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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

 

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

 

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

 

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

 

13

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 17:13


Puissant levier de réforme de l'État, la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) enclenche un processus de transformation radicale des règles budgétaires et comptables de l'État - qui n'avaient pas évolué depuis plus de 40 ans. L'ambition de cette loi est de réformer la gestion de l'État tout entière, c'est-à-dire la façon dont l'argent public est utilisé par chaque ministère. Cette réforme vise à instaurer une gestion plus démocratique et plus efficace des dépenses publiques.

Dans ce cadre, chaque ministère doit déclarer les objectifs atteints en fonction des programmes de la LOLF.

 

L'exercice vient d'être fait par l'éducation nationale qui publie ainsi un nombre important d'indicateurs. En effet, derrière les chiffres, se profile une question essentielle : L'Ecole est-elle performante ?

 

Les documents du ministère donnent un sens particulier au mot « performante ». Il faut l’entendre et le comprendre « du point de vue du contribuable » comme le souligne « le bilan stratégique du rapport annuel de performances ».

 

 

Le rapport fourmille d’éléments qui situent les objectifs atteints en matière éducative.

 

Ainsi, apprend-on que 87% des élèves de fin de primaire "maîtrisent les compétences de base" en français, 90% en maths. A la fin du collège les taux sont de 78 et 88%.

Les taux d'absentéisme sont particulièrement faibles : 2 % d'heures perdues, à comparer aux 3 % perdues par indisponibilité des enseignants ou des locaux.

 

Si les taux de redoublement baissent, ils restent supérieurs aux objectifs fixés du primaire à la seconde.

 

Les indicateurs révèlent également pas mal de surprises, voire des décalages avec les discours officiels… Notamment dans le domaine de la violence scolaire.

 

Les mêmes indicateurs nous apprennent également que le ministère de l’Education nationale a embauché bien en dessous de ses autorisations de programme sans rien dire

Ainsi, par exemple, dans l’enseignement primaire, Xavier Darcos s’est livré à une réduction supplémentaire de 2 194 postes alors même qu’il promettait d’en créer un millier du fait de l’augmentation des effectifs entre 2007 et 2008 !

 

 

Nous avons relevé quelques aspects significatifs de ce bilan…

 

 

Les réformes

 

Devant la persistance de résultats décevants des élèves à plusieurs évaluations (notamment les évaluations internationales PISA et PIRLS), à la rentrée 2008, l’éducation nationale a mis en place une importante réforme dont l’objectif est de diviser par trois le nombre d’élèves qui sortent de l’école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d’élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité en cinq ans.

Comme lors de la rentrée scolaire 2007, il a été décidé de maintenir ou d’augmenter toutes les dotations en emplois d’enseignants du premier degré aux académies, que le nombre de leurs élèves baisse ou non, notamment afin de favoriser la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire ; de plus, la part des moyens d’enseignement consacrés aux postes permanents en classe progresse, ce qui suppose des efforts accomplis en matière de gestion des fonctions qui ne sont pas de manière permanente face aux élèves, opérations généralement poursuivies dans le cadre de la mise en place de la rentrée 2009.

Enfin il faut remarquer, comme pour le second degré, que la diminution générale du nombre d’enseignants de l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles et générales.

 

 

Le remplacement des enseignants absents

La diminution du taux de rendement du remplacement a un impact sur la couverture des absences pour congés de maladie et maternité comme en témoigne la baisse du taux de remplacement. (77,8 % en 2008 contre une prévision de 83%)

 

 

Le regroupement des petites écoles (de une à trois classes)

 

La prévision pour 2008 était de 40,5 %. La réalisation a été de 39,6 %. L’objectif 2010 est de 39 %.

 

 

Les dépenses de personnels

 

Le point de vue du contribuable et celui du citoyen se rejoignent dans cet objectif d’optimisation des moyens qui est aussi d’équité. Il s’agit en effet de faire en sorte que les moyens alloués au programme soient répartis le mieux possible entre les territoires et mobilisés effectivement au service des élèves.

 

La part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe est en progression par rapport à l’année précédente ce qui témoigne de l’effort fait pour affecter devant les élèves le plus grand nombre d’enseignants. La loi de finances pour 2009 confirme cette orientation en prévoyant la réaffectation de 500 enseignants n’assurant pas un service d’enseignement mis à disposition d’autres activités ; par ailleurs, à la rentrée scolaire 2009, le Ministre s’est engagé à ce que les 500 créations de postes d’enseignants soient essentiellement consacrées à l’ouverture de classes supplémentaires.

 

 

Evolution des emplois

 

Enseignants du 1er degré                   Personnels d’encadrement (IEN)

 

Plafond 2008                319 243                                    1 488

Exécution 2008             317 049                                    1 396

Ecart                            -  2 194                                     - 92

 

Les emplois sont exprimés en équivalent temps plein travaillé (ETPT). On distingue les effectifs physiques qui correspondent aux agents rémunérés, quelle que soit leur quotité de travail et les ETPT (équivalents temps plein travaillé) correspondant aux effectifs physiques pondérés par la quotité de travail des agents. A titre d’exemple, un agent titulaire dont la quotité de travail est de 80% sur toute l’année, correspond à 0,8 ETPT ou encore, un agent en CDD de 3 mois, travaillant à temps partiel à 80% correspond à 0,8 x 3/12 ETPT.

 

 

Principales mesures catégorielles

 

Revalorisation de l’indemnité de sujétions spéciales des directeurs d’école       16 450 000

Revalorisation de l’indemnité de circonscription des IEN                                    2 010 000

 

 

Coûts moyens par catégorie d’emplois

INDICATEUR 4.3 : Proportion d’écoles de une à trois classes

Les coûts moyens correspondent au traitement indiciaire moyen de la catégorie, auquel s’ajoute une évaluation des indemnités perçues en moyenne par chaque agent ; les taux de cotisations en vigueur sont appliqués (hors CAS pensions). En 2008, ces coûts moyens sont :

 

- Enseignants du premier degré : 34 617 €,

- Enseignants stagiaires : 25 131 €,

- Personnels d’encadrement : 58 649 €.

 

 

Les principaux événements ayant marqué la gestion 2008

 

L’Etat verse une compensation financière à chaque commune qui a mis en place le service minimum d’accueil. Cette compensation s’élève soit à 110 € par jour et par groupe de 15 élèves accueillis, soit à 9 fois le SMIC horaire par enseignant ayant participé au mouvement de grève, sans que le montant de la compensation ne soit inférieur à 200 € par jour. Pour 2008, la dépense au titre du droit d’accueil s’est élevée à 2,56 M€. Sur la base d’un coût forfaitaire de 90 € par groupe de 15 élèves de janvier à août et de 110 € de septembre à décembre, cela représente environ 363 000 élèves accueillis.

 

Ce remboursement est assuré à partir des retenues sur salaire pour service non fait et nécessite des mouvements de fongibilité asymétrique au niveau déconcentré.

 

 

Frais de déplacement : 6,4 M€

 

Les dépenses de l’action « Pilotage et encadrement pédagogique » portent sur les frais de déplacement des personnels de direction et d’inspection et des conseillers pédagogiques.

 

Le montant des crédits consommés en 2008 fait apparaître un écart supérieur de 0,6 M€ au regard des crédits inscrits, résultant de l’augmentation du nombre des déplacements des IEN (objectif d’inspecter les enseignants tous les 3 ans) : 1 250 prévus pour 1 350 constatés, soit au total une augmentation de 8% du nombre d’agents à indemniser par rapport au nombre prévu. Ce constat a conduit à porter cette enveloppe à 7 M€ dans la LFI 2009.

 

 

Le renouvellement des contrats aidés

 

Il s’est concentré en 2008 sur la reconduction de la totalité des contrats des personnels affectés à l'accompagnement des élèves handicapés et à l'assistance administrative des directeurs d'écoles.

 

  

 

Commentaires :

 

Eric Woerth se réjouit d’avoir dépassé ses objectifs cette année. La manne ainsi récupérée en 2008 correspond à « 400 millions d’économie » et « 400 millions de prime ».  

"Les 22.700 suppressions de postes de fonctionnaires permettront de dégager 700 à 800 millions d'euros d'économies en année pleine, a déclaré le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth".

Soit environ 80 euros brut par fonctionnaire sur l’année. A peu près 60 euros net, donc 5 euros par mois…

Tout ça pour ça ?

Voilà qui relativise les termes du rapport : « la diminution générale du nombre d’enseignants de l’éducation nationale s’est traduite par une amélioration de leur situation financière en rendant possible différentes améliorations catégorielles et générales ».

 

Les suppressions de postes ont été plus nombreuses qu’annoncées. Le premier degré a été particulièrement et injustement touché. Non seulement le ministre n’a pas créé le millier de postes promis pour faire face à la hausse démographique, mais il s’est livré à 2 194 suppressions supplémentaires. Le ministère s’est bien gardé de communiquer sur cette économie non programmée. Personne n’a rien vu, personne n’a rien dit : ni les syndicats, ni les médias.

 

Conséquence ou cause de cette source d’économies, le remplacement des maîtres absents n’a pas atteint l’objectif fixé… Au détriment des élèves et des autres enseignants.

 

Les revalorisations indemnitaires sont très inégales selon qu’elles concernent les directeurs d’école ou les IEN… 16 millions d’euros pour presque 50 000 directeurs contre 2 millions pour 1 396 IEN…

 

 

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Par Les directeurs en lutte - Publié dans : Analyses
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 17:54

 

Le 29 mai dernier se déroulait la CAPD pour l’accès à la Hors Classe dans l’académie de Lille. L’occasion pour les syndicats de rappeler leur opposition à la proposition ministérielle donnant aux IA la possibilité d’accorder un point supplémentaire aux directeurs d’école.

 

Nous avons consacré deux articles sur ce thème :

-       Directeurs d’école : Point supplémentaire pour accès à la hors classe (le 18 avril 2009)

-       Accès des directeurs à la HC : le point de la discorde… (le 28 mai 2009)

 

En préambule de la CAPD du 29 mai, le SNUipp a tenu à faire la déclaration suivante :

 

 

Monsieur l'Inspecteur d'Académie,

 

Avant l’ouverture de la CAPD du 28 mai dernier la délégation du personnel dans son ensemble (Sgen, SNUipp et SE) avait demandé le report à l’ordre du jour du point sur la Hors classe arguant du fait que « La note de service ministérielle du 2 avril dernier indique que les IA peuvent attribuer aux directeurs un point supplémentaire pour le calcul du barème du passage à la hors classe. »

Vous avez fait le choix d’appliquer dès cette année, cette possibilité.

 

Pourtant, lors du groupe de travail du 12 mai dernier, la délégation du personnel, dans son intégralité, vous avait déjà fait part de son opposition et avait demandé la suspension de cette application par respect et solidarité envers les collègues ayant reporté leur départ à la retraite l'an dernier pensant de bonne foi pouvoir accéder à la hors-classe.

Où est la prise en compte de l’avis unanime des délégués du personnel ?

 

Avant l'ouverture de cette CAPD, nous attirons votre attention sur le fait que cette bonification est loin
d’être appliquée sur tout le territoire tant au niveau des départements qu’au niveau des académies.

De plus, nous considérons que ce point à l’ordre du jour ne peut être traité sérieusement que si nous avons communication préalable de toutes les informations complètes concernant tous les collègues inscrits au tableau d’avancement à la HC, informations promises le 12 mai puis le 28 mai, en vain.

C’est pourquoi le SNUipp réitère sa demande : « appliquez le barème classique pour cette année, suspendez la possibilité qui vous est offerte d’augmenter d’un point le barème hors classe de tous les directeurs

 

Aujourd’hui l’Inspecteur d’Académie a maintenu sa décision d'attribuer un point supplémentaire dans le barème de la Hors-classe aux directeurs d’école.

 

Le SNUipp-FSU a demandé un vote à bulletin secret de la CAPD sur cette question. Les dix représentants de l’administration et les dix représentants des personnels (5 SE, 4 SNUipp, 1 Sgen) ont voté de la manière suivante à la question : « Etes-vous favorable à l’application d’un point supplémentaire au barème de l’accès à la hors-classe des professeurs d’écoles pour les directeurs ? »

       

Pour : 10             Blanc : 4         Contre : 6

 

Pour le SNUipp, la seule solution à l'avancement dans la carrière doit être la transformation de la HC
en un 12ème échelon. C'est le seul moyen pour que tous les collègues aient la possibilité d'accéder à l'indice terminal de 783.

La Hors Classe telle qu'elle existe est injuste et inaccessible pour près de 9 enseignants sur 10 !

 

 

L'analyse des résultats du vote secret demandé par le SNUipp fait apparaître que les 10 voix « pour » sont celles des représentants de l’administration. Les 4 délégués SNUipp ayant voté « contre », cela signifie que les 6 délégués restants (5 SE et 1 SGEN) se sont répartis en 2 « contre » et 4 « blanc ». En tout état de cause, au moins 1 SE a voté « contre ». 

 

Le SNUIpp-FSU a profité de cette CAPD pour demander à l’Inspecteur d’académie :

 

-       de fournir à tous les délégués du personnel les documents leur permettant de remplir le mandat pour lequel ils ont été élus

-       d’arrêter le principe de groupe de travail sur les règles départementales qui définissent les départs en stage CAPA-SH, le mouvement, la formation continue, l'inspection/notation.

 

L’IA a répondu favorablement à ses demandes et les documents tant réclamés devraient être envoyés.

 

 

La CAPD sur le point de s’achever, quelle ne fut pas la surprise des participants d’entendre le SNUipp intervenir sur un sujet n’ayant strictement rien à voir avec l’ordre du jour de la réunion…

Nous reproduisons, ci-après, intégralement le communiqué du SNUipp :

 

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« Avant la clôture de la CAPD, le SNUipp-FSU a posé une question innocente :

« Qui arrête la répartition des classes au sein des écoles ? »

 

Réponse de l’IA :

 

« La répartition des moyens est arrêtée par le directeur de l’école après avis du conseil des maîtres. Par ailleurs les IEN rappelleront les principes sur les classes ne devant pas être attribuées aux T1, les postes langues et les temps partiels.

Toutefois cela n’est pas systématique et les réalités de chaque école doivent être prises en compte.»

 

Pour le SNUipp, la répartition des classes et des élèves se fait donc en conseil des maîtres où chacun compte pour un. Ce n'est qu'à l'issue du débat où chacun peut développer son avis que les décisions sont arrêtées. »

 

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Mais pourquoi, diantre, cette question a-t-elle été posée ? Quel intérêt le SNUipp avait-il à questionner l’Inspecteur d’académie sur ce sujet précis ?

Il est pourtant évident que le SNUipp connaît les textes qui régissent les attributions du directeur d’école… Etait-ce pour envoyer un message subliminal à un collègue directeur qui ne respecterait pas la procédure ? Etait-ce pour lancer un avertissement à un IEN souhaitant s’immiscer dans le processus ? Nous savons que dans certaines écoles, l’IEN a été appelé à la rescousse du directeur qui ne veut ou ne peut trancher dans un conflit qui l’oppose à ses adjoints sur l’attribution de classes…

Autre hypothèse : ayant mal vécu sa défaite sur le point supplémentaire accordé aux directeurs pour l’accès à la Hors Classe, le SNUipp a-t-il tout simplement voulu montrer sa mauvaise humeur en rappelant qu’il n’a pas renoncé à instituer un Conseil des Maîtres Décisionnaire ? Etait-ce, pour lui, une manière de relancer le débat ?

 

Toujours est-il que, ce 29 mai, le SNUipp a manifesté, à deux reprises, son hostilité à la reconnaissance du rôle éminent du directeur dans son école.

Une première fois, en refusant de lui accorder un avantage de carrière. L’aurait-il refusé de la même façon aux psychologues ou aux conseillers pédagogiques s’il s’était agi d’eux ?

Une seconde fois en rappelant inutilement que « chacun compte pour un ».

 

Que le SNUipp se rassure, les directeurs ne demandent rien d’autre que de « compter pour un » car, pour l’instant, ils ont trop souvent le sentiment ou l’impression de ne « compter pour rien ».

 

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Par Les directeurs en lutte - Publié dans : Position des syndicats
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 10:22

Il aura suffi d’une annonce sur la messagerie de l’IA 59 pour mettre le feu aux poudres. Le 2 juin dernier, l’Inspection académique du Nord adresse le message suivant aux directeurs d’école :

 

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J'ai l'honneur de vous transmettre une information de l'IRA qui ouvre une classe préparatoire à son concours aux  jeunes diplômés défavorisés.

Cette mesure pouvant intéresser l'assistant d'éducation ou la personne en contrat aidé de votre école, je demande de bien vouloir lui apporter cette information en urgence


Ouverture d’une classe préparatoire intégrée à l’IRA de Lille le 1er septembre 2009

L’Institut régional d’administration de Lille met en place à la rentrée 2009 une classe préparatoire intégrée (CPI) à destination des étudiants ou demandeurs d’emploi de condition modeste, afin de les préparer au concours externe de l’IRA.

 

La classe préparatoire intégrée est une aide à la préparation de l’écrit et de l’oral du concours externe d’attaché d'administration de la fonction publique d’Etat. Elle a pour but d’apporter un soutien pédagogique renforcé, un appui financier et un accompagnement particulier. La CPI se déroule au sein de l'IRA en coordination avec les instituts de préparation à l’administration générale (IPAG) de Lille et de Nanterre.

 

Les bénéficiaires de la CPI sont sélectionnés parmi les étudiants ou demandeurs d'emploi qui

• possèdent une licence, un autre titre ou diplôme classé au moins au niveau II, ou une qualification reconnue au moins équivalente à l'un de ces titres ou diplômes ;

• répondent à certains critères (plafond de ressources, études en ZEP, domiciliation, etc.) ;

• témoignent d'une réelle motivation pour la CPI, évaluée lors d'un entretien de sélection.

 

L'aide apportée par la CPI

• Un soutien pédagogique, un soutien méthodologique, un entraînement aux épreuves, un accompagnement personnalisé ;

• Un soutien matériel avec une aide financière via les allocations pour la diversité et la possibilité d'obtenir une bourse d'enseignement ;

• Un stage d'observation de 15 jours dans une administration.

 

 

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Dans les heures qui suivent, la messagerie des écoles est envahie de messages d’EVS dont l’inquiétude légitime grandit à l’approche de leur fin de contrat. En effet, nombre d’EVS expriment leur crainte de se trouver sans emploi si leur contrat n’est pas renouvelé.

 

Le premier courriel provient de l’APCPMS (Association pour la Pérennisation des Contrats Précaires en Milieu Scolaire) qui met un forum à disposition des « Assistants de Direction d’Ecole ».

 

« Que de mépris ..............

Comment peut-on se sentir valorisé (s) après avoir reçu vos deux derniers mails ?

Le premier tout d'abord qui nous envoie "réviser" pour préparer un concours pour lequel on sait qu'il y a 20 000 candidats pour 4 postes ?

Offre de formation qui n'est pas valide n'est-ce-pas ? Vous deviez nous faire des propositions dès la rentrée 2006.

Le second mail avec l'attestation de compétences est le reflet de la façon dont vous nous (dé)considérez.
Qui parmi les EVS aurait eu l'incorrection d'envoyer un document aussi mal présenté, aussi sale ?

Cette attestation bordée de noir n'est vraiment pas acceptable.

Pouvons-nous espérer avoir une copie "propre" ? Merci »

Jeanne LE COROLLER

Présidente de l'APCPMS (Association pour la Pérennisation des Contrats Précaires en Milieu Scolaire)

 

 

En réaction, les interventions des EVS se multiplient. Nous avons décidé d’en publier quelques-unes. Les messages sont repris sans modification. Seules les fautes nuisant à la compréhension ont été corrigées.

 

 

« De plus, que pourra nous apporter cette attestation pour un futur emploi ? Ceci n'est pas un diplôme, est-ce qu'elle nous ouvrira d'autres portes, d'autres petites annonces qui demande généralement des bac+2. Je ne le pense pas malheureusement.»

 

« En ce qui me concerne, je ne souhaite aucunement avoir une attestation de compétences, je ne sais pas à quoi cela me servirait avec un BTS d'assistante de direction, je n'ai rien appris de nouveau loin de là !!

De toute façon, ce genre de contrat n'est jamais pérénisé, on se sert de nos compétences et on nous jette au final

je vous souhaite à tous de trouver un job qui paie correctement. »

 

« Ça, on le savait en signant, ce sont des contrats sans rien au bout. Ce sont les mêmes contrats qu'emploi-jeune, la différence c'est que ce ne sont plus des 35 heures mais des 26 ou 20 h. Ce sont des contrats qui font tourner le chômage et malheureusement pour nous qui ne nous rajeunissent pas car les contrats changent de nom et de durée mais nous végétons tout en prenant de l'âge. »

 

« A tous mes collègues EVS. Je pensais terminer en juin mais je suis renouvelé jusqu'au 31 octobre (j'ai commencé à l'origine un 1er novembre). Je pourrais donc prétendre à la VAE car j'aurais 36 mois. Si vous terminez en juin je pense que vous pouvez prolonger jusqu'en aout. Prenez contact avec votre collège employeur.»

 

« Pour info rien n'est encore décidé, il nous faut tenir bon car certains députés nous défendent et que tout peut encore changer d'ici la semaine prochaine... à suivre et gardons notre poste!!! »

 

« Je suis EVS administratif et aussi délégué syndical du Snudi FO section EVS AVS (et oui ça existe aussi...). Mon contrat, comme pour 32 000 EVS en France, se fini le 30 Juin. Pour information à toutes ces personnes qui se disent gêné par tous ces mails, il faut savoir que l'état avait obligation de nous former et de nous donner une qualification à la fin de nos 3 ans. Mais nous n'avons rien eu de tout cela. Et même pire, nos contrats sont des contrats privés qui obéissent aux règles du code du travail et qui dit que pour valider nos acquis il faut exercer le même travail sur le même lieu pendant 36 mois; nous n'avons que 32 mois validés. 

CONCLUSION: Nous attendons toujours les formations utiles, nous voulons que l'état tienne ses promesses en nous permettant d'aller jusqu'à 36 mois pour avoir la VAE et nous aimerions que tous le personnel de l'Education Nationale nous soutienne.

A ce jour beaucoup d'action sont en cours:

Une pétition intersyndicale circule (avec plus de 25 000 signature à ce jour) pour empêcher la précarité de nos emplois.

Plusieurs dossiers partout en France sont aux Prud'hommes (car nous avons des contrats privés) pour obliger l'état à corriger ses fautes.

Des manifestations ont été faites et vont encore avoir lieu avant la fin de l'année.

La lutte n'est pas encore fini, soutenez nous ! »

Loic Amédro EVS et Délégué syndical Snudi FO

 

 

D’autres réactions continuent d’arriver sur la messagerie. Certaines plus favorables émanant de directeurs compréhensifs…

 

 

« je n'aime pas encombrer la boite et je comprends que ça puisse agacer, mais tout de même !!! mettons nous à leur place!

ce n'est pas parce qu'on signe pour 3 ans qu'on n'a pas l'espoir de sortir avec un diplôme valable ou qu'on puisse espérer que les statuts changeront et qu'on nous gardera

je suis directrice d'école, mon EVS m'est devenue indispensable car je ne suis pas déchargée, de plus elle fait partie intégrante de notre équipe, elle s'est investie a fond pour l'école et je trouve injuste et dommage qu'elle doive nous quitter après 3 ans de bons et loyaux  services!

alors ils ont droit a la parole tout de même pour laisser sortir leur mécontentement, même si en vérité ça ne servira pas a grand chose, j'en ai peur!!

Soyons un peu indulgent pour nos collègues EVS et n'acceptons pas la précarité des emplois sous prétexte qu'on le savait au départ !!! c'est trop facile ! Nous sommes fonctionnaires et nous avons la chance énorme d'avoir nous la sécurité de l'emploi ! alors madame la directrice, votre mail m'a quelque peu énervé face a des personnes bientôt sans emploi, qui ont ouvert votre boite mail pendant 3 ans pour 800 euros par mois, un peu de compassion, s'il vous plait !!

merci, une collègue directrice d'école qui souhaite bonne chance aux EVS!!! »

 

« Savez-vous que d'anciens emplois jeunes sont devenus enseignants? Et que, EUX, je ne les ai jamais entendu râler ? » 

« MOI, moi, moi .......

voilà ce qui nous réduit à l'état d’esclaves, Mesdames et Messieurs.

Le jour ou chacun aidera l'autre n’est pas encore venu, et à lire vos messages, je crains fort qu’il n’arrive jamais.

j' ai hésité à "encombrer" les boites mails de ces chers directeurs dont je suis, mais l' égoïsme qui suinte à travers certains mess m' écœure : bien sûr qu' elles ne sont destinées qu' au travail et non à la revendication, (çà , tout le monde le sait alors pas besoin de l' écrire ) , mais un peu de compréhension ne fait de mal à personne :

moi, je dis : merci, les AVS, pour tout le travail que vous avez fait ! »

 

« Merci beaucoup madame pour cette considération !
Une EVS qui est encore là pour 2 ans mais qui aimerait rester bien plus longtemps.
 »

 

 

Comme cela s’était déjà produit en 2006 avec à la signature du protocole par le SE-Unsa, quelques collègues directeurs ne supportent pas de voir la messagerie transformée en forum. Ils réagissent vigoureusement à cet « envahissement »…

 

 

« MERCI DE NE PAS UTILISER LA BOITE MAIL ACADEMIQUE COMME UN FORUM ! »

 

« Merci de bien cibler votre correspondant, les écoles qui ne sont pas concernées par votre courrier sont noyées de mails !!!!!!! Attention à cliquer au bon endroit !!!!!! »

 

« OH Ras le bol ! »

 

« Serait-il possible d'éviter d'encombrer les boites de vos plaintes ou autres; pour infos; il n'a jamais été question de titularisation de vos emplois, de plus en signant vous étiez au courant qu'il n'y avait possibilité que de 2 renouvellements et que vous ne postuliez que pour un contrat de 26 h et pas plus. Ce n'est pas 3 ans après qu'il faut vous plaindre mais dès le début. A ce que je sache vous n'avez pas craché que sur l'emploi proposé. SVP éviter d'encombrer notre messagerie réservée aux mails venant de l'inspection. Une directrice d'école qui n'a jamais rien dit pendant 3 ans mais qui cette fois ci en a marre (16 messages, que des d'EVS, il y en a marre !!!)
ps : bon courage quand même à ceux et celles qui doivent retrouver du travail
 »

 

« Tous les ans depuis qu'existent les EVS, à la même époque, les boîtes aux lettres des écoles sont surchargées par des messages personnels. Tous les directeurs sont conscients des difficultés des EVS ; pour autant, les boîtes aux lettres des écoles ne sont pas le lieu requis pour tous types de récriminations. C'est une véritable inondation, et nous, directeurs d'école, sommes impuissants à vous aider dans cette lutte. De grâce donc, ne surchargez plus nos boîtes OFFICIELLES...

Une directrice d'école...parmi d'autres »

 

 

C’est alors qu’entre en scène un délégué du personnel SNUipp pour prendre la défense des EVS et s’insurger contre les quelques réactions négatives.

 

 

« C'est pitoyable d'entendre un discours pareil de la bouche d'une directrice d'école publique !

et je m'arrête là ...........

Pascal B. délégué du personnel SNUipp-FSU »

 

 

C’était prévisible… Toute intervention syndicale est désormais saluée de réactions hostiles de directeurs qui n’acceptent plus les rodomontades de responsables syndicaux. Du coup, la discussion change de sujet. C’est haro sur le syndicaliste !

 

 

« Vous avez dit pitoyables ????

Ah, il existe des délégués du personnel pour les écoles publiques ?

C’est une nouvelle…

On devrait peut-être leur signaler que les directeurs (trices) mériteraient aussi que l’on s’intéresse à eux (elles).

Je m’arrête là…..

Un directeur d’école qui, comme beaucoup, se sent bien seul !!!!! »

 

« NON, cher collègue directeur, tu n'es pas seul, la majorité silencieuse te soutient. Comme pour les élections, l'abstention l'emporte TROP souvent. »


« Ce qui est pitoyable, c'est que le délégué du personnel réagisse si vivement pour un mail de directeur; Les directeurs ont besoin de temps de décharge supplémentaire, pour ne pas avoir à cautionner des emplois précaires.

Pas souvent vu cette demande dans les revendications. »

 

« Tout à fait d’accord avec toi, du temps, c’est ce qui nous manque. »

 

 

Nous ferons l’impasse sur les nombreux courriels de soutien aux EVS ou de colère contre la transformation de la messagerie en forum pour ne retenir que le message d’un collègue qui fait preuve d’humour pour railler les « râleurs »…

 

 

« Chers tous, et surtout chers râleurs indignés par les, comment vous dites : "encombrements" ? Oui, c'est ça...

Je suis désolé... mais j'ai des problèmes de compréhension... de syntaxe ou de vocabulaire, je ne suis pas sûr de moi...

Car ça veut dire quoi "encombrer"... Comme un embouteillage sur la route où on se traîne pendant des heures ? Encombrer comme pour les voies respiratoires lors d'une méchante grippe aviaire ? Encombrer comme encombrants, ces vieilleries qu'on pose sur les trottoirs pour les revendre à une brocante ? Mais non, ça signifie qu'il y a des messages qui encombrent et d'autres pas, des messages qui nous flanquent la grippe aviaire et nous font perdre du temps dans les embouteillages des boites mail...

Ciel, perdre du temps, vérifions :

1. Je saisis la souris (2 sec)

2. Je clique sur le message à lire (1sec)

3. Je lis le message (10 sec)

4. Je clique sur effacer (1 sec)

5. Je repose la souris (2 sec)

6. Et allez, soyons généreux, appuyons sur "vider le dossier éléments supprimés" (2 sec)

Total 18 secondes... Ah zut... quel gâchis... 18 secondes précieuses et ultimes... dans la vie tourmentée d'un haut responsable du plus beau métier du monde...

Et au fait, combien de temps pour écrire un message pour dire que ces messages nous encombrent : je ne sais pas, mais réflexion comprise (c'est-à-dire en comptant le temps pour réfléchir... ), j'ai mis 3 minutes environ pour rédiger celui que vous lisez...

Ah pardon, "réflexion comprise"... Il faut sûrement compter moins... 

Car pour ce genre de message digne d'une éruption d'acné juvénile, d'un éternuement ou de toute manifestation spontanée d'intolérance, je pense que le temps d'un aboiement suffit...

Il faudrait que la S.P.A adopte enfin les nombreux abandonnés de l'Education Nationale et qu'elle vaccine d'urgence ceux qui ont attrapé la rage... surtout qu'à l'approche des vacances... on va en retrouver beaucoup attachés aux arbres...

Mr Lefebvre, directeur »

 

 

Cette passe d’armes n’est pas sans nous remettre en mémoire la chanson de Brassens « l’hécatombe »

 

« Au marché de Brive-la-Gaillarde, à propos de bottes d'oignons,
Quelques douzaines de gaillardes se crêpaient un jour le chignon.
A pied, à cheval, en voiture, les gendarmes, mal inspirés,
Vinrent pour tenter l'aventure d'interrompre l'échauffourée.

Or, sous tous les cieux, sans vergogne, c'est un usage bien établi,
Dès qu'il s'agit de rosser les cognes tout le monde se réconcilie.
 »

 

 

Le parallèle avec cette chanson est évident. Chaque fois qu’un responsable syndical intervient auprès de directeurs, la réaction ne se fait pas attendre : il est immédiatement contré et fait quasiment l’unanimité contre lui.

C’est dire le climat délétère qui s’est instauré entre syndicalistes et directeurs d’école…

 

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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 22:58

Dépenses éducatives en chute libre, inégalités dans leur répartition : une étude de la D.E.P.P. (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) vient confirmer le sentiment général. Contrairement à ce qu’ont longtemps affirmé plusieurs ministres de l’Education nationale, la dépense intérieure d'éducation ne cesse de diminuer.

De 7,6% en 1995 elle est descendue à 6,8% en 2006 puis à 6,6% en 2007.  La part de l'Etat dans la DIE (dépense intérieure d’éducation) qui était de 61% en 1980 ne représente plus que 55% en 2007. Inversement celle des collectivités locales est passée de 14 à 23%.

 

En 2007, la dépense intérieure d’éducation (DIE) – mesure de l’effort consenti par la collectivité nationale pour le fonctionnement et le développement du système éducatif de la métropole et des DOM – est estimée à 125,3 milliards d’euros, ce qui correspond à 1 970 euros par habitant, ou encore à 6,6 % du produit intérieur brut (PIB).

Globalement, de 1980 à 2007, la dépense intérieure d’éducation, avec un taux de croissance annuel moyen de 2,3 %, a crû légèrement plus vite que le PIB (2,2 %).

 

De multiples facteurs expliquent la croissance du coût de la DIE sur le long terme : l’accroissement du nombre d’élèves et d’étudiants, les modifications de la structure de cette population scolaire, avec une augmentation des filières plus coûteuses (enseignement supérieur, filières technologiques…) et surtout l’augmentation du coût unitaire de chaque élève (en fonction des taux d’encadrement, des revalorisations salariales des enseignants…).

 

Depuis 1996, la dépense d’éducation progresse moins vite que le PIB et sa part au sein du PIB décroît régulièrement, atteignant 6,6 % en 2007.

 

 

Evolution de la part de la dépense intérieure d'éducation (DIE) dans le PIB

           

 

DIE

 

DIE

Croissance

Croissance

 

en prix courants

Part

aux prix 2007

annuelle*

annuelle*

 

(milliards

DIE/PIB

(milliards

de la DIE

du PIB

 

d'euros)

(en %)

d'euros)

prix 2007 (en %)

prix 2007 (en %)

1980

28,5

6,4

67,9

 

 

1985

50,7

6,7

78,8

3,0

2,0

1990

68,0

6,6

90,4

2,8

3,2

1995

91,3

7,6

111,1

4,2

1,2

2000

104,9

7,3

121,5

1,8

2,8

2001

107,3

7,2

121,9

0,3

1,9

2002

110,8

7,2

122,9

0,8

1,0

2003

113,1

7,1

123,1

0,2

1,1

2004

115,6

7,0

123,8

0,6

2,5

2005

117,5

6,8

123,4

-0,3

1,9

2006

122,1

6,8

125,1

1,4

2,2

2007

125,3

6,6

125,3

0,2

2,2

 

 

 

Les dépenses de personnel représentent les trois quarts de la dépense d’éducation : 52,6 % pour le personnel enseignant (soit 53,8 milliards d’euros) et 22,4 % pour le personnel non enseignant (soit 22,9milliards d’euros). Les autres dépenses de fonctionnement représentent 16,2 % de l’ensemble et les dépenses d’investissement 8,8 %.

 

Mais on constate des différences selon le niveau d’enseignement. Les dépenses en personnel non enseignant, par exemple, sont nettement plus importantes dans l’enseignement préélémentaire (32,3%de l’ensemble) que dans l’enseignement élémentaire (22,5 %) ou dans l’enseignement du second degré (18,5 %) en raison de la présence des « agents territoriaux spécialisés d’écoles maternelles » (ATSEM) rémunérés par les communes.

 

La dépense moyenne par élève du premier degré (1) s’élève à 5 350 euros (y compris les dépenses concernant les élèves relevant de l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés, ASH). Le coût d’un élève scolarisé dans le préélémentaire (4 970 euros) reste inférieur à celui d’un élève scolarisé dans l’élémentaire (5 440 euros) : le coût des ATSEM encadrant les enfants du préélémentaire est largement compensé par le coût de classes à plus faible effectif dans l’élémentaire et par les autres dépenses de fonctionnement plus importantes pour ce niveau d’enseignement.

 

De 1980 à 2007, la dépense moyenne par élève du premier degré a augmenté de 79% en prix constants, soit 2,2 % en moyenne par an. Cette forte croissance résulte d’une baisse des effectifs d’élèves du premier degré et d’une revalorisation des carrières des enseignants (avec la création du corps des professeurs des écoles).

 

 

Comparaisons internationales

 

La France se positionne différemment selon le niveau d’enseignement. Pour l’enseignement élémentaire, la France se situe en dessous de la moyenne (avec une dépense de 5 370 PPA dollars (2) contre 6 250 pour la moyenne des pays de l’OCDE), nettement en retrait par rapport aux États-Unis, à la Suède, à l’Italie…mais au-dessus de l’Allemagne.

 

 

L’État finance 55%du système éducatif, les collectivités territoriales 23%, notamment grâce aux transferts de crédits.

 

Le financement « initial » de l’Éducation (3) – c’est-à-dire ce qui est à la charge effective des financeurs avant transferts entre les différents agents économiques – est assuré essentiellement par l’État (63 %). Ce poids de l’État dans le financement s’explique par sa part prépondérante dans la prise en charge des rémunérations des personnels, de loin le premier poste de dépenses du système éducatif. Par ailleurs, l’État transfère des subventions d’investissement vers les collectivités territoriales au titre de la décentralisation et des bourses d’études vers les ménages.

Au sein de l’État, le ministère de l’Éducation nationale est le premier financeur initial, avec 55 % de l’ensemble de la DIE, en incluant les charges sociales rattachées correspondant aux charges sociales employeur de l’État.

 

Les collectivités territoriales occupent la deuxième position, assurant 22,8 % du financement initial de la DIE, dont 12,6 % pour les seules communes.

 

L’effort des collectivités territoriales pour les établissements dont elles ont reçu la charge est nettement supérieur aux dotations qui leur sont transférées. Ainsi, par exemple, en 2007, les régions et les départements ont dépensé pour l’équipement, la rénovation et la construction des établissements du second degré, six fois plus que le montant perçu (5,7 milliards d’euros contre 0,94 milliard d’euros).

Les communes assurent 39,2 % du financement initial du premier degré, en rémunérant les personnels non enseignants qui interviennent dans les écoles, ainsi que les dépenses de fonctionnement et d’investissement de celles-ci.

 

 

(1)    La dépense moyenne d’éducation par élève pour l’année est calculée en rapportant la totalité des dépenses et des activités dans les établissements publics et privés, à l’exclusion des activités de formation continue ou extrascolaires.

 

 

(2)    PPA dollars : la parité de pouvoir d’achat exprimée en dollars est un indicateur qui permet d’établir une comparaison, entre pays, du pouvoir d’achat des devises nationales en neutralisant les différences de prix. Pour ce faire, il est défini un panier de consommation type.

 

 

(3)    La distinction entre financement initial et financement final sous-entend l’existence de transferts entre les différentes unités de financement. Par exemple, les bourses d’études constituent un transfert entre l’État et les ménages. En financement initial, les bourses seront affectées à l’État qui les verse, déterminant la charge effectivement supportée par cet agent, tandis que les dépenses des ménages seront évaluées après déduction des bourses reçues. En revanche, si cette dotation est comptabilisée dans les dépenses des ménages, on parlera de financeur final, notion qui permet d’étudier la relation entre le dernier financeur et le producteur, ou l’activité.

 

 

Xavier Darcos, à la suite de Nicolas Sarkozy, martèle un slogan : « moins mais mieux », c’est-à-dire moins d’heures de cours et moins d’enseignants. La formule incantatoire laisse dans l’ombre les conséquences réelles de la diminution de l’encadrement sur la formation. En fin de compte, quel sera le prix de la suppression de dizaines de milliers de postes de professeurs, et qui en supportera les conséquences ?

 

Dans un entretien au Monde, Xavier Darcos justifiait la diminution des dépenses dans l’éducation en disant que « notre devoir est de continuer à alléger le fardeau que nous léguons aux générations futures » (Le Monde, 7 novembre 2008).

 

Certes, on ne peut indéfiniment charger la dette. Ce sont nos élèves actuels et leurs enfants qui devront s’en acquitter. Cependant, notre devoir n’est-il pas de donner aux nouvelles générations plus encore qu’hier les moyens de comprendre le monde ?

Condorcet ne disait rien d’autre, quand il écrivait que « l'instruction publique est un devoir de la société à l'égard des citoyens ». Oui, ce « devoir de justice » a un prix. Refuser de le payer aujourd’hui, c’est courir le risque de devoir en payer chèrement les conséquences demain.

 

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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 15:35

Depuis septembre, les cours ont été supprimés le samedi matin dans les écoles. Pour les élèves, c'est la semaine de quatre jours. Cette réforme, promesse de campagne de Nicolas Sarkozy pour laisser un « vrai week-end » aux familles et permettre, notamment à celles recomposées de se retrouver plus facilement, a été décidée et réalisée très rapidement. Le Président de la République l’a mise en œuvre sans concertation, pas même avec son ministre de l’Education qui, lui, ne cachait pas sa préférence pour une semaine étalée sur quatre jours et demi.

 

Antoine Prost, historien de l’éducation, et Hubert Montagner, directeur à l’INSERM, s’accordent à le dire : « la semaine de 4 jours est une très mauvaise formule pour les apprentissages des élèves les plus en difficulté. »

 

Pour Antoine Prost, si les 840 heures d’enseignement désormais dispensées à l’école primaire correspondent bien à une moyenne européenne, le nombre de jours d’enseignement, 140, est bien inférieur à la moyenne. « Si l’on veut obtenir de bons résultats scolaires, il faut que les élèves travaillent. Certes, on pourrait sans doute aussi les faire travailler mieux, mais ce n’est pas la question d’aujourd’hui. On se préoccupe beaucoup trop du « dire » des profs et pas assez du « faire » des élèves, pourtant essentiel. C’est la conjonction des deux qui garantit les résultats. »

 

Selon Hubert Montagner, depuis plus de 20 ans, les scientifiques et les médecins s’accordent à dire qu’une journée de 6 heures est beaucoup trop longue pour la plupart des élèves de CP et pour les élèves en difficulté scolaire. Lui non plus ne croit pas à l’efficacité d’un soutien scolaire coupé de la classe et il craint qu’avec une semaine de 4 jours, les maîtres n’augmentent la part des fondamentaux au détriment d’activités de découverte et d’expression.

 

 

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer cette réforme.

 

Marianne Baby, du Snuipp, estime que la décision du ministre a été brutale et n’a pas laissé le temps de la réflexion. Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, souhaite qu’une conférence nationale se tienne sur cette question des rythmes scolaires, « centrale par rapport à l’organisation de l’école pour la réussite scolaire ». Le SE-UNSA rappelle que la semaine de 4 jours a considérablement dégradé les conditions de travail des enseignants.

Selon le président de la FCPE Jean-Jacques Hazan, « la semaine de quatre jours, imposée par le ministre Darcos, densifie la journée de travail et est beaucoup trop fatigante pour les enfants ». Son association a lancé une campagne nationale pour un rythme scolaire en primaire de 4 jours et demi, avec trois heures de cours le mercredi matin, au lieu de la semaine actuelle de 4 jours.

 

Alors, faut-il maintenir la semaine de quatre jours ? Ou rétablir la classe une demi-journée supplémentaire ? Le débat revient sur le devant de l’actualité depuis quelques semaines. Des élus, des enseignants et des parents s'interrogent.

 

Xavier Darcos, lui-même, a déclaré qu'il ne voyait « aucun inconvénient » à ce que les écoles primaires repassent à un rythme de 4 jours et demi par semaine, avec 3 heures de cours le mercredi matin.

« J'y vois même beaucoup d'avantages », a déclaré le ministre. « Je rappelle que j'ai laissé le choix aux conseils d'école de choisir soit quatre jours, soit quatre jours et demi. Dans le conseil d'école, vous avez les parents, vous avez les enseignants et vous avez les élus, et notamment les fédérations de parents d'élèves dont la FCPE. »

« Je le répète, ce n'est pas moi qui ait choisi (...) ce sont les conseils d'école qui ont majoritairement choisi la semaine des quatre jours », a-t-il insisté.

 

Dans plusieurs grandes villes de France, les municipalités ont relancé le débat et affirmé leur préférence pour la semaine de 4 jours et demi.

 

L’adjoint socialiste de Brest, Marc Sawicki est amer : l'an dernier, 67 % des conseils d'écoles publiques avaient voté pour la semaine de quatre jours. « C'est le choix des adultes au détriment du bien de l'enfant ».

 

À Saint-Nazaire, les parents FCPE ont lancé le débat. Leur fédération est favorable à la semaine de quatre jours et demi. La municipalité a créé une commission. Les résultats de la concertation pourraient être connus en juin.

 

La ville d'Angers n'a pas ménagé sa peine depuis six mois. « Ce système de quatre jours est aberrant : les enfants sont fatigués et la semaine est hachée », martèle Luc Belot, adjoint au maire socialiste.

En mai, les conseils des écoles publiques et privées ont été invités à débattre de la semaine scolaire. La ville verrait d’un bon œil un retour à la semaine de 4 jours et demi. Cette possibilité permettrait, par exemple, de raccourcir la journée d'école de 45 minutes, en proposant des activités culturelles ou sportives à la place.

Les résultats des votes sont maintenant connus. 77 % des conseils d'écoles qui se sont prononcés ne sont pas favorables à la classe le mercredi. Ni pour la rentrée 2009 ni pour celle de 2010.

 

A Lille, même préoccupations, mêmes résultats. La semaine de quatre jours, en vigueur depuis la rentrée, la municipalité de Martine Aubry n'en voulait pas. Elle a lancé une vaste concertation sur la réorganisation du temps scolaire, basée sur l'ouverture des classes le mercredi matin, « dans l'intérêt des enfants, des familles et des enseignants ».

Comme à Angers, la réponse est négative. « Les parents ont dit "non" car cela les désorganisait. Les enseignants ont dit non car l'Éducation nationale ne leur en donnait pas les moyens », déplore-t-on à la mairie de Lille.

 

Pourtant, une majorité d'enseignants ou de représentants de parents d'élèves en élémentaire font le même constat : l'actuelle journée de six heures est trop longue, d'autant plus pour les enfants qui bénéficient des deux heures d'aide personnalisée par semaine. Contradictoire ?

 

D’abord, le contexte explique pas mal de choses. Les réformes Darcos ont provoqué un vrai malaise dans les écoles. D'où une position radicale de beaucoup de syndicats. « Accepter un aménagement de la semaine, c'est renoncer au retour aux vingt-six heures d'enseignement hebdomadaire pour tous (avant la mise en place de l'aide personnalisée), et donc entériner les réformes », martèle Christophe Rabin, co-secrétaire départemental du syndicat Snuipp du Maine-et-Loire.

 

Ensuite, des questions se posent quant à l’égalité de traitement sur le plan national. Seules les villes dont le budget le permet peuvent opter pour la classe le mercredi. Comment des communes à petit budget pourraient-elles proposer des activités éducatives sur le temps libéré en semaine ?

 

Enfin, il ne faut pas exclure d'autres raisons, plus personnelles. Faire cours le mercredi n’enchante pas nombre d’enseignants habitués à profiter de cette coupure du milieu de semaine. Cela perturberait aussi les parents d'élèves dont l’organisation de la semaine tient compte des activités et des loisirs des enfants.

 

Et pour les écoles qui ont dit oui ? « Avec l'inspectrice d'académie, nous allons voir si une expérimentation est souhaitable », répond Luc Belot, l'adjoint au maire d’Angers. « Personnellement, j'y suis favorable. »

A Lille, on tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur : « Ce n'est pas un échec, mais une première étape. Je ne travaillerai plus de la même manière après cela, on n'est jamais allé aussi loin dans la concertation. On va faire un Plan éducatif global (PEG) participatif » déclare Pierre de Saintignon, premier adjoint de Martine Aubry.

 

« Le malheur, conclut Antoine Prost, c’est que le ministère ne mène aucune recherche pédagogique et considère même les chercheurs en sciences de l’éducation comme des brebis galeuses. L’école ne fabrique-t-elle pas elle-même des élèves inadaptés en ne tenant pas compte de leurs rythmes circadiens ? »

 

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