En octobre 2009, le SE-UNSA a lancé une enquête auprès des directeurs et adjoints, « pour connaître leur avis sur l’évolution du fonctionnement et de la direction d’école ».
Le 29 octobre dernier, dans un article,
nous citions Stéphanie Valmaggia, déléguée nationale du SE-Unsa (29/10/2009) qui, au vu de premiers résultats, déclarait :
« nous avons voulu prendre la température de la profession. Et nous avons beaucoup,
beaucoup de réponses »… elle faisait alors allusion aux 400 bulletins retournés. Depuis, chacun pouvait s’étonner de ne pas avoir connaissance des résultats globaux de cette enquête.
Le faible taux de réponses et le fait qu’elles proviennent essentiellement de directeurs semble gêner la direction nationale du SE-Unsa qui s’attendait probablement à des résultats plus
contrastés.
Nous avons décidé de publier dans leur intégralité les résultats de cette enquête ainsi que les
commentaires et l’analyse du SE-Unsa.
………………………………………………..
Préambule
Le SE-UNSA ne fait pas partie de ceux qui considèrent que l’Ecole Primaire française fonctionnerait
parfaitement. Entre la fin du XIXème siècle où la République l’a imposée en France et 2010, son fonctionnement a beaucoup évolué, tout comme la société dans laquelle elle agit. Les directeurs,
mais aussi les adjoints, ne trouvent pas forcément dans sa structure actuelle toutes les réponses satisfaisantes pour faire face aux nouvelles missions, aux nouvelles pratiques. Le SE-UNSA
pense qu’il ne faut pas ignorer ces réalités. Pour autant, c’est de l’intérêt des élèves, du projet de l’école, de l’efficacité pédagogique que doit découler tel ou tel mode de gestion et non
l’inverse. Dans le paysage, ces dernières années, le gouvernement a avancé une piste : la création d’établissements publics dans le premier degré. Ainsi, depuis 2004, année où est apparu le
terme d’EPEP dans la loi relative aux responsabilités et libertés locales, ce cheval de bataille politique fait son bonhomme de chemin tant dans l’hémicycle que dans les services du Ministère de
l’Education nationale. Comment l’idée de l’établissement est-elle accueillie sur le terrain ?
A travers l’enquête « Evolution du fonctionnement et de la
direction d’école », le SE-UNSA a voulu y voir plus clair, notamment dans la perspective de son congrès national qui aura lieu en mars
2010.
Résultats
1078 enquêtes analysées provenant de :
- Adhérents
du SE-UNSA : 36%
- Directeurs : 91,63 %
- Adjoints : 5,54 %
Question 1 : La situation actuelle convient-elle ?
OUI : 6,65 %
NON : 92,63 %
NSP : 0,72 %
Question 2 : Pour vous, la création d'un établissement public dans le 1er
degré est-elle envisageable ?
OUI : 70,59 %
NON : 29,41 %
Question 2bis : quels avantages présente un établissement public (si réponse
positive en question 2) ?
Taux les plus importants classés selon leur priorité :
- une
meilleure reconnaissance des directeurs d’école avec 50,90 %.
- une structuration juridique plus assurée avec 28,88 %.
- une meilleure autonomie avec 24,91 %.
- une
organisation financière et administrative avec 21,30 %.
- une meilleure efficacité pédagogique, avec 20,22 %.
Dans les propositions faites par les collègues qui ont coché « autres », on trouve essentiellement la demande d’un statut pour les directeurs d’école.
Question 3 : Quelles autres structurations de l’école vous paraissent
envisageables ?
- un EPLE
comme dans le 2nd degré : 29,36 %
- des
regroupements pédagogiques en milieu rural : 26,97 %
- des
fusions d’école en milieu urbain : 21,83 %
- le statu
quo : 8,44 %
- autres
(?) : 13,39 %
Question 4 : Pour vous quelles exigences doivent présider à la création
d’un établissement public dans le 1er degré ?
Question ouverte, pas de proposition de choix, ce qui explique l’impossibilité de faire une statistique.
Toutefois, à la lecture des commentaires, se dégagent majoritairement plusieurs exigences :
1- par rapport à la structure-établissement
- qu’elle
soit utile aux élèves et qu’elle permette de mener à bien des projets concertés
- stabilité
de la structure et des moyens sur une période donnée
- dotation
en moyens suffisants de fonctionnement : une aide administrative formée et pérenne, des agents comptables
- plafonner
le nombre d’élèves ou le nombre de classes pour garantir un établissement à taille humaine et de proximité
- que le
conseil d’administration soit au moins tripartite (certains réclamant une majorité d’enseignants)
- indépendance pédagogique vis-à-vis des élus et des IEN
2- par rapport au fonctionnement de l’équipe
- que les
prérogatives de chacun soient respectées et que le directeur ne soit pas un supérieur hiérarchique
- qu’il
existe des conseils de maîtres ou des conseils pédagogiques gérés par l’équipe enseignante
- le
maintien de la liberté pédagogique
3- par rapport à la fonction de directeur de l’établissement
- qu’il soit
issu du corps des PE ou des instituteurs
- qu’il soit
affecté en toute transparence sur un barème et sur ses compétences
- une
décharge complète et une formation initiale/continuée de qualité
- un statut
réel du directeur mais les avis divergent sur la dimension hiérarchique
- qu’il soit
président du conseil d’administration
Analyse du
SE-UNSA
Les adjoints ont peu répondu. Il est vrai que l’enquête a été placée dans une publication spéciale directeurs, même si le questionnaire a été élargi
ensuite à la profession. On se rend compte que les réponses sont sensiblement différentes lorsqu’on est adjoint, sauf pour la 1ère question, par
rapport à la situation actuelle, qui rassemble très largement.
Quasiment tous les départements sont représentés (Métropole et DOM). Même si la question n’était pas posée,
certains ont précisé qu’ils exerçaient en milieu rural ou urbain. On se rend compte que lorsqu’on applique ce filtre en fonction des réponses, là aussi un clivage s’opère, non pas dans le constat
de la situation mais dans les solutions envisagées. On semble moins porté vers un EPLE en milieu rural par exemple …
Nous ne sommes pas très surpris par le taux de collègues qui affirment dès la 1ère question, que la situation
actuelle n’est pas satisfaisante (plus de 92%), même si cela ne nous réjouit pas. Cela confirme le malaise dans le 1er degré, ressenti de manière plus
prégnante depuis les réformes Darcos.
Quant à la création d’un établissement public dans le 1er degré,
c’est très net ! Le mot n’est pas ou plus tabou mais … surtout chez les directeurs puisqu’ils sont plus
de 96% à avoir répondu oui contre 40% chez les autres (en majorité des adjoints). Relient-ils le statut de l’établissement à leur statut ? Serait-ce lié, d’abord, à leurs propres
conditions d’exercice qui priment plus que la recherche d’une autre structure ? La reconnaissance de la fonction, du métier (disent certains) est visiblement le moteur. Quant aux autres
personnels, qu’est-ce qui joue en défaveur de l’établissement ? Nous n’avons pas assez d’éléments qualitatifs pour le dire.
L’avantage le plus évident à la création d’un établissement public
est celui d’une meilleure reconnaissance des directeurs. Ce n’est pas étonnant quand on sait
qu’ils représentent l’immense majorité de nos sondés. Le rapport établissement/meilleure efficacité pédagogique n’est pas prioritaire dans les avantages énoncés. Est-ce à dire que les collègues
ne font pas le lien entre les 2 ?
Concernant les autres types de structures ou de fonctionnement proposés par les sondés, c’est l’EPLE type 2nd
degré qui arrive en tête. Cela a sûrement un lien avec le besoin de reconnaissance exprimé par les directeurs. Pensent-ils que la position de
« chef d’établissement » est en soi une vraie reconnaissance ?
Les demandes autour de regroupements pédagogiques ruraux recueillent aussi beaucoup de suffrages (2ème
position). On se rend compte que c’est plus réclamé par les collègues travaillant en milieu rural qui jugent, dans leurs commentaires, qu’un établissement, quel qu’il soit, n’est pas adapté aux
difficultés de fonctionnement qu’ils rencontrent.
Enfin, au sujet des exigences qui doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré,
elles sont clairement exprimées par les collègues ; nous avons retenu celles qui revenaient le plus. Elles rejoignent par ailleurs, les exigences que nous portons aussi, à travers le projet
syndical que nous soumettrons à débat lors du congrès de Brest, en mars.
Les collègues témoignent ici de leur volonté d’avoir les moyens de travailler et ce en toute liberté
pédagogique. Pour la fonction de directeur, les réponses expriment le souhait de garde-fous pour que le directeur soit toujours un des leurs, garantie d’une « inféodation » à l’Administration ou à la collectivité territoriale de rattachement.
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