Le 1er mars, dans un article intitulé "consultation tous
azimuts", nous avions fait part des résultats de la consultation organisée par le SE-Unsa et à l'issue de laquelle, ce syndicat avait décidé de signer le relevé de
conclusions. Nous annoncions également que le SNUipp avait, lui aussi, lancé une enquête auprès de "la profession".
Les questions posées par le SNUipp ne sont en rien comparables à celles du SE-Unsa. Les résultats diffèrent également puisque 55% des enseignants consultés par le SNUipp sont hostiles à la suppression prévue des 2 heures d'enseignement du samedi matin. 78% demandent au syndicat de ne pas signer le relevé de conclusion ministériel.
"Les 10000 premières réponses à la consultation organisée par le SNUipp attestent du besoin de consultation exprimé par les enseignants,
syndiqués ou pas. Les résultats ne laissent pas place au doute. Les enseignants rejettent massivement le dispositif présenté par le ministère sur
l’utilisation des 2 heures libérées par la suppression du samedi matin. À près de 80 %, ils estiment que le relevé de conclusion n’est pas acceptable, et que les propositions retenues
à l’issue des négociations sont totalement insatisfaisantes. Avis sans appel !
L’augmentation de 18 à 24 heures
du temps consacré au travail d’équipe, ainsi que celle de 12 à 18 heures pour l’animation et la formation recueillent des avis contrastés. À
l’évidence la question du temps de concertation n’est pas résolue aux yeux de la profession. Par contre, le fait de consacrer 60 heures à des actions directes en dehors du temps de classe auprès
des élèves est jugé inacceptable. Pour quelles raisons ? Si une faible majorité des enseignants estime que la suppression de 2 heures hebdomadaires n’est pas une bonne mesure en soi, 76 % d’entre
aux estiment que le dispositif proposé ne sera pas à même d’aider à résoudre les difficultés d’apprentissage des élèves. De la même manière la déclinaison de ces mesures pour la maternelle n’est
pas plébiscitée. Près de 79 % des enseignants ayant répondu à l’enquête considèrent que le SNUIpp ne doit pas signer le relevé de conclusion".
Naturellement, et comme nous le disions précédemment, la réforme s'appliquera malgré le refus du SNUipp puisque 2 syndicats (SE-Unsa et SGEN-CFDT) ont depuis longtemps apposé leur signature au bas du "relevé de conclusions".
Notons également qu'aux yeux des dirigeants du SNUipp, "10000 réponses à la consultation", c'est le signe incontournable d'un besoin de s'exprimer... 10 000 sur
plus de 300 000 puisque, selon la formule consacrée, "l'ensemble de la profession" était invitée à donner son avis.
Rappelons à ces mêmes dirigeants que, lors de la consultation IFOP organisée par le GDID, en septembre 2006, ce sont également plus de 10 000 collègues qui se sont exprimés... A la différence
près que c'était 10 000 sur un total de 50 000 directeurs soit une participation 6 fois supérieure à celle du SNUipp avec un résultat édifiant : 93 % favorables à un statut ! Et pourtant, le
SNUipp n'a pas relevé "le besoin de consultation exprimé par les directeurs"... Deux poids, deux mesures ?
EVS : le SNUipp s'inquiète pour l'aide administrative des directeurs...
"Quel
avenir pour l’aide administrative à la direction d’école et les personnels en charge de cette mission ? Dans une note interministérielle en date du 13 février, il est fait mention d’une baisse de
20000 recrutements des contrats aidés employés en tant qu’EVS dans l’Education nationale pour l’année 2008. En lieu et place des 50000 installés dans les écoles cette année, seuls 30000 devraient
être présents à la rentrée prochaine. Le SNUipp vient d’adresser un courrier au ministère pour s’inquiéter fermement de cette situation qui remet en cause l’aide dont bénéficiaient les directeurs
pour le fonctionnement de l’école. De plus, il s’alarme du non renouvellement de contrats pour les EVS qui en plus n’ont pu obtenir aucune formation.
Du fait de sa précarité, ce
dispositif avait été dénoncé par le SNUipp lors de l’application du protocole sur la direction d’école. Le syndicat continue d’exiger pour la mission d’aide administrative ainsi que pour
l’accompagnement des élèves en situation de handicap la création de métiers pérennes".
Nous sommes touchés, cela va sans dire, par l'intérêt que nous manifeste subitement le SNUipp... Nous préfèrerions, toutefois, qu'il poursuive dans sa lancée des
consultations et en organise une nouvelle sur le désir de statut des directeurs...
Néanmoins, conscients que cela a un coût, et pour épargner au SNUipp une dépense bien inutile, nous reprendrons les propos de Marcel Pochard (Président de la commission sur l'évolution du
métier d'enseignant) : "s’agissant de la question enseignante, comme sur beaucoup de sujets en France, on sait depuis longtemps ce qu’il faut
faire"...
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