Mardi 16 janvier 2007
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Eh bien, voilà, c'est fait ! Le problème de la direction d'école est réglé... La solution n'était pourtant pas bien loin. Elle était, là, à portée de main et nous ne le savions pas... Et, elle a un nom : Philippe Meirieu. Oui, le grand, le super pédagogue, Philippe Meirieu himself.
Mais comment diantre, n'y a-t-on pas pensé plus tôt ? Depuis le temps que chacun réfléchit... Tant de réunions d'experts mis à contribution, tant d'énergie gaspillée, tant de rapports volumineux, des années de grève administrative, une consultation Ifop par le GDID, des menaces de sanctions, des retenues sur salaire pour absence de service fait... Bref tout cela aurait pu, aurait dû être évité.
Que n'a-t-on pensé à cet homme providentiel ? Grand conseiller de Claude Allègre, de Jack Lang, universitaire, auteur de nombreux ouvrages de pédagogie, directeur d'IUFM... Lui, modeste, ne s'est jamais manifesté.
Heureusement, dans une interview à la revue "Fenêtres sur Cours" (n° 294), il nous livre enfin son analyse sur le problème de la direction d'école. Sauvés ! Nous sommes sauvés !

La clé du problème ? un fonctionnement coopératif ! "Face à un défi collectif, c'est par du collectif qu'il faut répondre". Tout simplement. Suffisait d'y penser...
Et notre sauveur de développer sa recette...
"Aujoud'hui, la direction, ce n'est ni fait, ni à faire, une espèce d'entre-deux insatisfaisant. Le directeur est une sorte de mandataire administratif sans la totalité des prérogatives qui restent à l'IEN, et sans avoir véritablement les moyens d'animer une équipe. Les modèles se construisent dans chaque école en fonction des personnalités de chacun, de la marge de manoeuvre laissée par l'IEN, et de l'entente et de la solidarité qui peuvent se créer entre les collègues. C'est un fonctionnement aléatoire et souvent rocambolesque.
Je penche pour un modèle plus coopératif : si on confie un ensemble d'élèves à un collectif d'adultes, il faut comptabiliser dans ce collectif d'adultes les tâches qui relèvent de la direction.
On pourrait parfaitement laisser les collègues s'organiser et voir comment ils assument ces tâches, quitte à ce que, dans certains cas, ils se les partagent, et dans d'autres cas, ils confient provisoirement à l'un d'eux la responsabilité de les exercer, qu'il y ait un interlocuteur identifié par les familles, mais sans forcément passer par des modalités faussement pyramidales".

"C'est l'idée forte de l'intelligence collective : on est plus intelligent à plusieurs que seul". Trop modeste, notre cher pédagogue... Eh oui, à lui seul, il s'est montré plus intelligent que toute une cohorte d'experts, de conseillers et même de ministres...
Certes, comment l'empêcher, il se trouvera toujours de beaux esprits chagrins pour exprimer quelques doutes sur la faisabilité du modèle coopératif.

Aussi, dans le cas fort improbable où des problèmes viendraient à se poser dans la répartition des tâches (improbable car tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), que Philippe Meirieu ne s'en offusque pas, les "directeurs en lutte" ont une proposition à faire pour procéder, éventuellement, à des tirages au sort :
Nous suggérons que les actuels directeurs d'école puisent dans la cagnotte qu'ils se sont constituée avec la revalorisation de l'ISS et qu'ils utilisent les 51 centimes à l'achat d'un jeu de dés.

En l'absence de cagnotte, une autre solution existe, moins coûteuse : se procurer quelques tiges de blé pour effecteur un tirage au sort à la courte paille...
Heureux Gilles de Robien qui va pouvoir mettre un terme aux groupes de travail sur la direction d'école. Il lui suffit de nommer Philippe Meirieu à la tête de tous les IUFM de France afin qu'il généralise la formation qu'il n'a sans doute pas manqué de mettre en place à l'IUFM de Lyon lorqu'il le dirigeait...
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