Il en va ainsi pour tous les postes à responsabilité : point de reconnaissance véritable sans statut. Pourquoi y aurait-il une exception notable pour les directeurs d'école ?
Les lycées publics et privés ont un chef d'établissement reconnu et responsable.
Les collèges publics et privés ont un chef d'établissement reconnu et responsable.
Les directeurs d'écoles privées ont le statut de chef d'établissement.
Les directeurs d'écoles publiques sont .... "chargés d'école", dit-on !!!
Les directeurs d'écoles publiques auraient-ils vocation à être taillables et corvéables à merci ? Doivent-ils être les seuls à faire le travail de chef d'établissement sans être ni reconnus comme tels ni rémunérés pour la charge et les responsabilités qu'ils assument ? Quelle logique dans tout cela ?
Comment expliquer qu'eux seuls ne doivent pas avoir de statut ? A-t-on entendu dire que la tyrannie règne dans les lycées et collèges du fait qu'ils ont à leur tête un chef d'établissement avec un véritable statut ?
A-t-on connaissance d'un moins bon fonctionnement des écoles privées parce qu'elles sont dirigées par un chef d'établissement ? L'école publique a-t-elle meilleure image parce que ses directeurs ne sont pas reconnus statutairement ?
Rappelons que de nombreuses écoles sont plus importantes que beaucoup de collèges. Ces derniers n'ont-ils pas pour autant un chef d'établissement et tout un service administratif pour le seconder ?
Alors, pourquoi cette spécificité d'un autre âge pour la catégorie des directeurs des écoles publiques ? Parce que, de toutes celles citées ci-dessus, elle est la seule à ne pas avoir ses intérêts professionnels défendus.
La corporation des directeurs d'école n'existe pas en tant que telle dans les syndicats "majoritaires". Ils sont si faibles qu'ils ne peuvent que pratiquer la démagogie auprès de leurs adhérents, en l'occurrence peu nombreux et parmi lesquels les directeurs sont ultra minoritaires. En effet, comment ne pas comprendre (et c'est humain) que les adjoints préfèrent que leur directeur ne soit pas statutairement reconnu ? Au moins, il reste leur égal...
Voilà qui arrange tout le monde : le gouvernement qui ne doit pas trouver des moyens financiers supplémentaires, les syndicats qui peuvent faire plaisir à bon compte à ce qu'il leur reste d'adhérents...
Et l'école publique ? Et son image ? Et son fonctionnnement ? Et la concurrence avec le privé ? Et les directeurs ?
Ne pourrait-on pas imaginer un métier reconnu, celui de directeur d'école ? Un métier à part entière qui serait attractif ? Un métier différent qui serait une promotion pour les enseignants qui veulent évoluer dans leur carrière ? L'école publique n'en sortirait-elle pas renforcée ? Son image n'en serait-elle pas améliorée dans l'opinion ? Se retrouverait-on avec près de 5 000 écoles sans directeur à chaque rentrée malgré le "forcing amical" des IEN pour "inciter" des collègues à se "charger" d'une direction ?
Qu'attendre et espérer de syndicats empreints d'idéologie et si peu représentatifs ? Rien d'autre que le statu quo... hélas !
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