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Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

 

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

 

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

 

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

 

8

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /2010 22:18

 

Inspecteur de l’Education nationale pendant 30 ans et ancien responsable du syndicat des inspecteurs SI-EN Unsa Nord, Pierre Frackowiak connaît parfaitement les rouages de l’inspection.

Le 10 février dernier, nous avons consacré à un article concernant ses craintes de voir « des IEN à la tête des EPEP ».

Aujourd’hui, Pierre Frackowiak publie une nouvelle tribune dans laquelle il réagit à une note destinée aux IEN et qui leur demande d'évaluer la capacité à "agir en fonctionnaire" des futurs enseignants. Une formule qui lui semble vague et dangereuse. S'agit-il de faire des enseignants des robots obéissants ? Et des inspecteurs des petits chefs ?

 

Nous avons décidé de retranscrire les grandes lignes de cette tribune publiée dans « le café pédagogique ».

 

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Piloter l’obéissance. Un nouveau concept pour les inspecteurs ?

 

Une note officielle, « à l’usage exclusif des inspecteurs de l’Education Nationale » présente « les observables pour l’émission de l’avis de titularisation des professeurs ». Sa première partie, relative aux obligations du fonctionnaire, ne manque pas de surprendre au point de laisser penser que le document est un poisson d’avril. Nous vérifions donc son authenticité mais il est évident que les indications données paraissent crédibles tant elles sont conformes à l’air du temps gouvernemental, aux référentiels de compétences récemment publiés et aux injonctions répétées sur l’air « du fonctionnaire qui fonctionne » et de discours publics du ministre sur l’obligation d’obéissance des enseignants. Si les critères présentés concernent les conditions de titularisation des enseignants nouvellement recrutés, il est évident qu’ils s’appliquent à l’ensemble des enseignants.

 

1) Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable - Répondre aux grandes obligations du fonctionnaire :

 

Devoir d’obéissance

-       Ponctualité

-       Respect des horaires

-       Respect des contenus et des programmes

-       Enseignement de toutes les disciplines

-       Autres obligations de service (assiduité, service de surveillance, entrée, récréation…)

 

Discrétion professionnelle

-       Respect et confidentialité des informations détenues sur les familles et les élèves

-       Réserve et absence de mise en cause des fonctionnements de l’institution et de ses personnels

 

Comportements inadaptés

-       Contacts physiques avec l’élève, ni coups ni caresses

-       Manque de respect aux élèves, par les mots, les gestes, ou même l’humour

-       Manquement à l’autorité, dérives ou défauts qui peuvent causer la mise en danger des élèves, bousculades, déplacements désordonnés, défaut de surveillance, manipulation d’objets dangereux…

 

Après les sanctions contre les désobéisseurs, après la multiplication des contrôles de l’exécution des ordres descendant des tuyaux d’orgue de la hiérarchie, parfois renforcés ou alourdis à chacun des niveaux intermédiaires (base élèves, aide individualisée selon un modèle officiel implicite, évaluationnite oppressante, SMA, exigences locales paperassières…), le ministère s’est donné une période d’observation des réactions avant de jeter ses dés. Le développement de l’autoritarisme analysé dans une tribune précédente se confirme, se formalise, s’impose. Et il faut bien dire que les réactions syndicales et politiques ont été bien molles pour le premier degré sur toutes les questions qualitatives, pédagogiques, morales, la lutte contre les suppressions de postes trustant toute l’énergie militante ou ce qu’il en reste, occultant le plus souvent les questions fondamentales de la conception du système éducatif, du choix de société à construire, d’une vision de « l’honnête homme » du 21ème siècle.

 

Désormais, il faut obéir. Il est interdit de contester, de critiquer, de proposer. La loyauté, c’est l’obéissance. On le voyait arriver depuis 2007 avec la perspective de la société ultra libérale autoritaire dont la mise en œuvre se poursuit inexorablement, on ne pouvait pas imaginer que ce serait à ce point. Société de l’individualisme exacerbé, de la compétition, de la loi du plus fort,  des gagnants. Avec un retour en force de l’idée de la fatalité de l’échec malgré tous les efforts qui sont faits. L’exemple de l’aide individualisée, la bonne conscience du pouvoir, en est une illustration qui a pu piéger bien des acteurs éducatifs de bonne foi.

 

Le premier devoir des inspecteurs sera donc de contrôler le respect du devoir d’obéissance. Les plus zélés sont sans doute déjà au travail pour élaborer des grilles d’indicateurs d’obéissance afin de pouvoir en tirer des statistiques, des courbes et des camemberts. Ils les proposeront à l’échelon supérieur pour normaliser les pratiques. Le goût pour les usines à gaz inutiles est devenu une caractéristique des cadres technicistes depuis deux ou trois ans, leur effet essentiel est toujours d’alourdir les tâches administratives des enseignants et de les détourner de la réflexion pédagogique. On trouvera sans doute dans les grilles la déférence pour les échelons supérieurs, les traces de discours de propagande gouvernementale aux parents ou les témoignages de parents d’élèves incités à la délation par SOS Education, des coupures de presse mettant en évidence des prises de position citoyennes libres, les froncements de sourcils et les doutes manifestés en réunion pédagogique, les retards dans les renvois des évaluations, enquêtes et sondages, etc. Un autre  volet comprendra les méthodes d’apprentissage de l’obéissance chez les élèves. Il s’agit de former des citoyens obéissants et il vaut mieux commencer à la maternelle. Les « garde à vous » et « à vos rangs fixe » pourront réapparaître. Peut-être pas les fusils en bois de Jules Ferry puisque l’Alsace et la Lorraine ont été reconquises, mais des modes de pensée conformistes et l’art de se courber devant l’autorité.

 

Ces mesures, parfaitement cohérentes avec les nouveaux vieux programmes et avec le déni systématique, idéologique, de la pédagogie, sont une nouvelle étape sur la voie du projet libéral. Au moindre incident, un coup de menton, un engagement solennel qui ne coûte rien, des instructions naturellement très fermes, des tableaux et des grilles pour hier, des feuilles de route pour demain...

 

Pour l’encadrement intermédiaire qui semble désormais majoritairement convaincu de la possibilité de piloter le système sans carburant et sans cap, une difficulté surgit néanmoins : comment piloter l’obéissance ? On peut la contrôler assez facilement avec un peu de pratique mais comment l’améliorer sans faire appel à la formation initiale et continue qui disparaît. Faute de cours d’obéissance, c’est très simple : il faut aller chercher les modèles militaires. « Allez, allez, contravention » ou suppression des primes ! « Allez, allez, pas de discussion, exécution ou punition ! J’connais l’métier ! »  La tacatatactique du gendarme, il n’y a que ça de vrai. On croise cette méthode avec celles du pilotage par les résultats chère au monde de l’entreprise et l’on a un système moderne en apparence qui accroit le nombre de victimes et les transforme en coupables, qui détériore le vivre ensemble comme l’a mis en évidence le rapport du médiateur, qui génère de la violence en prétendant la combattre. Les pilotes ne sont-ils pas nécessairement au moins des adjudants ou des lieutenants ? N’ont-ils pas toujours raison et ne connaissent-ils pas tout ça par cœur ?

 

Mais qui a inscrit la liberté pédagogique dans la loi ? Qui a dit que l’éducation est synonyme de liberté, d’intelligence, de pensée divergente ? Qui a évoqué l’éducation de l’esprit critique, l’éducation à la responsabilité plutôt qu’à la vassalité ? Qui ose encore parler d’une école émancipatrice dans une société démocratique ?

 

NB Il en sera de même pour les conseillers pédagogiques… avec des items qui seront bien difficiles à objectiver… et comme, au nom de l’obéissance, on n’aura plus le droit de contester, le syndrome France télécom ne pourra que se développer dans l’entreprise Ed Nat !

 

Stage en responsabilité filé – Evaluation des compétences :

                                                         

1 : Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable

6 et 7. Connaître l’organisation de l’Ecole et le projet d’école

8. Participer à la vie de l’école

9. Se situer dans la hiérarchie et l’organisation de l’administration

10. Coopérer avec les partenaires de l’école

11. Exercer une autorité légitime dans le respect de la déontologie

12. Repérer les signes de difficultés des élèves (sociales, de santé, de comportement)

13. Promouvoir les valeurs de la République

14. Respecter les règles de déontologie

 

On peut se demander sur quels critères légitimes ces indicateurs seront jugés. Prenons l’exemple 13 « promouvoir les valeurs de la République ». Comment peut-on honnêtement en juger ? Comment sont-elles transmises et construites ? Personne ne le sait… Mais nul doute que les évaluateurs sauront évaluer…

 

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Si les IEN doivent évaluer les critères cités dans cette note, on voit mal comment ils pourront le faire. En effet, un IEN est-il en mesure de juger « la ponctualité » d’un enseignant, « son respect des horaires », « son assiduité » ou « son investissement dans les obligations de service » qui sont les siennes ? Comment évaluera-t-il « les comportements inadaptés » ? Il est plutôt rare que, le jour de son inspection, un enseignant soit en retard, se libère de ses obligations de service ou ait un comportement inadapté… Le risque et la probabilité ne sont-ils pas que l’IEN soit tenté de faire pression sur le directeur pour obtenir les informations nécessaires à son évaluation ?

L’absence de réaction de nos syndicats est surprenante. Habituellement, ne sont-ils pas prompts à dénoncer les risques de voir les directeurs se comporter en « p’tits chefs » ?

Récemment encore, le SE-Unsa a posé ses exigences et réclamé « l’impossibilité pour le directeur d’école d’être un supérieur hiérarchique », soit-il enseignant. « C’est un rempart important pour le SE et pour la profession, qui répond à une crainte épidermique des enseignants du premier degré de perdre leur indépendance » ? (Congrès de Brest – mars 2010)

Le SNUipp refuse, quant à lui, que le directeur devienne « un maillon hiérarchique, un relais de l’IEN au sein de l’école… ». Il s’oppose à un statut qui ne peut être, à ses yeux, qu’à « vocation hiérarchique pour la direction d’école ».

Or, comme le souligne Pierre Frackowiak, « …les réactions syndicales et politiques ont été bien molles pour le premier degré sur toutes les questions qualitatives, pédagogiques, morales… ». Les syndicats du primaire ne revendiqueraient-ils « l'indépendance » des enseignants qu’à l’égard des seuls directeurs ? Seraient-ils prêts à en minimiser l'importance face à l'autorité d'un IEN ?

De là à penser que les réactions syndicales ne valent que pour s’opposer à un éventuel statut de directeur plutôt que pour défendre le principe d’indépendance si cher à « la profession »...

 

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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /2010 11:51

 

Les chiffres viennent de tomber : le déficit public de la France a représenté 7,5% de son PIB en 2009, tandis que le poids de la dette a atteint 77,6%, annonce l'Insee.

Nicolas Sarkozy prépare un plan de rigueur qui ne dit pas son nom. Réunis par le chef du gouvernement, les ministres ont été priés de trouver des solutions « sans dépenser plus » pour faire face aux contraintes de leur ministère.

 

Ainsi, Brice Hortefeux a été le premier à réduire les dépenses engagées pour le confort et la sécurité de certaines personnalités dont les anciens ministres. C’est ainsi que Rachida Dati a été privée de sa 607 de fonction, de son chauffeur et de ses gardes du corps.

 

Au ministère de l’Education nationale, la situation est plus préoccupante puisque 16 000 postes sont déjà supprimés cette année. Parmi ceux-ci, 9182 emplois de stagiaires PE2 dans le cadre de la nouvelle formation des enseignants. Affectés pour l’essentiel sur les décharges des écoles à 4 classes. Problème pour l’Etat dont la signature du protocole en 2006 l’oblige à assurer les décharges administratives des directeurs de ces écoles au même titre que les autres de 5 classes et plus. Quadrature du cercle pour les IA  car on sait que le gouvernement ne mettra pas un euro supplémentaire pour régler ce problème inédit.

Luc Chatel invite les recteurs à respecter la signature de l’Etat (protocole De Robien) et leur demande de  garantir une décharge à partir de 4 classes. Pour y parvenir, un plan de « solidarité » sera proposé aux syndicats dans les prochaines semaines avant son application à la rentrée de septembre 2010.

Les premières indications vont dans le sens d’un partage des « moyens mis à la disposition de tous les directeurs déchargés ». Ainsi, les décharges complètes abandonneraient 1 jour par semaine et les ½ décharges se verraient amputer d’un jour toutes les 2 semaines. Selon les premiers calculs du ministère, les directeurs d'école de 4 classes devraient tous pouvoir bénéficier d'une journée de décharge par semaine. Un véritable casse-tête pour les IEN…

 

Les premières réactions syndicales n’ont pas tardé. Le SE-Unsa, signataire du protocole, est le plus virulent et « exige que le ministère applique les textes qu’il a signés ».

 

Lire le communiqué du SE-Unsa

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 11:38

Le Congrès du SE-UNSA, réuni à Brest du 17 au 19 mars, a adopté le rapport d'activité à plus de 92%. Le syndicat avait choisi « Imaginons demain » comme slogan en vue de l’élaboration de son projet pour les quatre années à venir.

Comme prévu, parmi les thèmes abordés, figurait l’évolution de l’école en un possible « Etablissement public d’enseignement du premier degré (EPEP) ». Hasard de calendrier, le jour-même de l’ouverture du congrès syndical, le 17 mars, le député Frédéric REISS se voyait confier, par le Premier Ministre, une mission temporaire de six mois intitulée « Les directeurs d'écoles et le statut des écoles maternelles et élémentaires ».

Le thème des EPEP a été examiné en commission puis en séance plénière lors du Congrès de Brest. Il a donné lieu, comme il fallait s’y attendre, à de vifs débats entre partisans de l’évolution du statut de l’école et ceux qui redoutent de voir l’école primaire ressembler à un établissement du second degré, type collège.

Comme au SNUipp, les opposants au statut d’EPEP craignent l’émergence d’une « tutelle hiérarchique » que résume ainsi Joël Péhau, Secrétaire national, chargé de la formation : « Beaucoup de nos collègues craignent de se voir imposer un supérieur hiérarchique, alors que le directeur d’école aujourd’hui n’en est pas un ».

 

Les débats sont ouverts et chacun peut s’exprimer librement. Les opposants font part de leurs interrogations et de leurs craintes.

« On en a discuté en section locale. En quoi l’établissement public va améliorer le fonctionnement de l’école ? Nous n’avons pas trouvé de réponse. Les collègues du second degré nous ont présenté les mauvais côtés. Exemple: même si on est élu au CA, on n’a pas beaucoup d’action sur le budget. Inversement les chefs d’établissement peuvent recruter des vacataires, profiler des postes, veut-on la même chose pour le premier degré ? » interroge un délégué des sections du Gard, de la Savoie et de la Haute-Savoie.

« Si on instaure un statut des directeurs d’école, cela implique la création d’un concours, interne et externe, et donc la possibilité de recruter des cadres hors Éducation nationale », analyse un représentant de l’Aude.

Christian Chevalier, Secrétaire Général, se veut rassurant : « S’il y a une direction, c’est forcément un enseignant, culturellement, c’est obligatoire ». Et de rappeler la nécessité de poser des « garde-fous », à commencer par le refus des projets d’Epep menés sous Gilles de Robien et Xavier Darcos.

Le SE-Unsa pose ses exigences et parmi celles-ci « la possibilité de revenir à une structure antérieure » et « l’impossibilité pour le directeur d’école d’être un supérieur hiérarchique », soit-il enseignant. « C’est un rempart important pour le SE et pour la profession, qui répond à une crainte épidermique des enseignants du premier degré de perdre leur indépendance », même s’il faut réfléchir à la « direction d’école ». « Elle est en crise. Les enseignants s’investissent de moins en moins pour contribuer au fonctionnement de l’école. Les directeurs ont de plus en plus de travail et de moins en moins de temps. »

Autre exigence posée par Christian Chevalier : l’établissement public doit « rester à taille humaine » et tenir compte des spécificités locales : « Il n’y a pas de solution univoque. On ne peut pas proposer la même chose pour une école à deux classes que pour une à 25. »

 

Les témoignages affluent, comme celui d’un représentant d’Indre-et-Loire  « J’ai dans mon département pas mal de collègues qui passent aujourd’hui l’agrément de direction pour être prêts le jour où les Epep se mettront en place et avoir des écoles à quatorze classes totalement déchargées »

 

Les résistances continuent de se faire entendre. Certains délégués regrettent que le débat n’ait pas, d’abord, été porté dans chaque section avant d’aborder le Congrès et souhaiteraient une « consultation de la base ».

« On ne sait pas comment notre positionnement sera perçu par les adhérents », déclare un représentant de la Vendée, évoquant un « danger pour la profession » et « pour la représentativité ». Pour certains représentants, « il faut qu’une vraie concertation ait lieu. Il faut qu’elle soit le plus large possible ». D’autres encore disent leur inquiétude : « la situation n’est pas mûre, nous n’avons pas assez discuté avec les collèges. Dans ma section, nous avons débattu des EPEP trois quarts d’heures, ce sera très dur d’expliciter cette prise de position lundi ».

Réponse de Joël Péhau : « Je comprends que les sections aient pu être déçues, que les débats n’aient peut-être pas été organisés au niveau local car c’est difficile, mais lors de la journée des militants c’est un sujet que nous avons identifié dès le début comme important. Nous avons joué le jeu du débat ».

Christian Chevalier invite le congrès à « faire un choix responsable ». « Ce sont des débats compliqués parce qu’ils ont des conséquences à la fois sur le syndicat mais aussi sur la profession. Si dès lundi j’ai un mail de Frédéric Reiss qui demande à nous rencontrer, on fait quoi ? Soit on ne lui dit rien, soit on arrive avec quelque chose en main ».

 

Dix sections départementales (sur 134) demandent que soit gommée du projet syndical toute référence explicite à « l’établissement public ». Après de longs débats, cette proposition est rejetée « par 80 % des délégués du congrès ».

 

« Nous avons eu ce débat de manière parcellaire mais je souhaite sortir de ce congrès avec quelques éléments tangibles afin de tracer des lignes jaunes à ne pas franchir. Ce débat ne sera pas clos dans cette salle. Il continuera via une consultation, qu’il faudra déterminer, et dans le conseil national du mois de mai et du mois de septembre. En mai, il ne sera pas trop tard, Frédéric Reiss doit rendre un rapport d’étape en juin », pousuit le secrétaire général.

 « Nous irons discuter avec le ministère sans a priori, puis nous montrerons le projet au conseil national, pour voir ce qui amendable, négociable, ou détestable, selon le texte », conclut Claire Krepper.

 

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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /2010 17:00

Le 12 mars dernier, dans un entretien au Figaro-Magazine, Nicolas Sarkozy annonçait une "pause" dans les réformes "au second semestre 2011". Ce qui avait été perçu comme une manœuvre électorale à la veille du premier tour des régionales.

Le poids du revers électoral est tel qu’il va peser sur l’ampleur et le rythme des réformes, s’accordent à dire tous les observateurs de la vie politique. Les députés de base rapportent que les citoyens sont « fatigués » des réformes tous azimuts dont les gains annoncés ne sont pas au rendez-vous. Le mini remaniement gouvernemental laisse à penser que la « pause dans les réformes » sera largement anticipée.

Les analystes politiques le savent bien : les grandes réformes structurelles ne peuvent se faire qu’en début de mandat. Le dernier grand projet de ce quinquennat concernera les retraites. Certains l’annoncent d’ailleurs « a minima ».

Pour le reste, Bercy s’emploiera à trouver des économies sans faire trop de vagues. Les marges de manœuvre existent : bouclier fiscal (578 millions d’euros), niches fiscales (73 milliards d’euros en 2008), correction de l‘erreur d’appréciation sur les plus-values à long terme des entreprises (20 milliards d’euros), impôt sur les sociétés (officiellement fixé à 33% mais qui ne dépasse pas 20% grâce aux exonérations…). Il faudra nécessairement agir sur ces leviers car se profilent deux écueils incontournables.

La conjoncture internationale est tout sauf stable. Nulle part la reprise n’est engagée. Comme le disait l’ancien Secrétaire général de FO, André Bergeron : « il n’y a pas de grain à moudre ».

Les agences de notation menacent la France, entre autres pays, sur la gestion de ses finances publiques, l’appelant « à prendre des mesures de réduction des déficits plus crédibles », au risque de voir les notes (AAA) remises en cause. Or, cette évaluation de la solvabilité des Etats a une incidence forte et immédiate sur le taux de rémunération des emprunts et donc sur la dette publique. Ainsi, fait rarissime, le milliardaire Warren Buffet emprunte de l’argent à des taux d’intérêt inférieurs à ceux concédés à l’Etat américain.

 

Pour ce qui concerne l’Education nationale, Luc Chatel va s’attacher à gérer les réformes lancées par ses prédécesseurs. Son cahier des charges n’est pas modifié et il changera peu. Il lui faut assumer les 16 000 suppressions de postes d’enseignants, conséquence de la décision dogmatique de ne pas renouveler un départ à la retraite sur deux. Il devra aussi défendre la « mastérisation » qui permet également d’économiser des postes.

Comme le souligne Emmanuel Davidenkoff, pour tenter de faire oublier les contestations, Luc Chatel met en avant quelques projets médiatiques :
 -   Les mesures sur le remplacement des professeurs absents, ce qui lui a valu un satisfecit de la FCP
 -   La convocation d’Etats Généraux sur les violences à l’école
 -   La lutte contre l’illettrisme, comme s’y étaient attaqués avant lui François Bayrou, Ségolène Royal ou Gilles de Robien
 -   Les rythmes scolaires avec la remise en question quasiment ouverte de la semaine de quatre jours
 -   La carrière des enseignants avec une revalorisation des plus modestes et une mobilité accrue

 

Bref, il s’agira pour Luc Chatel de solder les réformes Darcos sans trop heurter l’opinion d’ici 2012. Il y a donc peu de chances de voir d’autres réformes lancées dans les deux années qui précédent l’élection présidentielle.

Le risque de la création d’EPEP s’estompe. Il avait déjà pratiquement disparu avec le retrait de la proposition de loi déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale par les députés Apparu, Geoffroy et Reiss (relire nos articles dans la catégorie "EPEP") en octobre 2008 et les réserves apportées par l’AMF (Association des Maires de France) et l’ANDEV (Association Nationale des Directeurs de l’Education des Villes) dont nous avions rendu compte le 01/02/2009 dans un article intitulé « Les maires et l'école : budget, temps scolaire, EPEP… ».

 

A ce sujet, rappelons les analyses de ces deux associations telles que rapportées par « Localtis.info » le 09/11/2009 :

« Les établissements publics d'enseignement primaire (EPEP)

L'étude souligne une montée de l'opposition des élus, voire une "radicalisation", concernant le dossier des établissements publics d'enseignement primaire (Epep). En 2001, 32% des maires se déclaraient opposés à l'idée d'attribuer une personnalité morale à l'établissement d'enseignement du premier degré. Ce taux est passé à 43% en 2008.
Il faut dire qu'entretemps, le Parlement a donné un cadre législatif à l'Epep : l'article 86 de la loi du 13 août 2004 a ouvert la possibilité pour une commune, plusieurs communes, un ou plusieurs EPCI, de mettre en place une organisation et une gestion mutualisées des moyens, après avis des conseils des écoles concernés et accord de l'Etat. Or, en raison des oppositions des différents acteurs de l'éducation (syndicats d'enseignants, associations de parents d'élèves, associations d'élus locaux...), deux projets de décrets ont successivement dû être abandonnés. Résultat : aucun décret d'application n'a jusqu'ici vu le jour. "Nous travaillons sur un projet de rédaction avec l'AMF", annonce d'ailleurs à Localtis la présidente de l'Andev.
Selon l'enquête, les associations d'élus locaux redoutent principalement quatre choses. Tout d'abord, le risque d'affecter le lien entre les écoles et les communes : les élus craignent "qu'avec la mise en place systématique des Epep puisse exister un risque de regroupement contraint des écoles et un glissement de la compétence communale". Les maires sont également hostiles aux coûts supplémentaires que les Epep pourraient engendrer. Ils appréhendent en outre de nouvelles fermetures de classes et d'écoles, en raison de "la mutualisation des moyens entre écoles d'une même commune ou entre écoles de communes voisines". Enfin, selon eux, la mise en œuvre expérimentale "remet en cause les prérogatives des communes en matière de financement, de fonctionnement et d'entretien des écoles publiques, qui se trouveront alors transférées aux Epep". Sans compter que "le statut des directeurs d'école n'est toujours pas résolu", ajoute Anne-Sophie Benoit. »

 

Seuls, certains syndicats continuent d’agiter le chiffon rouge de la création d’EPEP dans le but de maintenir la mobilisation de leurs maigres troupes. Mais y croient-ils vraiment encore ?

Coûts supplémentaires, réticences politiques locales, opposition farouche des syndicats enseignants… les gains prévisibles d’une telle réforme ne seraient pas au rendez-vous, comme nous le disions plus haut. Il y a donc tout lieu de penser que le gouvernement ne prendra pas ce risque au lendemain d’un cuisant revers électoral et à deux ans d’une échéance politique incertaine.

 

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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 11:50

En septembre 2006, suite à la signature du protocole SE-Unsa / Gilles de Robien, le GDID avait commandé à l’Ifop une consultation nationale des directeurs d’école. Comme l’avait souligné l’institut d’enquêtes d’opinion, le taux de réponses a été exceptionnel puisque 10 094 directeurs ont participé à cette consultation qui a fait apparaître que 93 % d’entre eux étaient favorables à un statut.

 

Depuis, les rapports se sont multipliés sur le bureau des différents ministres (MGEN, IGEN...). Tous mettent l’accent sur notre charge de travail de plus en plus lourde, sur l’augmentation de nos responsabilités et sur le nombre important de directions laissées vacantes à chaque rentrée.

Après la publication de cette enquête de l’Ifop, les principaux syndicats ont continué de faire la sourde oreille. Les conditions de travail des directeurs n’ont cessé de se dégrader. Les directions vacantes se comptent encore et toujours par milliers.

De temps à autre, notamment à la veille de leur congrès, les syndicats annoncent leur intention de reprendre le dossier de « la direction et du fonctionnement de l’école ». Ainsi, fin 2009, le SE-Unsa a lancé une enquête pour connaître la position de « la profession » sur « l’évolution de la direction d’école ». Peu nombreuses (1078), les réponses n’apportent rien de très nouveau que l’on ne savait déjà.

Pour ne pas être en reste, le SNUipp 06 puis le SNUipp 65 ont ouvert le dossier et proposé des enquêtes décevantes pour leurs commanditaires tant sur le plan de la participation que des résultats obtenus et surtout truffées d’erreurs, d’imprécisions et d’incohérences.

A son tour, la direction nationale du SNUipp vient de proposer une enquête en ligne destinée à « l’ensemble de la profession ». Comme nous l’avons écrit dans notre article intitulé « Direction d’école : le SNUipp en quête d’une crédibilité introuvable », destinée à l’ensemble des directeurs et adjoints, cette enquête nationale présente un inconvénient majeur qui la rend d’ores et déjà sujette à caution : elle ne présente aucune des garanties de fiabilité d’un véritable sondage.

 

Craignant l’utilisation qui pourrait être faite de ces ersatz d’enquêtes réalisées par les syndicats dans des conditions douteuses, le GDID s’adresse de nouveau à l’ensemble des directeurs d’école (exclusivement à eux) et les invite à répondre à la consultation qu’il met en ligne sur son site. Contrairement aux enquêtes syndicales, celle-ci n’est pas anonyme. Elle permettra, en outre, de ne pas laisser le SNUipp parler en lieu et place des directeurs sur leurs aspirations légitimes. Elle devrait également le mettre face à ses contradictions lorsqu'il affirme que les directeurs d'école ne veulent pas d'un statut professionnel.  

 

Pour y répondre, cliquez ICI.

 

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