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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

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Propositions du Ministère

Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 22:52

Service minimum à l'école : Xavier Darcos veut une loi si pas d'accord dans les 2 mois

Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a annoncé jeudi qu'il allait chercher un "accord" avec les organisations syndicales sur le service minimum à l'école, en prévenant que sans accord "dans les deux mois", il passerait "par la loi".

 

"Je vais proposer que dans les deux mois nous trouvions un accord avec les représentants des syndicats, pour que nous puissions avoir un préavis de grève de 48 heures", a déclaré le ministre sur France 2, à l'issue d'une journée de grève des enseignants, lors de laquelle un service minimum d'accueil des enfants dans les écoles, organisé par les mairies, a été expérimenté dans environ 2.000 communes.

 

"Si nous n'avions pas cet accord, ce que je ne crois pas parce qu'il ne peut pas y avoir d'argument en faveur de ne pas se déclarer gréviste (...), et bien oui, nous passerons par la loi", a-t-il insisté.
"Il faut que les familles soient prévenues, après le succès de ce test national d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
Critiquant encore le refus des villes de gauche de participer à l'expérimentation, "par idéologie" selon lui, il a promis que "la prochaine fois, dans l'année qui vient ou dans les deux ans qui viennent, tout le monde fera le service minimum".

 

L'obligation de se déclarer gréviste 48 heures en avance est une des mesures créées par la loi sur le service minimum dans les transports terrestres, et en vigueur dans ce secteur depuis le début de l'année. Si un salarié ne s'est pas déclaré gréviste 48 heures avant, il peut être sanctionné, prévoit le texte.
Dans l'Education, le service minimum d'accueil ne concerne que les écoles primaires - 321.339 enseignants au total -, les collèges et lycées restant toujours ouverts.

 

M. Darcos a au passage déploré que des maires de droite aient également rejeté l'organisation jeudi de cet accueil, dont le coût doit être remboursé aux communes par les retenues sur le salaire des grévistes, citant Jacques Pelissard (UMP), président de l'association des maires de France (AMF) et "qui n'a pas su ou pas pu le faire", à Lons-le-Saulnier (Jura).

 

Le ministre a en outre pris "l'engagement" de donner "à l'unité près le nombre de professeurs dont nous aurons retiré un jour de salaire", afin de confronter les chiffres de grévistes donnés par le ministères (34,21% jeudi) et ceux donnés par les syndicats (54%) systématiquement divergents.
"On verra que les vrais chiffres sont ceux du ministère", a-t-il souri, assurant ne pas vouloir "stigmatiser la grève".

 

"Je comprends que les professeurs aient des choses à dire, à faire entendre, sur l'évolution de leurs carrières, les conditions de leur métier, je l'entends, mais en même temps il faut quand même que nous donnions des données objectives aux parents", a-t-il argumenté.

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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 09:45

Darcos : «Il faut faire de l'école à l'école !»

Dans Le Figaro, le ministre de l'Éducation lève le voile sur les grandes lignes de son plan pour l'école primaire. Nicolas Sarkozy devrait détailler la réforme dans les prochaines semaines.

LE FIGARO. Vous expérimentez aujourd'hui le dispositif du service minimum. Combien de villes vont-elles jouer le jeu ? 
Xavier DARCOS. Environ 1 900 communes, qui représentent 8,5 millions de Français, ont décidé d'accueillir les enfants dont les enseignants font grève. On y dénombre aussi bien de grandes villes, telles que Toulouse, Le Havre, Saint-Malo, que des communes plus rurales. Toutes témoignent du même engagement : faciliter la vie des familles durant les jours de grève. Je déplore cependant de ne pas retrouver dans cette liste de ville dont le maire est socialiste. À dire vrai, il n'y a pas de seuil absolu à partir duquel cette première expérience pourrait être considérée comme un succès ou un échec. C'est une première étape, qui ne peut que s'améliorer par la suite, quand les communes auront pris l'habitude du dispositif. Il faut d'ailleurs rappeler que 81 % des électeurs souhaiteraient que leur maire mette en place un système d'accueil des enfants en cas de grève. D'autant plus que le mécanisme financier est très simple, et neutre pour les communes puisque l'État finance ce service à partir des sommes retenues sur les salaires des enseignants grévistes. 

Faudrait-il que les enseignants déclarent réellement à l'avance s'ils feront grève ou pas ?   
C'est ce que nous dira le résultat de cette journée.  

Où en est la réforme de l'école primaire lancée à l'automne ? 
Il faut faire de l'école à l'école ! Notre plan pour l'école primaire vise à dresser les objectifs avec clarté sur ce que doivent savoir les enfants au primaire. Il faut en finir avec le sabir des circulaires et des instructions pédagogiques. Avant, les enfants d'ouvriers ou de paysans partageaient la même culture que les enfants de bourgeois. Tous devaient connaître la date du bap­tême de Clovis, savaient placer les fleuves sur une ­carte et connaissaient les départements. Aujourd'hui, on a perdu ces repères-là. Ce qui est important, c'est aussi, bien sûr, la maîtrise de la langue. Notre projet prévoit aussi la suppression des cours le samedi matin. Les élèves français reçoivent, en moyenne, une cen­taine d'heures de cours de plus que leurs camarades étrangers. Je veux qu'on revienne à des semaines moins chargées pour la grande majorité des élèves, et que les heures dégagées par la suppression des cours le samedi matin servent à proposer un soutien scolaire aux 20 % d'enfants en grande difficulté. Car la vraie performance d'un système scolaire, ce n'est pas d'amener 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac mais d'assurer la réussite de tous ses élèves. 

Vous vouliez aussi que les parents puissent accéder plus facilement au contenu des programmes ? 
Je travaille actuellement à la rédaction de programmes plus courts, plus lisibles, qui seront distribués aux parents en début d'année. Il est grand temps de revenir à un consensus entre la famille et l'école et de retrouver une culture partagée entre les générations. Ce qui manque, c'est que chacun comprenne ce que la nation attend de son école.  

Comment faire évoluer les carrières des enseignants lorsqu'ils n'ont plus la foi ? 
Le travail que je veux entreprendre à partir des constats que formulera la commission Pochard vise, justement, à redonner aux enseignants le plaisir et la fierté d'exercer leur métier. Cela étant, je crois qu'il est nécessaire de réfléchir aussi à la mise en place de passerelles vers d'autres fonctions pour ceux qui ont envie d'entreprendre une seconde carrière.
  
  


 

Le rapport Attali "libéralise" l'Ecole

Remis le 23 janvier au président de la République, le rapport Attali consacre une large place à l'Ecole. Sa première décision vise à ce que " tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l’écriture, le calcul, le travail de groupe, l’anglais et l’informatique" ce qui passe pour lui par une réécriture du socle commun. 
Les autres propositions reprennent des thèmes à la mode à droite : autonomie des établissements, évaluation des profs par les "usagers", libre choix des établissements. L'ancien "sherpa" de François Mitterrand a récupéré également l'idée d'un service civique des jeunes en l'adaptant au collège.

Rappelons l'objectif assigné à J. Attali : proposer des mesures pour "doper la croissance". Si l'incidence du libre choix des établissements pour doper la croissance ne saute pas aux yeux, en revanche, on voit nettement l'aspect idéologique qui sous-tend cette proposition...

 

 

 
 

 

La mise en place concrète du service minimum dans les écoles semble bien compliquée et les couacs s’accumulent. Après les maires de Lyon et de Chambéry qui récusent les affirmations du ministre, plusieurs collègues (départements 06, 51, 59, 62, 69, 71...) nous ont fait part de "bizarreries". Dans certains cas, les villes ne sont pas volontaires mais se retrouvent sur la liste publiée sur le site du ministère... C'est le cas que relate le journal "Nord-Eclair" dans son édition du 23 janvier.

 

"Ainsi, hier midi, le ministère de l’Éducation nationale, qui affirme que plus de 1 600 communes de toute la France sont volontaires pour l’expérimentation, a publié la liste des villes concernées sur son site Internet (www.education.gouv.fr). Sauf qu’à y regarder d’un peu plus près, quelques-unes étaient plus « désignées » que « volontaires ». À la mairie de Wasquehal, qui figurait sur la liste, on assure ainsi « ne même pas avoir été interrogé » sur l’éventuelle participation de la ville.
À Marcq-en-Baroeul, qui figure aussi sur la liste officielle du ministère, l’administration semble ne pas être allée au bout du courrier adressé par Bernard Gérard, député-maire UMP de la commune, « qui a signifié que, pour le 24 janvier, les délais étaient trop courts et qu’il n’était pas souhaitable de mener l’expérimentation au vu des modalités proposées », nous apprennent ses services. À Linselles, c’est par la presse que les services municipaux ont appris qu’ils étaient « volontaires » pour le service minimum. « Nous nous sommes basés sur des réponses écrites et orales », expliquait l’inspection académique de Lille, hier soir, évoquant « des déclarations d’intention ».

À Lambersart, par contre, Marc-Philippe Daubresse persiste et signe sur le volontariat de sa commune pour participer à l’expérimentation. Et si le député-maire UMP de Lambersart a dit «oui» à Xavier Darcos, c’est avant tout parce que « c’est une expérimentation et que cela permettra de voir si c’est faisable ou pas ». Marc-Philippe Daubresse, seul maire volontaire de la métropole lilloise si l’on excepte les communes de Faches-Thumesnil et d’Haubourdin (présentées comme « volontaires en attente de confirmation » par l’inspection académique de Lille, ndlr), a également insisté sur les conditions qu’il dit avoir posées avant d’accepter : « Que le service se limite à un service d’accueil et de garde et que cela soit fait sur la base du volontariat des personnels de mairie. » Finalement, hier soir, sur le site de l’Éducation nationale la liste officielle des communes « volontaires » ne comportait plus les noms de Marcq-en-Baroeul, Linselles et Wasquehal..." Nord-Eclair 23/01/2008

 

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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 09:13

 

Que faire des deux heures du samedi matin libérées par le ministre ? Dans une dépêche AFP, le Snuipp rend compte des discussions avec le ministre. "L'organisation collective du temps scolaire dégagé sera mise en oeuvre par le conseil des maîtres et sera intégrée dans le projet d'école, validée par l'inspecteur" a précisé le secrétaire général du Snuipp, Gilles Moindrot. Un quart des heures sera réservé au travail en équipe sans élèves.

Rappel : le ministre, sous la pression du président de la République, a décidé de supprimer les cours du samedi matin. En réalité, l'une des 3 heures est déjà libérée de cours et correspond aux samedis vaqués par les élèves. Il restait donc 2 heures en moyenne annuelle. Or, ces deux heures hebdomadaires supprimées ne le seront pas pour les instituteurs, qui devront organiser du soutien pour les 15% d'élèves les plus en difficulté.

L'utilisation de ces deux heures a fait l'objet de concertations entre le ministre et 3 syndicats (SNUipp, SE-Unsa et Sgen-CFDT). Après plusieurs rencontres, un accord semble se dessiner "comme l'idée selon laquelle il ne s'agira pas forcément, pour les élèves en difficulté, de deux heures hebdomadaires. Cela pourra être moins, cela pourra ne pas être forcément pendant toute l'année scolaire. Ce sera variable, en fonction des besoins identifiés des élèves". Le ministère serait également favorable à ce "qu'un quart des deux heures soit consacré au travail en équipe ou à la formation" et donc ne soit pas du temps "en présence des élèves", selon Gilles Moindrot (SNUipp).

Alors comment s'organisera l'utilisation de ce temps libéré pour les élèves ? Gilles Moindrot fournit un début de réponse : "L'organisation collective du temps scolaire dégagé sera mise en oeuvre par le conseil des maîtres", donc au niveau de chaque école, "et sera intégrée dans le projet d'école, validée par l'inspecteur".

Chacun le pressent : cette organisation reposera essentiellement sur le directeur qui devra gérer des positions diverses dans son école. Il devra faire le point sur les élèves nécessitant du soutien, répartir les moyens, trouver un équilibre entre les classes qui ont des niveaux différents et un nombre d'enfants en difficulté pas toujours équivalent. Il lui faudra expliquer le dispositif aux familles pour qu'elles acceptent de reprendre leurs enfants à des heures qui ne sont pas forcément les mêmes pour toute la fratrie. Le directeur devra également rendre des comptes à l'IEN sur l'utilisation individuelle de chaque enseignant, sur leur implication dans le dispositif, sur le travail réalisé "hors la présence des élèves"...

Bref, en fait "d'organisation collective mise en oeuvre par le conseil des maîtres", il s'agira, avant tout, d'un travail supplémentaire pour le directeur d'école. Une nouvelle charge non reconnue et non rémunérée. Travailler plus... mais pas pour gagner plus !

 

En guise de sourire, nous joignons une réflexion de Sylvain Grandserre, enseignant et auteur de "Ecole droit de réponse" (Hachette 2007).

 

On savait la majorité présidentielle actuelle fortement influencée par l’apport spirituel des chanteurs yé-yé. Cela se confirme jusqu’en matière éducative, puisqu'un vieux refrain a ressurgi sous les préaux : « Mais oui, mais oui, l'école est finie... le samedi matin » ! 
C’est sans doute parce qu’elle est la plus apte à occuper notre « temps de cerveau disponible » que la chaîne TF1 a été choisie pour être miraculeusement transformée en chaîne éducative sur laquelle le ministre est venu présenter cette décision (27/09/2007). Drôle d’époque tout de même où nous voilà, contre notre gré, retenus un soir au poste… 
Ce choix de la suppression de la classe le samedi matin, électoraliste et tactique (il fallait atténuer l’annonce de la suppression de plus de 11 000 postes dans l’Education nationale), a surpris, tant par sa nature (on croyait qu'il fallait « travailler plus » !) que par sa forme : pas de concertation ni de dialogue, des acteurs mis devant le fait accompli ; mais à quoi bon quand on a raison ! La preuve ? Les sondages sont formels : enfants, parents et même enseignants voient d'un bon oeil cette suppression. Alors, finie aussi l’école comme institution dont la mission dépasse la simple satisfaction des intérêts particuliers. Comme toujours, au pays des aveugles, les borgnes sont rois, mais les rois de quoi ? 
Peu après qu'ait été diffusée la nouvelle, quelques-uns se sont interrogés : où recaser les heures disparues ? En effet, une année scolaire comprend 24 samedis travaillés par les élèves, soit l'équivalent de 12 jours d'école et donc de 3 semaines de classe par an. Allait-on toucher aux congés d'été, quitte à ouvrir une guerre civile entre juillettistes et aoûtiens ? Ou bien raccourcir les petites vacances qui représentent déjà le minimum dont ait besoin un enfant pour récupérer (marrant ça, à l'heure où certains répètent que l'école n'est plus qu'un lieu de distraction et d'amusement, il semblerait qu'on s'y fatigue encore !) ? Ou pourquoi ne pas mettre en place un dispositif dans l'air du temps depuis plus de dix ans : faire classe le mercredi matin ? Seul problème mais de taille pour cette dernière proposition : si l'on peut d'avoir du monde à la barrière le samedi midi pour emmener les enfants en week-end à la mer ou à la montagne (ne me dites pas que tous n'y vont pas, on en aurait entendu parler tout de même !), les choses sont différentes le mercredi. 
Qui pour récupérer les bambins un midi en milieu de semaine ? Du coup, toutes les communes auraient dû assurer des services de restauration, des activités sportives et culturelles avec le personnel conséquent et même par endroit, garantir ramassage scolaire et garderie ! Bref, le choix du transfert des heures de classe s'avérait cornélien avant que le ministre, tel Alexandre devant le noeud gordien ne tranche : « les trois semaines de classe je vous en fais cadeau, il y a déjà trop d'école, trop de cours, les autres pays ont des élèves qui font moins d'heures que nous et qui ne me semblent pas, quand je les regarde, des sots ! ». 
Attention, cette générosité soudaine révèle tout de même des limites : les enseignants eux, devront assurer soutien et aide aux élèves les plus en difficulté le samedi matin. L'idée n'est pas stupide, peut être discutée mais interpelle quelque part d’autant plus que pour justifier cette décision clientéliste le ministre Darcos pédale depuis dans la justification pédagogique comme d’autres dans la semoule. 
Raison de plus pour s’interroger : 
- Sur quels critères se fera le choix des élèves convoqués ? On sait bien que contrairement aux apparences, il n'est pas forcément pertinent de regrouper dans un réflexe d'homogénéité maladroit les élèves en grande difficulté. Mieux vaut des groupes plus ouverts, plus hétérogènes, pour créer un peu de dynamique et rompre avec une vision ghettoïsée de la différenciation pédagogique. 

- Comment désigner les bénéficiaires de cette offre sans les mettre à l’index ? En effet, il n’est pas sûr que les heureux gagnants – parents inclus - soient ravis d’être ainsi distingués. Cela peut s’apparenter à une punition comme quand nous étions sanctionnés et devions revenir faire un travail supplémentaire pendant nos heures de colle. 
- Sur quelles bases réglementaires se fera cette venue supplémentaire ? Quand bien même l’enseignant parviendrait à organiser son groupe du samedi, quelle garantie aura-t-il que ce sont bien les élèves ainsi visés qui seront les bénéficiaires de ces heures supplémentaires ? Que faire si un élève non prévu se présente à la porte de l’école ? Là encore on ne peut ignorer que toute offre éducative libre bénéficie en premier à ceux qui en ont le moins besoin ! Y aura-t-il un contrat passé entre la famille et l’école ? Et quelle valeur aura-t-il en cas de non-respect ? 
- D’autres questions se bousculent aux portillons de nos réflexions : Que va-t-il se passer en maternelle ? Va-t-on là aussi prévoir un dispositif identique pour des enfants de 3 ou 4 ans ? Que faire si une classe se trouve dépourvue d’élèves en grande difficulté ? Sera-t-il possible d’intervenir auprès d’autres élèves et pourquoi pas dans une autre école ? Par ailleurs, que vont devenir les RASED, les Réseaux d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté ? Car si l’enseignant titulaire de la classe assure cette mission cela pourrait justifier leur disparition… Pratique quand on cherche à supprimer des emplois dans les services publics ! 
- Un dernier problème semble être à nouveau passé à la trappe. L'étendue des notions à étudier et des compétences à acquérir ne cesse de croître. Le programme n'est plus un catalogue dans lequel on pourrait piocher mais un référentiel exhaustif que nul ne parvient à faire étudier dans sa totalité. Pourtant, prise isolément, chaque partie du programme mérite qu'on s'y intéresse, qu'il s'agisse de la littérature de jeunesse, de la prévention routière, du secourisme ou de l'informatique pour ne parler que des récents apports. Bref, pourra-t-on apprendre toujours plus en toujours moins de temps ? Car la suppression de la classe le samedi matin équivaut, sur les huit années de primaire, à la perte sèche de 24 semaines d'école ! Soit les deux tiers d'une année ! De plus, à l’heure où nos élèves passent autant de temps devant la télévision qu’en classe, et où les rythmes des adultes et des enfants se confondent trop souvent, la semaine de quatre jours est une incitation au dérèglement biologique ! En effet, il y aura trois soirs par semaine où il n’y aura pas classe le lendemain. Soit pour certains, trois prétextes par semaine pour tester leur résistance à l’endormissement !

Puisque la décision de supprimer le samedi matin semble irrévocable, espérons qu’on trouvera des réponses à toutes ces questions si l’on veut que la venue de certains élèves soit vécue comme une chance et non comme une stigmatisation. Mais cela se fera-t-il sans relancer la formation continue, sans recruter le nombre nécessaire de professeurs ? Comment ne pas être suspicieux et inquiets quand le Premier ministre lui-même affirme que : « la réforme de l’Etat supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’Etat” ? Faut-il comprendre : moins d’enseignants et moins de moyens pour moins d’éducation ?

 

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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 10:05

RTL - 11 janvier 2008 – Journal de 7 heures présenté par Christophe Hondelatte et Sophie Orange.

 

Ch Hondelatte – « C’est Noël après Noël pour les 14 000 chefs d’établissement, proviseurs et principaux de collèges et leurs adjoints.

- Sophie Orange : Ils viennent de recevoir une prime de 750 €, 375 € pour leurs adjoints. Bonjour Armelle Lévy. C’est vous qui nous révélez cette information ce matin sur RTL. Pourquoi ce cadeau du Ministère de l’Education nationale ?

- Armelle Lévy : Oui, cette décision, elle a été prise directement à Matignon, juste avant les vacances de Noël et elle vise à récompenser leur présence et leur efficacité. Les chefs d’établissements et leurs adjoints ont fait face aux divers mouvements lycéens. Ils luttent contre la violence scolaire. C’est donc vécu comme une récompense du travail fourni.
Cette prime ne concerne pas les directeurs d’école qui n’ont pas du tout le même statut. D’ailleurs, ils ne sont pas au-dessus de leurs collègues, alors que pour être principal de collège ou proviseur de lycée, il faut passer un concours particulier.

- Sophie Orange : Et que pensent les profs de cette prime ?

- Armelle Lévy : Cette prime suscite des réactions très vives dans les salles de profs.

- Christophe Hondelatte : En salle des profs, ça jase… Hein, Armelle Lévy ?

- Armelle Lévy : Oui, au moment où les augmentations sur les salaires piétinent dans la fonction publique, cette récompense ne plait pas à tout le monde. Les enseignants sont, à vrai dire, plutôt vexés, à l’image de Daniel Robin co-secrétaire national du SNES.

- Daniel Robin : Si on résume les primes de Noël vues par le ministère de l’Education nationale, les chefs d’établissements 750 €, les adjoints 375 € et les autres personnels zéro… Et où le message commence à être, en particulier, inacceptable, c’est que cette prime est motivée par leur présence et leur efficacité. Sous-entendu, si nous, on a zéro, c’est parce qu’on n’est pas présent et pas efficace. Et ça, c’est un message que nous avons bien entendu et qui provoque des réactions fortes, en particulier des personnels enseignants. Il y a un sentiment d’une totale injustice. Nous, on ne serait pas contre que tous les enseignants, sans exception, touchent 750 € le mois prochain.

- Armelle Lévy : Et Daniel Robin jette de l’huile sur le feu. Il s’étonne que les chefs d’établissements touchent 750 €  de prime et leurs adjoints deux fois moins.

- Daniel Robin (SNES) : Moi, je trouve ça extraordinaire. C’est sans doute que les adjoints travaillent 2 fois moins que les chefs. Ben, écoutez, moi, je sais pas… ou qu’ils ont fait 2 fois moins d’efforts et qu’ils ont été 2 fois moins présents…

- Armelle Lévy : En tout cas, si le gouvernement espérait, avec cette prime, diviser pour mieux régner, c’est gagné. Philippe Guittet le responsable du SNPDEN qui représente les chefs d’établissements apprécie la récompense et met les points sur les « i ».

- Philippe Guittet (SNPDEN): Ça fait toujours plaisir. On était quand même dans une période difficile avec les mouvements lycéens, les problèmes de violence… Donc, il y a une demande qui est très forte sur les chefs d’établissements. Nous n’avons pas l’impression d’être achetés si c’est cela que veulent dire certains…

- Armelle Lévy : Cette prime du gouvernement divise donc les personnels de l’Education et le 24 janvier vous ne verrez pas manifester les chefs d’établissements aux côtés des enseignants dans les rues pour défendre les salaires dans la fonction publique, leur statut les oblige à ouvrir leurs collèges et leurs lycées les jours de grève et d’assurer la sécurité des élèves.

 

Confirmation du ministère qui a fourni les explications suivantes :

"Ils ont eu à gérer le mouvement lycéen et doivent mettre en place les heures de travail après l'école décidées par le gouvernement", a-t-on commenté dans l'entourage de Xavier Darcos.

On a fait valoir en outre qu'étant cadres, les proviseurs et leurs adjoints ne bénéficient pas des heures supplémentaires.
A titre d'exemple, on a cité le cas d'un professeur certifié faisant deux heures supplémentaires chaque semaine durant l'année, qui gagne 2.300 euros nets contre 2.000 euros nets avant l'exonération de charges votée cet été. A cela s'ajoute 300 euros d'impôts en moins, les heures supplémentaires étant exonérées d'impôts.

 
Dans les écoles maternelles et élémentaires, aucun risque de division puisque gouvernement et syndicats sont d’accord pour mettre tous les personnels dans le même sac… N’oublions pas que pour les principaux syndicats du primaire, les directeurs d’école sont des enseignants-comme-les-autres… Donc pas de prime de Noël qui viendrait récompenser leur présence et leur efficacité…

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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 /01 /Jan /2008 09:05

Comme nous le disions dans notre précédent article (Ecoles : service minimum expérimenté dès le 24 janvier), Xavier Darcos s'est lancé dans une véritable course contre la montre pour mettre en place le service minimum dès la prochaine grève. Les réactions des communes, les premières concernées, n'ont pas tardé. Le président de l'AMF (Association des Maires de France) a manifesté son opposition de principe, estimant qu'il appartient à l'Education nationale de régler ses problèmes tout en reconnaissant l'attente des parents (électeurs en mars prochain) demandeurs d'un service de garde de leurs enfants les jours de grève.
 

Le 8 janvier, le Ministère a envoyé aux Recteurs et aux Inspecteurs d'académie une note de "mise en place d'un service minimum d'accueil dans les écoles". Nous en reproduisons quelques éléments :

« Les Inspecteurs d’académie informeront les communes des mouvements sociaux dont ils auront connaissance et leur transmettront les données statistiques qu’ils sont en mesure de communiquer sur les précédents mouvements afin d’apprécier l’ampleur du mouvement à venir et que la commune puisse définir de manière la plus adaptée la forme et l’ampleur du service qui sera mis en place.
A cette fin, les Inspecteurs d’académie pourront notamment établir un tableau prévisionnel des classes et des écoles qui pourraient être fermées au vu des précédents conflits sociaux et qui sera communiqué aux communes concernées.
Les directeurs d’école restent, comme c’est le cas actuellement, responsables de l’information des familles sur les mouvements de grève au sein de leur école. En particulier, un affichage sur les portes extérieures des écoles ou sur les panneaux apposés à l’extérieur au minimum 48 heures avant le commencement du mouvement de grève est souhaitable

 

Le service minimum rencontre l'opposition des communes

Après l'association des maires de France, c'est l'Association nationale des directeurs de l'éducation des villes (Andev) qui proteste contre la proposition ministérielle d'inviter les communes à instaurer un service minimum dans les écoles en cas de grève contre une subvention publique prélevée sur les retenues sur salaire des grévistes.

L'Andev, qui regroupe les responsables éducatifs des grandes villes, estime  le projet " tout à fait regrettable". "Cette mesure constitue véritablement une première et met en lumière l'incapacité de l'éducation nationale à exercer dans ce domaine ses responsabilités d'employeur public" poursuit Claudine Paillard, présidente de l'Andev. "En mettant à la charge des communes le service minimum, le MEN évite ainsi une difficile discussion avec les organisations syndicales d'enseignants,  qu'il reporte ainsi sur les communes. Celles ci devront si elle souhaitent mettre en place ce service, négocier de leur côté avec les organisations syndicales de leur personnel". Une discussion qui ne sera pas partout facile… L'Andev relève "l'embarras" dans lequel les municipalités vont se trouver entre les pressions des personnels éducatifs et les parents.

Mais l'Andev critique aussi la conception qu'a l'Etat du rôle éducatif des collectivités locales. "En mandatant les communes pour le faire à sa place, elle renvoie une fois de plus les communes à un rôle éducatif limité, essentiellement lié à la fonction de garderie, de service à la famille, "périphérique " à l'école sans projets ni objectifs pédagogiques… Plutôt ainsi que de se défausser de sa responsabilité sur les communes, il aurait été plus courageux et efficace, de travailler à un véritable service minimum unifié portant sur l'ensemble des temps de l'enfant. Car organiser le service minimum sur l'école mais ne pas prévoir le fonctionnement de la restauration pose, il faut le rappeler, pour de nombreuses familles tout autant de difficultés. Les communes demanderont–elles à l'éducation nationale d'assurer l'accueil en restauration en cas de grève de leur personnel ? "

  
Communiqué de Claudine Paillard, présidente de l'ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l'Education des Villes) :

 

"La réflexion sur la mise en place d'un service minimum qu'il s'agisse des temps scolaire péri et extra scolaire, au vu de l'impact pour les enfants et leurs familles en cas de grève est tout à fait légitime.

Pourtant, la proposition demandant aux communes d'assurer ce service à sa place sur les horaires de classe, est une innovation ministérielle tout à fait regrettable.

L'AMF et l'AMGVF ont très vite réagi aux premiers propos évoquant cette piste de travail. L'annonce hier de sa mise en place, ou tout du moins de la possibilité pour les communes volontaires d'être remboursées du coût induit de l'organisation d'une "garderie", dès la prochaine grève de la fonction publique le 24 Janvier, montre combien les réactions des Maires ont peu été écoutées.
Cette mesure constitue véritablement une première et met en lumière l'incapacité de l'Education Nationale à exercer dans ce domaine ses responsabilités d'employeur public. En mettant à la charge des communes le service minimum, elle évite ainsi une difficile discussion avec les organisations syndicales d'enseignants, qu'elle reporte ainsi sur les communes qui devront si elle souhaitent mettre en place ce service, négocier de leur côté avec les organisations syndicales de leur personnel. L'Education Nationale considérerait-elle qu'il existe ainsi une plus grande efficacité au niveau local ? L'Education Nationale en évitant ce dialogue syndical, se débarrasse aussi d'une autre question. En considérant qu'elle n'est pas "compétente" pour assurer sur ces temps une "garderie" elle évite d'imposer aux enseignants d'effectuer un simple accueil sans ambition ce jour-là de "faire classe", tout du moins dans les conditions habituelles. En mandatant les communes pour le faire à sa place, elle renvoie une fois de plus vers l'idée que le rôle éducatif des communes reste essentiellement lié à celui de garderie, de service à la famille, "périphérique" à l'école sans projets ni objectifs pédagogiques.

Qu'en sera-t-il des écoles où un enseignant ne fait pas grève ? Ne devra t-il accueillir que les enfants de sa classe et enseigner, un service minimum étant mis en place pour les autres élèves, qui ne bénéficieraient alors que d'une "garderie" municipale ?

Cette mesure ministérielle qui reste optionnelle (on ne voit pas d'ailleurs comment elle pourrait devenir obligatoire), met de toutes façons d'ores et déjà les communes dans une position embarrassante quels que soient leurs choix.

Si elles assurent l'accueil des enfants elles se trouveront face aux éventuelles oppositions de leurs propres agents et à leur volonté d'exercer eux-mêmes leur  droit de grève (lorsqu'il s'agit de mots d'ordres communs à la FPE et FPT). Elles connaîtront aussi des difficultés organisationnelles, particulièrement pour l'élémentaire où elles ne disposent pas de personnel qualifié disponible sur le temps scolaire pour exercer ce rôle. Elles risquent enfin de connaître l'opposition de certains enseignants qui leurs reprocheront de "briser leur mouvement".

Pour celles qui n'organiseront pas d'accueil, ce sont les parents qui feront pression sur elles et éventuellement d'autres catégories d'enseignants favorables, ceux-là, à faire assurer par le personnel municipal le service minimum.

Au vu de ces difficultés incontournables, la promesse de remboursement des frais engagés (qui seraient comptabilisés au nombre d'élèves accueillis et non sur la base des coûts réels…) par l'Etat, pèse peu sur les décisions municipales d'organiser ou non un service minimum. Leurs décisions seront plutôt liées aux équilibres à trouver entre leurs capacités organisationnelles, les négociations avec le personnel et représentants syndicaux, les relations avec les familles et délégués de parents d'élèves, ainsi qu'avec les enseignants et directeurs d'écoles. Le résultat aléatoire de cet équilibre continuera d'alimenter les disparités territoriales vis-à-vis desquelles pourtant  le ministère affiche sa volonté de les réduire !

 

Plutôt ainsi que de se défausser de sa responsabilité sur les communes, il aurait été plus courageux et efficace, de travailler à un véritable service minimum unifié et portant sur l'ensemble des temps de l'enfant. Car organiser le service minimum sur l'école mais ne pas prévoir le fonctionnement de la restauration pose il faut le rappeler pour de nombreuses familles tout autant de difficultés. Les communes demanderont-elles à l'Education Nationale d'assurer ce service en cas de grève de leur personnel ?"
     

Dans un article de Libération, le maire de Paris, Bertrand Delanoëa annoncé que sa municipalité refusait d’organiser un service minimum pour accueillir les enfants en cas de grève des enseignants.
«Nous ne pouvons pas demander aux fonctionnaires municipaux de casser la grève de fonctionnaires nationaux», a affirmé Bertrand Delanoë sur RTL. «M. Darcos, sur ce sujet, s’y prend très mal. Il faut traiter les sujets avec beaucoup plus de sérieux et, surtout quand il s’agit de l’école, penser aux enfants, aux parents, aux enseignants. Ce n’est pas la bonne méthode, ce que propose M. Darcos», a-t-il ajouté.
   

Eric Ferrand (PS), adjoint au maire chargé de la vie scolaire, dénonce une «véritable provocation». Selon lui, les collectivités locales «n’ont aucunement vocation à se substituer aux enseignants pour la sauvegarde du service public de l’Education». En cas de grève, «nous n’avons pas de solutions alternatives», a indiqué l’adjoint. «La solution, c’est que le gouvernement évite la grève et qu’il retire son projet de suppression de postes dans l’Education nationale».

Jugeant «pernicieux et même méprisant d’aller imaginer que l’on va utiliser les salaires des uns pour payer les autres à casser une grève», l’adjoint à la vie scolaire souligne que les agents municipaux «sont des fonctionnaires», et que «la grève du 24 janvier est une grève de la fonction publique».
     

 

Les parents de la Fcpe estiment que "ce ne sont pas quelques jours de grève programmés qui compromettent la qualité du service public mais bien les remplacements non assurés" et rappellent les taux minimum d'encadrement :  un animateur pour 8 enfants en maternelle et un pour 12 en élémentaire.
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