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Propositions du Ministère

Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 13:11

Le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, a demandé, mardi 8 janvier, la mise en place d'un service minimum d'accueil dans des écoles maternelles et élémentaires dès le 24 janvier, jour de grève dans l'éducation nationale. "Il est demandé aux recteurs et inspecteurs d'académie de participer à son expérimentation [du service minimum], avec les maires des communes volontaires, dès le 24 janvier prochain, date de grève nationale à l'éducation nationale", indique ainsi une circulaire de M. Darcos. Le ministre avait jusqu'ici annoncé la mise en place de ce service, contesté par les syndicats, pour la rentrée 2008.

"Le financement de ce service sera assuré à partir des fonds correspondant aux retenues sur salaire des enseignants grévistes", lit-on dans cette circulaire communiquée à la presse mardi. La somme prévue est de 90 euros de un à quinze élèves accueillis et 90 euros de plus par tranche de quinze élèves supplémentaires. En contrepartie, les communes volontaires devront assurer un accueil durant les heures normales d'enseignements, soit six heures par jour.

   
Après l'interview (sur RTL) de Gérard Aschiéri, sur ce sujet, Il était évident que le gouvernement ne rencontrerait aucune difficulté à mettre en oeuvre son projet de service minimum.

Nous vous invitons à relire l'article que nous avions publié le 12 décembre 2007 et intitulé : « Quand Gérard Aschiéri, patron de la FSU, reçoit une leçon de militantisme en direct sur RTL »

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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 /01 /Jan /2008 14:47

Vendredi 14 décembre 2007, Eric Gross, inspecteur général de l'éducation nationale, a remis à Christine Albanel et Xavier Darcos, respectivement ministres de la Culture et de l'Education, un rapport de « vingt propositions et huit recommandations pour renouveler et renforcer le partenariat Education - Culture - collectivités locales en faveur de l'éducation artistique et culturelle»...

"Le changement ne peut se concevoir que s'il est accompagné par une volonté politique opiniâtre, érigeant l'éducation artistique et culturelle en grande politique publique dotée de moyens correctement évalués". En concluant par cette phrase son rapport sur l'éducation artistique et culturelle, l'inspecteur général Eric Gross ne cache pas que ses recommandations nécessiteront des efforts pour être appliquées.

L'objectif n'est pas mince : introduire enfin dans toute l'Ecole, tout le temps, de la culture et des arts. Et Eric Gross préconise de s'appuyer sur les outils de la culture, c'est-à-dire le numérique, et sur une pédagogie qui éveille l'intelligence. Pour lui, cette éducation passe pour lui par un véritable partenariat entre l'Etat et les collectivités locales, entre l'Education et la Culture. C'est dire qu'introduire culture et arts dans l'Ecole nécessite de changer l'Ecole…

On relèvera encore l'attention qu'Eric Gross apporte aux aspects concrets : obligation pour tout élève d'avoir visité le patrimoine local et par suite redéfinition de ce qu'est la visite scolaire et création des structures propres à accueillir les élèves ; gestion des droits sur les œuvres numériques et utilisation de l'exception pédagogique ; doter chaque établissement d'un projet culturel et artistique.
 

RÉCAPITULATIF DES VINGT PROPOSITIONS ET DES HUIT RECOMMANDATIONS DU RAPPORT
 

VINGT PROPOSITIONS

Proposition 1 : évaluer, au moment des épreuves orales d’admission des concours de recrutement, le goût et les compétences des candidats dans le domaine artistique et culturel, et ce non seulement pour les concours de professeurs des écoles, mais aussi pour les concours de l'agrégation et du CAPES, à tout le moins dans les disciplines relevant des humanités.
  
 
Proposition 2 : systématiser le partenariat en formation initiale IUFM-DRAC ; prévoir pour chaque stagiaire une formation obligatoire en éducation artistique et culturelle (hors dominante) et privilégier la diffusion et la généralisation des actions les plus efficientes; réanimer les certifications complémentaires en art ; prévoir dans le futur Master enseignant des «crédits art et culture» qui continueraient à mobiliser les formations en partenariat.
 

Proposition 3 : mettre en œuvre les pôles régionaux d'éducation artistique et culturelle afin de doter chaque rectorat d'un programme de formation reposant sur la coopération avec les structures artistiques et culturelles.
 

Proposition 4 : développer la formation continue des enseignants par le réseau des établissements culturels, avec le soutien des crédits de formation de l’éducation nationale.
 

Proposition 5 : dans le cadre d’un partenariat renforcé et d’une véritable ambition de formation, accorder pour les professeurs la gratuité d’accès aux musées (34) et aux monuments nationaux (environ 100) dépendant du ministère de la culture, et renforcer les mises à disposition de professeurs dans les services éducatifs des établissements culturels.
 

Proposition 6 : confirmer la gratuité pour la majeure partie de la ressource numérique publique et permettre la baisse du prix de la ressource payante grâce à la croissance du nombre des abonnements.
 

Proposition 7 : mettre en œuvre l’exception pédagogique créée par la loi DAVDSI de façon simple, claire, et sûre à la fois pour les usagers et les ayants droits; pour ce faire, préciser par un décret le champ de certaines notions utilisées par la loi et introduire par la voie législative un mode unique de gestion pour l’usage des œuvres: la gestion collective obligatoire.
 

Proposition 8 : refonder un grand portail public de l’éducation artistique et culturelle fédérant ressources publiques et ressources privées, validées juridiquement et scientifiquement. La présence sur ce portail vaudra label et recommandation. Les développements du portail permettront aussi aux enseignants de bénéficier de conseils techniques et juridiques, et d’échanger leurs expériences.
 

Proposition 9 : créer au centre national du livre, en partenariat avec le Louvre, le Centre Pompidou, le musée du Quai Branly et éventuellement d’autres structures, un fonds d’intervention destiné à encourager les projets d’édition en éducation artistique et culturelle. Ce fonds, appelé librairie de l’éducation artistique et culturelle, devrait être dès 2008 doté d’un budget de 100 000 euros.
 

Proposition 10 : mettre à profit la révision du cahier des charges et des missions des chaînes publiques pour renforcer les dispositions concernant l'accès à l'art et à la culture ; inciter France Télévisions à renforcer et diversifier son offre VOD (vidéo à la demande) pour l'éducation artistique et culturelle; fédérer l'offre du groupe sur le site de France 5, dont l'identité éducative et culturelle est forte.
 

Proposition 11 : doter progressivement au moins chaque établissement du second degré d’un véritable projet d’éducation artistique et culturelle au sein de son projet d’établissement; fonder ce projet sur le partenariat avec les institutions culturelles et sur le développement au sein de l’établissement de lieux culturels: médiathèque, lieu d’exposition, et même quasi ciné-club : intégrer le développement de ces lieux dans les programmes de construction ou de rénovation. Enfin, articuler les projets d’établissement autant que possible à des projets de territoire (bassin scolaire, bassin d’emploi).
 

Proposition 12 : dans l’intérêt du partenariat entre structures culturelles et établissements scolaires, lui-même garant de la qualité des propositions artistiques, convaincre les partenaires sociaux de supprimer l'obligation que l'artiste soit rémunéré par l'établissement d'enseignement, ou, à défaut, l'assouplir considérablement en admettant l'intervention d'artistes rémunérés par une structure culturelle.
 

Proposition 13 : promouvoir, dans le cadre du projet d'établissement et du projet de territoire, des projets d'éducation artistique et culturelle largement collectifs.
 

Proposition 14 : «revisiter» la visite scolaire pour la revaloriser et améliorer son impact pédagogique; encourager les efforts des institutions pour se doter de structures d'accueil innovantes; mobiliser un volant d'emplois aidés pour recruter des médiateurs formés à l'accueil des élèves; créer une journée nationale de la visite scolaire où toutes les institutions tiendraient porte ouverte pour les classes.
 

Proposition 15 : inscrire la mission d’éducation artistique et culturelle dans les contrats de performance des établissements publics du ministère de la culture et de la communication et dans les cahiers des charges des structures artistiques subventionnées.
 

Proposition 16 : consacrer le rôle de partenaires à plein titre des collectivités locales dans l’objectif de généralisation; favoriser, pour ce faire, des dispositifs contractuels globaux et ambitieux, en particulier contrats locaux d’éducation artistique (CLEA) et plans départementaux de développement culturel. Encourager la contractualisation, encore très partielle, avec les régions.
 

Proposition 17 : signature d’un protocole entre les ministres, d’une circulaire interministérielle et, dans chaque académie, d’une convention entre l’Etat et les collectivités territoriales; tenue au minimum, dans chaque académie de deux réunions générales par an: en septembre, moment de la rentrée culturelle et scolaire, et en juin.
 

Proposition 18 : pour améliorer la prise en charge de l'enjeu et marquer l'importance qui lui est donnée, créer au sein de la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) une délégation à l'éducation artistique et culturelle pouvant être l'interlocuteur institutionnel de la DDAI du ministère de la culture et de la communication, avec un délégué directement placé auprès du directeur général.
 

Proposition 19 : évaluer l'éducation artistique et culturelle à travers un livret personnel de l'élève, véritable carnet de bord de son parcours, qui ferait l'objet d'un entretien au brevet et au baccalauréat; permettre aussi cette évaluation dans le cadre des disciplines et des épreuves existantes : par exemple, veiller à ce qu'un des trois sujets proposé au baccalauréat pour l'épreuve de philosophie invite à une réflexion philosophique su l'art et la culture.
 

Proposition 20 : pour identifier, valoriser et mobiliser l'ensemble des moyens consacrés par l'Etat à l'éducation artistique et culturelle, les regrouper, dans la loi de finances, au sein d'un document de politique transversale dotée des indicateurs de performance adéquats.
  

 

HUIT RECOMMANDATIONS

Recommandation 1 : pour poser les bases d'un dialogue et d'une coopération, organiser, à la rentrée 2008, à l'institut national d'histoire de l'art, avec le partenariat de l'Ecole du Louvre, un colloque réunissant universitaires, conservateurs, et enseignants du secondaire et du primaire.
 

Recommandation 2 : créer une section histoire de l'art aux concours de l'agrégation et du CAPES, en donnant à cette discipline un sens élargi à la musique, au théâtre et au cinéma; affecter les professeurs recrutés à des fonctions de formation dans les IUFM ainsi qu'à des missions de coordination, d’animation et d’expertise dans les académies.
 

Recommandation 3 : assurer l’approche pluridisciplinaire de l’éducation à l’image en la traitant dans les programmes à la manière d'un «thème de convergence», à l'imitation des thèmes de convergence définis dans les nouveaux programmes scientifiques des collèges (avril 2007).
 

Recommandation 4 : pour développer l'offre des écoles territoriales de musique, de danse et de théâtre, assurer la mise en œuvre rapide de la loi du 13 août 2004, par un effort conjoint de l'Etat, des régions et des départements pour lever les difficultés, voire les blocages subsistants; pour développer l'offre des écoles d'art, assurer la multiplication des ateliers beaux-arts avec le soutien des collectivités territoriales.
 

Recommandation 5 : favoriser l'appropriation pour les familles, aux fins de l'apprentissage d'une pratique artistique, des dispositions de la loi du 26 juillet 2005 sur les services à la personne.
 

Recommandation 6 : se donner comme objectif que tout élève de France, au cours de sa scolarité, ait eu la possibilité de visiter les trésors culturels de sa région, mais aussi quelques-unes des institutions culturelles majeures de la nation.
 

Recommandation 7 : créer (sur l’Ile Seguin ?) un centre national d’accueil capable d’héberger 500 élèves pour de courts séjours dédiés à la visite des institutions culturelles majeures.
 

Recommandation 8 : à l'exemple de premières initiatives exemplaires, favoriser le mécénat des projets d'éducation artistique et culturelle.
 
  

Dans son rapport, Eric Gross indique qu’il s'agit de “donner à la société française l'impulsion décisive pour qu'elle accorde, dans l'éducation de ses jeunes, la même place à la culture et aux arts que celle qu'elle a fini par accorder au sport”. Il avance des propositions à destination des élèves, des professeurs et des institutions, estimant qu'”il ne s'agit plus seulement d'une éducation à l'école et par l'école, mais aussi d'une éducation à la culture par la culture”.

Xavier Darcos et Christine Albanel communiqueront ensemble et de manière globale sur ce sujet “à la fin du mois de janvier”. En effet, les deux ministres doivent désormais décider conjointement de la suite concrète à donner à ses propositions.

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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 18:01

Nous publions ci-dessous de larges extraits du rapport remis récemment par Alain Bentolila au ministre Xavier Darcos.

Titre du rapport : LA MATERNELLE : AU FRONT DES INÉGALITÉS LINGUISTIQUES ET SOCIALES
  

UNE ECOLE À PART ENTIÈRE

Le paradoxe de l’école maternelle actuelle, c’est l’illusion sur laquelle elle repose. Illusion issue de ses performances passées, à l’époque où elle était en avance sur son temps. Epoque de dynamisme, même de militantisme pédagogique innovant de ses enseignants, époque où elle était l’objet d’une attention particulière. La maternelle vit aujourd’hui sur ses acquis. Suivie par la quasi-totalité des enfants bien que non-obligatoire, surpeuplée, elle fait illusion aux parents qui y voient ce qu’elle montre le mieux : de la bienveillance, de la présence dans le tissu social, une forme d’encadrement, des productions d’élèves joliment mises en scène. Elle fait illusion à certains enseignants qui pensent créer une pédagogie active et efficace fondée sur l’interaction, la participation, l’action en classe. Elle fait enfin illusion à l’institution elle-même qui n’ose pas évaluer vraiment la maternelle d’aujourd’hui et ce qu’elle « produit en termes d’apprentissage et d’acquisition ».

Afin de garantir la spécificité de la maternelle il nous apparaît légitime de revoir la configuration des cycles de l’école primaire. Les classes de maternelle composeraient ainsi institutionnellement le cycle 1, le CP et le CE1 le cycle 2, et les CE2, CM1 et CM2 le cycle 3.

Refonder l’école maternelle comme une école à part entière, c’est définir fermement ses objectifs, ses missions et fonctions, ses programmes propres, la formation soutenue et approfondie de ses professeurs et lui donner un encadrement spécifique. Cela devrait passer, selon nous, par son inscription claire dans le cadre de l’obligation scolaire.

Une double obligation : celle des parents de scolariser leur enfant, celle également de la République de préparer au mieux la réussite scolaire des élèves qui lui sont confiés.

Si le taux d’inscription en école maternelle avoisine en effet les 100%, on sait toutefois que le taux de présence en classe au quotidien est souvent aléatoire pour de nombreux enfants, quasi inexistant le samedi matin.
L’obligation scolaire à 3 ans révolus, c’est aussi pour l’Ecole une manière de montrer son engagement pour la réussite.

L’école maternelle a souvent privilégié ce qui se voit, s’expose, s’affiche, au plus grand plaisir des parents et des élèves. Le « bien vivre » a parfois pris le pas sur le « bien apprendre ».

L’organisation et la rotation du travail en petits groupes, qui sont une nécessité pédagogique, ont souvent des conséquences très inquiétantes sur les temps réels d’apprentissage à l’école maternelle. Les séquences où l’apprentissage s’effectue sous le contrôle attentif et lucide de l’enseignant sont en fait extrêmement réduites. Rares sont en réalité les classes où un exercice écrit de graphisme ou de numération est proposé chaque jour et à tous les élèves. Les emplois du temps et la rotation des ateliers en maternelle sont donc à revoir, le temps de concentration quotidien pour chaque élève doit absolument être augmenté de manière significative. S’ajoute à cela le fait que les activités sont fréquemment construites autour d’un thème au lieu de s’articuler sur des progressions de compétences à travailler.
Il conviendrait enfin de mieux maitriser la durée et l’organisation d’activités « périphériques » qui finissent par diluer les véritables séquences d’apprentissage. Les temps de collation, de déplacements, d’habillage, de passage aux toilettes, d’attente des parents, doivent s’équilibrer et se répartir dans les temps de récréation. Ces activités peuvent être parfois éducatives, mais elles ne représentent pas des apprentissages scolaires. La sieste en Petite Section et le temps de repos en Moyenne et Grande Sections se confondent ; sous prétexte de réveil échelonné, certains élèves dorment une grande partie de l’après-midi.
A l’heure du « zapping » généralisé et bruyant, on ne saurait trop rappeler, notamment à l’école maternelle, les vertus du silence en pédagogie.

 

LA MAITRISE DE LA LANGUE : ENJEU PRIORITAIRE

Sous les effets conjugués de l’affaiblissement de la médiation familiale et de la perversité des modèles sémiologiques imposés par un monde médiatique de plus en plus cynique, bien des enfants arrivent à la porte de l'école de la République en situation d'extrême insécurité linguistique et de terrible déficit culturel. Pour eux, l'école maternelle constitue la première et la dernière chance de médiation dans un parcours d'apprentissage qui en a été jusque-là privé.

Pour eux, l'école maternelle doit mettre en jeu avec volonté, obstination et constance une pédagogie, non pas palliative, mais compensatrice : elle se doit de tenter de réhabiliter au plan sémiologique, culturel et linguistique une part importante des enfants qui lui sont confiés. Si elle y renonçait, elle viderait de leur sens les mots de justice et de démocratisation scolaire ; mots d'un discours alors démagogique cachant mal l’entrée précoce dans un couloir qui mène inéluctablement à l'illettrisme et à l'exclusion.

Le langage dont disposent certains élèves à la veille d'entrer au cours préparatoire est souvent incompatible dans ses structures même avec une entrée sans rupture dans le monde de l'écrit. Ne l'oublions pas, apprendre à lire n'est pas apprendre une langue nouvelle : c'est apprendre à coder différemment une langue que l'on connaît déjà.

 

APPRIVOISER LA LANGUE ÉCRITE

Il est indispensable que l'École puisse, en partie au moins, combler ce gouffre en les habituant progressivement à se « frotter » à du vrai langage écrit ; en d'autres termes, il convient de les familiariser peu à peu avec la « voix des textes ». La maîtresse (ou le maître parfois) lira de véritables textes écrits, contes merveilleux bien sûr, poèmes et récits de vie, mais aussi textes d'explication ou de réflexion autour d'un thème adapté aux intérêts des enfants. Elle devra choisir des textes aussi éloignés que possible de la langue orale familière afin de bien marquer la spécificité de l'écrit : ce n'est pas en effet quand il tente de restituer la connivence de l'oral que l'écrit dévoile le mieux sa singularité. Ces écrits doivent être lus avec autant de conviction que de talent. L'enseignant, livre en main, doit donner voix au texte comme un musicien donne vie à une oeuvre. À ce propos, il conviendrait que la formation des maîtres comporte un entraînement sérieux à la diction maîtrisée de poèmes, de prose ou de pièces de théâtre.

 

LES DROITS ET LES DEVOIRS DE LA COMMUNICATION

L’École, avouons-le, s'est fort peu occupée de la maîtrise de la communication orale. Il faut bien reconnaître qu'en matière de communication orale, les démarches pédagogiques ne sont pas faciles à mettre en œuvre : elles supposent en effet des moyens et une formation dont peu de maîtres disposent. Sauf à accepter que certains enfants s'engagent dès le début de leur scolarisation dans le long couloir qui conduit à l'illettrisme, l'École, et en tout premier lieu l'école maternelle, doit faire de la maîtrise de la communication un de ses objectifs principaux.

 

DES MOTS POUR APPRENDRE À LIRE

A six ans, quand il arrivera au cours préparatoire, un enfant devra posséder dans sa tête un répertoire de quelque 2500 à 3000 mots. La connaissance des correspondances entre lettres et sons lui permettra de se servir de son propre dictionnaire de mots oraux en « traduisant » en sons le mot qu’il découvre en lettres. Ce n’est pas le fait de déchiffrer qui peut être responsable d’une lecture dépourvue d’accès au sens, mais c’est le déficit du vocabulaire oral qui empêchera certains enfants d’accéder au sens des mots écrits. L’une des missions essentielles de l’école maternelle est donc de mener un travail patient et obstiné pour enrichir le vocabulaire des enfants de mots propres au langage écrit, notamment pour les moins favorisés. C’est une des conditions essentielles qui permettra à un élève d’apprendre à identifier les mots et à les comprendre.

 

DES SONS POUR APPRENDRE À LIRE

Il faut favoriser et garantir le développement d’habiletés réflexives sur la langue, sa phonologie, et les correspondances existant entre sa dimension orale et sa réalité écrite.

 

LA CONSCIENCE SYNTAXIQUE POUR CONSTRUIRE LE SENS

Comprendre suppose certes la capacité d’identifier chacun des mots, mais aussi la volonté de les « mettre ensemble » pour construire lucidement une expérience globale, cohérente et homogène. La découverte du principe syntaxique nous paraît ainsi faire partie intégrante des apprentissages de la maternelle.

 

DEVENIR ÉLÈVE

Il n’est pas rare de constater en maternelle qu’un élève se mette à pleurer lorsque le maître lui fait remarquer qu’il s’est trompé. Souvent l’ATSEM termine ou corrige un travail pour présenter un résultat honorable aux parents. D’une façon générale la non prise en compte de l’erreur comme fondement de l’apprentissage conduit à des pratiques accumulatives : « plus ils en feront, plus ils retiendront ». Or ce n’est pas parce que les élèves sont très jeunes qu’il ne faut pas essayer de leur faire prendre conscience de la façon dont ils fonctionnent, les aider à découvrir pourquoi ils se trompent, comment ils peuvent s’améliorer et leur faire constater que les autres aussi se trompent, font des erreurs et que c’est en s’entraidant qu’on se dépasse.

 

L’ECOLE À DEUX ANS

Impatience éducative et déficit de la médiation familiale sont sans doute à l’origine de la scolarisation de plus en plus précoce des enfants. La seule question qui mérite d’être posée est la suivante : comment assurer, à un moment crucial du développement d’un enfant, une qualité d’accueil et d’accompagnement qui lui donne les meilleures chances d’épanouissement ? Accueillir à l’école toute une journée des enfants de 2 ans, c’est détourner l’école maternelle de sa mission véritable ; c’est la transformer en garderie pendant la majorité de leur séjour scolaire. Disons les choses clairement : l’école maternelle n’apporte pas actuellement une réponse satisfaisante et honorable à des enfants de deux ans qui sont à un moment crucial de leur développement. Comment peut-on en effet imaginer que 30 enfants réunis dans une salle de 50 à 60m2, confiés aux bons soins d’une institutrice qui n’a pas été formée pour cela, puissent trouver des conditions favorables à leur développement psychologique, linguistique et social ? L’école maternelle doit donc se désengager progressivement d’une mission qui n’est pas la sienne.

 

UNE FORMATION DIGNE DES ENJEUX DE L’ÉCOLE MATERNELLE

Il est proprement aberrant que l’on propose une formation identique à une enseignante qui devra accompagner des bambins de 3 à 6 ans dans leur développement linguistique, intellectuel et moteur et à celle qui aura à inculquer des connaissances à des préadolescents de 10 ou 11 ans. Toute refondation de l’école maternelle passe aujourd’hui par une réforme en profondeur de la formation de ceux qui veulent y enseigner. L’école maternelle doit se choisir avec lucidité. On n’y entre pas par hasard ou en espérant que l’enseignement y sera plus facile et la vie plus douce. C’est donc en imposant des contenus de formation spécifiques et ambitieux que l’on marquera le respect dû à cette partie essentielle de notre école et que l’on suscitera des vocations lucides.
La spécialisation « école maternelle » ou « école élémentaire » pourrait se concevoir comme l’habilitation des langues vivantes, elle donnerait la priorité à l’enseignant qui possède cette spécialisation pour une affectation sur les niveaux de classe déterminés.

Lors des demandes de mutation, l’enseignant pourra privilégier soit le vœu optionnel « maternelle ou élémentaire », soit le vœu géographique. Cette question essentielle d’une formation pertinente pour exercer en maternelle vaut aussi pour le personnel d’encadrement. IEN et conseillers pédagogiques devraient se voir proposer un module obligatoire les préparant à encadrer efficacement les enseignants de l’école maternelle. A tout le moins, toute équipe de circonscription devrait comporter un conseiller pédagogique spécialisé en école maternelle.

 

CONCLUSIONS

1 - Affirmer que la maternelle est une école à part entière et non « entièrement à part » en rendant obligatoire la scolarité dès trois ans révolus.

 

2 - Présenter clairement les objectifs prioritaires de l’école maternelle et détailler pour chacune des trois années des programmes et les progressions spécifiques.

 

3 - Se désengager progressivement de la scolarisation à deux ans.

 

4 - Rendre obligatoire une formation spécifique d’au moins 50 heures pour les enseignants qui se destinent à l’école maternelle. Ce module sera proposé aussi bien en formation initiale que continue.

  

5 - Prendre en compte de manière significative l’école maternelle dans la formation des cadres : IEN et CP ; on veillera à placer un CP spécialisé dans chaque équipe de circonscription.

 

6 - Organiser des rencontres individuelles obligatoires avec les parents en début d’année et chaque trimestre.

 

7 - Organiser la classe afin que chaque élève bénéficie chaque jour de plusieurs ateliers dont au moins un atelier d’apprentissage animé par l’enseignant.

 

8 - Lire aux élèves des textes de qualité deux fois par jour avec exploitation pédagogique et constituer progressivement un patrimoine culturel commun (liste de textes pour l’école maternelle).

 

9 - Enrichir, de façon régulière et progressive, le stock lexical de chaque élève ; constituer un « trésor lexical » dans chaque classe : un mot nouveau par jour.

 

10 - Faire de la maîtrise de la langue l’objectif essentiel de l’école maternelle ; mettre en place des ateliers spécifiques, obligatoires et quotidiens permettant :

- la mise en évidence des droits et devoirs de la communication.

- l’éveil puis la maîtrise de la conscience phonologique.

- la sensibilisation à l’organisation syntaxique.

- un entraînement rigoureux aux gestes graphiques.


 

11 - Garantir le repérage et le suivi des enfants présentant des troubles spécifiques de langage.

 

12 - Faire des classes de 20 élèves maximum dans les zones d’insécurité linguistique. Veiller à la stabilité des enseignants et exiger des projets d’écoles qui prennent en compte la diversité culturelle.

 

13 - Mettre en place d’un programme de mobilisation des étudiants pour renforcer la médiation individuelle pour les élèves en difficulté de langage hors temps scolaire.

 

14 - Evaluer le degré de maîtrise de la langue dans ses différentes dimensions à la fin de la grande section afin d’éclairer les choix de rythme et de progression au CP.

 

15 - Favoriser la création, la conception et la diffusion d’outils (manuels et multimédias) spécifiques aux apprentissages en maternelle.

 

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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 08:46

Le Figaro l'annonce : dès l'année scolaire 2008-2009, les parents auront accès sur Internet aux résultats des tests CE1 et CM2 de chaque école. Cette information aidera les parents à choisir  l'école de leurs enfants. Elle facilitera la mise en concurrence des établissements. Cette décision semble prise au moment où, en Angleterre, ce service est vivement critiqué. "Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés" soulignait début décembre un chef d'établissement.

En dévoilant les résultats par établissement, le ministre ne craint pas de mettre les enseignants et les écoles en concurrence.

C’est une petite révolution qui se prépare dans les écoles primaires. Elle consistera à afficher de manière transparente, probablement par Internet, le niveau des élèves de CE1 et de CM2, par école et cela au niveau national. Chaque année, les écoliers de ces sections sont évalués. C’est grâce aux résultats de ces tests nationaux qu’on déplore par exemple que 15% des petits Français entrent en 6e sans savoir lire.

Les temps changent donc. Au plus tard pendant l’année scolaire 2008-2009, il sera possible de connaître le niveau en maths et en français des élèves de telle école,à l’image de ce qui se passe en Grande-Bretagne. Cette réforme s’intègre dans le plan lancé par Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, pour réduire l’échec scolaire dans le primaire. Selon le Haut Conseil de l’Éducation, 15% des élèves qui entrent au collège ont non seulement de graves lacunes dans le domaine de la lecture, de l’écriture mais aussi en mathématiques, un chiffre qu’il s’agit de ramener à 5% d’ici à trois ans.

Détecter les élèves en difficulté

L’une des mesures emblématiques est la suppression des cours le samedi matin, un temps qui sera utilisé pour aider de manière personnalisée les élèves en difficulté. Mais le ministre veut aussi donner à l’école les moyens de connaître sa propre efficacité. En clair, y instiller la culture du résultat. Certes, les élèves sont déjà évalués. En particulier, en début d’année scolaire, les élèves de CE1 passent une batterie de 70 items en français et en mathématiques en deux séances. Il s’agit, par exemple, de dictées de syllabes, de petites additions, des compréhensions de lecture ou encore de mots mal écrits à corriger. Une deuxième batterie de tests permet d’approfondir les difficultés pour les élèves qui n’ont pas su répondre correctement à certains exercices cibles.

En réalité, il s’agit actuellement de détecter les élèves en difficulté. «Nous avons transmis les résultats à l’inspecteur d’académie, explique une enseignante du Val-d’Oise. Par ailleurs, j’ai pris l’initiative de signaler aux parents si leur enfant présentait des difficultés à l’issue de ce test.» Les écoles sont aussi censées transmettre les résultats au conseil d’école. Ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là. «On ne nous a rien communiqué, alors qu’on devait nous réunir», proteste Valérie, mère d’élève. Des tests similaires sont également pratiqués en CM2.

Mais les nouveaux tests que vont mettre en place les services de l’Éducation nationale seront passés non plus en début d’année, mais en milieu d’année. Ils permettront non plus de détecter des difficultés, mais de juger le niveau atteint, en fonction d’une définition très précise des connaissances qu’un élève doit avoir acquises en fin de CE1 et de CM2. Cette perspective attire certains parents. «J’ai trois enfants dans l’école, je serai la première à regarder !», confie une mère, qui estime avoir «le droit le plus strict» de savoir quel est le niveau de l’école de ses enfants. Certains enseignants sont plus circonspects. «Cela pourrait stigmatiser des écoles et les entorses à la carte scolaire pourraient se multiplier si on affiche les résultats», s’inquiète l’un d’entre eux. Car si la carte scolaire dans le primaire résiste encore, les différences d’une école à l’autre vont forcément donner des idées aux parents. «C’est important d’être informé sur le niveau de l’école de son enfant», explique une autre mère d’élève.

 

 

Angleterre : Les évaluations nationales vivement critiquées

"Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés". Sur BBC News, le président du syndicat des chefs d'établissement n'a pas de mots assez durs sur le système national d'évaluation. Pourtant les résultats des tests nationaux pour les écoliers de 11 ans viennent d'être publiés et le gouvernement se félicite d'une montée régulière du niveau dans 54% des écoles. 80% des jeunes ont atteint le niveau attendu.

Le problème c'est que ces bons résultats paraissent quelques jours après la publication de Pisa qui est marquée par une nette dégringolade pour l'Angleterre. Enfin 5 écoles, parmi les plus cotées, ont été convaincues de tricherie. En effet, comme ce classement est utilisé par les familles pour sélectionner leur école, il est important pour les écoles d'être bien classées et une forte pression s'exerce sur les enseignants, particulièrement dans les écoles des quartiers défavorisés. Des incidents similaires se sont produits également aux Etats-Unis.

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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 09:08

Après avoir dévoilé son intention de publier sur Internet les résultats des évaluations de CE1 et CE2 dans le but de permettre aux familles de mieux choisir leur école (lire notre article), Xavier Darcos propose une réforme de l'inspection des enseignants.

Les inspecteurs pourraient eux-mêmes faire cours pour tester le niveau des élèves

 

Ce sera bientôt fini, la présence discrète de l’inspecteur au fond de la classe. Il viendra souvent et pourrait vérifier lui-même les connaissances.

Xavier Darcos n’en finit plus de tenter de réformer l’école. L’autre chantier de l’évaluation auquel il se consacre concerne non plus les élèves mais les enseignants eux-mêmes. Il ne limitera pas à l’école primaire mais bien à l’ensemble de l’enseignement. Comment juger le travail des profs ? C’est l’éternel problème de l’éducation. C’est aussi l’un des points centraux des travaux de la commission présidée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard et chargée de préparer un Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant. On le sait, contrairement à ses prédécesseurs, le ministre se moque du choix des méthodes pédagogiques. Pragmatique, il veut des résultats. L’une des pistes est tout d’abord de raccourcir les délais entre deux inspections d’enseignant. Actuellement en moyenne de cinq ans, il pourrait s’agir de le diviser par deux. Pour cela, le ministre n’exclut pas d’augmenter le nombre d’inspecteurs et de les recentrer sur leur fonction principale.

Surtout, une nouvelle méthode d’inspection est à l’étude. Il s’agirait non plus d’inspecter seulement l’enseignant, mais également les élèves, ce qui permettrait de juger du résultat d’un enseignement et de voir si les enfants ont ou non acquis des connaissances avec leur professeur. « Juger un enseignant en fonction du résultat des élèves est très arbitraire, déplore Luc Bérille secrétaire général du SE-Unsa. Car cela dépend en grande partie de la situation de l’établissement dans une zone sensible ou pas ». « Nous tiendrons naturellement compte des lieux et des zones géographiques où se dérouleront les inspections », explique-t-on au ministère.

L’initiative séduit en tout cas cette enseignante qui veut bien jouer le jeu « si l’inspecteur prend aussi le temps de dialoguer avec nous, de comprendre nos difficultés voire de se tenir régulièrement informé de nos problèmes ».

Dans le secondaire, la commission Pochard réfléchit également à l’articulation entre la note dite pédagogique, arrêtée par les inspecteurs, et la note dite administrative, arrêtée, elle, par le recteur, sur proposition du chef d’établissement. Cette dernière qui compte pour 40% de la note globale évalue notamment le rôle joué par l’enseignant au sein de l’établissement, son sens du travail en équipe et la qualité de ses relations avec l’ensemble de ses interlocuteurs.

A.Sé (Le Figaro - 17/12/2007)

 

Mercredi 19/12, Alain Bentolila remet son rapport sur l'école maternelle réalisé à la demande du ministre. Une occasion supplémentaire pour Xavier Darcos d'afficher une idée nouvelle de réforme. Voici les premières réflexions livrées par Alain Bentolila

 

Vers une scolarisation obligatoire dès 3 ans

L 'école pourrait-elle devenir obligatoire dès trois ans au lieu de six ? C'est une des propositions d'Alain Bentolila. Ce linguiste rend un rapport au ministre de l'Education dans lequel il se penche sur l'école maternelle. Pour le conseiller du ministre, la maternelle est à la base de toute notre éducation.

"Les graines de l'illettrisme en germe dès la maternelle"

Toute notre scolarité dépend-elle de la maternelle ? C'est en tout cas l'avis d'Alain Bentolila, linguiste et conseiller du ministre de l'Education Xavier Darcos. Il doit remettre ce mercredi un rapport où l'école maternelle est particulièrement visée. Parmi ses points faibles : des maternelles devenues "garderies", des enseignements déstructurés et des instituteurs peu ou mal formés. Comme mesure phare, Alain Bentolila propose donc de rendre la scolarité obligatoire dès l'âge de trois ans au lieu de dix pour notamment éviter l'absentéisme.

"On rentre dans l'école obligatoire. Nous faisons en sorte que cette école ne soit pas une école pour laquelle les obligations des parents passent en premier par rapport à l'obligation scolaire. Nous voulons affirmer très clairement qu'elle a ses propres apprentissages et ses obligations et ses contraintes. Un enfant vient pour apprendre le métier d'élève" explique Alain Bentolila en avant-première sur RTL.

Une quinzaine de propositions de réforme sera présentée au ministre. Le linguiste propose ainsi des ateliers en petits groupes, dans lesquels le maître lirait des histoires aux enfants. Car si certains rencontrent des problèmes de lecture au CP, c'est avant tout parce qu'ils manquent de vocabulaire et maîtrisent mal l'expression orale selon le linguiste. "Quand on rate son apprentissage de la lecture et de l'écriture par déficit de la langue orale, tout le reste s'enchaine. Je ne suis pas loin de penser que le couloir qui mène à l'illettrisme à 17 ans commence à l'école maternelle. Les graines de l'illettrisme sont déjà là en germe. Donc, il faut donner à l'école maternelle toute son importance. Elle est la condition même du refus de la fatalité" explique Alain Bentolila.

Il préconise aussi de mieux former les enseignants et leurs inspecteurs, qui sont souvent d'anciens profs du second degré.

Relire les propositions de Xavier Darcos

 

 

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