Quelle heure

 

Nos objectifs

Créé en avril 2006 par un collectif de directeurs d’école, ce blog a pour objectif la reconnaissance institutionnelle du métier de directeur d’école par la création d’un statut professionnel.


Nous ne sommes membres d’aucun parti, d’aucun syndicat afin de préserver une totale indépendance d’esprit à l’égard de tous les pouvoirs ou oppositions.


Bien que soutenant et partageant les objectifs du GDID, nous sommes également totalement indépendants de cette association qui a vocation à regrouper et représenter les directeurs d’école.  


Nous sommes essentiellement un site d’information, de réflexion et d’analyse. Notre ambition est, en effet, de diffuser des informations relatives à notre métier par le biais d’articles intéressants, argumentés et si possible bien écrits afin de susciter réflexion et analyse chez nos collègues.

Soutiens

Liste des députés favorables au statut de directeur d'école

 

La nouvelle Assemblée Nationale compte 45 députés réélus ayant appuyé notre demande d'un statut de directeur d'école sous la précédente législature.

 

  1 PC
  3 UDF - maj. présid.
19 PS
21 UMP
  1 Divers Droite

 

Rapport OCDE
(Jean-Pierre Obin, IGEN)

1ère partie
2ème partie

 

25

 

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Le site des directeurs

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante :

http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de droite.

Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 22:06
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Le département du Nord expérimentera cette année l'application d'aide à la gestion et au pilotage de l'affectation des élèves pour l'entrée au collège.

L'objectif de ce projet est de :

-       Gérer l’affectation des élèves en 6° en tenant compte des mesures prises pour l’assouplissement de la carte scolaire

-       Dématérialiser le dossier d’entrée en classe de 6° de collège public

-       Simplifier les procédures

-       Disposer d’indicateurs départementaux sur l’affectation

 

1° Phase : la constitution dans BE1D de la liste des élèves entrant au collège du 22 mars au 31 mars

-       Le directeur d’école sélectionne dans BE1D les élèves susceptibles d’entrer au collège (sortants de CM2…)

-       Le directeur d’école valide et transmet la liste des élèves sélectionnés à l’IA (du 22 mars au 26 mars)

-       L’IA valide et transfère le fichier constitué de l’ensemble des listes des élèves des écoles (y compris l’école virtuelle) de BE1D  dans l’application AFFELNET (du 29 au 31 mars)

 

2° Phase : du 1er avril au 23 avril Collecte des demandes des familles.

1° étape : Mise à jour des informations concernant l’élève

-       Le directeur d’école édite dans AFFELNET 6° la fiche de liaison volet 1 des élèves susceptibles d’entrer au collège et la transmet aux  responsables de l’élève du

-       Les responsables de l’élève mettent à jour les données concernant l’élève notamment son adresse à la rentrée scolaire

-       Le directeur d’école saisit dans AFFELNET 6° les données modifiées par les parents.

 

2° Phase : du 26 avril au 14 mai Collecte  des demandes des familles et saisie des vœux dans Affelnet

2° étape : La demande d’affectation en collège par les familles

-       Le directeur d’école édite  le volet 2 pré-rempli de la fiche de liaison avec le collège de secteur correspondant à l’adresse de l’élève et le fait parvenir aux familles.

-       La famille  exprime ses souhaits concernant la(les) langue(s), le régime ainsi qu’une éventuelle demande de dérogation . (Date butoir de retour des demandes des familles et des dossiers de dérogation le 5 mai)

-       Le directeur d’école saisit dans AFFELNET 6° les informations portées sur le volet 2 (jusqu’au 14 mai)

PREMIER CONSEIL DES MAÎTRES DU 26 AVRIL AU 30 AVRIL

DEUXIEME CONSEIL DES MAÎTRES DU 17 MAI AU 21 MAI

 

3°phase l’affectation du 7 au 10 juin

Edition de listes des élèves affectés :

-      dans le département à IA DSDEN

-      par collège d’affectation à Principal IEN

-      par école d’origine à Directeur IEN

E
dition de la liste des élèves n’ayant pas obtenu de vœu hors secteur 



Ainsi que le dit le projet, l'un des objectifs est la simplification des procédures. Certes, pour l'Administration, probablement. Pour les directrices et les directeurs d'école, cela reste à prouver...

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Par Les directeurs en lutte - Publié dans : Propositions du Ministère
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 17:05


En octobre 2009, le SE-UNSA a lancé une enquête auprès des directeurs et adjoints, « pour connaître leur avis sur l’évolution du fonctionnement et de la direction d’école ».

Le 29 octobre dernier, dans un article, nous citions Stéphanie Valmaggia, déléguée nationale du SE-Unsa (29/10/2009) qui, au vu de premiers résultats, déclarait : « nous avons voulu prendre la température de la profession. Et nous avons beaucoup, beaucoup de réponses »… elle faisait alors allusion aux 400 bulletins retournés. Depuis, chacun pouvait s’étonner de ne pas avoir connaissance des résultats globaux de cette enquête. Le faible taux de réponses et le fait qu’elles proviennent essentiellement de directeurs semble gêner la direction nationale du SE-Unsa qui s’attendait probablement à des résultats plus contrastés.

Nous avons décidé de publier dans leur intégralité les résultats de cette enquête ainsi que les commentaires et l’analyse du SE-Unsa.

  

………………………………………………..

 

Préambule

 

Le SE-UNSA ne fait pas partie de ceux qui considèrent que l’Ecole Primaire française fonctionnerait parfaitement. Entre la fin du XIXème siècle où la République l’a imposée en France et 2010, son fonctionnement a beaucoup évolué, tout comme la société dans laquelle elle agit. Les directeurs, mais aussi les adjoints, ne trouvent pas forcément dans sa structure actuelle toutes les réponses satisfaisantes pour faire face aux nouvelles missions, aux nouvelles pratiques. Le SE-UNSA pense qu’il ne faut pas ignorer ces réalités. Pour autant, c’est de l’intérêt des élèves, du projet de l’école, de l’efficacité pédagogique que doit découler tel ou tel mode de gestion et non l’inverse. Dans le paysage, ces dernières années, le gouvernement a avancé une piste : la création d’établissements publics dans le premier degré. Ainsi, depuis 2004, année où est apparu le terme d’EPEP dans la loi relative aux responsabilités et libertés locales, ce cheval de bataille politique fait son bonhomme de chemin tant dans l’hémicycle que dans les services du Ministère de l’Education nationale. Comment l’idée de l’établissement est-elle accueillie sur le terrain ?

A travers l’enquête « Evolution du fonctionnement et de la direction d’école », le SE-UNSA a voulu y voir plus clair, notamment dans la perspective de son congrès national qui aura lieu en mars 2010.



Résultats 

 

1078 enquêtes analysées provenant de :

 

-       Adhérents du SE-UNSA : 36%

-       Directeurs : 91,63 %

-       Adjoints : 5,54 %

 

Question 1 : La situation actuelle convient-elle ?

 

OUI : 6,65 %

NON : 92,63 %

NSP : 0,72 %

 

Question 2 : Pour vous, la création d'un établissement public dans le 1er degré est-elle envisageable ?

 

OUI : 70,59 %

NON : 29,41 %

 

Question 2bis : quels avantages présente un établissement public (si réponse positive en question 2) ?

 

Taux les plus importants classés selon leur priorité :

-       une meilleure reconnaissance des directeurs d’école avec 50,90 %.

-        une structuration juridique plus assurée avec 28,88 %.

-        une meilleure autonomie avec 24,91 %.

-       une organisation financière et administrative avec 21,30 %.

-        une meilleure efficacité pédagogique, avec 20,22 %.

 

Dans les propositions faites par les collègues qui ont coché « autres », on trouve essentiellement la demande d’un statut pour les directeurs d’école.

 

Question 3 : Quelles autres structurations de l’école vous paraissent envisageables ?

-       un EPLE comme dans le 2nd degré : 29,36 %

-       des regroupements pédagogiques en milieu rural : 26,97 %

-       des fusions d’école en milieu urbain : 21,83 %

-       le statu quo : 8,44 %

-       autres (?) : 13,39 %

 

Question 4 : Pour vous quelles exigences doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré ?

Question ouverte, pas de proposition de choix, ce qui explique l’impossibilité de faire une statistique. Toutefois, à la lecture des commentaires, se dégagent majoritairement plusieurs exigences :

 

1-     par rapport à la structure-établissement

 

-       qu’elle soit utile aux élèves et qu’elle permette de mener à bien des projets concertés

-       stabilité de la structure et des moyens sur une période donnée

-       dotation en moyens suffisants de fonctionnement : une aide administrative formée et pérenne, des agents comptables

-       plafonner le nombre d’élèves ou le nombre de classes pour garantir un établissement à taille humaine et de proximité

-       que le conseil d’administration soit au moins tripartite (certains réclamant une majorité d’enseignants)

-        indépendance pédagogique vis-à-vis des élus et des IEN

 

2-     par rapport au fonctionnement de l’équipe

 

-       que les prérogatives de chacun soient respectées et que le directeur ne soit pas un supérieur hiérarchique

-       qu’il existe des conseils de maîtres ou des conseils pédagogiques gérés par l’équipe enseignante

-       le maintien de la liberté pédagogique

 

3-     par rapport à la fonction de directeur de l’établissement

 

-       qu’il soit issu du corps des PE ou des instituteurs

-       qu’il soit affecté en toute transparence sur un barème et sur ses compétences

-       une décharge complète et une formation initiale/continuée de qualité

-       un statut réel du directeur mais les avis divergent sur la dimension hiérarchique

-       qu’il soit président du conseil d’administration

 

 

Analyse du SE-UNSA

 

Les adjoints ont peu répondu. Il est vrai que l’enquête a été placée dans une publication spéciale directeurs, même si le questionnaire a été élargi ensuite à la profession. On se rend compte que les réponses sont sensiblement différentes lorsqu’on est adjoint, sauf pour la 1ère question, par rapport à la situation actuelle, qui rassemble très largement.

 

Quasiment tous les départements sont représentés (Métropole et DOM). Même si la question n’était pas posée, certains ont précisé qu’ils exerçaient en milieu rural ou urbain. On se rend compte que lorsqu’on applique ce filtre en fonction des réponses, là aussi un clivage s’opère, non pas dans le constat de la situation mais dans les solutions envisagées. On semble moins porté vers un EPLE en milieu rural par exemple …

 

Nous ne sommes pas très surpris par le taux de collègues qui affirment dès la 1ère question, que la situation actuelle n’est pas satisfaisante (plus de 92%), même si cela ne nous réjouit pas. Cela confirme le malaise dans le 1er degré, ressenti de manière plus prégnante depuis les réformes Darcos.

 

Quant à la création d’un établissement public dans le 1er degré, c’est très net ! Le mot n’est pas ou plus tabou mais … surtout chez les directeurs puisqu’ils sont plus de 96% à avoir répondu oui contre 40% chez les autres (en majorité des adjoints). Relient-ils le statut de l’établissement à leur statut ? Serait-ce lié, d’abord, à leurs propres conditions d’exercice qui priment plus que la recherche d’une autre structure ? La reconnaissance de la fonction, du métier (disent certains) est visiblement le moteur. Quant aux autres personnels, qu’est-ce qui joue en défaveur de l’établissement ? Nous n’avons pas assez d’éléments qualitatifs pour le dire.

 

L’avantage le plus évident à la création d’un établissement public est celui d’une meilleure reconnaissance des directeurs. Ce n’est pas étonnant quand on sait qu’ils représentent l’immense majorité de nos sondés. Le rapport établissement/meilleure efficacité pédagogique n’est pas prioritaire dans les avantages énoncés. Est-ce à dire que les collègues ne font pas le lien entre les 2 ?

 

Concernant les autres types de structures ou de fonctionnement proposés par les sondés, c’est l’EPLE type 2nd degré qui arrive en tête. Cela a sûrement un lien avec le besoin de reconnaissance exprimé par les directeurs. Pensent-ils que la position de « chef d’établissement » est en soi une vraie reconnaissance ?

Les demandes autour de regroupements pédagogiques ruraux recueillent aussi beaucoup de suffrages (2ème position). On se rend compte que c’est plus réclamé par les collègues travaillant en milieu rural qui jugent, dans leurs commentaires, qu’un établissement, quel qu’il soit, n’est pas adapté aux difficultés de fonctionnement qu’ils rencontrent.

 

Enfin, au sujet des exigences qui doivent présider à la création d’un établissement public dans le 1er degré, elles sont clairement exprimées par les collègues ; nous avons retenu celles qui revenaient le plus. Elles rejoignent par ailleurs, les exigences que nous portons aussi, à travers le projet syndical que nous soumettrons à débat lors du congrès de Brest, en mars.

Les collègues témoignent ici de leur volonté d’avoir les moyens de travailler et ce en toute liberté pédagogique. Pour la fonction de directeur, les réponses expriment le souhait de garde-fous pour que le directeur soit toujours un des leurs, garantie d’une « inféodation » à l’Administration ou à la collectivité territoriale de rattachement.

 

 

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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 13:10
http://bolq.liberation.fr/id/116044

Le constat est cruel : les syndicats enseignants ne parviennent plus à mobiliser. La manifestation organisée à Paris le samedi 30 janvier à l’appel de la FSU relayée par la CGT Educ'action, le SNALC-CSEN, le SNLC-FAEN, les lycéens de la FIDL et l'association APSES n’a pas réuni plus de 8000 personnes selon la police ou 12000 selon les organisateurs.

 

Les enseignants se mobilisent de moins en moins même lorsqu’il n’y a pas de journée de salaire à perdre. Les raisons sont naturellement diverses. Certains ont pu y voir une action à usage interne de la FSU à la veille de son congrès au cours duquel Gérard Aschiéri cédera son fauteuil de Secrétaire Général à Bernadette Groison.

« Cette manifestation n'est pas liée au congrès. On n'a pas besoin de ça » a assuré Gérard Aschiéri qui a reconnu, à demi-mot, l’échec relatif de ce rassemblement parisien : « Quant à la mobilisation, même si elle n'est pas massive, elle montre qu'il y a une persistance des problèmes et des gens qui ont encore envie de faire bouger les choses », a-t-il ajouté. « Ça montre qu'il y a une base militante importante, des gens qui se sont levés très tôt ce matin pour venir dans des cars et des TGV, ce qui me donne de l'espoir ». Certes, mais la base militante semble se restreindre comme peau de chagrin.

 

D’autres ont pu se lasser des mobilisations à répétition. Car n’oublions pas que cette manifestation vient après deux autres considérées par les médias comme un semi-échec le 24 novembre 2009 et un échec le 21 janvier 2010.

Cette fois encore, la manifestation serait complètement passée inaperçue dans les médias si la FSU n’avait eu l’idée de faire caracoler un dromadaire en tête du cortège. « Il symbolise le régime sec auquel est soumise l’Education nationale », résume Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp. « La réussite de nos élèves ne doit pas rester un mirage », « les ministres passent, les enseignants bossent ». Le dromadaire a attiré l’objectif des photographes…

 

Il faut dire qu’une telle manifestation ne dérange personne. Par ces temps de grand froid, les parisiens sont restés au chaud, parents et enfants sont en week-end ; la circulation est à peine perturbée. Il en faut davantage pour mobiliser les médias…

 

Cette manifestation organisée « pour protester contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des professeurs » traduit une véritable faillite : au mieux celle des méthodes de lutte, au pire celle du syndicalisme enseignant. Le résultat est dramatique car c’est le monde enseignant dans son ensemble qui en subit les conséquences.

 

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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 22:41

A 57 ans, Gérard Aschieri, devenu une figure du syndicalisme français, va quitter la tête de la FSU la semaine prochaine au congrès de Lille après trois mandats depuis son élection en janvier 2001.

 

Bernadette Groison devrait être la prochaine secrétaire générale de la FSU à l'issue du sixième congrès de la fédération organisé du 1er au 5 février 2010 à Lille, à condition d’obtenir 70% des voix.

Membre du SNUIPP (le syndicat des enseignants du premier degré), elle figure en seconde position sur la liste des candidats de la liste « Unité et action » (tendance majoritaire) derrière Gérard Aschieri (Snes - enseignants du second degré).


Née le 26 juillet 1961, Bernadette Groison sort de l'école normale des instituteurs en 1987. Elle commence sa carrière dans l'académie de Dijon. En 1993, elle intègre la direction nationale du SNUIPP dont elle devient secrétaire générale adjointe en 2001, puis co-secrétaire en 2004 et jusqu'au congrès de 2007. Au sein de la FSU, elle siège actuellement au BDFN (Bureau délibératif fédéral national) et au CDFN (Conseil délibératif fédéral national) de la FSU.

 

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 12:02

La ville de Nogent sur Marne (94) est en passe de battre un record : celui de la plus grande école primaire de France avec ses 27 classes et 700 élèves de la grande section maternelle au CM2.

L’an dernier, déjà, le maire de Nogent, J. Martin, avait évoqué ce projet de fusion des deux écoles voisines : Paul Bert et Guy Môquet. L’affaire avait alors fait grand bruit et nous nous en étions fait l’écho (relire nos articles référencés ci-dessous).

L’IA avait même « dépouillé » l’école P. Bert de son poste de direction. Hormis le SNUDI-FO 94, les syndicats avaient été étrangement absents devant ce qui ressemblait à une forme de collusion entre la mairie et l’Inspection académique.

Pétitions, manifestations, délégation de parents au ministère et menace de grève des enseignants avaient contraint l’IA à nommer une directrice à titre provisoire. Le maire avait alors déclaré ne pas vouloir faire aboutir ce projet contre les parents.

Mais voilà, le 19 janvier dernier, la proposition du maire refait surface. J. Martin précise que ce projet de fusion des écoles sera présenté à l’inspection dès la fin de ce mois. Comme l’an dernier, la municipalité semble bénéficier du soutien bienveillant de l’Education nationale. L’inspecteur de circonscription, Marc Teulier, rappelle qu’il s’agit d’un projet municipal et ne manifeste aucune réticence : « Je ne pense pas que le fonctionnement soit forcément plus harmonieux ou moins harmonieux en fonction du nombre de classes. Certaines grosses écoles tournent très bien car l’équipe s’entend bien tandis que des petites écoles ne fonctionnent pas bien car l’équipe ne s’entend pas. Nous avons organisé ces derniers temps plusieurs réunions avec les deux écoles et ce n’est pas vraiment un problème de travailler avec quinze enseignants ou trente. De plus, si l’école maternelle Galliéni [extension prévue dans quelques années] récupère ses grandes sections, l’école descendra à 23 classes ».

 

Mutualiser les investissements

Pour le maire (UMP) de la ville, J. Martin, ce regroupement devrait permettre d’investir dans de nouveaux équipements, qui seront installés entre les cours des deux écoles voisines et mutualisés, comme une bibliothèque, un laboratoire de langue et encore une salle informatique avec un tableau interactif. L’élu souhaite également faire rejaillir la bonne réputation de l’école Guy Môquet sur sa voisine Paul Bert, davantage considérée comme l’école du quartier populaire.

Monsieur le maire semble pressé de fusionner les deux écoles sans même attendre l’extension de la maternelle Galliéni qui pourrait récupérer les grandes sections de Guy Môquet. « Nous souhaitons continuer dans la lancée 2009-2010 en allant vers une seule école car l’organisation et le fonctionnement resteront similaires. Je ne vois donc pas de raison à ne pas le faire, en dehors du nombre de classes. C’est le seul élément qui peut faire peur. Or, aujourd’hui, les deux directeurs gèrent déjà 27 classes au total, réparties dans leurs  deux établissements.  Et dans le fonctionnement de chaque classe, cela ne changera rien. Donc pourquoi attendre ? ».


Quelques échanges assez vifs opposent l’élu aux parents qui redoutent la création de ce mastodonte que certains appellent déjà
« l’usine de la zone ».

« Qu’est-ce que cela change concrètement en termes de budget et de personnel ? », demande un parent.

« La seule chose qui changera, sera la possibilité de proposer davantage d’équipements comme la salle informatique, le laboratoire de langue et la bibliothèque, car ils seront mutualisés entre les deux écoles. L’objectif du projet n’est pas de faire des économies mais des investissements appropriés et partagés »,  explique le maire.

« Pourquoi ne pas mutualiser ces équipements sans fusionner puisqu’ils seront situés entre les deux écoles et que les deux directeurs auront juste à se répartir les plages horaires pour les utiliser, ce qui ne pose pas de problème s’ils s’entendent bien ? », poursuit un autre parent.

« Dans ce cas, cela deviendrait un collectif municipal ! », réplique le maire. Votre problème est que vous refusez simplement le nombre de classes alors que vous dites vous-même que si les directeurs s’entendent, tout va bien. Dans ce cas, autant entériner tout de suite le rapprochement. Si je ne faisais pas ce projet, vous me reprocheriez dans dix ans de ne pas avoir posé la question aujourd’hui, car dans dix ans, ce sera fait, malgré vous, parce qu’il n’y aura pas d’autre solution. Car je ne vais pas disperser des écoles dans toute la ville simplement parce qu’il y a des augmentations d’effectif ! Qui va payer la gestion de ces écoles ? Il n’y a pas d’alternative. Le seul problème est que vous avez peur du nombre de classes, quelque soit ce que l’on dit ».

« Mais ce n’est pas la ville qui paie le directeur »

« Ce n’est pas ce qui coûte le plus cher ! » conclue le maire.

 

La direction de l’établissement

Se pose naturellement la question de la direction de l’école. Un seul directeur sera-t-il suffisant pour gérer un établissement de cette taille ?

« J’essaierai de faire en sorte qu’il y ait quelqu’un, et pas un emploi précaire, au moins un mi-temps », promet l’inspecteur Marc Teulier.

 

Qu’en pensent les enseignants ?

« Certains sont pour, d’autres contre. C’est vrai que certains enseignants ont tendance – et c’est humain- à avoir un lien affectif avec leur école et penser que c’est LEUR école, mais ce n’est pas leur école », rapporte la directrice de l’école Paul Bert.

Difficile d’en savoir plus car l’IEN indique qu’il est trop tard pour réunir un conseil d’école avant la décision de l’inspection qui doit être prise début février pour permettre aux enseignants qui veulent partir de demander leur mutation…

Il restera ensuite à soumettre, pour avis, ce projet de rapprochement au C.D.E.N. (Conseil Départemental de l’Education Nationale où siègent le Préfet, le Président du Conseil Général, des élus et des représentants des personnels), à éclaircir le statut du nouvel établissement (fusion…).

Après validation par l’Education nationale, le conseil municipal pourra enfin l’entériner par un vote.

 

Le maire ne compte pas s’arrêter en si bon chemin dans sa volonté de restructurer les écoles de sa ville. Après avoir rassemblé deux écoles en un établissement de 18 classes, il envisage de regrouper une école maternelle et une école élémentaire comptant respectivement 8 et 17 classes…

 

L’exemple de Nogent sur Marne préfigure-t-il ce que seront, demain, les écoles primaires françaises ? Ces « rapprochements » seront-ils une façon de contourner les EPEP ? La réflexion devrait s’engager rapidement, notamment dans les organisations syndicales, avant toute frénésie de généralisation…

 

Articles à lire ou relire

" Fusions, EPEP, regroupements… Ohé, les syndicats ! Y a quelqu’un ? " (28 mars 2009)

" Directeurs d’école et syndicats : le divorce" (4 avril 2009) 

" Nogent citoyen " (20 janvier 2010) 

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Par Les directeurs en lutte - Publié dans : EPEP
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