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Le statut de directeur d'école dans les projets

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

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Propositions du Ministère

Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 10:08

La semaine aura été marquée par le discours du Président de la République le 22 juin à Versailles et le lendemain par le remplacement de Xavier Darcos par Luc Chatel.

 

Devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy n’a fait qu’effleurer le domaine de l’Education en citant la réforme du lycée. Par rapport aux discours précédents, le propos est un peu court. Les syndicats n’ont l’affirment : le gouvernement ne considère plus l’Education nationale comme une priorité.

 

Pour le Sgen-CFDT, "la seule véritable annonce pour les secteurs de l'éducation, la jeunesse et la recherche, c'est le maintien de l'objectif comptable de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite. Cette décision contredit dans les actes la volonté d'investir sur l'Éducation que prétend porter le discours".

Les réactions de l’Unsa vont dans le même sens : « l’Ecole n’est plus une priorité : elle devra faire plus avec des moyens diminués. Le président de la République a parlé de changement : l’Ecole n’en connaîtra pas. Sa situation, par les choix budgétaires imposés, ne peut que se détériorer. Le prochain budget l’annonce déjà : c’est une mauvaise nouvelle pour l’avenir ».

 

Il est vrai que les inquiétudes des syndicats sont confortées par les déclarations de Xavier Darcos dans un entretien à La Tribune :

« L'Éducation nationale a le premier budget de la nation, avec 60,4 milliards d'euros de crédit en 2010, et 1,2 million de fonctionnaires », souligne-t-il. « Cette dimension nous donne une responsabilité particulière lorsqu'il s'agit de participer à la maîtrise des dépenses publiques. C'est pourquoi j'ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. »

Sur l'ensemble d'une carrière, un poste d'enseignant représente un coût cumulé de 1 million d'euros. Les 16.000 postes supprimés constituent donc près de 16 milliards d'euros de dépenses en moins sur quarante ans, souligne-t-on rue de Grenelle. Précisément, "il s'agit de 600 postes d'agents administratifs et de 14.000 postes d'enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l'enseignement privé (à hauteur de 1.400)".

 

Ces propos, tenus le jour du remaniement ministériel apparaissent aux yeux des commentateurs comme une ultime provocation de Xavier Darcos. Luc Chatel, nouvellement nommé ministre de l’Education, se serait bien passé d’un tel message d’accueil.

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle ne peut espérer compter sur la bienveillance des syndicats enseignants. Ces derniers l’ont tout de suite fait savoir.

Le Snes parle de "provocation", évoque "une dégradation de la formation" puisque les emplois supprimés correspondent aux stages IUFM et calcule que "les stagiaires dans le second degré assurent aujourd’hui 8 heures de cours hebdomadaires, soit l’équivalent de 4.500 emplois". Le SNES appellera les personnels à se mobiliser dès la rentrée pour construire un mouvement d’ampleur contre ce projet de budget et recherchera en ce sens la plus large unité syndicale possible.

Le Snuipp s'indigne : "Comment comprendre que la formation professionnelle des enseignants soit réduite à la portion congrue, que les lieux de formation que sont les IUFM soient remis en cause, que la formation en alternance risque d’être réduite à un simple compagnonnage au moment où le métier d’enseignant requiert une plus grande professionnalité pour favoriser la réussite de tous les élèves ? Comment comprendre que des lauréats des concours 2010 puissent être responsables de classes sans avoir jamais effectué de stages en responsabilité dans leur cursus ?"

L'Unsa relève les contradictions des discours présidentiels. "L'investissement éducatif devrait être une priorité : il aura été, de budget en budget, abandonné. Les budgets traduisent la réalité des convictions".

Pour le Sgen "le ministre change, les suppressions de postes s'aggravent. Plus que jamais le Sgen-CFDT sera mobilisé dès la rentrée prochaine pour obtenir les conditions nécessaires aux réformes de progrès social qui s'imposent pour l'École et les personnels de l'Éducation. »

 

Reste la personnalité de Luc Chatel dont la nomination a créé la surprise. A l’inverse de son prédécesseur, le nouveau ministre n’est pas un homme du sérail. Il ne s’est d’ailleurs jamais exprimé sur l’éducation.

Sa nomination comme ministre de l’Education nationale et le maintien de sa mission de porte-parole du gouvernement sont interprétées comme la récompense d’une fidélité sans faille au service de Nicolas Sarkozy.

Il a sans aucun doute bénéficié également du peu d’attrait de ce poste très risqué dans lequel « on est grillé au bout de deux ans », selon Richard Descoings, le très médiatique directeur de Sciences-Po Paris.


Pour l’instant, Luc Chatel n’est connu du grand public que pour ses interventions ponctuées de « euh… euh… » et de longs silences… lors de points de presse en tant que porte-parole du gouvernement largement rapportés par Canal+ dans son « Grand journal ».

Une autre vidéo a fait le tour d’Internet en février 2008. On y voyait Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la consommation, brandissant la revue « 60 millions de consommateurs », et semblant apprendre par ce média l’envolée des prix…

« Comme vous, j’ai été extrêmement choqué par les résultats de l’enquête de 60 millions de consommateurs. J’ai été choqué parce que évidemment je fais mes courses comme vous, à Chaumont, et je me suis rendu compte que les prix augmentent. » Une image pas très valorisante.

 

La désignation de Luc Chatel a tout pour surprendre. Son parcours, sa méconnaissance des sujets et du monde de l’éducation… font que sa nomination peut être interprétée comme le fait que l'Éducation Nationale n'est plus une priorité pour le gouvernement.

Impressionné par Nicolas Sarkozy, formé à son école et s’inspirant dans sa ville de la stratégie présidentielle, Luc Chatel est considéré comme un « proche » du Chef de l’Etat.

 

De fait, beaucoup considèrent déjà que la politique éducative n'est plus décidée rue de Grenelle mais Faubourg Saint Honoré.... Et la feuille de route est déjà connue : 16.000 suppressions de postes à l'Education en 2010.

D'aucuns estiment pourtant que l'élu de province a les compétences requises pour gérer les dossiers délicats. Il a su mener à bien le plan automobile pour tenter de sortir ce secteur du marasme économique et œuvrer pour une sortie de crise chez Heuliez, l'équipementier automobile des Deux-Sèvres en redressement judiciaire, et Continental, le fabriquant de pneumatiques de Clairoix. A son actif, également, la gestion du dossier délicat de La Poste, qui s'apprête à devenir une société anonyme malgré la crise.


Le passage de l'Industrie à l'Education, deux mondes où le dialogue avec les syndicats est primordial mais souvent tendu, devrait donc être plus facile. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir ce mercredi le tout nouveau ministre de l'Education nationale a affirmé qu'il prendrait «le temps de l'écoute».

Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour savoir si le gouvernement considère l’éducation comme une priorité nationale, selon les promesses du candidat Sarkozy durant sa campagne présidentielle. Les premières décisions de Luc Chatel seront décisives de ce point de vue.

 

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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 15:49


Dans un communiqué, le SNE-CSEN se félicite d’avoir obtenu un avantage substantiel dans l’accélération de la carrière des directeurs d’école.

  

« Grâce à la pugnacité du SNE-CSEN face aux nombreuses pressions de certaines organisations pour empêcher que la promesse faite par le Ministre en novembre 2008 (voir pièce jointe) ne soit tenue, la circulaire permettant l'attribution aux directeurs d'un point supplémentaire au barème pour l'accès à la Hors Classe, est enfin arrivée dans les Inspections Académiques.

Sans flonflon, ni ballon, le SNE continue son action ! »

 

Nous reproduisons un extrait de cette circulaire ministérielle datée du 2 avril, envoyée aux Inspecteurs d'Académie.

 

« Objet : Avancement à la hors classe des professeurs des écoles à la rentrée scolaire 2009.

 

Réf : Décret n° 2005-1090 du 1er septembre 2005 relatif à l’avancement de grade dans les corps des administrations de l’Etat.

 

J’appelle votre attention sur les conditions d’accès à la hors classe des professeurs des écoles pour l’année 2009/2010.

Les modalités indiquées dans la note de service n° 2006-078 du 11 mai 2006 publiée au BOEN n° 20 du 18 mai 2006 continueront à servir de référence pour la campagne de promotions 2009.

Je vous demande toutefois d’être particulièrement attentif à la situation des directeurs d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des écoles. Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel, vous pourrez ainsi, dès cette année, leur attribuer un point supplémentaire pour le calcul du barème à la hors classe […] ».

 

 

Les premières réactions n’ont pas tardé. Ainsi, sous la plume de Yvon Guesnier, la CGT Educ’Action 06 réagit :

 

« Hors classe des P.E. : Non à la division !


Le Ministère donne la possibilité  aux IA, à partir de cette année, de donner 1 point pour l'accès à la Hors Classe pour les Directeurs-trices, mais sans, bien entendu, augmenter le contingent de cette dernière... Ce qui revient à donner un "avantage" à une certaine catégorie de collègues par rapport à d'autres catégories, sans que cela ne coûte rien, en clair aider à la "revalorisation" de la fonction de directeur-trice en prenant sur l'ensemble des collègues... Méthode connue et de plus en plus souvent employée...


Est-ce choquant ?


Pour la Cgt-Educ'Action ce qui est choquant c'est la hors classe elle-même !

 
Nous sommes favorables à 2 échelons supplémentaire atteignables par tous et toutes et à une accélération des promotions par le passage des collègues issus du corps des instits au rythme le plus rapide et hors barème, les échelons de fin de carrière. Et ce pour permettre au maximum de collègues de partir au moins au 11° échelon et de ne pas "entrer" en concurrence avec les collègues issu-e-s directement du corps des P.E.

 […]
C'est le premier élément d'une remise en cause s'un barème général au profit d'un premier pas vers une individualisation chère au Ministre, comme cela existe dans le second degré ! En clair à terme la hors classe laissée à l'appréciation des IA... La "gueule du client"...
 

 

Je divise, tu divises, il-elle divise, nous divisons, vous divisez, ils-elles profitent !!! »

 

 

A l’autre bout du pays, Bruno ROBIN (secrétaire départemental de la FSU 59), réagit doublement. D’abord pour attaquer le SNE, ensuite pour entonner, lui aussi, le thème de « la division pour mieux régner »…

Formule classique pour ne pas avoir à répéter que les directeurs sont des « enseignants-comme-les-autres » mais qui veut bien dire ce qu’elle veut dire… (Fautes comprises)

 

« Quelle différence y-a-t'il entre "être favorable" et "décréter que" ?


Il semblerait que les privés de ballon du SNE n'ait pas encore compris les subtilités du Ministre ... ou bien qu'ils tentent de nous faire  prendre des vessies pour des lanternes !!

Diviser pour régner ? N'est-il pas plus juste de réclamer que tous les PE accèdent à la hors classe au rythme le plus rapide ? Car finalement, le déroulé de carrière de chacun doit-il dépendre de celui des autres ? Ou encore, la notion de mérite est-elle vraiment la meilleure façon de progresser ?

Rassurons le SNE : il n'existe de pressions que dans le cadre d'un rapport de force et nous savons bien qui est à l'origine de tous nos tracas et du démantèlement de l'école publique. A trop fréquenter les salons du Ministre, on finit par perdre le nord. »

 

Quand Bruno Robin s’en prend sur un ton virulent au SNE qu’il accuse de « trop fréquenter les salons du ministre », oublie-t-il le temps de la « cogestion » dénoncée aujourd’hui par certains syndicats qui jouent les vierges effarouchées ?

 


En mars 2008, Marcel Pochard, Conseiller d’Etat, auteur du « livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant » critiquait la « cogestion Etat – syndicats à l’Education nationale ».

 

Interrogé sur le fait qu’en France, les organisations syndicales détiennent un certain pouvoir, comme celui d’informer les enseignants sur les affectations et les mutations, ce que l’administration ne fait pas toujours, il répondait :

 

« Nous sommes effectivement là dans un domaine type que l’on peut qualifier de cogestion. Le langage tenu par les deux partenaires est sensiblement le même. A savoir : ce système n’est pas très bon mais, dans le fond, il est possible de limiter les dégâts par des mesures d’accompagnement. Même chose pour la notation des enseignants : les syndicats comme l’administration n’ont pas véritablement envie de trouver un autre système de notation parce que le système actuel a le seul mérite d’exister. »

 

 

Dans sa circulaire aux IA, le ministère se montre élogieux envers les « directeurs d’école, éléments essentiels de la qualité du pilotage et de l’animation au sein des écoles ».

Il commence la phrase suivante par : « Pour mieux reconnaître leur investissement professionnel… ». Que ne la termine-t-il pas par l’annonce « d’un statut de directeur d’école » ?

La reconnaissance serait claire et nette, et tellement plus crédible…

 

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 22:01


Les temps sont durs pour Xavier Darcos. Les derniers mois n’en finissent plus… Une éternité pour le ministre dans l'attente du remaniement-soulagement…

Il faut bien reconnaître que rien n’aura été épargné à X. Darcos. D’autant que les coups les plus durs à encaisser ne proviennent plus seulement des syndicats enseignants, des lycéens ou des étudiants. Non, le dernier croc-en-jambe est l’œuvre d’un membre du gouvernement : Nadine Morano.

 

Rappelons-nous : après des démêlés et des paroles malheureuses (couches en maternelle, suppression des classes de 2 à 3 ans…), Xavier Darcos avait su renouer le dialogue avec les enseignants en concluant un accord avec l'Ageem. Il y a quelques jours cette « déclaration commune », (l’association récuse le terme « accord », « les mots ont un sens ! ») était célébrée à travers la coédition  d'une brochure, réalisée par l'Ageem (avec un édito du ministre), présentant la maternelle, distribuée à tous les parents.

 

L'annonce le 5 avril, par Nadine Morano, de la création à titre expérimental de jardins d'éveil, installés dans les écoles maternelles « lorsque cela est possible », mais sans personnel enseignant et payés par les parents, remet tout en question. Cette promesse plonge Xavier Darcos dans l’embarras…

Lucile Barberis, présidente de l'Ageem, n'en revient pas.  "Je ne comprends pas l'objectif de créer 8 000 places en jardin d'éveil alors qu'il serait facile de réactiver des écoles maternelles qui sont laïques et gratuites". Pour l'Ageem, "les objectifs annoncés posent clairement cette nouvelle structure en concurrence avec les autres structures existantes et particulièrement avec l’Ecole Maternelle. On perçoit aisément, au-delà de la concurrence, une véritable substitution de ces jardins d’éveil à la dernière année de crèche ou à la première année de l’école maternelle, sans aucun souci de l’égalité sociale que le ministre proclame justement par ailleurs. La création de ces nouvelles structures payantes, implantées au gré des choix locaux, serait ainsi préférée au développement des structures existantes, gratuites et implantées dans la grande majorité des communes de France".

 

Et de prévenir : « Nous ne cautionnerons pas l’expérimentation des jardins d’éveil et nous serons amenés à dénoncer la Déclaration commune »

 

Après le SNUipp qui dénonçait « le subterfuge et le tour de passe-passe », le SE-Unsa qui parlait de « plantage de l’école maternelle », c’est au tour du Sgen-Cfdt de demander « que des précisions soient apportées rapidement sur l'ensemble de  la politique du gouvernement dans ce secteur. Il est notamment essentiel que des assurances soient données quant à la place de l'école maternelle. S'agissant des enfants de 2 à 3 ans, les parents doivent pouvoir faire le choix du mode d'accueil. C'est particulièrement important pour les catégories sociales les plus défavorisées, d'une part parce que l'école est gratuite, d'autre part parce que la scolarisation précoce est un moyen important de réduction de l'échec scolaire des enfants victimes d'inégalités sociales et culturelles".

 

Pauvre Xavier Darcos ! Le voilà de nouveau confronté, quelques mois plus tard, aux mêmes difficultés et contraint de remonter au créneau pour apaiser le climat tendu par l’intervention de Nadine Morano.

Pour Alain Houchot, Inspecteur Général, « On est dans un débat qui ne sort pas de l'idéologie alors que la réflexion devrait être globale autour des besoins des enfants et des familles. Ce qui est surprenant c'est que ce débat idéologique on le trouve dans tous les milieux. Chez des pédopsychiatres mais aussi chez des gens qui n'ont de connaissances que comme usagers… Il faut sortir du débat idéologique ».

 

Cette nouvelle annonce peut sembler anodine. En réalité, il n’en est rien. En effet, cette réforme, si elle est mise en œuvre, peut avoir de lourdes conséquences pour les écoles et les directeurs. L’objectif visé est clair : réaliser des économies conséquentes en fermant les classes des 2-3 ans, en transférant les dépenses sur les collectivités locales et faisant payer les familles.

 

Mais, attention ! La mesure produirait aussi de graves dégâts collatéraux sur les décharges de certaines écoles. De nombreux collègues pourraient perdre leur ¼ de décharge, d’autres passeraient de ½ à ¼ et quelques "privilégiés" risqueraient de voir leur décharge totale transformée en demi-décharge. Le risque est réel.

Aucune situation (école maternelle, primaire, RPI, regroupement) ne peut permettre de conserver les acquis existants. Les écoles qui auraient les jardins d’éveil dans l’enceinte scolaire ne pourraient comptabiliser les élèves dans leurs effectifs puisque la structure serait entièrement gérée par la municipalité (fonctionnement et personnels).

Les écoles qui accueillent actuellement des classes de 2-3 ans sont potentiellement en danger de réduction du nombre de classes et certains directeurs peuvent se trouver en situation de modification de leur régime de décharge.

En revanche, c’est le « jackpot » pour l’Etat qui gagne sur tous les fronts : il cesse de financer la scolarité des 2-3 ans et cumule les suppressions de postes d’enseignants (classes et décharges).

 

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Mercredi 18 mars 2009 3 18 /03 /Mars /2009 18:51
Une charge féroce contre les enseignants


 

Dans « Côté Mômes » de mars 2009, un magazine gratuit qui se veut partenaire des parents, Laurent Rochut, éditorialiste, ne pratique pas la langue de bois… Il ne fait pas, non plus, dans la nuance… Dès le titre de son éditorial, le ton est donné…

 

 

Enseignants, gnants ! gnants !

 

« C‘est un usage en France de louer les enseignants pour leur courage, leur abnégation, la dévotion avec laquelle ils tiennent à bout de bras l’Education nationale. Les évaluations se succèdent, soulignant la médiocrité des performances de notre système éducatif ; on a beau démontrer que pour chaque euro dépensé, nombre de pays obtiennent de bien meilleurs résultats que le nôtre, rien n’y fait ! Aucun ministre ne peut tenir tête bien longtemps à la première armée de fonctionnaires de France. Si vous ajoutez à ça que les syndicats de parents d’élèves les plus influents sont assez mitoyens des syndicats enseignants quand il s’agit de mettre un bulletin dans l’urne, cela fait bien plus de connivences qu’il n’en faut pour que les choses changent dans la grande maison de la rue de Grenelle. Un ministre de l’Education, Lionel Jospin, faisant de l’éducation une priorité nationale en 1989, déjà, avait appelé à mettre l’enfant « au cœur du système éducatif ». On attend toujours !

Les professeurs des écoles, pour parler d’un corps que je connais bien pour en avoir fait partie près de dix ans, peuvent choisir l’école où ils enseigneront au privilège de l’ancienneté, à peine corrigé par une note de mérite qui, elle aussi, est largement indexée sur le temps passé dans la boutique. L’intérêt des enfants, selon les quartiers où on les oublie, à avoir en face d’eux des enseignants adaptés à leur situation est bien secondaire. Qu’importe, il y aura toujours un ministre ou un syndicaliste pour louer le mérite des enseignants, dans la masse, collectivement, pour ne pas avoir à faire le tri. Pourtant, c’est bien là que le bât blesse. L’Education nationale, dans ses grandes largeurs n’a pas de troupes à la hauteur de la bataille à mener. Elle compte des godillots à foison, mais, quand ils défilent, c’est pour clamer haut et fort les excuses qu’ils se trouvent de ne pas pouvoir faire mieux.

Concluons par un problème d’arithmétique. Sur 10 enseignants, quand vous avez retranché ceux qui font ce métier pour être chez eux à 17 h, ceux qui ont fini par ne plus pouvoir sentir les gosses, ceux qui ne les ont jamais aimés, ceux qui travaillent avec les mêmes fiches de préparation depuis quinze ans, ceux qui se sont arrêtés là parce qu’ils n’ont pas pu, ou pas su, épanouir sur le terrain de la recherche leur passion des maths, de la physique ou de l’histoire, ceux qui passent le tiers de leur temps à faire classe dans un labo de citoyenneté pour futurs syndicalistes, combien en reste-t-il pour faire de leur classe un creuset d’enthousiasme et d’appétit de connaître ? Pendant que vous cherchez, des instituteurs font la grève du soutien scolaire en salle des maîtres et la réforme des lycées est remise aux calendes grecques. »

  

 

Réponse de l’auteur sur son blog

 

« En réponse à ceux que mon édito de mars 2009 a choqué

 

Par quel mystère, ceux qui me répondent faire leur métier avec dévouement se sentent ils concernés quand je stigmatise, dans un éditorial, une disparité entre les enseignants dont les enfants sont les premières victimes ?

Pour l’exemple, je connais une école en Banlieue parisienne où 9 enseignants sur 10 refusent de mettre en place le soutien scolaire, faisant de la « résistance passive en salle des maîtres ». Le comble, c’est que celui qui s’occupe de ses élèves à la pause méridienne doit presque s’excuser ! des exemples comme ceux-là, j’en ai plein ! Malheureusement !


Mais, à lire les commentaires qui m'ont été adressés, s’il est une certitude dans laquelle je me sens raffermi à l’issue de ce édito, c’est que l’esprit de corps est plus que jamais une constante chez les instits. Il est dommage que ce soit plus pour se « couvrir » que pour faire avancer le bateau. Après 10 ans passés en ZEP, 10 ans sans aigreur et plein de beaux souvenirs, contrairement à ce que vous pouvez penser, 10 années que j’ai passées volontairement sur un terrain que beaucoup désertent pour se mettre à l’abri dans un centre ville bien bourgeois et paisible, je me permets d’avoir, moi aussi, un avis sur la question de l’Education nationale, ne vous en déplaise et quoi que ma vie m’ait conduit à faire depuis.

 

Beaucoup invoquent régulièrement le droit de manifester, je réclame pour ma part celui de me manifester. Affaire de style. Se noyer dans la masse ou se permettre de porter la contradiction, mais avec l’envie que les choses changent vraiment à l’Education nationale.

Mon propos est de dire que si bien des professeurs des écoles font un travail extraordinaire dans leur classe, j’en connais encore et ceux-là d’ailleurs ont trouvé aussi du vrai dans mon article, bon nombre, aussi, n’ont rien à faire dans une classe. L’égalitarisme absolu de notre institution permet à des gens de nuire aux gosses et d’attendre la retraite sans être inquiétés.

Peut-être n’en avez-vous jamais croisés dans votre carrière... Je suis même malheureusement certain que ceux qui réagissent le plus sont ceux qui devraient partager mon agacement.

On m’objecte que de taper sur l’EN est devenu un sport national et qu’à ce titre, quand on l’aime, il faudrait se taire !! Mais si l’Education nationale acceptait la contestation en son sein, si elle acceptait les réformes sans faire systématiquement bloc, on ne serait pas obligé de l’interpeler publiquement.


On m’objecte également que je voudrais faire le jeu d’une privatisation de l’enseignement, mais c’est déjà le cas ! La discrimination sociale permet aujourd’hui aux plus aisés de mettre leur enfant « à l’abri » dans le privé et se sent légitimer par le fait que l’Education ne sait pas se réformer.

 

On m’objecte enfin que dans tous les métiers il y a des moutons noirs et qu’à ce titre l’EN n’échappe pas à la règle. Mais elle devrait s’en faire un devoir car dans son cas, il s’agit d’éveiller des enfants au monde et de les préparer à l’avenir. Mais, et c’est ce que je souhaitais stigmatiser par mon article, il me semble que moins que les autres, l’Education nationale sait se protéger d’une erreur de recrutement et, par la suite, des défaillances professionnelles. Le recrutement, la formation professionnelle en privilégiant les contenus sur l’aptitude humaine à encadrer une classe sont à l’origine d’un tel malentendu. Ensuite, avec une inspection de 1h30 tous les 3 ou 4 ans et aucun encadrement par un semblant de hiérarchie, on accepte de faire courir un risque aux enfants qu’aucune autre branche professionnelle ne tolérerait. Autrement dit, on joue la liberté et l’indépendance des enseignants contre le principe de précaution auquel devraient avoir droit les enfants.


En résumé, je n’accuse pas les enseignants d’être nuls mais j’accuse l’institution de ne pas protéger assez les enfants et de ne pas permettre aux bons enseignants d’insuffler leur dynamique à l’institution.

Quoi qu’il en soit, j’ai aimé ce métier et l’aime encore bien assez pour me sentir le droit d’avoir un avis… mais j’oubliais, à l’école de la tolérance, dans certains syndicats, on ne veut pas voir une tête qui dépasse.

La mienne, de tête, certains l'aimeraient au bout d'une pique. Ils ont une conception assez Robespierriste du débat d'idées. Pour ma part, je tiens mon sens de la démocratie de Voltaire, celui qui disait "Je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je serais prêt à mourir pour que vous puissiez les exprimer." »

 

 

« L’art de conférer » selon Xavier Darcos

 

« D'où vient ce soupçon perpétuel qui pèse sur nos gouvernements » interroge Xavier Darcos dans une tribune du Monde.

« Comment expliquer que dans un pays qui a magnifié à ce point l'usage de la raison ou l'examen des preuves, le rationnel semble exilé du débat public, tandis que la rumeur, l'outrance, la théorie du complot ou le déni de vérité s'instillent jusque dans les sphères les plus éclairées du monde intellectuel ? »

 

Toutes ces critiques irrationnelles sont colportées par Internet. « Il suffit, pour s'en convaincre, de fréquenter certains blogs ou certains forums dans lesquels les exposés les plus brillants sont parfois consacrés aux arguties de thèses les plus insensées, assorties de procès en sorcellerie ad hominem ».

 

« Comme ministre, mais aussi comme professeur, je crois que nous devons sortir le débat d'idées de ce registre polémique, sophistiqué et agressif, dans lequel il est actuellement tenté de s'enfermer. Les politiques ne sont pas les ennemis du savoir...

Bref, et si on retrouvait cette forme de l'excellence de l'esprit français, "l'art de conférer" ? »



Retour d'un vieux serpent de mer : le redoublement





Mai 2008 : Selon une information de la radio RTL, le ministre aurait donné des consignes aux chefs d'établissement pour limiter les redoublements. Plusieurs chefs d’établissement auraient reçu des lettres avec des objectifs chiffrés.

 

Raison invoquée : « le redoublement coûte trop cher et ne serait pas efficace

 

Une information aussitôt démentie par le ministre de l’Education, qui soutient n’avoir donné « aucune consigne » qui rappelle dans un communiqué que « seuls les professeurs réunis en Conseil de classe autour des chefs d’établissements sont habilités à décider du redoublement d’un élève ». Et le ministre de rétorquer : « La baisse du redoublement sera la conséquence de l’amélioration engagée du système scolaire. Elle ne se décrète pas

 

Mars 2009 : de nouveau, le sujet est d’actualité. Pour Xavier Darcos, « le redoublement n'est pas une solution satisfaisante, mais le limiter ne se décrète pas ». C'est la raison pour laquelle le ministre a, depuis son arrivée, multiplié les systèmes de soutien. « Pour y parvenir, nous avons mis en place des dispositifs d'aide personnalisée, notamment dans le primaire, avec les deux heures de soutien, mais aussi les stages de remise à niveau pendant les vacances, détaille Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire. Au collège, avec l'accompagnement éducatif qui concerne l'aide aux devoirs. »

 

Une chose est sûre : le ministère ne verrait que des avantages à limiter le redoublement. Pour des raisons pédagogiques, d’abord. Car, dit-on dans l’entourage du ministre, « enseignants et spécialistes de l'éducation considèrent que nombre d'élèves, en situation d'échec, ne profitent pas d'une année supplémentaire

 

Pour des raisons financières, ensuite, notamment en période de crise. Car le redoublement coûte cher d’autant plus que la France est championne en la matière : En moyenne, 38 % des élèves de 15 ans ont déjà redoublé une fois, contre 13 % pour la moyenne des pays de l'OCDE.

 

Selon Philippe Meirieu, supprimer totalement le redoublement permettrait d'économiser pas moins d'un milliard d'euros. La pratique n'existe déjà plus Norvège, Japon ou Corée.  Elle n’est que de 3 % en Finlande. Des pays figurant pourtant en bonne place dans les classements éducatifs internationaux.

 

Officiellement, au ministère, on affirme que le sujet est délicat, car « seuls les enseignants sont habilités à décider des passages en classe supérieure ».

Autre difficulté : en fin de troisième, les parents, eux, préfèrent toujours que leur enfant redouble plutôt que d'être envoyé vers une voie professionnelle ou technologique.

 

Le ministre compte bien prendre des initiatives afin que raisons financières et pédagogiques fassent bon ménage… La meilleure façon de faire des économies sans se voir reprocher une aberration pédagogique comme ce fut le cas pour d’autres réformes…

 

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Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 22:48


Revalorisation du pouvoir d’achat des fonctionnaires

 

 

Mardi 3 mars, Eric Woerth, ministre du budget et de la fonction publique a reçu les syndicats de la fonction publique.

Au cours de cette réunion, le ministre a fait état d'une augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires, a proposé d'étendre la rémunération au mérite et a maintenu ses objectifs en terme d'emploi.

« Le pouvoir d'achat des fonctionnaires augmentera probablement assez fortement en 2009 : malgré une inflation basse (+ 0,4%), nous proposons toujours de revaloriser le point d'indice de 0,8 % (+ 0,5% en juillet et + 0,3 % en octobre). En plus de cela, nous allons verser 513 millions d'euros de mesures catégorielles et consacrer, comme chaque année, 1,6 milliard aux progressions automatiques de carrière. »

 

Il a également déclaré vouloir étendre la rémunération au mérite.

«  Nous avons créé chez les 25 000 attachés une prime de fonction et de résultats, liée aux caractéristiques du poste et à l'engagement personnel.

Nous allons aller plus loin. Je pense qu'il faut l'étendre à tous les agents de catégorie A, hors enseignants, et à une petite partie des B. »

 

Eric Woerth a également confirmé la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

« C'est toujours notre objectif. Nous n'allons pas remplacer 30 600 départs cette année et poursuivrons en 2010 dans la même direction, sachant que l'éducation nationale en est à 35 % de départs non remplacés, qu'il n'y aura pas d'emplois supprimés en 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, mais que d'autres ministères avancent plus vite.

Les syndicats nous demandent de renoncer à ces suppressions de postes, à tout le moins de les geler. Mais substituer de l'emploi public à un emploi privé défaillant n'est pas une réponse adaptée à la crise et nous interdirait d'assainir nos comptes publics. Aucun plan de relance en Europe n'y a recours. »

 

Les syndicats ont jugé les propositions du gouvernement nettement insuffisantes et ont maintenu la journée d’action du 19 mars.

 

 

 

CIRCULAIRE concernant les RASED

 

Objet : Missions des maîtres spécialisés affectés à un RASED exerçant leurs missions dans une ou deux écoles

 

Dans le premier degré, le traitement de la difficulté scolaire et la lutte contre l’échec scolaire constituent un des objectifs prioritaires du ministère de l’éducation nationale. Pour atteindre cet objectif, nous disposons désormais d’un dispositif complet qui, de l’organisation de la différenciation pédagogie au sein de la classe à l’action des centres spécialisés (centre d’action médico-sociale précoce, centres médico-psycho-pédagogiques, centres médico-pédagogiques), permet la prise en charge de tous les types de difficultés.

 

L’institution de l’aide personnalisée à la rentrée 2008, offre aux maîtres de nouvelles possibilités pour traiter eux-mêmes, en prolongement de la classe, un certain nombre de difficultés d’apprentissage qu’ils ne pouvaient auparavant prendre en charge efficacement. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires complètent par ailleurs le dispositif.

 

Ainsi, est-il apparu nécessaire d’adapter le fonctionnement du dispositif existant des réseaux d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED), afin de mieux utiliser le potentiel des maîtres spécialisés dont la finalité est la prise en charge de la grande difficulté scolaire quand celle-ci s’avère durable. Il s’agit, en effet, de garantir la complémentarité entre l’aide personnalisée et l’aide spécialisée, certains élèves relevant successivement, voire concomitamment, des deux dispositifs. Il est donc impératif que ces derniers s’articulent parfaitement.

 

Dès la rentrée 2009, 1 500 maîtres des RASED, titulaires de l’option E ou G du CAPSAIS-CAPA-SH, seront affectés, en tant que maîtres surnuméraires, sur un poste spécialisé pour exercer leurs missions dans une ou deux écoles concentrant un niveau nombre élevé d’élèves en difficulté relevant de l’aide personnalisée et/ou de l’aide spécialisée.

 

Ces maîtres spécialisés apporteront leur expertise à l’équipe enseignante de l’école, dans le cadre des cycles. Ils seront le lien privilégié avec les membres du RASED ayant une autre spécialité, notamment dans le cadre du temps consacré à la coordination et à la synthèse.

 

Conformément à leur mission, ils peuvent être présents dans la classe, au moment des activités collectives, afin de pouvoir observer les élèves en difficulté lors de tâches scolaires et leur apporter une aide adaptée. Ils contribuent en tant que de besoin à l’aide personnalisée ainsi qu’à la définition des programmes personnalisés de réussite éducative. Ils peuvent également prendre en charge individuellement un élève ou animer au sein de l’école des groupes d’aide spécialisée.

 

La diversité des modes d’intervention de ces maîtres spécialisés doit être adaptée aux élèves qui en ont besoin. Toujours rattachés au réseau d’aide spécialisé, ils sont également membres à part entière de l’équipe enseignante de l’école ou des écoles dans lesquelles ils exercent leurs missions.

 

Les inspecteurs de l’éducation nationale veilleront, dans le cadre du pilotage du RASED, à ce que les missions confiées à ces maîtres spécialisés s’inscrivent dans une durée compatible avec les besoins constatés afin de garantir leur pleine efficacité conformément aux présentes orientations. Les modalités de mise en œuvre de ces aides spécialisées devront être inscrites explicitement dans le projet d’école.

 

 

 

SMA

 

Xavier Darcos dialogue avec les maires

 

"Le ministre est conscient de la nécessité de reprendre les textes d'application en fonction des particularités et de la taille des communes". Selon l'AFP la première réunion du "Comité de suivi de la bonne application de  la loi" a été consensuelle. Elle réunissait, outre le ministre et les rapporteurs de la loi, les principales associations de maires : (AMF, AMGVF, FMVM, AMRF, ANEM.

 

Le communiqué ministériel se borne à déclarer que "le ministre de l’Education nationale a présenté les dispositions prises par les inspecteurs d’académies pour aider les  communes à mettre en œuvre ce nouveau droit pour les familles et notamment améliorer la prévisibilité du nombre d’enfants à accueillir et aider à constituer la liste des personnes susceptibles d’intervenir pour accueillir les enfants les jours de grève".

 

La dépêche AFP mentionne que les associations d'élus ont demandé l'arrêt des recours contre les maires qui n'appliquent pas le service minimum d'accueil.

 

On sait que la mise en application du SMA pose d'importants problèmes aux municipalités. L'AMF, l'AMRF notamment ont jugé le texte inapplicable en l'état. La moitié des communes ne réussiraient pas à le mettre en place. Un récent sondage a également montré le peu d'intérêt des parents pour ce dispositif. Le 28 novembre 2008, Nicolas Sarkozy avait admis la difficulté d'installer le SMA dans les communes rurales.

 

SMA : Une proposition de loi veut imposer aux directeurs d'école l'accueil des élèves

 

Reprenant la proposition faite par N. Sarkozy le 7 novembre, le sénateur Y. Collin (RDSE) a déposé une proposition de loi qui exempte les communes de moins de 2 000 habitants de l'obligation de mettre en place le Service Minimum d'Accueil dans les écoles primaires. Mais les sénateurs RDSE (M Charasse, JP Chevènement) vont plus loin que le ministre en créant une obligation de service pour les directeurs d'école identique à celle qui existe pour les chefs d'établissement du secondaire. "L'obligation de service d'accueil… n'est opposable dans les autres communes que sous réserve du respect, par le directeur de chaque établissement ou celui qui le remplace, de ses obligations de service en ce qui concerne l'accueil des élèves"

 

PROPOSITION DE LOI

 

visant à exclure les communes de moins de 2 000 habitants du dispositif de service d'accueil des élèves d'écoles maternelles et élémentaires,

 

PRÉSENTÉE

Par MM. Yvon COLLIN, Michel CHARASSE, Mme Anne-Marie ESCOFFIER, MM. Nicolas ALFONSI, Jean-Michel BAYLET, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, François FORTASSIN, Mme Nathalie GOULET, MM. Daniel MARSIN, Jacques MÉZARD, Jean MILHAU, Aymeri de MONTESQUIOU, Jean-Pierre PLANCADE, Robert TROPEANO et Raymond VALL, Sénateurs

 

 

 

PROPOSITION DE LOI

 

Article unique

 

L'article L. 133-3 du code de l'éducation est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

 

« L'obligation de service d'accueil n'est pas opposable aux communes de moins de 2 000 habitants.

 

« En outre, elle n'est opposable dans les autres communes que sous réserve du respect, par le directeur de chaque établissement ou celui qui le remplace, de ses obligations de service en ce qui concerne l'accueil des élèves. »

 

 

Directeurs d’école

 

Rien à signaler ! Ni statut en vue, ni mise en place des EPEP… C’est le statu quo !

 

Comme nous l’avons écrit à maintes reprises, plus aucune réforme structurelle ne sera entreprise dans l’Education nationale d’ici la fin du quinquennat. Il est hors de question, pour le gouvernement, d’affronter les syndicats sur des sujets sensibles touchant au statut des personnels. La seule « incartade » concernera les suppressions de postes. Plus que jamais, la RGPP, l’état des finances et la dette publique contraindront le pouvoir à ne pas reculer sur les décisions annoncées l’an dernier.

 

Pour le reste, il suffit de lire les propos prêtés au chef de l’Etat et relatés par le Canard Enchaîné pour se convaincre qu’en ces temps difficiles pour l’exécutif, les ministres sont priés de se « chiraquiser » et d’attendre des jours meilleurs…

 

« Je ne veux plus voir les enseignants, les chercheurs et les étudiants dans la rue ! Fini le projet de décret. Fini aussi la suppression des IUFM. Vous me réglez ça. Vous vous couchez. (…) S’il le faut, vous n’avez qu’à faire rédiger les textes par les syndicats, mais qu’on passe à autre chose ! On a bien assez de problèmes comme ça. De toute façon, ce n’étaient que des projets de merde. »

Le poète en herbe caché derrière cette tirade n’est autre que Nicolas Sarkozy. C’est en tout cas ce que prétend Le Canard Enchaîné dans son édition du 4 mars. Il aurait prononcé cette homélie ce week-end, devant ses très inspirés conseillers « éducation ».

 

Les directeurs attendront, eux aussi, des jours meilleurs…

 

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