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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

 

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

 

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

 

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

 

8

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 12:09

Mercredi 20 janvier, des parents et enseignants de Seine-Saint-Denis ont manifesté sous les fenêtres du  ministre de l’Education nationale pour lui signifier leur ras-le-bol de voir de plus en plus de maîtres absents non remplacés. A l’appui de leur exaspération, une comptabilité des jours sans cours (1 738 jours d’absences non remplacées depuis septembre 2009).

La grippe H1N1 puis la gastro en sont-elles les seules causes ? Comme nous l’avons souvent dénoncé, les suppressions de postes liées au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux en sont la raison principale. Pour les syndicats d’enseignants, à force de restrictions budgétaires, « on a attaqué l’os ». Pour le ministère, rien à voir avec les moyens.

 

Invité de Jean-Pierre Elkabbach, sur Europe 1, Luc Chatel a annoncé qu'il allait « travailler avec les organisations syndicales sur plusieurs pistes » pour améliorer le système de remplacement des enseignants absents. Le ministre a ensuite détaillé les trois pistes, qui, selon lui, devraient apporter une solution au problème dénoncé par les parents et les enseignants :

 

Une plus grande réactivité. « Aujourd'hui, on remplace trop lentement les professeurs absents », il y a « un délai de carence de 14 jours, pendant lesquels le lycée doit se débrouiller avec un professeur absent » et « c'est seulement au bout de 14 jours que le rectorat intervient, il faut que dès le premier jour les autorités académiques soient mobilisées », a expliqué le ministre.

 

Rappelons que ce délai de carence n’existe pas dans le premier degré et que la situation n’est pas meilleure pour autant. Combien de classes sans maîtres ? Combien de journées perdues ? Combien de surcroît de travail et de fatigue pour les enseignants qui doivent accueillir ces élèves ? Combien de difficultés supplémentaires pour les directeurs d’école qui doivent gérer dans l’urgence l’absence d’un collègue ?

 

Une plus grande souplesse. « Si vous avez un manque de professeurs de mathématiques à Paris et que vous avez des professeurs de mathématiques disponibles à Créteil, et bien les professeurs de Créteil ne peuvent pas aller à Paris. Donc on va assouplir ce dispositif » entre académies, a ajouté Luc Chatel.

 

Cette souplesse ne permettra que quelques arrangements à la marge… Tous les départements connaissent les mêmes difficultés, la même pénurie de moyens de remplacement.

 

Un vivier de remplaçants. « Troisième exemple : nous devons diversifier et enrichir notre vivier de remplacement, par exemple avec des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours », a poursuivi le ministre.

 

Cette troisième piste ressemble étrangement à l’agence nationale du remplacement que souhaitait créer Xavier Darcos et que Luc Chatel ne jugeait pas pertinente.  

 

Interrogé pour savoir si les difficultés de remplacement n'étaient pas une conséquence des suppressions de postes de professeurs, le ministre a répondu : « Non, ce n'est pas un problème nouveau, il est nettement antérieur à la question de la réduction des postes dans l'Education nationale ».

Il est vrai qu’en 2005, déjà, François Fillon pensait améliorer une situation jugée délicate. En 2008, Xavier Darcos avait promis la création d’une agence nationale du remplacement que Luc Chatel n’a pas jugée pertinente. Le ministre de l’Education nationale attend pour la fin du mois un rapport interne, avec un état des lieux et des recommandations.

 

Certes, le problème est récurrent, mais faut-il un nouveau rapport pour constater que la situation ne fait que se dégrader d’année en année et qu’elle devient critique depuis que le gouvernement s’est lancé dans une politique idéologique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Politique justifiée en quelques mots par Luc Chatel au micro d’Europe 1 : « Les professeurs ne sont pas assez payés dans notre pays… Moins d’enseignants mieux rémunérés, telle est la politique que nous menons. »

Explication bien courte qui méritait d’être développée. En effet, seuls les débuts de carrière seront concernés par des augmentations de salaire. Rien pour l’immense majorité des enseignants en place.

Il est regrettable que des journalistes aussi chevronnés que Jean-Pierre Elkabbach ne réagissent pas devant de telles affirmations, se contentent de vagues explications et ne cherchent pas à obtenir une meilleure information…

 

Il se dit aussi que courant février, une circulaire ministérielle autoriserait les directeurs d’école, les principaux de collège et les proviseurs de lycée à rechercher des remplaçants (piste n° 3) pour pallier les insuffisances de l’Administration…

On voit tout de suite les limites d’une telle démarche. Qui ? Quand ? Comment ? Avec quels moyens ? Quels contrats ? Bref, un beau bricolage pas du tout à la mesure du problème…

 

Chef de rayon « bricolo bricolette » ? La nouvelle mission confiée aux directeurs d’école ?

 

Relire nos derniers articles sur le sujet :

-       La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans le collimateur de la Cour des Comptes

-       Une cause du malaise enseignant : la faillite du remplacement des maîtres absents

 

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 17:02

En pleine préparation de son congrès de mars 2010, le SE-UNSA dresse un bilan de son action édictée par le précédent mandat. Ainsi, Philippe Martin, secrétaire départemental 59, publie-t-il un « rapport d’activité départemental » sur la « direction d’école ».

 

Direction d’école : dossier non clos

 

En mai 2006, était signé entre le ministère de l’Education nationale et le SE-UNSA le protocole sur la direction d’école. Que n’avons-nous entendu à l’époque ?

Et puis le temps a passé. La fuite de nos directeurs syndiqués n’a pas eu lieu et le SE-UNSA a été confirmé comme syndicat majoritaire des écoles dans notre département.

Avec le recul, considérons à nouveau les avancées :

-          Généralisation des décharges pour les directeurs d’école à 5 classes et extension à toutes les écoles à 4 classes ; décharges de rentrée pour les petites écoles ;

-          Dotation d’une aide administrative dans chaque école en ayant fait la demande ; le SE-UNSA sait bien que certaines d’entre elles n’ont pu en bénéficier et intervient régulièrement pour que le quota d’aide administrative soit abondé :

-          Augmentation de l’indemnité de direction ; celle-ci sera augmentée une seconde fois en 2007 pour atteindre 1295 euros.

Et puis il ya eu la signature du protocole sur les 108 heures signé par le SE-UNSA et le SGEN-CFDT. A cette occasion :

-          Une décharge de service a été attribuée aux directrices et directeurs d’école pour organiser l’aide personnalisée (de 10 heures pour les petites écoles à une décharge de service totale pour les plus grosses) ;

L’indemnité de direction a été augmentée de 200 à 600 euros.

Pourtant, le SE-UNSA considère-t-il que le dossier est clos ? Non, bien sûr, et les débats qui auront lieu lors du congrès de Brest, en mars prochain, iront, notamment, dans le sens

-          d’une augmentation du temps de décharge,

-          d’une revalorisation de l’indemnité et de la bonification indiciaire,

-          de la dotation dans chaque école d’un secrétariat administratif dont les missions seront pérennisées, dont les emplois seront stables et qualifiés.

Depuis plusieurs années maintenant, le gouvernement tente d’imposer les EPEP. Au-delà des EPEP, c’est l’évolution du fonctionnement et de la direction d’école qui interroge notre syndicat, comme les autres d’ailleurs… sauf qu’au SE-UNSA les débats ont lieu pour faire avancer des pistes concrètes, y compris lorsqu’ils sont contradictoires. A nouveau, à Brest, le SE-UNSA débattra du fonctionnement de l’école, de sa structuration juridique, de son autonomie financière à seule fin de l’amélioration de l’efficacité pédagogique.

 

 

Le SE-UNSA n’échappe pas à l’autosatisfaction rencontrée dans les syndicats ou partis politiques à la veille d’un congrès. L’équipe en place est globalement contente du travail accompli. Tout aussi naturellement, elle agrémente son bilan d’un bémol pour justifier ses difficultés à remplir totalement son mandat d’où la nécessité souvent réaffirmée de reconduire les dirigeants afin de parachever leur œuvre… Rien que de très classique.

 

Constatons, cependant, que le SE-UNSA fait abstraction de bon nombre de critiques qui lui ont été adressées durant cette mandature. Certes, si l’obtention d’une décharge pour les écoles de 4 classes a été saluée comme une juste et réelle avancée, rappelons que les conditions de sa mise en place ont été souvent difficiles. Les PE2 ont parfois été imposés sans concertation ni sur le jour de décharge ni sur le contenu de leurs interventions. Le suivi et la formation de ces jeunes stagiaires a souvent été une charge supplémentaire pour nombre de collègues directeurs. Enfin, rappelons, l’incertitude qui se fait jour avec la disparition de ces PE2 à la prochaine rentrée scolaire.

Le SE-UNSA présente aussi comme une avancée la double augmentation de l’ISS. L'honnêteté commande de la relativiser car cette augmentation ne représente que la modeste somme de 2 fois 15 euros…

Quant à la part fixe de l’indemnité versée comme une prime et allant de 200 à 600 euros, rappelons que l’immense majorité des collègues travaillent dans des écoles de moins de 10 classes et ne touchent donc, pour la plupart, que 200 ou 400 euros. Peut-on, pour autant, admettre que cette augmentation soit à la mesure de la reconnaissance de leur métier ?

 

Ce syndicat semble également se féliciter d’avoir signé le protocole sur les 108 heures. Là encore, il faut relativiser « l’avancée » que constitue l’attribution d’une décharge de service pour organiser l’aide personnalisée. Nous savons que certains IA  et IEN n’ont pas été très coopératifs pour simplifier le travail des directeurs. Nous ne comprenons d’ailleurs toujours pas pourquoi certaines catégories de personnels ont été exemptées de l’aide personnalisée pendant que l’immense majorité des directeurs y étaient contraints.

 

A quelques mois de son congrès, l’équipe dirigeante du SE-UNSA présente ses perspectives pour le prochain mandat. Curieusement, ces mesures sont annoncées avant les débats du congrès… Ce qui signifie qu’elles « coulent de source » et qu’elles constituent une revendication permanente hors mandat (augmentation du temps de décharge et revalorisation financière).

Quant à la demande de « dotation dans chaque école d’un secrétariat administratif dont les missions seront pérennisées, dont les emplois seront stables et qualifiés », qui peut croire qu’elle puisse aboutir rapidement et être exaucée par un quelconque gouvernement ? Pas même les dirigeants du SE-UNSA qui savent bien que cette mesure n’a aucune chance d’être retenue en ces temps de RGPP et de coupes budgétaires. D’ailleurs, la structure de la grande majorité des écoles ne nécessite pas « un secrétariat administratif ». Les directeurs ont surtout besoin d'une décharge pour assurer eux-mêmes le bon fonctionnement de leur école.

Qui peut également croire que ces « emplois seraient stables et pérennisés » alors qu’ils ne sont actuellement assurés que par des personnes en contrat aidé, sans formation et mal rémunérées ?

Comment croire que ces personnels seraient « qualifiés » alors même que la formation des enseignants est revue à la baisse pour de simples raisons budgétaires ? A l'évidence, le SE-UNSA verse sciemment dans la démagogie en avançant ce type de mesure qu'il sait irréaliste et irréalisable.
 
 

Philippe Martin semble aussi minimiser l'impact de la signature du protocole en mai 2006. Comment vérifier que les directeurs syndiqués n’ont pas quitté le navire ? Est-ce le fruit du hasard si les directeurs d’école ont été si nombreux à répondre à la consultation IFOP commandée par le GDID en septembre 2006 ? Le SE-UNSA aurait-il oublié que 93 % des collègues ont manifesté leur désir d’être reconnus par un véritable statut professionnel ?

N'oublie-t-il pas également que les élections professionnelles ont traduit une érosion de 1,6 point sur le plan national malgré une participation en hausse de près de 2 points. En outre le SE-UNSA a recueilli moins de 25 % des suffrages exprimés.

Certes, il est bon que les débats aient lieu au sein du SE-UNSA à propos de la direction d’école. En effet, ce n’est pas le cas dans toutes les organisations syndicales. Mais les directeurs attendent davantage que des débats. Il est temps que le SE-UNSA prenne clairement position sur la question du statut et qu’il inscrive enfin cette mesure au premier rang de ses revendications. Il est temps que le SE-UNSA considère la reconnaissance institutionnelle des directeurs d’école comme une priorité absolue de son action « à seule fin de l’efficacité pédagogique », comme il dit…

 

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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 12:29

Le débat actuel ne cesse de tourner autour de ce que les médias et analystes appellent « la politique du chiffre ».

Politique du chiffre dans les reconduites aux frontières.

La polémique est permanente. De multiples reportages nous ont montré le va-et-vient des Roumains qui reçoivent une prime de départ volontaire pour mieux revenir quelques mois plus tard avant d’être de nouveau « expulsés », comptant ainsi plusieurs fois dans les statistiques…

 

Politique du chiffre dans le domaine de l’insécurité.

Libération nous confirme ce que chacun pressentait, à savoir que la politique sécuritaire mise en place par Nicolas Sarkozy passe par des chiffres et des quotas.

Ainsi, apprend-on qu’à Châlons-en-Champagne, le « chef de l’unité de sécurité de proximité » détaillait les « objectifs chiffrés en matière de voie publique pour l’année 2009 ». Le capitaine de police y fixe des quotas à atteindre. « Chaque brigade de roulement de jour devra à minima procéder à 65 interpellations hors IPM (ivresse publique et manifeste) et délits routiers, à 10 interpellations de personnes faisant l’objet de fiches de recherches, établir 230 TA (timbres-amende) pour des infractions au code de la route hors stationnement et 75 TA pour comportement dangereux », etc. La brigade anti criminalité de Châlons-en-Champagne avait pour ordre de réaliser « 162 interpellations » et de retrouver 24 personnes recherchées.

Bref, l’essentiel étant de faire du chiffre en multipliant les élucidations « faciles » au détriment des enquêtes longues et pas toujours couronnées de succès.

 

Politique des quotas pour atteindre 30% de boursiers dans les grandes écoles.

Une politique qui peut paraître « juste » à première vue mais qui pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Hakim El Karoui, normalien, président et fondateur du club du XXIe siècle, qui réunit les élites issues de la diversité souligne la complexité du débat et la nécessité d'agir en amont.

« Il faut aller vers plus de boursiers en grandes écoles, c’est une évidence. Mais je ne suis pas favorable aux quotas. Si l’on veut 30 % d’élèves boursiers à HEC, l’ENA ou Polytechnique, avec la méthode des quotas, cela signifie de fait qu’il faut mettre en place un concours parallèle.
Par exemple, Polytechnique garderait les 400 premiers reçus à son concours et irait chercher ensuite les boursiers dans les rangs suivants. Il y aurait donc un concours pour les riches et un pour les pauvres, fondé en outre sur un critère assez fluctuant : celui des bourses.
 »

 

Politique du chiffre encore dans la Fonction Publique.

Nous n’avons cessé de dénoncer le non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux qui n'est pas la meilleure façon de résorber le déficit public quand on sait que la gabegie en postes se situe essentiellement dans les collectivités territoriales.

L’Education nationale en est d’ailleurs la première victime avec des incidences parfois inattendues comme le rapporte le SE-Unsa 59.

« Le Ministre pourra toujours claironner que l’Académie du Nord/Pas de Calais gagnera 55 postes à la rentrée prochaine ; la réalité sur le terrain sera toute autre.

En effet, ces 55 postes devront compenser la perte des moyens de décharge des directeurs à 4 classes  assurés par les PE2 lors de leur stage filé.

Les PE2 sont cette année près de 600 (392 pour le Nord, 210 pour le Pas de Calais) et occupent dans les écoles 150 postes (sur 1/4 de décharge). 150 - 55 = près de 100 postes que le 1er degré de l’Académie du Nord perdra à la rentrée 2010.  

Où seront récupérés ces postes ?

Dans les écoles maternelles ou élémentaires ou dans les brigades de remplacement puisque le département ne compte quasiment plus de postes hors classes (ceux-ci ayant déjà été largement supprimés ces dernières années) ? »

 

On le voit, la politique menée dans le but de réduire le déficit public est davantage la traduction d’une idéologie libérale que le fruit d’une véritable réforme réfléchie et concertée.

C’est ce que déplore Jacques Marseille lorsqu’il déclare "Sarkozy n'a pas engagé les réformes structurelles"

Jacques Marseille avait salué le programme et l’élection de Nicolas Sarkozy et accompagné le besoin d’une rupture. Aujourd’hui, l’essayiste libéral regrette "le temps perdu" et "l’autosatisfaction".

Et lorsqu’on lui demande si « La suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux va dans le bon sens », Jacques Marseille répond :

« C’est un slogan, ce n’est pas une réforme. Il fallait analyser chaque fonction, supprimer des services qui ne servent à rien, quitte à en créer d’autres. Il fallait revoir totalement notre système de formation, seul sésame pour retrouver une dynamique d’emploi. Ces actions n’ont pas été engagées et je crains qu’elles ne le soient pas avant 2012. »

 

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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 23:29

Philippe Seguin, premier président de la Cour des Comptes, n’a pas manqué de fustiger la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux en présentant le rapport de la Cour sur « les effectifs de l’Etat » de 1980 à 2008.

« L'État se révélant incapable d'analyser les besoins et de programmer ses effectifs en conséquence, sa politique du personnel est dictée principalement par des considérations budgétaires de court terme », a souligné Philippe Seguin.

Il a en outre regretté que cette règle forfaitaire de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux "résulte d'une démarche purement quantitative", sans évaluer la qualité des missions de service public.

Cette règle, limitée en termes de réduction des dépenses et du déficit, l’est également dans le temps. En effet, la pyramide des âges de la fonction publique est telle qu'elle ne pourra fonctionner à très long terme, estime-t-on à la Cour des Comptes. En effet, à partir de 2013, le nombre de départs en retraite dans la fonction publique d'Etat devrait tomber à environ 10.000 par an, ce qui reviendrait à une économie de seulement 5.000 postes.

Pour M. Séguin, étant donné la "dégradation accélérée de nos finances publiques", "il y a urgence à mettre en place une politique globale de gestion du personnel public", gestion actuellement "éclatée" et lacunaire selon le rapport.

 

La baisse des effectifs dans la Fonction publique d'Etat a été plus importante que prévue, avec 28.000 équivalents temps pleins (ETP) supprimés en 2008, contre 22.921 fixés par la loi de finances, selon un communiqué de l'Elysée publié mercredi à l'issue du Conseil des ministres, précise le journal « l’Expansion ». L'écart "traduit l'anticipation par certains ministères de suppressions de postes prévues dans le cadre du budget 2009-2011", précise un communiqué du ministère du Budget et de la Fonction publique.

Ces réductions d'effectifs interviennent dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), nous en avons largement fait écho sur ce blog (relire nos nombreux articles sur le sujet).

 

Les syndicats enseignants n’ont pas attendu pour tirer la sonnette d’alarme. Pour le SE-Unsa, « l’addition est particulièrement salée ».

« Le Comité Technique Paritaire Ministériel du 16 décembre a mis à son ordre du jour la répartition des moyens pour la rentrée 2010. Un dénominateur commun à toutes les données qui nous ont été communiquées : faire plus avec moins ! La difficulté de la tâche explique sans doute la communication tardive des documents, moins de 24 heures avant l’ouverture des travaux.

Dans le premier degré, la répartition de 1 650 emplois camoufle mal la diminution importante des moyens pour les écoles. En effet, dans le contexte de la réforme de la formation des enseignants, ce sont 9 182 emplois de stagiaires qui disparaissent. Chacun d’eux exerçait à quart temps devant les élèves. Ce sont donc près de 2 300 équivalents temps plein qui se volatilisent ainsi. Dans le même temps, on annonce l’arrivée de 5 400 élèves supplémentaires dans les écoles. Moins de postes pour plus d’élèves : en la matière l’imagination n’est pas fertile : c’est encore la scolarisation des deux ans et les remplacements qui vont payer leur écot à cette politique ».

[…] « Au moment où l’Etat réussit à trouver trois milliards pour les restaurateurs, il fait payer une addition particulièrement salée à l’Education nationale : les 16 000 emplois économisés représentent une économie de 500 millions d’euros. »

Pour le SE-UNSA, « cette stricte politique budgétaire, qui ne voit dans l’Education nationale qu’un gisement d’économies d’emplois, va à rebours d’une politique ambitieuse : celle de l’investissement dans l’Education », déclare Christian Chevalier, Secrétaire Général du SE-Unsa.

 

Côté FSU, les réactions sont tout aussi indignées. "Arrêtons ce jeu de massacre en période de crise", a réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, premier syndicat dans la Fonction publique d'Etat (2,5 millions de fonctionnaires), sur France Info.

"Pas étonné" par ces chiffres, il a expliqué que "depuis la mise en œuvre de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), on parle de plafond d'emplois : c'est-à-dire que chaque ministère, chaque administration a un nombre maximum d'emplois dont il peut disposer mais il n'est pas obligé d'atteindre ce maximum, il peut faire des économies supplémentaires".

"C'est manifestement ce qui se fait depuis plusieurs années, et je crains que pour 2009 et 2010 on ait le même phénomène de suppressions d'emploi qui viennent s'ajouter à celles déjà prévues par le législateur", a-t-il ajouté.

 

Paradoxalement, les effectifs de l'ensemble de la fonction publique française ont augmenté de 36% entre 1980 et 2008. Comme nous l’avons déjà expliqué, la progression de l'emploi public résulte essentiellement des collectivités territoriales (+71%). Et, malgré d'importants transferts de compétences aux collectivités, la décentralisation n'a entraîné aucune baisse ni même stabilisation des effectifs de l'Etat, a relevé Philippe Séguin.

"Les effectifs s'ajustent très peu à la baisse de la demande ou des besoins mais sont au contraire très réactifs aux nouvelles sollicitations", a-t-il ajouté.

Ainsi, les effectifs du ministère de l'Agriculture et de ses opérateurs ont doublé alors que le poids de l'agriculture dans l'emploi et la richesse nationale était divisé par deux.

Philippe Seguin note que la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux profite en outre aux "administrations pléthoriques et sous-productives" qui ont moins de mal que les autres à "rendre des effectifs". "On récompense donc les mauvais élèves, ceux qui, au fond de la classe et depuis très longtemps, résistent aux efforts de productivité", tranche Philippe Séguin. "Les personnels de l'État, des collectivités et des hôpitaux sont la principale force du service public. Nous ne pouvons leur offrir comme seule perspective une rationalisation froide et permanente", ajoute-t-il.

 

C’est pourtant cette perspective que réserve le ministère de l’Education nationale à ses personnels comme le confirme l'édition annuelle de l'Etat de l'école, une publication ministérielle, qui vient de sortir. Cette étude est un bon indicateur du désinvestissement public. Ainsi, apprend-on que, de 2000 à 2009, près de 140 000 emplois d'enseignants ont disparu (1 124 389 à 985 573).

Cette « rationalisation froide et permanente » est, sans nul doute, l’un des éléments qui contribuent au malaise que nous rencontrons dans l’enseignement et dont nous avons rendu compte dans de récents articles.

 

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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 12:12

Nos deux derniers articles (*) concernaient le malaise enseignant. Ce mal-être est profond puisque « près d'un enseignant en fin de carrière sur deux n'attend qu'une seule chose : partir le plus vite possible » selon l’enquête du « Carrefour santé social ».

Les enseignants sont souvent perçus dans l’opinion comme des salariés travaillant relativement peu (horaire hebdomadaire moindre que le salarié du privé et nombreuses vacances...). Certes, de plus en plus ces dernières années, la difficulté du métier est mise en avant dans les médias. Le public prend ainsi conscience qu'il n'est pas de tout repos.

 

Qu’est-ce qui rend ce travail si difficile ? Les réponses sont multiples même si reviennent le plus souvent le comportement des élèves, le bruit, le volume de travail. Mais si on laisse les enseignants parler spontanément, ils mettent en avant le manque de considération et de reconnaissance, une critique qui vise l'institution. L'épuisement psychologique  vient ensuite. Certaines catégories d'enseignants sont plus touchées que d'autres. Il s'agit d'abord des professeurs de collège, ensuite des enseignants de technologie, une discipline qui se sent peu considérée, et des directeurs d'école dont la fonction est peu reconnue par l'institution.

 

Créé, début 2005, par Jean-Michel Laxalt, président de la MGEN, le "Carrefour santé social" est un lieu d’échanges et de réflexion. Il associe la MGEN, les fédérations FSU et UNSA Éducation et Sgen-CFDT, ainsi que les syndicats SNES/FSU,   SNUipp/FSU, SE-UNSA, SNPDEN. Très rapidement, les partenaires rassemblés au sein du "Carrefour santé social" se sont donné pour mission de conduire des travaux sur les thématiques de la santé et du travail.

Cette enquête, sous forme d’un questionnaire déclaratif et anonyme a été mise en ligne sur les sites Internet de la MGEN, de l’Unsa Éducation, de la FSU et des syndicats SNES, SNUipp/FSU, SE UNSA, Sgen-CFDT et SNPDEN. Les partenaires ont diffusé un questionnaire sur leurs sites respectifs. Le but : recenser les opinions de leurs internautes sur leurs conditions de travail et de santé, comprendre leurs motivations à réduire ou prolonger la durée de leur service et enfin évaluer leurs attentes et leurs aspirations.

 

Profil des répondants à l’enquête

93% sont adhérents à la MGEN et 60% sont syndiqués.

Les répondants sont pour la plupart professeurs des écoles (55,2% des répondants), certifiés (25,3%) ou agrégés (6,4%), exerçant à temps complet pour 88,7% d’entre eux. Ils exercent essentiellement en école élémentaire (51,6%), dans les collèges (23,0%) et dans des lycées d’enseignement général, technique ou professionnel (19,3% en tout).

 

Appréciation sur leur travail

La majorité des répondants ont une perception positive de leur métier (54,5%), alors qu’un peu plus de 6% ne sont pas du tout satisfaits.

Une grande partie des répondants jugent leur travail intéressant (47,2%), même s’il est jugé fatigant (55,2%) ou même stressant (43,3%).

Les professeurs de l’enseignement supérieur ont une perception beaucoup plus positive de leur métier : plus que les autres enseignants, ils jugent avec les agrégés leur métier épanouissant, valorisant et en soulignent le caractère enrichissant.

Les professeurs enseignants au collège sont les plus négatifs sur leur métier, qu’ils perçoivent moins « passionnant », moins « enrichissant », moins « valorisant », plus « éprouvant, pénible, décourageant » et surtout plus « stressant » que leurs collègues.

A noter : le qualificatif « enthousiasmant » n’est quasiment jamais choisi.

 

Commentaires spontanés sur l’appréciation du métier

Ces verbatim sont majoritairement composés de critiques des conditions de travail et d’attentes ou de suggestions d’amélioration de leur situation professionnelle en fin de carrière.

Les professeurs en collège (PEGC) représentent la catégorie d’enseignants qui émettent le plus de critiques spontanées sur leurs conditions de travail :

Le manque de considération, de reconnaissance constitue la critique la plus fréquente, surtout de la part des professeurs des écoles. Ce reproche s’adresse :

-       principalement à l’institution Education Nationale, à qui ils font grief notamment de multiplier les réformes et les changements successifs de programmes,

-       puis à leur hiérarchie directe dans les établissements,

-       aux parents d’élèves,

-       et enfin aux inspecteurs, critiqués pour des inspections, jugées trop rares, davantage orientées sur la sanction et peu sur le conseil.

L’« épuisement psychologique » des enseignants en général (stress, troubles du sommeil) est le deuxième motif d’expression libre.

 

A noter, la lassitude particulière de deux catégories de professeurs :

Les professeurs de technologie (évolution permanente des programmes, discipline peu considérée et difficultés ressenties à suivre les évolutions constantes à la fois des technologies et des programmes)

 

Les Directeurs d’école sans décharge de classe ou avec une décharge jugée insuffisante, qui souffrent du manque de considération de leur fonction et estiment devoir assumer une surcharge importante de travail insuffisamment rémunérée.

« Le Ministère de l'Education Nationale va-t-il se moquer encore longtemps des directeurs d'école primaire (…) qui sont taillables et corvéables à merci, qui doivent effectuer des tâches de plus en plus nombreuses, assumer des responsabilités de plus en plus lourdes, être les interlocuteurs de nombreuses personnes, structures ou associations...sans être rémunérés pour le temps passé et les risques encourus et qui doivent, très souvent, également enseigner dans des conditions de plus en plus difficiles !

Beaucoup libèrent leur direction, laissant la place à des jeunes insuffisamment formés ou à des adjoints non volontaires, commis d'office. Ce qui était il y a quelques années une promotion devient maintenant la dernière fonction à demander ».

« J'ai adoré ce métier mais je suis très contente de partir, tant je suis épuisée et écœurée surtout depuis que j'ai fait la folie de prendre une direction. »

 

Médecine du travail et politique de prévention

L’absence de médecine du travail et le souhait de voir le ministère de l’Education Nationale appliquer la législation du travail reviennent de façon récurrente dans l’expression des attentes.

 

Attentes vis-à-vis de l’employeur Education Nationale

Les attentes de reconversion en fin de carrière conduisent une partie des enseignants à formuler des revendications à l’employeur Education Nationale :

Formation continue tout au long de la carrière d’enseignant qui permet une adaptation continue de l’exercice professionnel et bilan de compétences.

 

Attentes vis-à-vis des syndicats

Les enseignants et plus particulièrement les professeurs des écoles, les enseignants en collèges, en lycées professionnels ont souhaité exprimer reproches et attentes à l’égard des syndicats :

Attentes d’une aide pour le calcul des retraites, notamment dans le cas complexe de multi-carrières et pour les enseignants en situation de handicap

Reproches : une prise en compte insuffisante dans les négociations avec le gouvernement sur la retraite, la pénibilité du travail, les interruptions dans la carrière pour élever des enfants, l’écart de comptabilisation des enfants dans le calcul de la retraite entre secteur privé et Education Nationale des enseignants ayant atteint le nombre de trimestres de cotisation avant l’âge de 60 ans et qui sont obligés de continuer à travailler jusqu’à cet âge, sans en retirer d’avantage financier.

 

L'usure d'une bonne partie du corps enseignant est, à n’en pas douter, un défi qui s’impose à tout ministre de l’Education nationale.

Cette nouvelle enquête met en avant le malaise des directeurs d’école. A ce titre, elle n’apporte rien qui ne soit déjà connu des pouvoirs publics et des syndicats. Pour autant, elle n’apparaîtra pas inutile si elle permet d’accréditer un peu plus l’impérieuse nécessité d’apporter une solution au problème. Et l’on ne pourra plus longtemps se contenter de la réponse du ministre de l’Education nationale, Luc Chatel : « Je suis également ouvert à une réflexion sur le rôle des directeurs d’école, dont les responsabilités se sont effectivement accrues au cours des dernières années sans qu’un statut propre soit créé à leur destination. C’est par cette question qu’il faudra commencer par s’interroger avant d’envisager une évolution du statut des établissements ».

La responsabilité des syndicats enseignants est également engagée. Leurs responsables ne pourront plus indéfiniment se cacher derrière des motions de congrès ou des propos lénifiants à la veille de chaque élection professionnelle pour faire patienter encore et toujours les directeurs d’école. Le temps de la réflexion n’a que trop duré. Il est temps de passer à l’action.

Luc Chatel aura-t-il les moyens d’aider les directeurs d’école ? Les syndicats auront-ils la volonté de les entendre ?

 

(*) A lire ou relire

- Malaise et désenchantement dans l’Education nationale
- Une cause du malaise enseignant : la faillite du remplacement des maîtres absents

 

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