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Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

5

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante :

http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp

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Il nous reste beaucoup à faire pour l'obtenir... ce STATUT

Jeudi 3 avril 2008


Le 10 juillet 2007, le Premier Ministre lançait le chantier de la  "révision générale des politiques publiques". Voici ce qu'en disait Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique :
"La recherche de la performance de l’État a conduit de nombreux pays de l’OCDE à réviser leurs politiques publiques, un exercice qui a déjà permis à des Etats comme le Canada de réduire de façon drastique leur déficit, tout en jetant les bases d’une croissance durable.

En France, nous allons conduire une révision des politiques publiques suivant trois exigences : celle de la qualité du service rendu au regard des besoins des usagers, celle de l’intérêt des fonctionnaires et enfin celle d’une rationalisation de la dépense publique.

Pour répondre à ces trois aspirations, nous allons examiner sans réserve et sans tabou l’intégralité des missions exercées par l’Etat et les moyens qui y sont alloués.  Cet inventaire des politiques publiques va permette d’éclairer les choix qui seront faits pour réorganiser les politiques publiques et tenir les engagements budgétaires de la France".

 
Nous étions prévenus. Les grandes réformes viendraient après les municipales. Nous y sommes. On comprend mieux pourquoi. Ministres et conseillers ne parlent pas de rigueur mais de RGPP pour justifier les efforts budgétaires.
Les annonces de mesures se multiplient (91 en décembre, 166 en avril et une centaine en juin prochain). Cette avalanche ne constitue pas en soi une politique cohérente. Elle n'a pour but que de noyer le citoyen sous l'accessoire.
Mais la RGPP s'intéresse aussi, de très près, à l'Education nationale. Voici ce qu'a écrit le Conseil de Modernisation des Politiques Publiques (CMPP) le 4 avril :
 

LA MODERNISATION DU SYSTEME EDUCATIF

Quelles sont les missions exercées ?

Le système éducatif français de l’école primaire à la fin de l’enseignement secondaire vise à transmettre aux élèves les valeurs et savoirs fondamentaux qui leur seront nécessaires à la poursuite de leurs études ainsi qu’à la réussite de leur vie professionnelle et personnelle.

L’école est au coeur du projet de la Nation car elle se donne pour ambition de former tous ceux qui seront demain les citoyens chargés des destinées de la Nation.

L’éducation et la formation des enfants constituent une mission fondamentale de l’État. De fait, celui-ci emploie à l’Éducation nationale la moitié de ses fonctionnaires et y consacre le premier de ses budgets (58 milliards d’euros).

Pourquoi changer ?

Alors même que le budget de l’Éducation nationale a fortement progressé depuis quinze ans, des études récentes, nationales ou internationales, ont mis en lumière la dégradation des performances du système éducatif français :

     - le rapport récent du Haut conseil de l’éducation - HCE a révélé que 15 % des élèves sortant de l’école primaire rencontrent des difficultés importantes, notamment dans la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul ;

     - 150 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans diplôme ni qualification ;

     - l’enquête du Programme international de recherche en lecture scolaire - PIRLS sur l’apprentissage de la lecture à dix ans, classe la France au 17e rang sur vingt-deux pays examinés ;

     - l’enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves - PISA portant sur la culture mathématique et la compréhension de l’écrit à quinze ans, mesure le recul la France : légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE en 2000 (505 points contre 498), elle se situe aujourd’hui en dessous de cette moyenne (488 contre 492).

L’augmentation continue des moyens et des horaires n’a pas été une réponse adaptée. De fait, la France consacre des moyens supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE à sa politique éducative. Les emplois du temps sont également beaucoup plus chargés en France que dans les autres pays de l’Union européenne : entre sept et onze ans, ils excèdent de 101 heures la moyenne européenne, au collège de 122 heures et au lycée de 182 heures.

Ces résultats sont préoccupants et impliquent d’engager des réformes d’ampleur pour inverser la tendance de ces dernières années et ramener la France vers le modèle qu’elle doit incarner.

Quelles sont les orientations de la réforme ?

La refonte du système éducatif passe par un recentrage de l’école sur les apprentissages fondamentaux. Ainsi la maîtrise de la langue et des principes essentiels du calcul et des mathématiques sont les conditions nécessaires au bon déroulement d’une scolarité réussie car elles sont les conditions d’acquisition de tous les autres savoirs que transmet l’école.

La réussite des élèves passe également par une plus grande différenciation des parcours qui permet d’offrir un soutien et accompagnement personnalisé à ceux qui rencontrent des difficultés.

La refonte du système repose sur l’engagement des enseignants qui sont à l’origine de la réussite des élèves. La rénovation de leurs conditions de travail et la diversification de leurs missions permettra l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

L’autonomie des établissements sera développée afin que ceux-ci disposent de leviers plus importants pour mieux adapter l’offre aux besoins.

Quelles sont les premières décisions adoptées et les pistes d’amélioration retenues ?

Parmi les réformes déjà engagées et qui se rattachent aux objectifs de révision de la politique d’enseignement scolaire, peuvent être cités :

     - l’assouplissement de la carte scolaire et l’adoption de critères clairs et équitables dans l’attribution des dérogations offrent une liberté nouvelle aux familles tout en favorisant une plus grande mixité sociale au sein des établissements ;

     - la refonte de l’enseignement primaire, passe par la réorganisation du temps d’enseignement dans la semaine et dans l’année : ainsi la suppression des cours du samedi matin à compter de la rentrée  2008 va permettre d’offrir des heures de soutien personnalisé aux élèves en difficulté ;

     - la refonte de l’enseignement primaire passe également par de nouveaux programmes, plus clairs et plus concis :

     - ils sont recentrés davantage sur l’acquisition des connaissances fondamentales ;

     - ils renforcent la place du sport et de l’éducation artistique et culturelle au sein de l’école primaire ;

     - corollaire de la liberté pédagogique garantie par ces programmes un nouveau système d’évaluation du niveau des élèves de CE1 et CM1 en lecture et en écriture sera mise en place à compter de l’année scolaire 2008-2009.

Dans les lycées, la « reconquête du mois de juin » va permettre de rompre avec l’interruption anticipée des cours en raison de l’organisation des épreuves du baccalauréat. Un dispositif expérimenté dès cette année sera généralisé en 2009.

De nouveaux services seront rendus aux familles :

     - le développement d’un service minimum d’accueil dans les écoles primaires en cas de grève ;

     - l’accompagnement éducatif (« orphelins de 16 h »), mis en place depuis novembre 2007 dans tous les collèges de l’éducation prioritaire, sera étendu à l’ensemble des les collèges et des écoles volontaires à la rentrée 2008 avant d’être élargi à toutes les écoles primaires en 2009.

Pour lutter contre les sorties sans qualification, le bac professionnel se préparera désormais en trois ans après la classe de troisième et sera ainsi rapproché des cursus d’enseignement technique et général et permettra de limiter l’échec en cours de scolarité.

Dans le cadre de la dynamique du Plan espoir banlieues portée par le gouvernement, l’Éducation nationale :

      - développe des internats de réussite éducative ;

     - met en place une banque de stage destinée à mettre en relation les élèves des quartiers défavorisés avec les entreprises

     - garantit aux meilleurs élèves de tous ces lycées un accès aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Cette modernisation du système éducatif sera prolongée :

     - dans le prolongement du livre vert de la commission Pochard, le ministère de l’Éducation nationale entreprend la rédaction d’un livre blanc de la condition enseignante pour adapter le métier d’enseignant (recrutement, formation, emploi, rémunération, carrières) aux temps présents ;

     - une réflexion sur l’offre éducative au lycée et l’équilibre entre les différentes filières est en cours ;

     - une réflexion sur le mode de formation des maîtres, conformément aux orientations de la lettre de mission du ministre de l’Éducation nationale.

Quels sont les avantages attendus ?

L’ensemble des réformes engagées et des réflexions en cours sont de nature à améliorer les performances du système éducatif, à diminuer les inégalités, à revaloriser la condition enseignante, à autoriser des gains de productivité, tout en affirmant les ambitions de la Nation pour son école.

Quel est le calendrier de mise en oeuvre ?

Les travaux de la révision générale des politiques publiques se poursuivent jusqu’au prochain Conseil de modernisation des politiques publiques, prévu en mai 2008.

  
On peut se demander ce que vient faire ce catalogue de mesures dans un document concernant la RGPP ? Ce texte ressemble davantage à un dossier de presse destiné à justifier une réforme mal comprise. A ce titre, il ne se distingue pas de la façon dont ont toujours procédé tous les ministres, de gauche comme de droite. Il reprend un ensemble de mesures qui, on le sait, passent bien dans l'opinion. Or, une série de mesures n'a jamais constitué une réforme de l'Etat...
 
Mais ne manque-t-il pas quelque chose dans ce catalogue ? A y regarder de plus près, on ne voit rien qui fasse allusion aux suppressions de postes. Simple oubli ? Ou volonté de ne pas effrayer les usagers de l'école ?
Bizarre, quand on sait que le seul et unique objectif de la RGPP est de répondre aux exigences de Bruxelles à quelques mois de la présidence française de l'Union Européenne. Et pour atteindre cet objectif, le moyen le plus efficace trouvé par le gouvernement consiste à réduire le nombre de fonctionnaires d'Etat (9 500 policiers et gendarmes dans la Sécurité Publique et 12 000 agents dans l'Education nationale).
 
Pendant ce temps, aucune réflexion n'est menée sur les conséquences de la décentralisation. Rappelons l'augmentation des dépenses des collectivités territoriales : 6,5 % en 2006 et encore 6,9 % en 2007. Les dépenses des collectivités atteignent 209 milliards d'euros contre 270 milliards pour l'Etat...
Chaque année, le nombre de fonctionnaires territoriaux augmente et l'on sait bien que les dérives sont là. Mais il semble plus facile de tailler dans la fonction publique d'Etat que de s'attaquer aux baronnies locales...

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par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
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Mercredi 2 avril 2008


Depuis leur présentation par Xavier Darcos, les nouveaux programmes ont fait couler beaucoup d’encre. La suppression du samedi obligeait mécaniquement à revoir les programmes. On s’attendait à un simple « allègement technique ». Le ministre s’attela à une refonte générale tant sur le plan pédagogique que philosophique.

Peu à peu, la contestation est apparue. Elle a pris chaque jour plus d’ampleur. Deux anciens ministres de l’Education (Luc Ferry et Jack Lang) ont vivement réagi parlant de « vide abyssal » ou « imposture »…

Un comité regroupant tout ce que l’enseignement compte d’associations et d’intellectuels pédagogues a lancé un appel à Xavier Darcos pour qu’il revienne sur sa décision. Le ministre a répliqué qu’il s’était appuyé sur les études internationales qui montrent le recul des résultats français et sur les conseils avisés d’experts et de « scientifiques ». Bref, les positions sont figées.

 

Nous reproduisons ci-dessous, deux avis opposés d’universitaires publiés dans « Le Monde » du 8 avril. Ils ne sont pas inutiles pour essayer d’y voir un peu plus clair…

 
 

Une réforme efficace doit être concertée, par Michel Fayol et Jean-Emile Gombert

 
Le préambule des "nouveaux programmes de l'école primaire" entraîne notre adhésion. Les spécialistes des apprentissages que nous sommes partagent l'objectif que l'école primaire doit "faire acquérir à chaque élève les connaissances et compétences fondamentales qui seront nécessaires à la poursuite de sa scolarité". Plus encore, nous sommes en accord avec l'affirmation que "c'est en proposant un enseignement structuré et explicite, orienté vers l'acquisition des savoirs de base, et leur offrant des entraînements systématiques (...), qu'on les préparera à la réussite". Et il est pour nous évident que "les élèves en difficulté doivent pouvoir bénéficier d'une aide personnalisée et différenciée".

Malheureusement, le corps des programmes ne nous paraît pas conforme à ces intentions. Loin de "diviser par trois en cinq ans le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés", leur application en maintiendrait le nombre, tout en fragilisant d'autres élèves et en appauvrissant le niveau de l'ensemble.

Les programmes proposés rappellent l'importance de l'attention portée au développement du vocabulaire dès la maternelle, et la nécessité d'un apprentissage systématique des correspondances entre lettres et sons dès le début du CP. Toutefois, d'autres fondamentaux, qui conditionnent tout autant la réussite des élèves, sont passés sous silence ou relégués au second plan, et le projet témoigne d'une ignorance inquiétante des possibilités d'apprentissage des jeunes enfants. Tel est le cas lorsqu'il impose de leur enseigner les correspondances lettres-sons dès la grande section de maternelle, alors que tous n'y sont pas encore prêts.

L'essentiel est qu'ils aient, en fin d'année, installé les compétences qui leur permettront d'aborder cet apprentissage dès le début du CP. Mais anticiper l'enseignement du décryptage ne sert à rien. En maternelle, les activités doivent conduire les enfants à découvrir que l'écrit transcrit la parole et à percevoir progressivement les unités qui en permettent la réalisation. Les synthèses réalisées par l'Observatoire national de la lecture ont tout dit de ces activités et du bénéfice qu'en tirent les enfants.

 

AUTOMATISER LES MÉCANISMES

Ultérieurement, la connaissance des mots et le décryptage ne suffisent pas à la lecture et à l'écriture. Les élèves doivent aussi accéder au sens des textes et en produire eux-mêmes. Des activités de lecture et de production d'écrits sont d'autant plus indispensables à cette acquisition que la syntaxe de l'oral courant diffère de celle de l'écrit. Cet apprentissage de la syntaxe ne dépend pas seulement de l'enseignement des règles de grammaire. Les activités d'analyse grammaticale, telles qu'envisagées par le projet dès le CP et le CE1, seraient une perte de temps dans une organisation scolaire qui en manque déjà.

Ce sont les activités de lecture, d'observation, de manipulation et de production qui importent. Cela ne signifie pas que l'on puisse se dispenser d'un enseignement de la grammaire, justifié notamment du fait des difficultés orthographiques du français. Mais la connaissance des règles ne suffit pas : tous les enseignants savent que c'est leur mise en oeuvre qui importe. Pour cela, il convient de consacrer du temps aux activités d'écrit et de lecture qui favorisent l'automatisation. Plus de la moitié des 15 % des élèves en grande difficulté à l'entrée au collège n'a pas automatisé les mécanismes de la lecture.

Or le projet fait disparaître l'obligation de 2 heures et demie quotidiennes consacrées à l'écrit en CP-CE1, et de 2 heures ensuite. Pour devenir un lecteur-écrivain habile, il faut automatiser les mécanismes à l'oeuvre dans la manipulation de l'écrit. Cela suppose que les activités proposées suscitent et développent l'envie de lire et d'écrire : une dimension ignorée dans le projet. Les programmes projetés se situent en retrait par rapport à la réflexion menée en commun par les responsables de l'éducation nationale, les enseignants et les chercheurs depuis quinze ans.

Cette collaboration a permis une amélioration progressive des orientations pour l'enseignement, grâce notamment aux programmes de 2002, précisés en 2006 pour l'enseignement de la lecture. L'application des programmes en discussion annulerait ces avancées et dresserait les différents acteurs les uns contre les autres. La sagesse serait de procéder autrement, en identifiant dans les programmes actuellement en application ce qui doit être amendé, supprimé, ajouté. Seule une réforme concertée, expliquée, comprise et partagée peut être efficace.

Michel Fayol est professeur à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.

Jean-Emile Gombert est professeur de psychologie du développement à l'université Rennes-II.

 
 

Ecole : révision indispensable, par Denis Kambouchner

 
Le "recentrage" de l'école est-il mal parti ? Les nouveaux programmes de primaire et de maternelle, publiés le 20 février, sont aujourd'hui soumis à un feu nourri de critiques émanant des organisations syndicales et des cercles pédagogiques. Deux anciens ministres de l'éducation nationale, Jack Lang et Luc Ferry, y ont joint leur voix dans une tribune remarquée (Le Monde du 14 mars).

Ces programmes, dit-on, porteraient un "alourdissement des contenus", une "conception mécaniste des apprentissages" et un "affaiblissement de leur dimension culturelle". En renonçant à la "transversalité des savoirs" au profit des seules "approches transmissives", ils sacrifieraient "l'envie d'apprendre" qui est "la condition première de la réussite". Sous un affichage avantageux, on ne trouverait en fait qu'"appauvrissement intellectuel" et "déni de la pédagogie", bref, "populisme scolaire" et réaction sur tous les plans.

Qu'y a-t-il de fondé dans ces critiques ? Soit dit sans parti pris, peu de chose. Certes, le texte présenté par le ministère de l'éducation nationale ne répond pas à une inspiration unique, et il comporte quelques concessions à des thèmes imposés. Néanmoins, dans ses parties principales, telles que celle qui concerne le français, il apparaît comparativement comme le plus solide et le moins idéologique qu'on ait connu depuis des décennies.

La raison en est simple : renonçant à délivrer, comme les programmes de 2002, toute une théorie des apprentissages, ce texte se borne, pour l'essentiel, à définir avec sobriété le contenu des enseignements, ainsi que les connaissances et compétences dont l'acquisition sera requise à chaque niveau et au terme de chaque cycle.

Mais apparemment c'est ce choix qui embarrasse. En premier lieu, objectent les détracteurs, ces programmes "clairs et concis" le seraient trop pour être honnêtes. Les "apprentissages fondamentaux" étant chose complexe et délicate, il conviendrait d'entrer dans les détails touchant la manière d'enseigner. C'est une erreur : un programme doit fixer des objets et des objectifs ; il n'a pas à dicter aux maîtres leurs méthodes, ni à entrer dans des attendus théoriques par définition sujets à caution.

Ensuite, il y a l'"alourdissement", sensible en mathématiques et surtout en français. Qu'on s'interroge pourtant : l'effondrement des performances en compréhension des textes lus et en rédaction, constaté par tous à l'entrée au collège et encore souligné par les enquêtes les plus récentes (Le Monde du 29 mars), n'exige-t-il pas que la grammaire et le vocabulaire soient désormais enseignés de manière plus systématique ?

Enfin, nonobstant l'introduction de l'"histoire des arts", ce programme renoncerait à la dimension culturelle au profit d'un morne "entraînement". Qui ne voit pourtant que, dans toutes les matières fondamentales, c'est aujourd'hui chez les écoliers l'"entraînement" qui manque le plus ? Et que bien loin d'exclure une pédagogie vivante, cet entraînement l'appelle et la nourrit ?

En arrière-fond de ces reproches, deux idées très peu défendables : pour les programmes scolaires et les méthodes pédagogiques, tout ou presque aurait été réglé, disons de 1989 à 2004 ; à l'école, donc, tout ou presque irait bien si seulement les moyens étaient au rendez-vous.

On sait bien - et l'on savait, à gauche comme à droite, dès avant la nomination de Xavier Darcos - que la réalité est tout autre. A l'école primaire et d'abord dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), la doctrine officielle a longtemps été que l'enfant avait à "construire son propre savoir" et le maître à l'assister dans cette activité.

C'était, qu'on l'ait voulu ou non, confiner la parole enseignante dans un rôle subsidiaire, la délier d'une obligation de culture et d'exactitude, et soumettre les apprentissages à des "rythmes" toujours plus étirés. Sur le plan théorique, cette doctrine est aujourd'hui exsangue. En pratique, elle est allée jusqu'au bout de ses effets, et les contre-performances désormais notoires de notre système d'enseignement obligent, dans l'intérêt de tous, à des révisions rapides.

Au principe "enseigner moins pour enseigner mieux", il s'agit donc de préférer cet autre : "enseigner mieux en enseignant plus" - "plus" ne voulant pas dire ici plus longtemps, mais "en transmettant davantage, à commencer par les bases". Un tel principe est-il réactionnaire ? Nullement. Sera-t-il aisément reçu ? C'est autre chose. Entre crise budgétaire et défiance politique, avec une vie enseignante devenue bien rude et beaucoup d'appréhension de l'avenir, le fait est que cette révision s'impose au moment le plus malaisé.

Le problème, à la limite, n'est pas celui des nouveaux textes qui, une fois relus et adoptés, seront bien sûr jugés à leur application. Le problème est plutôt celui du contexte : les contenus redéfinis auront besoin, pour les porter, d'une nouvelle énergie, qu'une gestion trop restrictive sera de nature à décourager. De là une équation complexe, qui n'est pas simplement budgétaire et dont le ministre de l'éducation ne détient pas seul la solution.

Denis Kambouchner est philosophe, professeur à l'université Paris-I.

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par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
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Mardi 1 avril 2008



Xavier Darcos ne cesse de le répéter : les nouveaux programmes ne sont pas définitifs. Ils ne le seront qu’après la phase de consultation actuelle.

Et pour ne pas encourir le reproche d’avoir décidé seul de ces nouveaux programmes et de les avoir imposés sans prendre l’avis de quiconque, le ministre les soumet à double consultation.

Une consultation des enseignants avec instauration de demi-journées banalisées et une consultation en ligne à destination de tout public.

 

Notre propos de ce jour concerne précisément cette consultation « en ligne » confiée au dernier né des instituts d’enquêtes, spécialisé dans le sondage « sorti du clic » : OpinionWay. Loin de nous l’idée de mettre en cause la société OpinionWay. Elle répond à la demande du client « Ministère de l’Education nationale ».

 
Nous formulerons trois critiques essentielles à nos yeux : l’orientation du questionnaire, le caractère non scientifique de l’étude et son coût.

 
1er point : l’orientation du questionnaire

Cette enquête ne peut que susciter les réponses que le client souhaite recevoir. Qui peut vraiment se positionner contre le recentrage sur les « savoirs essentiels » ? Pas facile non plus de donner son avis, de formuler des remarques ou suggestions en 250 caractères (signes et espaces compris) lorsqu’on n’est pas un spécialiste de ces questions scolaires… Enfin, comment exploiter les réponses de ces questions ouvertes ?

 
2ème point : le caractère non scientifique de l’étude

C’est justement parce qu’elle est ouverte à tous que cette enquête ne présente pas le caractère scientifique d’une étude classique. Ne correspondant à aucun panel ciblé et répertorié, elle ne sera pas exploitable.

Jean-Michel Zakhartchouk, professeur de collège en ZEP, formateur à l’IUFM de l’académie d’Amiens et membre de la rédaction des Cahiers pédagogiques a testé le dispositif mis en ligne. Voici ce qu’il en dit :

« J’aimerais surtout ici attirer l’attention sur quelque chose de plus grave : la possibilité de répondre plusieurs fois, et de manière différente aux questions. J’ai fait pour ma part l’expérience et il n’y a eu aucun blocage de ma réponse. J’ai répondu de façon sincère et rigoureuse une fois, deux fois, apparemment mes réponses ont été enregistrées. Puis j’ai recommencé de manière plus fantaisiste pour voir, réponses toujours enregistrées.

On imagine un commando de défenseurs d’une école hyper traditionnelle envoyant des centaines de messages, ou l’inverse d’ailleurs, des pédagogues en colère décidant de passer leur week-end à envoyer des messages de contestation ».

 
Lors de la synthèse des résultats, que dira OpinionWay : X % de personnes favorables à la réforme... Mais X % sur combien ? Impossible à préciser en l’absence de panel. Alors faudra-t-il dire : X personnes favorables à la réforme ? Impossible puisqu’une même personne aura pu répondre autant de fois qu’elle le souhaitait. La seule réponse admissible ne pourrait être que : sur X réponses reçues, Y d’entre elles sont favorables à la réforme. C’est tout. Et ça n’aura aucune signification scientifique puisqu’on ne saura jamais combien de personnes ont réellement répondu à l’enquête ni à quel potentiel de réponses on pouvait s’attendre.

 
3ème point : le coût d’une telle consultation

Partant de ce double constat (questionnaire peu crédible, sondage inexploitable), il nous faut bien regretter la gabegie que représente ce type d’enquête. En effet, cette consultation a un coût. Même si OpinionWay est considéré comme un « low cost » dans la profession, cet institut ne travaille pas gratuitement et quel que soit le montant de la facture, c’est le contribuable qui l’acquittera. Dommage lorsqu’il s’agit d’un travail inexploitable et donc inutile.

 

Mais il est un autre point que soulève également Jean-Michel Zakhartchouk :

« J’aimerais qu’on dénonce ce genre de procédés. On peut ou non apprécier le recours à un institut de sondage, mais celui-ci n’est justifié que si l’enquête s’entoure de conditions minimales d’effectuation. Ici, on n’a même pas le blocage de messages provenant d’un même expéditeur (adresse e-mail), ce qui est pourtant une pratique courante des sites des grands journaux d’information. Toutes les manipulations sont possibles et si l’on voulait donner une image caricaturale de la « démocratie d’opinion », on ne ferait pas mieux… »

 

Or, curieusement, il s’élève peu de voix pour dénoncer cette pratique. Les syndicats enseignants sont muets sur le sujet. On peut se demander pourquoi on ne les entend guère. La réponse est hélas très simple : les mêmes reproches peuvent leur être faits lorsqu’ils décident de « consulter la profession ». A la différence près, c’est vrai, qu’ils ne font pas appel à un institut et que l’opération ne leur coûte rien puisqu’ils la réalisent eux-mêmes sur leurs sites. Cependant, le résultat est identique : inexploitable.

Pour mémoire, nous rappellerons ci-après ce que nous écrivions ici le 18/09/2006 au sujet de la « consultation » organisée par le SNUipp pour recueillir l’avis de « la profession » sur le protocole de mai 2006.

 

« Ce qui caractérise surtout la consultation du SNUipp, c’est son absence totale de rigueur. Pour s’identifier, il suffisait d’inscrire une adresse mail (qui « servira à la validation de votre participation » était-il indiqué) et le département d’exercice. Il n’était même pas demandé l’adresse officielle de l’école.

Les « directeurs en lutte » ont testé le dispositif. N’importe quelle adresse faisait l’affaire. Quand on sait que l’on peut se créer quantité d’adresses en un seul clic chez Yahoo, à La Poste ou ailleurs… La même adresse pouvait également être utilisée plusieurs fois en changeant le numéro du département… Nous avons aussi demandé à des personnes étrangères à l’Education nationale de répondre à cette consultation. Elles l’ont fait sans le moindre problème.

Même absence de rigueur dans les autres questions d’identification ! Réponse individuelle ou collective, nombre de participants…

 

Et quels résultats pouvait-on attendre d’une telle consultation ? Le SNUipp serait-il en mesure de fournir des réponses cohérentes ? Eh bien oui ! sans aucune gêne, sans le moindre scrupule, le SNUipp a communiqué de beaux tableaux remplis de chiffres très précis indiquant à l’unité près le nombre de participants aux différentes questions ! A mourir de rire ! »

 

Et pourtant, il est possible de sonder l’opinion de manière scientifique et incontestable. Même par Internet. C’est ce qu’a réussi le GDID lorsqu’il a demandé à l’IFOP de consulter les directeurs d’école en septembre 2006. Tous les résultats sont encore dans les mémoires : une participation exceptionnelle et un score remarquable de 93 % de collègues favorables à un statut.

Une consultation en ligne qui devrait servir de référence au ministère et aux organisations syndicales…

 

Pour terminer, nous reprendrons la conclusion de notre article de septembre 2006 mais pour qualifier, cette fois, la consultation en ligne actuellement organisée par le ministère :

Une consultation « Canada Dry », c'est à dire qui a l’allure d’une consultation, la forme d’une consultation, mais qui n'est pas une consultation !


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par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
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Mardi 1 avril 2008


Lundi 31 mars, Xavier Darcos a présenté à la presse la nouvelle Commission chargée de faire des propositions sur le devenir du métier de directeur d’école primaire.

« Il ne s’agit pas d’une mission de réflexion. De nombreux rapports m’ont été remis ces derniers mois sur le sujet» par Jean-Pierre Obin (IGEN), Marcel Pochard (évolution du métier d’enseignant) ou encore plus récemment par le HCE.

« J’attends de la commission des propositions concrètes pouvant être mises en place dès la rentrée de septembre 2008 ». Le ministre a cependant rappelé que pour 2008/2009, les propositions  devaient « s’inscrire dans le cadre budgétaire défini par loi ». Les réformes structurelles ne seront envisagées qu’à partir de la rentrée suivante.

Xavier Darcos a réaffirmé sa volonté de voir la commission orienter ses propositions dans le sens d’une autonomie croissante des établissements scolaires et de ses responsables. « L’école est appelée à avoir un statut à l’instar des établissements du second degré ».

La commission est restreinte. « Je souhaite qu’elle aille à l’essentiel et dans les meilleurs délais. Elle devra rendre ses travaux le 26 mai ».

Elle ne comprend que 5 membres : Claude Allègre (président), Georges Fotinos, Gilles Moindrot, Luc Bérille et Alain Rei.

Georges Fotinos est l’auteur d’une enquête sur « le climat des écoles primaires », travail soutenu par la MGEN. Gilles Moindrot et Luc Bérille sont respectivement secrétaires généraux du SNUipp-FSU et du SE-Unsa. La surprise vient de la nomination d’Alain Rei, directeur d’école en exercice et président du GDID.

L’installation de cette commission s’est faite dans la douleur, apprend-on dans les coulisses du ministère. En effet, Gilles Moindrot, responsable du premier syndicat enseignant du primaire n’acceptait pas la présence d’un représentant des directeurs d’école « non élu et donc non représentatif des personnels ». Ayant raté son « grand oral » devant la commission Pochard, G. Moindrot a finalement accepté d’y participer non sans avoir rappelé  « qu’on ne peut dissocier fonctionnement et direction d’école ».  Luc Bérille, quant à lui, s’estimait légitimement le mieux placé pour mener à bien l’amélioration du protocole qu’il a signé en mai 2006 avec Gilles de Robien.

Alain Rei a déclaré qu’il s’en tiendrait au projet de statut du directeur d’école tel qu’adopté par le GDID et rappelé par « l’appel des cassinades ».

Pour connaître l’ensemble des réactions syndicales, cliquez ici.
 

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par Les directeurs en lutte publié dans : Propositions du Ministère
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Mardi 25 mars 2008

La manipulation est partout, pourrait-on penser en lisant les propos ci-dessous. Ministère et organisations syndicales n’ont d’autre idée que de montrer leur propre force comparée à la faiblesse supposée de l’adversaire. Il faut sans cesse trouver la faille dans l’autre camp, essayer de le décrédibiliser aux yeux de l’opinion et des médias. Le rapport de force est toujours présent.

Ainsi sur deux sujets brûlants : le nombre de grévistes le 24 janvier dernier et la consultation des enseignants sur les nouveaux programmes.

Au lendemain de la grève du 24 janvier, rappelons-nous les communiqués victorieux des syndicats enseignants :

SNUipp-FSU : A l’appel de la quasi totalité des organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa), la grève du 24 janvier pour les salaires et le pouvoir d’achat, sur l’emploi et la précarité, a largement mobilisé : plus de 500 000 manifestants, un fonctionnaire sur 3 en grève, une grève reçue favorablement par 57% des Français. Les enseignants (à plus de 50% dans les écoles primaires et élémentaires) ont réitéré la réussite du 20 novembre.

Unsa-Education : La mobilisation d’aujourd’hui fut un véritable succès. La grève, dans de nombreux secteurs de la fonction publique, est majoritaire. Dans les écoles et les établissements du second degré, le taux de grévistes avoisine ou dépasse les 50%. A la Jeunesse et aux Sports, à la Culture, comme dans l’Enseignement supérieur, la grève est très suivie. Les manifestations sont une réussite.

 

Comment sont évalués les chiffres annoncés par les deux parties ? Cela fait maintenant plusieurs années que les RG (renseignements généraux) ne s’occupent plus de recenser le nombre de grévistes dans les établissements scolaires. A partir de diverses sources (IEN, IA) les rectorats établissent une moyenne à partir d’un panel qui n’a rien de scientifique. D’où les chiffres plus ou moins incertains.

Les syndicats, de leur côté, se référent aux informations que leur font parvenir les collègues syndiqués puis les extrapolent à la manière du ministère. Comme les syndiqués deviennent denrée rare, les chiffres sont très aléatoires et sont tout aussi naturellement gonflés par les organisations syndicales qu’ils sont minorés par le gouvernement.

Mais qu’en est-il de la réalité ? C’est ce qu’a voulu savoir le journaliste Emmanuel Davidenkoff chroniqueur sur France Inter. Il nous fait part de ses résultats.


Exclusif : les vrais chiffres de la grève du 24 janvier

Retour aujourd’hui sur une querelle vieille comme les grèves à l’Education nationale, la querelle des chiffres, avec une information exclusive : les vrais chiffres de la grève du 24 janvier dernier.

Rappel des évènements :

 -  24 janvier : grève de la fonction publique, mais avec beaucoup d’enseignants concernés.

 -  Le soir, Xavier Darcos, invité du JT de 20h sur France 2, est confronté au traditionnel écart dans les évaluations : le gouvernement annonce 34% de grévistes dans l’éducation, dont 38.5 dans le primaire, et 35 dans le secondaire. Les syndicats annoncent évidemment plus, 53% dans le primaire et 55% dans le secondaire.

 -  Xavier Darcos annonce alors qu’il va mettre un terme à la querelle et qu’il donnera "à l’unité près" le nombre de professeurs à qui le ministère retirera un jour de salaire, ce qui révèlera "à l’unité près le nombre de grévistes".

Il a donc fallu faire les comptes, ça a pris deux mois ; résultat : la réalité est inférieure, y compris aux estimations du ministère.

Dans le primaire : Chiffre syndical : 53%, estimation ministère 38.5, réel : 28%, c’est-à-dire 10% de moins que le chiffre donné le 24 par le ministère et quasiment deux fois moins que le chiffre des syndicats.

Dans les collèges et les lycées : Chiffre syndical : 55%, estimation ministère 35, réel : 21%, c’est-à-dire 14% de moins que le chiffre donné le 24 par le ministère et plus de deux fois moins que le chiffre des syndicats.

Comment ces chiffres « réels » sont-ils obtenus ? Très simplement. Pour être comptés comme grévistes, les enseignants, comme tous les salariés, doivent se déclarer grévistes à l’employeur, qui retirera ensuite un jour de salaire. Le chiffre que nous annonçons, c’est le chiffre qui correspond aux retraits de salaires portés sur les fiches de paie des enseignants au titre de la grève du 24. Il représente au total 13.487.080 euros – somme destinée à financer le service minimum d’accueil que l’Education nationale s’est engagée à reverser aux communes qui le souhaitaient.

Quels biais peuvent affecter la véracité de ce chiffre ? On est parti du principe que les professeurs sont honnêtes et qu’ils effectuent leurs déclarations en bonne et due forme quand ils veulent être comptés comme grévistes (sinon cela signifierait que des enseignants font grève et se font quand même payer ce qui est contraire au droit). On est aussi parti du principe que les chefs d’établissements et l’administration faisaient leur travail avec rigueur et communiquaient les chiffres réels à leur hiérarchie. Donc la seule hypothèse qui se traduirait par un chiffre supérieur, c’est que quelqu’un, dans la chaîne, se soit comporté de façon malhonnête en omettant de déclarer qu’il était en grève ou en omettant de déclarer la totalité des jours de grèves déclarés.

Peut-on extrapoler ces chiffres pour évaluer la grève de mercredi dernier – le ministère annonçait environ 25% et les syndicats 55% ? Non. On peut se donner rendez-vous dans deux mois pour savoir combien d’enseignants exactement se sont déclarés grévistes. Ce qui est sûr c’est que les analyses à chaud de ces chiffres de grèves sont vraiment hasardeuses….

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Autre sujet qui fait actuellement l’objet d’une controverse entre le ministère et les syndicats : la consultation engagée par Xavier Darcos afin de recueillir l’avis des enseignants sur les nouveaux programmes. Les premières critiques ont concerné la confusion engendrée par les nombreuses modifications intervenues sur la date de la ½ journée banalisée dans certains départements.

C’est la consultation elle-même qui est maintenant sujette à critique. Voyons le communiqué du SNUipp...
 

Primaire : Le Snuipp demande une consultation "sincère"

"Comment porter une appréciation sur un programme de mathématiques ou d’histoire si le volume horaire hebdomadaire attribué peut varier du simple au double ?" écrit Gilles Moindrot dans une lettre ouverte à Xavier Darcos.

 

Le secrétaire général du Snuipp relève que faute d'indication sur les horaires des disciplines, la consultation lancée par le ministre souffre "d'un manque de franchise et de confiance vis-à-vis des enseignants des écoles". Le Snuipp demande la publication immédiate de ces horaires.

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par Les directeurs en lutte publié dans : Analyses
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