C’était l’un des maigres acquis de la signature du protocole
d’accord 2006 entre le ministère et le SE-Unsa. Il est aujourd’hui remis en cause. La
création d’EVS instaurait une aide administrative aux directeurs d’école. En 2009-2010, 17 000 assistants d’éducation
(essentiellement sur des postes d’AVS) et 50 000 EVS sous contrats aidés étaient en exercice dans les écoles maternelles et élémentaires. Il semble
que cet avantage soit en passe d’être réduit fortement, RGPP oblige…
Depuis le 1er janvier 2010, un seul
contrat, le nouveau « contrat unique d’insertion » (CUI) est proposé aux emplois de vie scolaire. Déjà, depuis le 1er Août, dans
certains départements, les contrats initiaux ou renouvellements traités par Pôle emploi sont signés pour une période de 6 mois uniquement.
En juillet, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle a demandé aux Préfets
« d’inscrire leur mobilisation pour l’emploi dans un cadrage budgétaire contraint qui implique une stricte mesure des flux et des paramètres de prise
en charge ».
Les recteurs ont reçu pour consigne de réduire les contrats aidés dont l’Education nationale est friande. Il
a donc été décidé de donner priorité à l’accompagnement aux élèves en situation de handicap au détriment de l’aide aux directeurs d’école.
Dans de nombreux départements, les IA se voient contraints de supprimer massivement les emplois assignés à
l’aide administrative des directeurs d’école. Selon le SNUipp, les coupes seraient de 80 dans la Drôme, 160 en Haute-Savoie, 357 dans les Bouches-du-Rhône, 120 dans l’académie de Besançon.
Ailleurs comme dans le Haut-Rhin ou le Var aucun recrutement ni renouvellement de contrat ne seraient possibles.
Alertés, les principaux syndicats enseignants n’ont pas tardé
à réagir. Ainsi, le SE-Unsa, signataire du protocole, voit sa signature remise en cause et en fait un casus belli. Il vient de publier un
communiqué assorti d’une lettre au ministre :
Communiqué : « L’aide administrative, ça ne
se discute plus !
« En cette rentrée 2010, l’aide administrative à la direction d’école est en partie suspendue dans nombre de départements. La mesure menace d’être étendue d’ici le
mois de janvier 2011. Le SE-Unsa s’y oppose fermement et a solennellement écrit à Luc Châtel pour lui demander le respect de la parole ministérielle engagée par le protocole d’accord sur la
direction d’école signé en 2006.
Déjà lancés dans la rigueur du budget 2011, des
Recteurs, des Inspecteurs d’Académie ont gelé les recrutements afin de passer sous la toise de la diminution par deux des emplois aidés. Cette décision prise dans plusieurs départements aurait
donc vocation à être généralisée d’ici quelques mois. Pour le SE-Unsa, c’est inacceptable pour les EVS comme pour les directeurs d’école.
Les perspectives économiques ne permettent pas de
renoncer à une politique d’emplois aidés en abandonnant ainsi, sans ménagement, des dizaines de milliers de chercheurs d’emploi alors que les besoins resteraient sans réponse.
La nécessité de l’aide administrative enfin
reconnue en 2006 par le ministère ne peut plus faire débat. Les tâches administratives et les demandes de l’institution se sont encore surmultipliées depuis, accroissant la charge et les
responsabilités directeurs d’école jusqu’à l’épuisement.
Alors que l’aide administrative a besoin d’être
stabilisée et professionnalisée, sa disparition conduirait au conflit. Le Ministre est désormais prévenu. »
Lettre au ministre Luc
Chatel :
« Monsieur le Ministre,
Depuis 2006, suite au protocole que le SE-UNSA a signé avec l’un de vos prédécesseurs, les directrices et
directeurs d’école bénéficient d’une indispensable aide administrative.
A cette rentrée, des informations convergentes nous indiquent que cette aide sera réduite, voire
supprimée, dans de nombreux départements. Les inspecteurs d’académie justifient ces décisions par la diminution importante du nombre des contrats dont bénéficie le ministère de l’Education
nationale et par la priorité donnée à la scolarisation des enfants en situation de handicap.
Les directrices et les directeurs d’école sont actuellement affairés à la réussite de la rentrée dans
leur école. C’est un moment important où leurs charges administratives sont particulièrement lourdes. L’absence de cette aide administrative pèse.
Au-delà de cet aspect, derrière chacun de ces emplois se trouvent des hommes et des femmes dans
l’incertitude de voir leur contrat renouvelé. C’est désastreux en matière de gestion de ressources humaines. Plusieurs milliers de personnes pourraient se trouver concernées et, faute de solution
rapide, aller grossir les rangs des demandeurs d’emplois.
Le SE-UNSA, seul signataire du protocole d’accord de 2006 instituant enfin cette aide administrative,
n’acceptera pas la diminution, voire la suppression de cette assistance indispensable aux directeurs d’écoles.
Nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de revoir de toute urgence ces situations et les consignes que
vous avez données. Si les notifications de suppression ou de diminution de ces emplois devaient être maintenues, vous ouvririez la voie à un nouveau conflit sérieux dans les semaines à venir.
Depuis 2006, la charge et les responsabilités des directeurs d’école ne se sont pas amoindries. Sachez que le SE-UNSA et les directeurs sont déterminés à voir rapidement rétablie l’aide
administrative dont ils ont besoin. »
Le SNUipp dénonce, lui aussi, « la suppression d’emplois d’EVS, pourtant nécessaires au bon fonctionnement des écoles. Outre les diverses tâches qu’ils remplissent dans les établissements avec les
équipes, les EVS assistent les directrices et directeurs pour tout ce qui concerne le travail administratif, particulièrement lourd dès la rentrée. Voici donc encore une mesure qui ne va pas dans
le sens de l’amélioration des conditions de travail dans les écoles. »
Le syndicat majoritaire s’est également adressé à Luc Chatel pour « demander l’annulation de ces suppressions et réaffirmer sa demande de reconnaissance de ces emplois par la création de postes pérennes et
statutaires. »
Le SNUDI-FO réagit à ces suppressions de
postes.
« Des personnels contractuels apprennent ainsi qu’ils sont
brutalement renvoyés au chômage.
Dans le même temps, des écoles sont encore plus désorganisées, les conditions de travail des directeurs davantage dégradées.
Le
SNUDI-FO, qui revendique la transformation de tous les emplois contractuels en emplois statutaires à temps plein de la fonction publique, intervient avec la FNEC-FP-FO auprès du ministère pour
exiger :
-
l’annulation de ces mesures
- qu’aucun
contractuel ne soit au chômage
Il invite les sections et syndicats départementaux à intervenir en
ce sens auprès des IA ».
Le SNE demande audience au ministre pour dénoncer
« le projet de détournement des missions des EVS aides-administratifs de leur rôle auprès des directeurs d'école.
Cette confiscation de ces aides administratives, affectées à
d’autres missions quand elles ne sont pas purement et simplement supprimées, laisse une nouvelle fois les directeurs dans une situation intolérable de surcharge de travail et de
responsabilités.
Un mépris et un désaveu éprouvant autant qu'édifiant de la fonction
de directeur d'école ! »
N’oublions pas que l’aide administrative était l’une des trois mesures présentées comme des avancées par le
SE-Unsa en 2006 (avec la décharge accordée aux écoles de 4 classes et une aumône financière). Supprimer ou même réduire cette aide, c’est effectivement faire preuve d’un formidable mépris à
l’égard des syndicats et des directeurs d’école.
Un mépris à l’égard des partenaires sociaux qui ont
négocié, signé un accord, obtenu des contreparties en échange de la fin de la grève administrative des directeurs. Comment, demain, faire confiance à un gouvernement qui renie sa signature dans
un accord signé avec une organisation syndicale ?
Un mépris doublé d’hypocrisie à l’égard des directeurs
d’école si on se réfère aux propos tenus par les différents ministres sur les difficultés du métier. Comment comprendre les contradictions d’un pouvoir qui commande une mission sur le
statut de l’école et des directeurs et dans le même temps rend leur travail plus difficile ?
En agissant de la sorte, et quelles qu’en soient les nécessités financières édictées par la RGPP, le ministre
se décrédibilise aux yeux des syndicats enseignants. En rendant plus pénible encore la fonction de directeur, il affaiblit l’école publique. En avait-elle besoin ?
Il serait temps, enfin, que les ministres de l’Education nationale mettent en adéquation leurs propos
flatteurs à l’égard des directeurs d’école et les actes qui, eux, contribuent à leur rendre la tâche plus compliquée...
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