messieurs les Grands Directeurs" et nous voilà de venus "les amis"...Choisis ton camp, aies le courage de ce que tu écris et cesse de ravaler ta morve en permanence...
2 - certains t'ont posé une question à laquelle tu tardes à répondre (un oubli, certainement que tu vas réparer...) : es-tu directeur ? et si tu as un brin d'honnêteté, pousse-le jusqu'au bout : pour qui roules-tu ?
Désolé te t'avoir réveillé de ton long sommeil...
Un "Grand Directeur" qui ne souhaite pas être ton "ami"...
Impossible de discuter avec vous sauf à se couler dans le moule de la pensée unique du statut.
Euh ! je dois être mal réveillé ! j'ai du mal à voir où est ta "discussion"...
Tu peux reprendre, s'il te plaît,.. à moins que tu ne l'aies entamée durant ton sommeil, tout seul...dans un dialogue avec toi-même ...
Morphée est bien charmante...
Mes dernières réponses sur le fond Vivien, pas pour toi, tu t’en fous, mais pour tous ceux qui nous lisent
•Justement pour sortir de l’implicite, et cela est essentiel dans une institution qui a fondé sa notoriété et son efficacité sur l’explicite.
•Puisque les parents nous considèrent comme des dirlos, que les élus font la même chose, pourquoi l’EN ne se mettrait-elle pas en adéquation avec la société ? (société à laquelle appartient l’école quand même).
Et bien, parce que, faisant, elle devra mettre les moyens qui vont avec. Ce qu'elle peut se passer de faire pour le moment.
Car il y a une évidence sur laquelle tu fais l’impasse :
Les moyens dont tu parles ça fait plus de 10 ans qu’on les réclame et qu’on nous les refuse…
La crise que nous traversons est directement liée à l’échec des stratégies (propositions et actions) syndicales dans ce domaine.
Quand tu proposes de continuer seulement, nous offrons une solution pour sortir de l’impasse (parce que nous prenons en compte le fait que nous soyons dans une impasse).
Comment s’entêter dans ce qui a échoué ?
Comment revendiquer un avoir consistant quand on voit à quelle vitesse un syndicat peut, à tout moment, détruire un élan en signant un protocole ?
Comment faire crédit à ceux qui nous précipitent contre un mur en nous chantant « aies confiancccccccce » à la manière de Kaa le serpent hypnotiseur ?
Merlin, je pense qu'on n'a pas le choix. Pour l'obtenir le statut, on ne peut compter que sur nous. Jamais les syndicats ne viendront nous prêter main forte. Jamais. Et pour réussir, il faut être unis, nombreux surtout et le vouloir.
Tu as raison, on peut commencer par leur donner une bonne leçon aux prochaines élections professionnelles. Ce serait déjà un premier pas dans la bonne direction pour leur montrer qu'ils ne sont rien sans nous.
A lire sur le forum du GDID un article du Snuipp66 qui précise bien leur conception du fonctionnement de l'école: on évite prudemment la mention CDMD, on évoque une " clarification et diminution des obligations du dirlo" mais on refuse tout net toute idée de statut. Au moins c'est clair.
Donc ceux qui souhaitent une autre évolution pour le fonctionnement de l'école en général et le métier de dirlo en particulier doivent se fédérer au GDID qui est la seule association qui défend l'idée d'un statut. Le nombre sera déterminant dans les mois à venir.
Tu as raison d'écrire : "On y lit quand même la volonté de débattre du statut." C'est vrai, cela semble une intention ; mais relis le texte avec attention et tu t'apercevras qu'il y a tellement de verrouillage après chaque raison avancée en faveur du statut que cela consiste en fait à entrebaîller légèrement afin de mieux la claquer violemment (les textes existent déjà donc pas la peine d'en rajouter ; on veut pas d'un nouveau corps, etc...)
C'est triste et on ne peut que le déplorer : malgré des prétendues "avancées" sur la réflexion, la clôture est toujours identique et aucune évolution de ce côté-là !
Cordialement.
C'est vrai Georges. J'ai lu avec attention et je pense comme toi qu'il n'y a pas grand chose à espérer.
Mais... si on mettait le pied dans l'entrebaillement de la porte... histoire d'empêcher de la refermer...